Chad Boccara - DR

Chad Boccara en interview : “Avec du travail et de la persévérance on arrive à tout”

Nous avons eu le loisir d’échanger avec Chad Boccara, l’homme qui se cache derrière des artistes comme Suzane et Foé. Une rencontre passionnante à découvrir avec aficia.

Il y a les artistes et il y a les hommes et les femmes de l’ombre. Chad Boccara est l’une de ses personnes qui, en coulisse, travaillent afin de faire entrer dans la lumière les artistes et les présenter au public.

Chad Boccara est le créateur de Faubourg26, société de production musicale qui en seulement 3 ans connaît un véritable succès. Pour preuve, il suffit de regarder le parcours de ses artistes. Comme Foé par exemple nommé aux Victoires de la Musique ou encore Suzane, l’artiste la plus programmée sur les festivals en 2019.

C’est en toute simplicité et juste avant les vacances de fin d’année que nous avons eu l’occasion d’échanger avec Chad Boccara. L’occasion parfaite de connaître son parcours, ses ambitions, connaître son regard jeune et moderne sur l’industrie musicale. Une rencontre passionnante !

Chad Boccara : l’interview…

Avant de commencer notre interview, pourrais-tu te présenter rapidement à nos lecteurs ?

Je m’appelle Chad Boccara, depuis toujours un grand passionné de musique, je suis producteur depuis mes 26 ans (d’où le nom de ma structure Faubourg26), j’en aurais 30 en décembre : pour l’âge de ma boîte je vous laisse faire le calcul ! (rire)

Maintenant que nous avons fait les présentations rapides, Chad Boccara est l’homme qui se cache, notamment, derrière Faubourg26, une société de production musicale, de management et d’édition que tu as créée il y a maintenant 3 ans. Pourquoi avoir créé cette structure, quel était le postulat de départ ?

Partant du constat que dans cette industrie du disque tout va souvent trop vite, qu’on ne prend parfois pas assez de temps pour développer les artistes, les aider à aller au bout de leurs ambitions, où on essaie parfois de les lisser pour ressembler à des artistes qui ont déjà connu le succès afin de rassurer les radios, TV… et ainsi être vite « rentable », j’ai souhaité avec Faubourg26 créer une « structure artisanale », faire du sur-mesure avec chacun de mes artistes et surtout essayer de protéger toute leur singularité !

Décider de produire peu d’artistes pour être très investi à chaque étape de leur projet!

Cette aventure est celle d’un seul homme ou tu as eu l’occasion d’être entouré lors de la création de Faubourg26 ?

Quand vous écoutez le disque d’un artiste, il y a tout un long cheminement avant que celui-ci arrive à vos oreilles !

Chad Boccara

2016 a été une année particulièrement importante pour moi sur le plan perso et ça m’a transmis une énergie assez dingue, le déclic de me lancer alors que depuis petit je savais que je souhaitais ouvrir ma boîte de production d’artistes.

Mes parents étaient déjà effrayés à l’idée que je travaille dans le milieu de la musique à l’origine mais alors je ne vous raconte même pas comment l’ouverture d’un label était une folie à leurs yeux, et pourtant, paradoxalement, ils m’ont beaucoup soutenu !

J’ai également reçu le soutien de pas mal d’amis artistes qui étaient persuadés que c’était ma vocation.

Enfin, juste avant l’ouverture de Faubourg26, sûrement un peu stressé par l’aventure dans laquelle je me lançais, une amie me proposait de rencontrer sa mère Nicole Schluss, manageuse qui a notamment collaboré avec des artistes que j’aime beaucoup comme Diam’s, M, Oxmo Puccino ou Vanessa Paradis. Elle a été de bons conseils et m’a donné le dernier élan qu’il me manquait pour franchir le pas.

Et aujourd’hui ? Avec qui collabores-tu ? Avec qui continues-tu de faire avancer ce navire ?

Je ne suis pas seul dans mon navire car, en plus d’être soutenu par un super avocat, une expert comptable spécialisée et une assistante au quotidien, je collabore sur chacun des projets avec un partenaire disque et live choisis encore une fois sur-mesure, en fonction de l’univers de l’artiste.

Avec Foé, nous avons par exemple décidé de nous allier à Tôt ou tard et Zouave alors qu’avec Suzane nous avons choisi 3eme Bureau et W Spectacle.

Aussi, la partie d’édition est actuellement en gestion chez Peermusic qui m’épaule notamment sur tout l’aspect administratif.

Enfin, j’ai pu collaborer pour la réalisation, le mix ou encore le mastering des différents albums que j’ai produits avec des personnes talentueuses comme Valentin Marceau, Meya Music, Alex Gopher ou encore NK.F.

Une société de production est un étrange mot pour les non-avertis. Explique nous ton travail, les processus utiles à faire ce que fait aujourd’hui Faubourg26.

Quand vous écoutez le disque d’un artiste, il y a tout un long cheminement avant que celui-ci arrive à vos oreilles ! Mon travail est assez complexe à synthétiser mais je dirais qu’il y a :

  • D’abord l’étape de repérage de l’artiste. De mon côté, c’est souvent écouter 300 artistes pour n’en rencontrer que 3 ou 4 et potentiellement finir par en avoir 1 qui te transporte.
  • Ensuite, apprendre à connaître l’artiste, ses envies, ses craintes, son parcours, installer une relation de confiance humaine et artistique entre nous : période parfois longue mais essentielle pour un développement sain.
  • Faire en sorte que l’artiste puisse collaborer avec tous les partenaires adaptés à ses ambitions : ça peut aller d’un chorégraphe, à un réalisateur, en passant par le bon mixeur, le bon styliste et le bon tourneur car la scène est pour mes artistes une donnée essentielle dans le développement… et créer ainsi un projet solide!
  • Enfin, être le chef d’orchestre au quotidien qui permette de fluidifier tous les échanges, que l’univers de l’artiste soit toujours bien respecté, que l’artiste s’épanouisse un maximum tout en le poussant constamment à se dépasser et bien sûr essayer de réfléchir à une vraie stratégie autour du lancement d’un album.

Si le grand public ne connaît pas, ou peu Faubourg26, c’est un nom incontournable aujourd’hui dans l’industrie musicale. Il suffit pour cela de regarder le succès rencontré par les artistes. Foé, qui a eu l’occasion de voir son premier album nommé aux Victoires de la Musique, Eugénie qui a eu un très beau parcours avec le titre « Maryland » et bien évidement la tempête Suzane, artiste la plus programmée sur les scènes des festivals cette année. La question est donc simple : c’est quoi la recette magique pour arriver à de tels résultats en trois ans ?

Pour être honnête, je ne crois pas tellement à une recette magique mais plutôt au travail et à la persévérance, aussi bien du côté de l’équipe qui entoure l’artiste que de l’artiste lui-même ! C’est vrai qu’on travaille tellement au quotidien, du matin au soir parfois très tard, tous les jours sans parfois prendre de week-end, que l’on ne prend pas le temps d’observer et de savourer chaque étape franchie !

Mais je dois avouer qu’au mois d’août, lorsque je pars un peu au soleil, les pieds dans l’eau, c’est souvent le moment du bilan de l’année qui vient de s’écouler et à cet instant précis je me rends compte que Faubourg26 a un beau parcours !

Si je devais quand même donner quelques ingrédients de la recette, ce serait patience, détermination, bel équilibre entre confiance et remises en question, et surtout une bonne dose de passion car c’est une condition essentielle dans ce métier, c’est le moteur de tout !

Foé… Un artiste Faubourg26 !

Je viens d’évoquer le parcours de trois artistes. Mais à ton niveau, comment tu actes le choix de collaborer, ou non, avec des artistes ?

Je dirais qu’il y a trois facteurs à prendre en compte :

  • Premier critère – Est ce que je suis touché par l’artiste ?
    Une identité vocale, des textes percutants, un charisme, une personnalité singulière et un talent de musicien sont clairement les critères qui vont faire que je sois transporté ou non par un artiste!
  • Deuxième critère – Est ce que je vais avoir une vision sur l’artiste ?
    En effet, parfois un artiste peut avoir du talent mais je ne vais pas réussir à entrer dans son univers, à le comprendre ou le projeter et je préfère dans ce cas rester spectateur de son projet. Je ne signe que des artistes sur qui je sais que je suis capable d’avoir une vraie plus-value, où je vais sentir un énorme potentiel peut être caché et pas encore évident chez un talent et que je vais tenter de rendre visible au plus grand nombre !
  • Troisième critère : L’humain !
    On est dans un métier où on finit avec l’artiste à se voir et se parler énormément. Si on ne se sent pas à l’aise avec l’autre ou qu’on ne parvient pas à se faire confiance et à créer une jolie relation, c’est voué à l’échec ! Suzane me dit souvent en rigolant « C’est incroyable, même avec ma famille je ne reste pas autant au téléphone qu’avec toi ! »

Pourrais-t-on également parler d’une marque de fabrique ? En effet, Eugénie, Foé et encore plus Suzane propose des univers atypiques avec une réelle identité, un univers.

La singularité, c’est clairement ce qui m’attire chez un artiste et chez l’être humain de manière plus générale ! Les artistes avec qui j’ai la chance de travailler ont de vraies envies, marquées, aussi bien en terme de son que de visuel. Aujourd’hui, dès qu’un artiste fonctionne, tout le monde cherche à reproduire le même schéma : depuis un an c’est le phénomène Aya Nakamura, beaucoup dans le milieu essaient d’en faire une copie alors que je trouve justement qu’il faudrait penser dans le sens inverse : elle existe déjà, qu’est ce qui n’a pas encore été fait?

C’est aussi un pari osé au regard de l’industrie musicale actuelle. Miser sur des artistes atypiques, hors des codes ?

C’est drôle car cette question était l’objet d’une discussion que j’aie eue pas plus tard que ce midi lors d’un déjeuner avec Philippe Ascoli et Antoine Benacin, des amis qui montent actuellement un label.

Je ne sais pas si c’est un pari osé, aujourd’hui on en a tous marre du tiède je crois ! On veut du tempérament, du brut, du vrai ! C’est en tous cas ce que j’aime, ce que je veux défendre et on voit bien ces dernières années que le public tend de plus en plus vers ça !

Le dernier à rejoindre Faubourg26 est Simony, qui entre plus dans la mouvance actuelle, à savoir la musique urbaine. C’est un choix stratégique de coller au marché ou un véritable coup de coeur artistique ?

Absolument pas un choix stratégique ! Ça part du coeur et seulement ensuite ça arrive au cerveau 😉

Et pour le coup, certes le rap est un style musical de plus en plus écouté, mais Simony ce n’est justement pas que du rap ! Le projet qu’il prépare est assez hybride : il fait s’entrechoquer rap oldschool et prods électros sombres et cinématographiques, il serait l’enfant caché de NTM et Gesaffelstein 🙂 Simony est donc totalement en adéquation avec la singularité recherchée par Faubourg26 et un véritable coup de cœur.

Simony… Un artiste Faubourg26 !

Ta philosophie, vis-à-vis de tes artistes est ‘L’entraîneur en athlétisme ne leur dit pas comment courir, ça ne marcherait pas. Il observe comment ils courent et les aide à atteindre leur meilleur niveau‘. C’est une philosophie facile à appliquer ? Savoir ne pas modeler un artiste à son image, en faire un produit marketing, mais l’orienter uniquement vers les meilleurs choix possibles sans trahir son identité artistique ?

Dire qu’il n’y a pas de marketing autour d’un artiste serait mentir vu que rien que la réflexion autour d’une pochette d’album est déjà du marketing, mais ce que je veux dire par cette philosophie c’est qu’il ne faut pas essayer de travestir un artiste, lui coller un costume différent de ce qu’il est réellement car le public ressent lorsque c’est authentique ou quand c’est fake !

Partant du principe où on est tous des êtres uniques, je trouve ça beaucoup plus fort d’essayer de creuser ce qui rend cet artiste particulier, l’aider à aller exploiter des recoins de son identité qu’il ne soupçonne pas ou alors qu’il n’a pas osé jusqu’alors utiliser. Et si la meilleure stratégie marketing était d’aller creuser au plus profond de qui ils sont réellement afin d’être seul sur ce créneau ?

Au-delà de ta casquette de directeur, tu es également un artiste dans l’âme. En effet, tu participe à l’album de Florent Pagny avec le titre « Immense » par exemple. Comment on passe de directeur d’une société de production à compositeur ? Et au-delà, que t’apporte le savoir créatif dans la gestion de Faubourg26 ?

Le développement doit d’abord passer par du streaming, des webzines et finalement même les réseaux sociaux des artistes qui deviennent essentiels !

Chad Boccara

J’ai toujours aimé écrire, c’est avant tout une passion ! Entre mes 18 et mes 23 ans j’ai écrit pas mal de chansons, comme ça avec des potes et il se trouve que l’une d’entre elles a tapé dans l’œil de Florent Pagny au moment même où il finalisait son album réalisé par Dany Synthé. C’était un honneur que de voir l’un des artistes préférés de ma mère interpréter un de mes textes!

Cela dit, écrire des chansons n’est pas mon métier aujourd’hui, c’est et ça restera toujours un plaisir qui me permet notamment de décompresser après une dure journée ou de m’accompagner lorsque je me fais un peu chier pendant 1h de transport en commun 😉 Je vois donc ça comme une chose totalement « à côté », mais pour autant je dois admettre que mon affinité avec l’écriture va influencer le fait je sois davantage sensible à des artistes qui savent manier les mots, forcément !

Le fait de connaître aussi cet aspect là du travail d’un artiste me permet à la fois de mieux me mettre à leur place, de mieux les comprendre et j’espère d’une certaine manière mieux les conseiller !

Avec ton regard jeune et ta culture, comment analyse tu le marché de la musique aujourd’hui avec l’explosion du streaming, l’hégémonie de la musique urbaine ?

Le streaming a été un merveilleux remède au piratage et permet aujourd’hui de consommer la musique autrement, d’avoir un choix très divers et ainsi permettre au public d’avoir une curiosité musicale supérieure et permettant peut être a la musique urbaine d’être mieux considérée.

Je sais qu’en 2009, aucun artiste de rap francophone ne figure dans le top 10 alors que 10 ans plus tard trois quarts des meilleures ventes d’album sont signés dans ce genre : ça prouve bien que le rap est devenu « la nouvelle chanson française » !

Aussi, je finirais par préciser que le rap s’est extrêmement diversifié aussi ces dernières années, la palette est beaucoup plus large et lorsqu’on voit un mec comme Lomepal qui est à mi-chemin entre du rap et de la chanson française, on peut se dire simplement que la définition même de la musique urbaine a tellement évolué qu’elle expliquerait aussi pourquoi ce style musical s’est tant développé!

De même, dans la communication musicale les lignes semblent prendre du temps à bouger. Les webzines sont encore souvent considérés par les professionnels de la communication musicale comme le ‘média pauvre’ par rapport à la radio par exemple. Quel regard portes-tu sur les modes de communication qui changent à grandes vitesses alors que l’industrie musicale reste encore sur des acquis du passé ?

C’est vrai que les moyens de communication ne cessent d’évoluer et il faut toujours se mettre à la page, se tenir informé des nouvelles façons de faire et s’adapter.

Les radios, la TV… sont évidemment importantes mais aujourd’hui le développement doit d’abord passer par du streaming, des webzines et finalement même les réseaux sociaux des artistes qui deviennent essentiels !

Au-delà du web et de la communication instantané qu’offrent ce genre de supports, les réseaux sociaux deviennent aujourd’hui incontournables dans la gestion d’une carrière d’artiste. Comment tu gères cet aspect de la communication, donnes-tu des conseils aux artistes ?

Le conseil que je leur donne souvent au début, quand ils ont du mal à se lancer, à être à l’aise avec le fait de se dévoiler un peu plus, c’est par exemple d’imaginer en faisant une story sur Insta qu’ils envoient ça à un pote pour leur donner des news, c’est une manière de garder un lien au quotidien.

Plutôt que de voir ça comme une obligation ou une forme d’exhibitionnisme, c’est au contraire une vraie liberté et un vrai pouvoir que de choisir de communiquer directement avec son public !

Finalement quand on y réfléchit, un artiste comme Roméo Elvis qui est suivi sur son Insta par 1,5 millions d’abonnés, quand il annonce sur son réseau qu’il sort un nouveau morceau, ça a autant, voire plus, d’impact qu’un gros passage TV ! Un réseau social bien maîtrisé aujourd’hui a la puissance d’un gros média !

Nous avons l’exemple parfait avec Suzane. L’industrie musicale, en dehors du streaming, peine à vendre de la ‘galette’. Aujourd’hui la musique se passe sur scène. Comment on construit la carrière d’un artiste pour qu’il remplisse un maximum de salles ou squatte de nombreux festivals ?

Suzane est une vraie performeuse sur scène, elle est extrêmement généreuse et les gens qui la découvrent par le live ont envie de suivre en général la suite de son aventure ! Ça a rapidement été une évidence, après l’avoir vu sur scène quelques fois, de se dire qu’il fallait développer son projet par la scène.

En 2019, elle aura cumulé plus de 126 dates de concert, il faut avoir un sacré mental et une sacrée détermination pour enchaîner de la sorte !

Cette stratégie live ne marcherait pas avec tous les artistes, mais quand on a un projet hybride, qu’on ne rentre pas dans des cases déjà établies, exposer son art sur scène permet souvent de mieux faire comprendre l’étendu de son univers !

Suzane… Une artiste Faubourg26 !

Les artistes qui vendent encore en physique arrivent à faire preuve d’originalité. C’est le cas de Mylène Farmer avec ses supports exclusif, de Kikesa qui avait mis des places de concert dans ses packs, de Vald qui a eu l’idée de publier plusieurs formats ou encore Therapie Taxi qui fait des packs différents avec des goodies. La construction de l’univers d’un artiste passe également par cette case ? Celle de lui créer un univers qui pourra être marchandé par la suite ?

C’est sûr qu’à l’heure où le streaming explose, il faut être créatif pour susciter le désir d’achat chez les fans! Pourquoi acheter un disque en physique? C’est pour obtenir un joli livret, une esthétique, un « petit truc en plus » concret qu’on ne peut pas avoir sur le digital.

Comment tu vois l’évolution de Fauboug26 dans les 5 ans à venir ?

Sincèrement ? Quand je me suis posé cette question à la création de Faubourg26, je n’imaginais pas que j’arriverai en 3 ans à accomplir tout ce que j’ai accompli ! J’ai envie de croire que les 5 années à venir me réserve aussi de belles surprises !

Cela dit, en tentant une projection, je m’imagine toujours aussi passionné et libre dans 5 ans, que tout le travail de développement sur ces artistes leur permettra d’être bien installés dans le paysage musical français, et sûrement que d’ici là la famille se sera agrandie 😉

Pour toi, quel serait le but ultime, le fait qui te ferait dire, c’est bon, j’ai réussi ?

Vu mon caractère d’éternel insatisfait, je pense que j’aurais du mal à me dire que j’ai atteint tous mes objectifs et que j’ai réussi ! Mais avoir quelques disques de certification accrochés à mon mur évidemment me ferait très plaisir !

Pourrais-tu me donner trois noms de personnes avec qui tu aimerais collaborer un jour ?

Je suis humain, ambitieux et si je veux être tout à fait sincère je rajouterais « forceur ».

Chad Boccara

Je dirais Woodkid pour l’image : les clips du projet sont incroyables et j’aime aussi le travail qu’il a fait sur d’autres artistes à ce niveau!

Fabrice Luchini : je ne saurais dire quelle forme cette collaboration prendrait mais ne serait ce qu’avoir une longue discussion sur le sens de la vie avec lui pourrait être un sacré bordel ahah, je trouve cet homme fascinant!

Après, parmis les morts, je pourrais en citer une bonne dizaine avec qui j’aurais aimé collaborer : ça va de Brel à Aznavour en passant par Gainsbourg!

Et dans cette même idée, me donner trois noms d’artistes que tu aurais aimé avoir chez Faubourg26.

À l’inter, j’aurais beaucoup aimé avoir découvert Lana del Rey : elle est tellement mystique! J’aime beaucoup l’intemporalité de ses morceaux, elle ne sera jamais « démodée » car elle ne suit aucune mode! Et puis je pense que Foé aurait été ravi de l’avoir en collègue 😉

J’aurais beaucoup aimé produire une artiste comme Diam’s, ça aurait été un gros kiff! C’est une artiste complète, engagée et qui dégage quelque chose d’authentique!

Enfin, je dirais Philippe Katherine car ça doit être un putain de delire que de produire un tel artiste! Autant aujourd’hui il est bien ancré dans le paysage mais imaginez au tout début, quand il n’avait pas cette notoriété la, son producteur a été sacrément couillu d’investir sur un personnage si lunaire, et je pense que j’en aurais été capable, j’aime ce genre de personnage!

Comment nous pourrions décrire Chad Boccara en trois mots ?

Je dirais humain, ambitieux et si je veux être tout à fait sincère je rajouterais « forceur » car mes artistes me décrivent souvent comme ça ahah je ne laisse rien au hasard et quand j’ai une idée en tête je peux me répéter et envoyer 10 minutes de note vocale pour justifier une idée, ça peut être lourd parfois sur l’instant et en même temps je pense qu’il faut se battre quand on a des convictions… pour ma défense, ce côté entêté de ma personnalité m’a plus servi à moi et mes artistes que desservi donc pourquoi changer?

Et si nous devions définir Faubourg26 en trois mots ?

Audacieux, singulier, sur-mesure.

Pour finir, quel conseil tu donnerais à un jeune artiste, dans sa chambre, en train de lire cet entretien. Il rêve de briller un jour sous le feu des projecteurs, de rejoindre Suzane aux Vieilles Charrues. Tu lui dis quoi ?

Je lui dirais qu’avec du travail et de la persévérance on arrive à tout !

Il ne faut pas démarcher tous les labels, faire tous les castings du monde et chercher la lumière à tout prix… une carrière passe par une prise de conscience de ses points forts mais aussi de ses points faibles, un travail acharné pour les dépasser, une recherche des raisons/ valeurs/ messages qu’il aimerait faire passer à travers son art, et au moment où il se sentira prêt, solide (et surtout pas avant !) partir à la recherche de l’équipe professionnelle qui le comprendra !

Chad Boccara : sa PlayList exclusive avec Lana Del Rey, Diam’s, OrelSan…

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