Cobalt a dévoilé son premier EP Sincère et s’est prêté au jeu de l’interview Dix-Moi. 10 questions pour découvrir ce nouveau talent à suivre.
Après avoir séduit le public avec ses titres “Trop tôt” et “Sincère”, cumulant plus de 10 millions de streams et 20 000 diffusions radio cumulées, Cobalt marque un tournant important dans son parcours. Révélé au grand public grâce à La France a un Incroyable Talent, l’artiste a proposé son premier EP intitulé Sincère. Il s’est confié sur les coulisses de ce projet et sa tournée à venir.
L’interview Dix-Moi de Cobalt :
Ton EP est enfin disponible ! Comment tu décrirais ce projet à quelqu’un qui ne te connaît pas encore ?
C’est un EP qui est très authentique et sincère. Il parle beaucoup d’amour, de ses différentes facettes et aussi de ses dérives (la peur de l’abandon, la peur de l’engagement…). Il y a beaucoup de peur finalement dans ce projet. En terme de direction artistique, il y a un rapport avec l’eau et le bleu.
Tes chansons sont très personnelles, souvent traversées par des émotions fortes. Qu’est-ce que tu avais besoin d’exprimer avec cet EP ?
Oui, toujours, dans ma manière de créer mes chansons. Sauf lors de séminaires ou d’événements similaires, quand je suis chez moi, dans mon cocon, j’ai toujours besoin d’exprimer ce que je ne comprends pas encore moi-même sur le moment. C’est une façon thérapeutique de mettre par écrit ce qui se passe dans ma tête et, d’une certaine manière, de me libérer de tout ça.
As-tu un processus créatif précis ?
La plupart du temps, je commence par écrire le texte, en suivant une structure proche du poème. Ce que j’aime, c’est quand l’inspiration est rapide et fulgurante. Par exemple, pour “Trop tôt”, j’ai écrit les trois quarts de la chanson en seulement 20 minutes, puis je suis passé à la composition. Au final, toute la chanson a été créée en une heure, portée par une émotion tellement intense que j’étais complètement immergé dedans.
On sent une vraie identité vocale et musicale. Comment s’est construite ta patte sonore, entre pop, puissance et sensibilité ?
J’ai grandi en étant inspiré par de grands artistes à voix, comme Adele ou Aretha Franklin. Leur sensibilité, leur puissance vocale et cette identité soul très marquée m’ont toujours fasciné. En parallèle, j’ai aussi été imprégné de chanson française et de l’importance des textes grâce à ma famille. Mon frère fait lui aussi de la musique, mais il se tourne davantage vers l’écriture de romans. Quand j’étais enfant, on écoutait beaucoup Les Wriggles, ça a également nourri ma sensibilité musicale.
Est-ce que tes origines ont influencé la manière dont tu écris et chantes aujourd’hui ?
J’ai vécu à Caen, puis à Rennes, et aujourd’hui je suis installé à Paris. Quand je réécoute mes premières compositions, celles que j’écrivais à 16 ans dans la campagne normande – un endroit que j’aime profondément – je me rends compte à quel point ce cadre m’a influencé. Là-bas, je prenais plus de temps pour écrire, mes textes étaient différents, et mes influences aussi. À l’époque, j’écoutais beaucoup Damien Saez, donc il y avait un côté très poétique, presque brut, dans ma façon d’amener les choses.
Puis, en arrivant à Caen, j’ai commencé à faire des concerts de rue. Et là, c’était une autre dynamique : comment captiver des inconnus qui passent sans s’arrêter ? Comment les accrocher sans me contenter de reprises connues ? J’ai donc testé mes propres chansons et observé les réactions. C’est à ce moment-là que je me suis doucement tourné vers la pop, parce que c’est ce style qui arrive le plus facilement à toucher les gens dans la rue.
Ensuite, quand je suis parti à Rennes, j’ai intégré une école de musique. J’y ai fait de belles rencontres artistiques. Puis, j’ai été contacté par un producteur parisien avec qui j’ai collaboré pendant deux ans. La deuxième année, j’ai finalement déménagé à Paris. J’adore cette ville, et c’est assez amusant de voir qu’aujourd’hui, malgré ce parcours, je reviens symboliquement à mes racines : mon label, Duchesse, est à Caen.
S’il ne fallait écouter qu’un seul morceau pour comprendre ton univers, ce serait lequel et pourquoi ?
C’est dur comme question (rires). Je dirais “Sage”. Ce titre a quelque chose de particulier — quand j’écoute de la musique, je vois souvent des couleurs, et il m’évoque le bleu. Ça correspond très bien à l’atmosphère et à la cohérence de l’EP.
Tu t’apprêtes à partir sur la route. À quoi doivent s’attendre les gens qui viendront te voir sur scène ?
Tout à fait, je vais faire les premières parties de Pierre Garnier en décembre, ça va être trop bien ! Ensuite, il y aura la tournée Fraiche pop dès le mois de janvier. De ce que je peux en dire, ça va être sensible, poétique et sincère comme le nom de l’EP haha.
Qu’est-ce que ça te fait d’imaginer rencontrer des personnes qui te connaissent déjà, et d’autres qui vont te découvrir pour la première fois ?
J’adore ça. J’ai toujours aimé ce rapport au public. Pour être honnête, j’ai plus souvent joué devant des personnes que je devais, entre guillemets, convaincre, plutôt que devant un public venu uniquement pour moi.
Lors de mon concert à La Boule Noire, le 9 octobre à Paris, j’ai ressenti une émotion rare : les gens étaient là juste pour moi. Il y avait énormément d’amour, et ça m’a profondément touché.
Ce que j’aime aussi dans les premières parties, c’est que l’adhésion du public se construit petit à petit. Au fil des chansons, tu sens que ça s’ouvre, que les gens te suivent, et c’est magnifique. Ça me rappelle mes débuts dans les rues de Caen : certaines personnes restaient toute l’après-midi à m’écouter, simplement parce qu’elles avaient été conquises sur le moment.
Pour moi, les premières parties, c’est la même chose sauf que tout est condensé, et que tu as beaucoup moins de temps pour créer cette connexion.
Y a-t-il une date que tu attends avec impatience ?
La date à Bercy, le 9 décembre, c’est celle que j’attends le plus. Parce que… c’est Bercy. C’est complètement fou. J’en parle déjà avec ma psychologue pour m’y préparer mentalement, et je pense que ça me fait du bien (rires).
Ce lieu m’impressionne évidemment parce qu’il est mythique, mais aussi par sa taille et le nombre de personnes qui seront présentes. C’est à la fois excitant et terrifiant. Je serai seul, guitare-voix, face à tout ce monde. C’est clair que ça va être dingue. Et au fond, je me dis surtout : quelle chance j’ai.
Comment prépares-tu un live ?
Je cherche avant tout à retrouver l’essence de chaque chanson. Par exemple, “Désir” a une dimension sensible, presque sensuelle, tout en restant rythmique donc je m’efforce de préserver ce ressenti, que je sois en guitare-voix ou accompagné d’un musicien.
Pour “Trop tôt”, il y a ce côté lettre ouverte, très intime, et j’essaie de faire passer cette intention sur scène. “Rose”, au contraire, est beaucoup plus lumineuse, remplie de good vibes.
Chaque chanson a sa couleur, sa personnalité, son émotion. Alors plus qu’une reproduction à l’identique de l’EP, je construis mon set en fonction de l’âme de chaque titre, pour offrir quelque chose de vivant et sincère.
Découvrez l’EP de Cobalt Sincère :





