Huko en interview : « Des artistes comme Drake et Damso influencent énormément notre façon de produire »

Ils sont jeunes, talentueux et comptent bien faire du bruit d’ici la fin de l’été avec « No Use », leur nouveau single très efficace ! À cette occasion, aficia est parti à la rencontre de Huko… 

À seulement 21 et 25 ans, Hugo et Nico forment le groupe Huko et sont déjà pressentis comme étant les producteurs de demain. Ces montpelliérains ont déjà signé le tube « Blind » en 2016 et même s’ils se sont faits discrets ces derniers temps, en studio, ça carbure !

Ils vont prochainement nous proposer un concentré de ce qu’ils savent faire de mieux ! Il n’y à qu’à écouter leur nouveau single « No Use » pour se faire un avis un peu plus marqué de leur spectre musical très large ! À l’occasion de la dernière édition d’Electroshock by Virgin Radio qui a eu lieu à la Grande Motte, nous avons rencontré ce duo prometteur juste avant leur entrée en scène…

Huko… l’interview !

Bonjour Huko, comment allez-vous ?

Nico : Ça va très bien. On reprend doucement la scène et la promotion car on revient d’une petite période où on a eu un petit creux. On ne parlait plus trop de nous car on a eu quelques soucis sur lesquels nous n’avons pas communiqué. Donc on reprend, ça fait du bien ! On redémarre en fanfare avec Electroshock ce soir, c’est vraiment cool !

Vous êtes amis dans la vie de tous les jours, mais pas depuis très longtemps me semble-t-il. Comment vous êtes-vous formés ?

Nico : Dans la vie de tous les jours, on se déteste ! On peut pas se blairer ! Non, je plaisante, on s’est rencontré en cours de son. On faisait de la musique ensemble. Après, je ne le cache pas, ce n’était pas mon meilleur ami au début. J’avais du mal, non pas parce que c’était une mauvaise personne, mais parce que je ne le connaissais pas, tout simplement. C’était jusqu’à ce qu’on travaille ensemble sur un projet commun. On a travaillé toute une nuit ensemble et là, cela a matché direct ! Je me suis dis que ce mec était cool. Il est venu le lendemain me voir pour me proposer de travailler ensemble et c’est de là que tout est parti. On a vécu des choses incroyables ensemble, comme plusieurs dates. On a vécu ensemble, on a habité sur Paris ensemble, je suis allé vivre chez lui… On est ami oui ! [Hugo hoche la tête, ndlr] Et il dit non ! [Sourire]

Hugo : Si si, clairement ! Mais ce qui est drôle, c’est que c’est parti d’une école d’ingé-son en fait, où à la base on allait peut-être finir dans le son ou être web designer. Et au final, on est dans le son tous les deux et tout roule !

Nico : Après, Hugo et moi sommes l’opposé total ! Je suis plus tendance à être impulsif et énergique, lui c’est l’inverse. Mais ça marche plutôt bien !

Qu’est-ce que ça fait de se retrouver sur un plateau d’artistes aux côtés de grands noms comme Martin Solveig ou Synapson ? 

Hugo : C’est gratifiant. C’est un peu une sorte de reconnaissance. C’est toujours agréable de partager des soirées comme celle-ci avec eux. C’est chouette de les rencontrer et de se rendre compte que ce sont des gens normaux finalement.

Nico : De pouvoir les rencontrer c’est vraiment cool. On a pu échanger un peu avec Petit Biscuit tout à l’heure. C’est la première fois qu’on le rencontrait. C’est un gars hyper cool. Je trouve ça bien de les voir autrement, en vrai, et non pas comme l’impression qu’ils donnent lorsqu’ils sont sur scène ou à la TV.

Si je vous classe dans la famille de la nouvelle scène de la musique électronique aux côtés d’Ofenbach, Trinix, KLYMVX, est-ce que ça vous parle ?

Hugo : Ouais carrément ! Je pense qu’on fait clairement partie de cette nouvelle scène émergente, avec des artistes qui ont eu un titre qui a explosé, voire plusieurs par la suite. On fait partie de cette nouvelle vague oui.

Nico : On se croise pas mal sur les dates aussi.

Découvrez « Blind » de Huko :

Chaque artiste a son empreinte. Avez-vous la vôtre ? 

Nico : Non, pas vraiment. Ça c’est vraiment le truc que l’on ne sait pas. Même avec les autres morceaux qui sont en cours, on arrive pas vraiment à donner un style en particulier.

Hugo : Disons que Huko, c’est pas nécessairement un style défini comme de la ‘deep-house’ ou de la ‘pop’. On va dire que le style Huko est davantage marqué dans les sonorités qu’on peut retrouver d’un titre à un autre. On peut avoir un titre qui peut être un peu plus ‘urbain’, un autre un peu plus ‘soul’ comme le dernier ou plus ‘happy pop’. Ça va vraiment être sur les sonorités, sur les synthés, sur ce genre de choses qu’on va retrouver notre empreinte.

Amenez-vous quelque chose de plus à la musique selon vous ?

Nico : Je sais pas si c’est à nous de le dire, mais…. on espère !

Hugo : En tout cas notre cœur ! Disons qu’aujourd’hui, la musique on la consomme plus qu’on la savoure. Très peu de gens s’intéressent réellement au travail global d’un artiste. Donc nous, ce qu’on essaye de faire passer, on le fait vraiment avec notre cœur, on y met nos tripes dans notre musique. C’est de cette façon qu’on essaye de rendre service à la musique.

Votre nouveau single « No Use » est complètement différent des deux premiers singles. C’est aussi ça d’être producteurs aujourd’hui avec cette volonté de se réinventer sans cesse ?

Nico : Oui, c’est aussi ça. Après, on a également travaillé sur des réalisations d’albums de différents artistes français comme Ben Mazué. On aime bien toucher un peu à tout pour avoir une réelle identité de producteurs principalement. Mais pour revenir à « No use », à la base nous ne voulions pas forcément faire un rework. On n’était pas du tout parti sur ça. Mais comme nous l’avons dit, on a eu quelques soucis qui ont fait qu’on s’est redirigé vers la sortie d’un rework pour ne pas avoir d’édition et sans devoir sortir un morceau en étant embêtés par des parasites de la musique d’avant.

En écoutant ce rework, on a comme l’impression d’un déjà entendu, non ?

Nico : En effet, c’est un rework de Kylie Auldist ! Après avoir découvert le morceau, on s’est rendu compte que c’était la chanteuse qui a repris la chanson « This Girl » de Kungs.

Hugo : À l’époque ce n’était pas lui mais plutôt Kungs Vs Cookin’on 3 Burners. On a kiffé ce morceau de Kylie Auldist qui est extrait de son album sorti en 2009. On a tout de suite voulu le reprendre. Et ce qui est fou c’est que c’est qu’une fois qu’on l’a repris, on a su que c’était celle qui chantait sur « This Girl ».

Est-ce que vous sentez qu’il y a un nouveau souffle qui renaît dans la musique électronique?

Hugo : Oui, d’une certaine manière oui.

Nico : C’est vrai que cela n’arrête pas d’évoluer. La musique c’est un mouvement constant.

Hugo : Encore plus dans l’électro je dirais ! Ça va très vite ! Entre ce qui était joué il y a deux ans et ce qui est joué aujourd’hui, il y a une différence énorme. C’est en perpétuel renouveau. Et si on me reposait la question dans un an je pense que je dirais strictement la même chose.

On le voit très bien avec Purple Disco Machine ou Ofenbach avec son dernier morceau « P.A.R.T.Y » par exemple… Comptez-vous surfer sur cette vague ?

Hugo : Nous ne sommes pas vraiment dans cette logique de ‘surfer’. Nous on fait notre son. On sort les morceaux qu’on aime et on peut passer d’un « Blind » à un « Can’t Get Over You » en passant par un rework de soul qui vont être un peu différents les uns des autres. En fait, c’est ça qu’on veut faire vivre. C’est la diversité de la musique.

Nico : On a pas vraiment de direction artistique. On fait vraiment de ce qui vient, et ce qui nous tient à cœur ! C’est vraiment notre but premier, ne pas avoir de contraintes.

Hugo : Et quand on aime, on dit « Go » !

Vous me disiez dans votre ‘Playlist‘ écouter aussi bien du rock, de la pop mais aussi et surtout beaucoup la scène urbaine (Damso, Drake…). Pourtant, vous faites de l’électro ! C’est assez étonnant non ?

Nico : Pourquoi pas ! Moi personnellement j’écoute vraiment de tout et depuis toujours. La musique qu’on écoute nous influencent. Il y a des morceaux qui vont arriver où l’on aura des rythmiques un peu trap qui tombent. On aime mélanger les styles. C’est important d’écouter de tout. Le rap, en ce moment, ça explose, c’est fou, c’est hallucinant.

Hugo : D’ailleurs, nos prod’ sont rarement rythmés à du 120 ou 128 bpm (traduit par Battement Par Minute, c’est une fréquence de mesure utilisée pour exprimer le tempo de la musique, ndlr). « Blind » c’est du 106, « Can’t Get Over You » c’est du 140. « No Use » c’est du 116. On aime beaucoup l’électro mais on ne s’enferme pas là-dedans. Être producteur, c’est justement ce qui nous amène à faire plein de choses. Pourquoi s’empêcher d’écouter du rap alors que c’est un gros mouvement aujourd’hui.

Des projets totalement fou à venir ? 

Hugo : On a un remix pour HollySiz qui arrive incessamment sous peu pour le titre « Rather Than Talking ».

Nico : À côté de ça, on a eu pas mal de demandes, on a discuté avec ces artistes là en question du fait qu’on soit dans un nouveau label. On nous a proposé pas mal de choses. Ces sept, huit derniers mois, on a beaucoup fait de remixes, ce genres de choses pendant notre période de ‘pause’ histoire d’avancer et de continuer à produire. On a bossé sur nos morceaux et là, le but, c’est vraiment de se concentrer sur nous. Les remixes, c’est toujours intéressant de rencontrer des artistes, de bosser leurs morceaux.

Hugo : Je pense que ces prochains mois, on va vraiment travailler sur nos morceaux à nous pour débarquer pourquoi pas à la fin de l’année avec un format court. C’est envisageable.

Huko - © Valentin Malfroy

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