The Avener en interview : « Ma prise de risque, c’est de créer des chansons pour qu’elles ne déplaisent pas aux gens »

À l’occasion de la sortie de son nouveau single « Beautiful », annonciateur d’un nouvel album, The Avener est venu nous parler de sa confection sur aficia.

Après avoir vendu plus de 300.000 exemplaires de son album The Wanderings Of The Avener sorti en 2015, The Avener reviendra à l’automne prochain avec un album qu’il annonce ‘multicolore‘. Le premier extrait « Beautiful » risque bien de tourner tout l’été sur les ondes.

C’est dans le cadre de la dernière édition d’Electroshock organisé par Virgin Radio (où était convié Martin Solveig et Kungs que vous retrouverez également en interview sur nos pages, Petit Biscuit ou encore Synapson) que nous sommes partis à la rencontre du producteur niçois. Premières confidences sur un disque qui se fait attendre…

The Avener…

Tout d’abord, que retiens-tu de tes trois dernières années de succès ?

Déjà beaucoup de satisfaction et de fierté personnelle en tant qu’artiste puisque j’ai commencé la musique très jeune, à l’âge de 5 ans. Il y a eu une phase de construction, d’apprentissage, de développement, puis de succès qu’on espère tous avoir en tant qu’artiste. Cela a été un vrai chamboulement dans ma vie de tous les jours, et aujourd’hui encore. C’est beaucoup de rêves accomplis, beaucoup de bonheur.

Tu as réussi à fédérer un large public, c’est vrai

J’ai été très heureux qu’on ait pu recevoir un album qui avait tendance à rappeler les 40 dernières années musicales grâce aux re-work que j’ai fait. Qu’il ait une réception comme ça, ça m’a fait chaud au cœur car je ne m’attendais pas à ce que la jeunesse suive le mouvement. Quand l’album est sorti, le public était à fond dans l’EDM, l’électro-house dans les clubs et les festivals, et moi je suis arrivé avec mes re-works deep-house et je ne pensais pas que ça prendrait car c’est ce que j’aimais au plus profond de moi, et cela a pris donc c’est d’autant plus satisfaisant. Cela a été trois ans de folies. J’ai pu partir au bout du monde pour partager ça devant des milliers de personnes…

L’originalité, la différence The Avener a payé d’après toi ?

Je ne sais pas si c’est l’originalité qui a payé. Je pense plutôt que c’est la prise de risque. Aujourd’hui, quand on est en studio, beaucoup de producteurs que je connais se posent beaucoup de questions du style « est-ce que ça va plaire ». Je ne me suis jamais posé cette question. Je me suis plutôt dis « Est-ce que ça peut déplaire ? », parce que finalement, il faut que ça me plaise en priorité. Vient ensuite une deuxième question, et c’est une vraie question de DJ. Quand on met un morceau dans un bar ou dans un club, on a toujours peur de la réception du public. Mais pour être sûr qu’un morceau fonctionne, il faut être sûr que les gens puissent arriver à dire « Je ne peux pas ne pas aimer ça ». C’est un peu la prise de risque dans ce sens-là que j’ai entrepris. Je ne veux pas arriver à faire des trucs qui plaisent, mais des morceaux qui ne déplaisent pas. J’ai pris à l’envers le truc et c’est vraiment le but quand j’ai commencé à travailler sur cet album.

Quelles ont été les premières phases de réflexions pour ton nouvel album, qui je suppose, ont débuté très tôt ?

C’est une très bonne question ! J’ai commencé à travailler sur ce disque il y a trois ans. Il y a eu une phase de réflexion où je me suis dit « Tiens, j’ai peut-être la possibilité de collaborer avec de gros noms américains, des anglais, des gros artistes ». Donc il y a eu cette phase pendant un an où je suis parti à Los Angeles, puis à Londres, pour travailler avec des artistes qui sont dans le milieu de la musique électronique depuis très longtemps.  Puis finalement, je me suis aperçu que travailler avec uniquement avec des gros noms, cela posait énormément de soucis. Car finalement, je ne suis qu’un artiste français qui n’a pas signé d’immenses succès. Je ne suis pas forcément identifié, donc cela a été compliqué d’obtenir ces noms-là. Et une fois que j’ai travaillé avec des songwriters et producteurs qui ont pignons sur rue, comme on dit, en Angleterre et aux Etats Unis, il s’est installé une sorte de systématisme qui s’intégrait à leur façon de travailler. Et cela ne me plaisait pas du tout en réalité.

Découvrez le clip de « Beautiful » :

Le fait qu’il n’ait pas la même vision de la musique que toi, cela a pu te rebuter ?

Je fais de la musique pour kiffer, et eux étaient là pour faire du business. Ça ne m’a pas plu, donc j’ai complètement changé de processus de travail. J’ai quasiment perdu un an, presque, car j’ai beaucoup appris avec ces gens-là. Donc je suis revenu à ma naïveté originale pour prendre des voix avec lesquelles les artistes ont une intégrité, qui ne cherchent pas à signer des tubes et qui ont une voix ! Je me suis donc davantage concentré vers ces producteurs et songwriters là. On a collaboré de la plus simple des manières, comme je le voulais en fait et comme je l’espérais. Aujourd’hui, je suis très très fier du résultat. Je suis toujours en train de fignoler quelques détails, mais ça arrivera à l’automne.

J’ai bossé tous mes morceaux aux petits soins !

Quand tu parles de gros noms, à qui doit-on faire référence ?

J’ai par exemple collaboré avec l’un des plus gros songwriters américains qui s’appelle Ric Nowels, qui a écrit sur les albums de Madonna, de Lana Del Rey… de beaucoup d’artistes. Il a gagné plusieurs Grammy’s. Je voulais absolument travailler avec cette personne, donc cela a été une fin en soit, et c’est quelqu’un d’extrêmement riche musicalement. Il a une culture musicale extraordinaire. Il a 60 ans, donc on joue dans la cours des grands. On a fait plusieurs chansons ensemble avec Ric Nowels, et cela m’a permis d’intégrer sur l’album qui va arriver un re-work de Bob Dylan, puisque Bob Dylan a pu écouter mon album ! Il y a eu beaucoup de surprises qui se sont passées durant ce processus de création. Aujourd’hui, ce que je recherche à faire c’est de la musique pour kiffer, que l’artiste ait 300 ou 300.000 followers, c’est la même chose !

Ton nouveau single porte le nom de « Beautiful », que l’on traduit par « joli » en français. C’était important pour toi de sublimer ton titre pour faire ressortir cet aspect ‘joli’ avec une mélodie forcément mélodieuse ?

Sur l’album que les gens vont découvrir à l’automne, c’est un album multicolore. Quand je dis multicolore, c’est que ça reste ma couleur, c’est ma vision personnelle et c’est ma façon de produire la musique. Sur cet album, il y aura des chansons joyeuses comme « Beautiful » où tu as tout simplement envie d’ouvrir la fenêtre et mettre la radio à fond. Ça c’était le morceau que j’avais envie de sortir à cette période de l’année. C’est toujours difficile pour moi de dire que ce morceau sera le premier, ou le deuxième single. Je dis plutôt que c’est un extrait d’album car il n’y a pas un morceau qui me plaît davantage. Je les ai tous travaillés aux petits soins. J’ai envie qu’ils soient tous écoutés. Il y a des morceaux beaucoup plus mélancoliques, il y a des piano-voix, il y a des trucs plus rock-électro. C’est vraiment un album multicolore de ce que je sais faire en tant que producteur, avec toujours cette pensée DJ de ne pas obliger les gens à bouger du genou ou à danser mais de pouvoir le faire aussi, sans y être obligé. C’est un peu comme ça que j’ai travaillé cet album. Il y a cette idée de proposer différentes choses à travers un album qui s’écoute dans différents moments de la journée avec des chansons pour chaque moment !

The Avener - Exclusive PlayList
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