© Augustin Rebetez

Baby Volcano en Interview Flash : “Ça m’est arrivé de collaborer avec des personnes qui m’ont fait comprendre que j’étais pas légitime de produire mon projet”

Elle est unique en son genre et c’est pour ça qu’on l’adore ! Baby Volcano a fait sensation à la dernière édition du festival Fnac Live Paris, avec un show énergique qui la représente à 100%.  

Juste avant son set, j’ai eu l’opportunité de m’entretenir avec la chanteuse suisso-guatémaltèque, qui se présente au public français. Nous avons pu discuter de ses débuts dans la musique, de son rôle en tant que productrice ou encore de son premier EP : SUPERVIVENXIA – à absolument ajouter à vos playlists avant que ça explose !

Baby Volcano, l’Interview Flash :

1 Hello ! Peux-tu te présenter à nous et nous décrire ton style musical ?

Alors, je m’appelle Baby Volcano. Je suis musicienne et artiste, performeuse aussi. Et le style de musique, ça c’est la question la plus difficile au monde… Mais je dirais que c’est une pop hybride entre musique latine, expérimentale, qui va aussi dans la chanson. Voilà. 

Je pense que le truc qui peut me distinguer le plus c’est quand même le show. Le fait de venir du milieu de la danse, d’avoir suivi un apprentissage de la performance. Je pense qu’il y a quelque chose chez moi qui n’est peut-être pas super commun. Mes shows sont très généreux, avec beaucoup de mise en scène. J’utilise mon corps de plein de manières différentes, pas uniquement dans la danse ou la chorégraphie comme on a l’habitude un peu plus de voir sur les scènes musicales. C’est un tout autre type d’utilisation du corps. Le corps, c’est la matière de l’œuvre, parfois je me recouvre de peinture, à des moments je vais même un peu chercher la nudité, entre guillemets. Enfin voilà, j’ai un rapport au corps qui est beaucoup plus viscéral et animal que de la simple chorégraphie qui est pensée uniquement en soutien de la musique. 

2 Que peux-tu nous dire sur ton dernier EP, intitulé SUPERVIVENXIA

Déjà, le titre… C’est un mot qui est un petit peu modifié. C’est parti du mot “sobrevivencia” en espagnol, qui veut dire “survie”. Et puis, si tu le décortiques un peu c’est aussi le fait d’être super vivant. Sur cet EP, j’ai travaillé sur la notion de refuge. Ça m’intéressait de concevoir la musique comme un refuge fictif, qui nous aide à traverser des moments difficiles – que ce soit dans nos vies intimes ou que ce soit au sein de la société. Parce que la musique accompagne énormément, et depuis longtemps, toutes sortes de mouvements sociaux, des révolutions. Elle est constamment omniprésente.

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3 Comment est né cet EP, du coup ? 

Il est né dans ma chambre. C’est vraiment un processus que j’ai fait seule, majoritairement. C’est la première fois que je compose et produis des morceaux de A à Z. Et puis du coup, il est né vraiment de moi. J’avais besoin de prendre confiance en moi en tant que musicienne et productrice. J’avais besoin de me sentir plus légitime de faire ce métier bien-sûr, mais je voulais aussi me coller à la production car ça m’intéresse. 

Je pense que j’arrive à un point où c’est compliqué de me faire comprendre par les producteurs sans maîtriser le jargon technique. Cela m’est arrivé, par le passé, de collaborer avec des personnes qui ne m’ont pas du tout mise en valeur par rapport à mon art, qui m’ont fait comprendre que j’étais pas trop légitime de produire mon projet, de le porter même. Je sais pas si c’était du fait de mon genre, je pense que c’est beaucoup plus compliqué que ça mais qu’il y a sûrement de ça aussi à l’intérieur. 

Et je crois que j’avais également besoin de douceur, en réaction à tout ce qu’on traverse en ce moment. C’est même ultra bouleversant, tragique. Du coup, j’avais besoin de me faire confiance, de m’enfermer dans ce cocon protecteur qu’est ma chambre, puis de partager de petits morceaux de ce cocon avec ma communauté. J’ai collaboré avec d’autres personnes, notamment sur le mixage, mais j’ai géré la production. C’était un processus très solitaire. 

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4 Pourquoi est-ce important pour toi de mettre en avant tes cultures diverses plutôt que de t’assimiler ?

Dans ma jeunesse, je n’ai pas forcément eu de modèles suisses et guatémaltèques. Et ça m’a manqué. J’ai l’impression que maintenant, petit à petit, je construis une espèce de folklore, un immense mix de tout ce que j’ai reçu comme culture. Et peut-être que je le fais pour l’enfant que j’étais, mais aussi pour que ça parle à d’autres personnes qui naissent avec diverses origines sous-représentées… Et qui se demandent constamment si on est d’ici, si on est de là, alors qu’en réalité on ne pourra jamais répondre à cette question. 

5 Chez aficia, on adore faire des découvertes musicales. Peux-tu nous partager ta dernière obsession ?

Je pense que j’aimerais faire découvrir nusar3000, qui est un producteur d’Espagne du Sud. Il a sorti un album l’année passée, qui s’appelle 3000. Et c’est tellement bien. Je sais pas quoi dire, c’est un espèce de patchwork incroyable. Il faut vraiment aller écouter quoi !

Découvrez le dernier EP de Baby Volcano, Supervivenxia :