Julie Zenatti en interview : « ‘Méditerranéennes’, c’est loin d’être un album commandé par la maison de disques pour Noël »

Julie Zenatti est de retour dans les bacs avec un nouvel album, Méditerranéennes, enregistré avec la complicité de nombreux artistes pour véhiculer un message de tolérance. Elle en parle pour aficia.

Deux ans après la sortie de son dernier album de chansons originales Blanc (« Les amis », « D’où je viens »…), Julie Zenatti remet le couvert mais revient avec un projet collectif, Méditerranéennes. L’artiste a réuni de nombreux artistes, chanteurs ou acteurs, comme Claudio Capéo, Enrico Macias ou encore Slimane et Chimène Badi que l’on retrouve sur le single « Zina (Ici ou là-bas) ». Ils ont tous participé à l’enregistrement d’au moins un titre en rapport avec leurs origines, lançant un appel à plus de tolérance en ces temps très troublés.

Comment est venue l’idée de ce projet ? Souvent, on considère que des albums de reprises réunissant des artistes autour d’un répertoire répondent à une demande d’un label.

Ce n’est pas le cas ! (Sourire) Je pense au contraire qu’ils auraient préféré que je fasse autre chose. C’était une envie. Une envie de chiner de la musique méditerranéenne. Envie aussi de partager une partie de mon héritage et de chanter avec d’autres. J’ai commencé à travailler sur ce projet en cherchant des chansons un peu pointues et pas forcément connues. Et j’ai agrémenté ça de chansons un peu plus populaires. J’ai voulu aussi mettre en avant des voix qu’on ne connaissait pas forcément, que ce soit Nawel Ben Kraïem, Samira Brahmia ou Cabra Casay… C’est une joie d’avoir pu partager avec elles cet album. Si j’avais voulu répondre à une commande de mon label, je pense que je n’aurais pas choisi ce thème-là et que j’aurais appelé beaucoup de gens connus.

Peux-tu nous en dire un peu plus à propos de cet héritage, finalement assez méconnu ?

Pendant très longtemps on a pensé que j’étais Québécoise, parce que Luc Plamondon l’était, et que les chanteuses qui chantaient un peu fort il y a quelques années venaient toutes de là-bas… On a pensé ensuite que j’étais Corse. Puis, ‘Zenatti’, ça sonne un peu italien aussi… Finalement, avec cet album, je retrace mon parcours, celui de ma famille et de ma culture.

« L’identité n’était pas un souci, ni une source de rupture »

Qu’est-ce qui a été le plus compliqué, chanter dans une autre langue, choisir les artistes qui allaient chanter sur ce disque ou définir une tracklist ?

Ce qui a été le plus difficile, c’est d’avoir dû se restreindre en nombre de chansons. Parce qu’il y avait plein d’autres titres que j’affectionne. Et puis, je n’avais pas forcément avec moi les artistes qui pouvaient les interpréter. Car l’idée de cet album-là, c’est que chacun chante quelque chose qui correspond à son propre héritage. C’est pour ça qu’il y a différents endroits de la Méditerranée que je n’ai pas pu aborder. C’est un peu frustrant d’ailleurs ! J’aurais dû faire un triple album ! (Sourire)

Méditerranéennes, c’est aussi un disque qui trouve un écho dans l’actualité. Quel message veux-tu faire passer ?

L’idée principale était de rappeler qu’on vient tous de quelque part. C’est aussi raconter l’adolescence que certaines femmes ont pu vivre, métissée, tolérante, colorée, et l’identité n’était pas un souci, ni une source de rupture. Il y a évidemment un peu tout ça dans cet album.

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