Hervé en interview : “Dans ta vie d’artiste, tu ressembles à ce que tu as le plus écouté”

À l’occasion du succès que rencontre son single “Coeur poids Plume”, aficia est parti à la rencontre d’Hervé afin qu’il nous parle de lui et de son premier album à venir…

S’il a commencé en 2015 au sein du duo Postaal, qu’il forma avec le britannique Dennis Brown, c’est désormais en solo qu’Hervé commence à tracer sa carrière. Celui que l’on compare beaucoup à Alain Bashung dans le style attire d’abord l’attention avec “Va Piano”, puis en 2019 avec “Coeur poids Plume”, devenu un gros coup de cœur !

Un premier EP voit alors le jour… Hervé nous séduit avec ses chansons poétiques sur fond d’electro-pop rythmée. Puis en live, c’est démentiel ! C’est pourquoi nous sommes partis à sa rencontre à l’occasion du dernier ‘Virgin Radio Live’ qui faisait escale à l’Espace Julien à Marseille en décembre dernier. On a parlé de son évolution musicale, son parcours, sa musique, mais surtout d’un premier album à venir…

Hervé… L’interview !

Avant d’être Hervé, tu étais dans un groupe baptisé POSTAAL. Cela a forgé l’artiste que tu es aujourd’hui ?

C’est sûr que ça m’a forgé, cela a été ma première expérience professionnelle. Je faisais la prod’, je réalisais, je faisais les clips aussi, les visuels. On avait notre propre label à Londres. On sortait des disques comme ça. C’était hyper formateur : les premières scènes, les premières tournées en Angleterre…

Puis, ce sont certaines rencontres humaines et artistiques qui t’ont conduit jusqu’ici ?

Bien sûr ! Tout se mélange. On a commencé à passer sur Radio Nova et petit à petit ça montait bien ! On commençait à être diffusé en radio, à passer sur des blogs, aux États-Unis, en France et en Angleterre et voilà !

Te voilà de retour avec un projet francophone cette fois. C’était une réelle envie ?

J’assume entièrement mon côté Alain Bashung !

Hervé

J’ai conçu ce disque en parallèle ! J’ai toujours écrit en français, et j’ai toujours eu besoin de faire ce projet. J’ai pas mal jonglé entre le premier projet et le second, et je n’aimais pas particulièrement ça. J’ai du faire le projet POSTAAL à fond, tourner, faire des trucs à gauche à droite et après pouvoir mettre pleine balle sur mon propre projet.

Quand on te souffle que ta musicalité est ressemblante à celle d’Alain Bashung, Comment le prends-tu ?

Bien ! Je ne peux le prendre que bien. Tu vois, quand Stromae est arrivé, on a dit que cela ressemblait à Brel. Ce que je trouve génial chez lui, ce n’est qu’un exemple, mais de façon générale, tu ressembles à ce que tu as le plus écouté, c’est obligatoire. Ou alors c’est que tu as une personnalité hors-norme ou tu as découvert une niche ou un truc incroyable ! Pour ma part, quand j’ai eu envie de chanter je pense que j’ai voulu chanter comme Jacques Brel car c’est lui que j’ai le plus entendu, mais cela a été inconscient. Quand j’ai fait mon premier titre, j’ai écouté et je l’ai fait écouté à mes proches et on m’a dit : “Oh, mais ça fait hyper Alain Bashung !”. Super, méchant ! Je me suis dit que je devais l’assumer, que je pouvais en faire une reprise avec “La peur des mots”. Je soutiens le truc à fond. C’est de l’ordre du clin d’oeil. Quand je me suis mis à chanter, il y a un peu de Higelin, de Léo Ferré, Jean Ferrat, que des voix un peu spéciales… 

Découvrez “La peur des mots” d’Hervé :

J’ai l’impression que tu as comme l’envie de redonner un coup de fouet à la variété française avec ta pop à toi, c’est vrai ? 

J’écris déjà beaucoup. Je n’essaye pas d’être dans une forme de mimétisme. Quand je fais “C’est comment qu’on freine ?”, c’est comme un clin d’oeil car c’est l’un des albums préférés de Bashung. Le reste du temps, j’essaye de me démarquer par mes textes. Et comme je produis tout et que je fais toutes mes instrus, tous mes beats, toutes mes basses, j’imagine que ça résonne un peu moderne. Ça vient de mon goût pour la production de musique électronique à travers POSTAAL notamment et tout ce que j’ai pu faire.

Y a -t-il une période en particulier qui t’a motivé à t’inscrire dans ce style-là ?

Je pense qu’il y a eu un changement vers les années 2013, avec l’arrivée de Christine and The Queens qui reprenait “Amazonia”, et le retrait de Stromae qui a laissé une certaine place pour des artistes comme moi. Il y a également eu “Le chant des sirènes” d’Orelsan. Il y a eu entre 2011 et 2014 des années charnières avec des artistes qui ont apporté un vent de fraîcheur au paysage français.

Tu dis donc que tu aimerais suivre les pas d’artistes comme Christine, Clara Luciani ou encore Stromae, des artistes qui proposent des textes français avec de la pop ?

Oui, ce sont des auteurs compositeurs après tout. Suivre, je ne sais pas, mais en tout cas, c’est là-dedans que j’aimerais m’inscrire. Tous comme FAUVE, ce sont les premiers artistes où je me suis dit, au delà du rap français, c’est super ! Cette réflexion ne m’était pas arrivée depuis Louise Attaque, sans vouloir dénigrer personne. Ce n’était pas arrivé depuis longtemps !

À quel point le projet Hervé est un projet réfléchi ?

C’est difficile à dire. Je pense que je suis à la frontière entre l’instinct pur et jamais intact. Je suis perfectionniste, ça c’est sûr, que ce soit en studio, à la prod’ etc… Je suis tout seul sur scène, donc je suis à la fois un artiste libre et un autre côté que j’ai envie d’assumer. Je suis obligé d’y aller à fond sur scène sinon il se passe rien, et en studio pareil. 

HERVÉ

LE CLIP ‘COEUR POIDS PLUME’

Il y a eu une première signature avec le label Initial (Eddy de Pretto, Angèle, Clara Luciani, Columbine..) pour la sortie d’un EP. Devons-nous maintenant attendre l’arrivée d’un album ?

Je suis dessus là ! Je ne peux pas te dire quand est-ce qu’il sortira. Il ressemblera à ce que je fais déjà, mais j’ai ouvert quelques fenêtres. J’ai ouvert les stores ! Il y a un peu de soleil ! 

je suis très libre dans ce que je fais !

Hervé

Aucune barrière donc ?

Si demain j’ai envie de faire un morceau funk, je le fais ! Je peux te faire autant du punk que du drum & bass pareil. Je n’ai pas de limites. Tu me parlais tout à l’heure d’être un peu solitaire, et bien oui. J’ai Julien Delfaut en studio qui m’aide à finir à mixer, j’ai mon ingé, j’ai mon label…  Je suis jamais vraiment tout seul. Mais le seul truc, c’est que je suis libre ! Je peux faire ce que je veux ! Dans mon label, il n’y a que des auteurs compositeurs et tous sommes très libres dans ce que l’on fait ! 

Tu as eu la chance de faire les premières parties d’Eddy De Pretto et de Suzane. T’inspirent-ils ? 

Carrément ! J’ai eu la chance qu’Eddy m’invite à son Olympia, puis à son deuxième Olympia, puis à ses Zénith. Je trouve que c’est quelqu’un de sincère. C’est un super auteur compositeur. C’est un super chanteur, et ça, on ne le dit pas assez ! Tout comme Christine. Et Suzane, elle a une super énergie ! C’est vraiment cool !

L’énergie est un point commun, non ?

Ouais ! Je sais pas ? Sûrement ! On a tous commencé seul en fait. C’est un point commun, c’est sûr. Il y a une posture moderniste, c’est sûr, lorsque tu parlais de la production musicale. Là dessus, oui on se rejoint à fond !

Tes projets pour l’année 2020 ?

L’album et le live évidemment. Après, qu’est-ce qu’il y a encore ? On va clipper des trucs, on va faire une pochette, on va faire un disque ! (Sourire) C’est cool, je découvre tout ça ! Je kiffe !

Tu es toi-même un nouveau talent en émergence, mais as-tu un autre talent à faire découvrir aux auditeurs d’aficia pour terminer cette interview ? 

Je pense tout de suite à Pauline, P.R2B. Elle va arriver très fort en 2020, préparez-vous ! J’ai eu la chance d’écouter ses nouvelles chansons, et c’est juste génial !

HERVÉ

SA PLAYLIST EXCLUSIVE POUR AFICIA