The Avener - © Boby

The Avener en interview : “Cet album est la logique contraire d’un artiste qui veut faire des tubes !”

Demain, c’est le grand jour pour Heaven, le nouvel album de The Avener. Il est venu nous en parler avec passion ! Interview à lire sur aficia…

Cinq ans après avoir fait chavirer le cœur du public avec The Wanderings of The Avener, certifié Triple Disque de Platine, le producteur niçois présente ce vendredi 24 janvier Heaven. Son petit ‘paradis‘ est déjà promu par les titres “Beautiful”,  “Wild” et “Under The Waterfall”. Un disque fait de 16 compositions et re-work travaillés avec amour, passion et délicatesse.

Au cours d’une d’une nouvelle interview sincère et riche, six mois après la première réalisée à l’Electroshock à Aix-en-Provence, on a pu entrer au cœur du processus de création l’album Heaven, parler des étonnantes collaborations que ce disque compose mais aussi sur la pression que l’artiste a eu de faire mieux que son prédécesseur.

The Avener : l’interview…

À quel point es-tu fier de présenter ton petit paradis, Heaven, à la presse aujourd’hui?

J’ai des collaborations un peu moins connues que l’idée que j’avais en tête à la base.

J’avoue avoir été tellement impatient à l’idée de le sortir que je ne sais pas vraiment comment le prendre aujourd’hui, à quelques jours de sa sortie. Il y a beaucoup d’émotions, de choses qui se passent dans ma tête. Mais en tout cas, je suis très heureux de proposer quelque chose au public qui attendait cet album depuis longtemps, longtemps, longtemps ! C’est une satisfaction supplémentaire, de proposer quelque chose de nouveau pour moi-même mais aussi pour le public. Il y a vraiment cette satisfaction personnelle, de donner de la nouvelle musique au public, de partager mes nouvelles influences etc… je suis très très fier et très heureux !

L’été dernier, tu me disais avoir travaillé avec des artistes qui n’avaient pas la même vision que toi artistiquement parlant. J’en conclu que sur ce disque, il n’y a que des collaborations sincères ?

Ah oui complètement ! Comme je te disais, c‘est vrai que je recherchais d’abord une intégrité à travers mes collaborations pour avoir un fil rouge et pour avoir quelque chose qui me corresponde. C’est toujours un peu compliqué car il faut sans cesse travailler avec de nouvelles personnes. Tous les featurings de l’album sont vraiment très cool. Je suis vraiment content d’avoir travaillé avec Josef Salvat, Ayo, entre autres ! Il y a eu ce temps où j’ai longtemps cherché ces collaborations. Je suis allé piocher dans le monde entier tous ces gens-là.

Comment définis-tu ton album Heaven ?

Là, j’ai un album de chansons, pop, électro, qui correspond exactement à ce que je voulais faire à la base, mais avec des noms un peu moins connus que l’idée que j’avais en tête à la base. Je m’étais dis que je cherchais des grandes stars, mais finalement, ce n’était pas vraiment le nom qui apportait, mais plutôt ce qu’il se passait à travers le micro. Je suis très fier d’avoir collaboré avec des gens aussi intègres artistiquement que bienveillant personnellement. 

Hormis Josef Salvat, Ayo, il y a d’autres collaborations toutes aussi prestigieuses. Parle-moi de cette collaboration avec Bob Dylan, c’est assez dingue ?

C’est complètement dingue oui ! C’est une histoire assez folle que j’aime bien raconter. Même moi j’ai du mal à en parler tellement c’est incroyable. C’est fou que dans une carrière d’artiste on puisse collaborer avec une telle légende qui a marqué de multiples générations et, de surcroît, c’est un artiste que j’apprécie beaucoup personnellement.

Un beau jour de 2017, je me réveille un matin, je reçois un mail de l’éditeur de Bob Dylan qui me dit que Bob Dylan a écouté mon premier album, qu’il aimait beaucoup mon travail de re-work. Il me dit qu’il aurait beaucoup aimé que je travaille l’un de ses morceaux, en l’occurrence “Masters Of War” que j’ai directement pioché parmi la liste proposée. J’ai envoyé une première démo. Je n’ai pas eu de nouvelles pendant plusieurs semaines. Puis, un beau jour, je me réveille et on me dit que le manager m’a envoyé un mail, où il me dit “On a écouté ce que tu as fais, on adore, finis-le, tu peux le faire figurer sur ton album, c’est cool !”.

Cela s’est passé de façon très simple, tout en sachant que Bob Dylan a très peu collaboré dans sa vie d’artiste. Je suis très fier d’être le petit français qui a pu retravailler l’oeuvre de Bob Dylan. C’est juste incroyable !

Découvrez “Masters Of War” de The Avener :

Non seulement l’opportunité est belle, mais la chanson en soit est forte de sens également. Comment a-t-elle trouvé sa place sur l’album ?

Cette chanson, c’est un petit plus, et même un grand plus qu’il y a sur cet album. Elle parle d’un sujet qui a été écrit dans les années 60 pour parler de la guerre du Vietnam. Quand on écoute les paroles, cette chanson est toujours d’actualité en fait, surtout au niveau social dans le monde entier, à travers les conflits qu’on peut voir dans le monde entier. Ça reste une chanson phare qui fait un peu le point Yung de cet album, un peu plus sombre, mélancolique et revendicateur.

Avec toujours cette touche The Avener donc ?

Oui, c ‘est vrai. J’avais envie de faire un album assez feel good où on se sente bien. Les thèmes qui sont abordés sont extrêmement larges, extrêmement fins, et en même temps il ne te dirige pas. Ce ne sont pas des paroles qui te disent que la voiture est bleue, alors tu ne peux pas penser qu’elle est rose ! Chacun pourra se réapproprier les paroles, à travers des émotions, des souvenirs personnels …

Pareil, tu me disais vouloir proposer un disque où tu te disait “est-ce que ça peut pas déplaire au public ?”. Quand on écoute l’album, c’est fluide, c’est rythmé, c’est varié… Comment cela pourrait déplaire finalement ?

C’est un petit peu ma clé de conduite en fait. Quand je fais de la musique en studio, j’essaye toujours de faire de la musique qui me plaît avant tout, et qui peut ne pas déplaire. En fait c’est toute la logique contraire d’un mec qui cherche à faire un tube. Ce n’est même pas le contraire, c’est un sens différent. J’ai ma qualité de DJ et producteur. J’ai un peu l’oreille pour adapter mes créations et l’oreille du public, sans trop la compliquer. Après, comme je viens de la musique classique, j’ai tendance à en ajouter des caisses et des caisses. Il faut arriver à épurer ce message d’une manière assez simple et facile d’accès. Du coup, j’ai beaucoup travaillé sur moi-même pour ne garder que le plus important dans les paroles et les instrus. 

(Re)découvrez “Under The Waterfall” de The Avener :

Plusieurs titres m’ont interpellés à première écoute dont “Run Away”. Ce titre et cette voix, sont incroyables ! Peux-tu m’en parler ?

Alors, cette voix, c’est un ami à moi. Comme le reste de l’album, c’est une collaboration amicale, particulièrement celle-ci. Il s’agit de Manu Lanvain, un chanteur de blues, un parisien, le fils de l’acteur Gérard Lanvain. Il fait de la musique depuis l’âge de ses vingt ans, de la guitare et du chant. C’est un ami à moi avec qui j’ai beaucoup voyagé hors cadre de ma carrière de producteur.

On s’est retrouvé plein de fois dans des endroits assez cool. On a tissé un lien d’amitié assez fort. Alors j’avais une instru dont je ne savais pas vraiment quoi faire de base, que j’ai proposé à Manu. Avec son talent de chanteur très blues, très rock et sa voix très puissante, on a décidé de travailler un truc. On a bossé ça très peu de temps avant le rendu des masters. Il est venu à la maison, à Nice. Il a enregistré ça en une journée. Ça a donné ce morceau, “Run Away”, un morceau très puissant, très catchy, très rauque. Sa voix très massive, à la limite du blues métal, rend le morceau très fort. Ça mélange les genres et j’en suis très fier !

Je dirais que ce titre a un fort potentiel de single. Qu’en penses-tu ?

Je pense oui, j’espère ! Je le crois fortement. Il faudra imager tout ça. J’ai toujours du mal à imaginer quel serait le prochain single, mais en tout cas, oui, ça pourrait. 

T’es-tu mis la barre plus haute, une sorte de challenge que tu avais envie de franchir sur certains morceaux ?

Cet album s’écoute à n’importe quel moment de la journée !

Oui, surtout le re-work de Bob Dylan ! Je me suis mis une pression pour sortir quelque chose, d’assez militaire et aérien en même temps. Il y a avait vraiment un projet de création parce que c’est quand même une guitare-voix à la base. C’est une chanson à trois temps, c’est vraiment compliqué à travailler car il y a fallu passer en binaire. Bref, ça m’a pris beaucoup de temps pour trouver ce compromis et la puissance du morceau. Enfin, beaucoup de temps, tout est relatif, mais trouver les bons éléments et le bon chemin prend du temps, c’est vrai.

Y en avait-il un autre ?

Le morceau avec Arrow Benjamin avec qui j’ai beaucoup travaillé sur la couleur du son. Chaque morceau a été une sorte de challenge. Tous sont relativement différents. Je me suis surpassé à chaque fois. J’essaye de le rendre au public de la meilleure des façons. J’aimerais que ça sonne The Avener et pas autre chose.

À quel moment de la journée préconises-tu d’écouter Heaven  ?

Justement pas ! Cet album a une vocation d’être écouté le soir, entre amis, en voiture, le matin au réveil. Il peut coller à plein de moment de la journée. C’est vraiment un album qui nous libère de tout ce qu’on écoute aujourd’hui, dans une vibe hyper positive, un chouïa mélancolique, un peu nonchalante, un peu rock et funky. Il y a un peu de tout, c’est un panel de mon éclectisme musical. Il n’y a pas d’horaires particuliers. Si jamais je fais un album techno à 125 bpm tout le long, je t’aurais dis que c’est forcément mieux de l’écouter à 2h du matin que fraîchement au réveil (Rires). C’est vraiment un album où j’ai voulu créer une histoire, un peu comme une histoire, en parlant de voyages, de rêves, de mélancolie, de guerres, de belles choses. J’ai essayé d’aborder tous les sujets qui peuvent nous réconforter et nous mettre dans un état mélancolique.