La Fine Equipe - © Frame Pictures
La Fine Equipe - © Frame Pictures

La Fine Équipe en interview : “Nous avons créé notre label par nécessité de liberté…”

À l’occasion de sa tournée, La Fine Équipe a répondu à nos questions. Son dernier album, ses collaborations, ses projets pour les mois à venir…Confidences sur aficia !

En 2013, les quatre membres de La Fine Équipe créaient leur propre label, Nowadays Records, afin de pouvoir profiter d’une plus grande liberté et produire d’autres artistes parmi lesquels on retrouve des talents comme Fakear, Jumo, Phazz (Orelsan, Oxmo Puccino, Travis Porter), Leska ou encore Clément Bazin. C’est pour célébrer les cinq ans du label que les quatre garçons ont dévoilé l’album 5th Season (2018) qu’ils défendent actuellement sur scène.

C’est dans les loges du Bizarre! à Vénissieux, que nous avons passé un moment avec Blanka, oOgo, Chomsky et Mr. Gib. Un entretien détendu et ponctué de franches rigolades durant lequel, les quatre garçons se sont confiés sur 5th Season, leur façon de travailler, leurs influences et les surprises qu’ils prévoient pour le futur…

La Fine Équipe : l’interview…

Comment vous présenteriez-vous à ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

Chomsky : Nous sommes un groupe de quatre amis et nous sommes originaires de Paris et de Marseille. Nous avons sorti une trilogie d’albums (La boulangerie, La boulangerie 2 et La boulangerie (Back Burners)). Nous représentons le beatmaking qui est une forme de musique électronique basée sur des samples d’autres morceaux. En avril dernier, nous avons sorti un album qui s’appelle 5th Season et nous sommes en tournée jusqu’à la fin de l’année pour le présenter.

En concert vous avez chacun votre spécialité, est-ce aussi le cas quand vous travaillez en studio ou préférez-vous tout gérer ensemble ?

Nous sommes passés de collectif à groupe à part entière.

oOgo

oOgo : Nous n’avons pas de règles précises. Chacun peut travailler de son côté et ça nous arrive aussi de nous retrouver et de bosser des morceaux ensemble. Il y a un gros partage de pistes et de cessions en studio. À la fin, nous aboutissons sur des morceaux qui vont se retrouver dans ds grandes playlists et nous en choisissons certains pour les terminer. Nous n’avons pas vraiment chacun une spécialité et c’est vrai que la différence avec la scène, elle est là.

Quand vous êtes en studio, tombez-vous facilement d’accord sur les choix et les directions à prendre ?

Chomsky : Il peut y avoir des discussions mais nous savons quelles sont nos références car nous travaillons ensemble depuis un moment. À la fin, nous tombons tous d’accord. Souvent, la discussion porte sur des questions de structure des morceaux.

oOgo : Je pense que sur la composition, ça se fait assez naturellement. Nous allons plutôt échanger sur la dimension live que certains morceaux pourraient prendre.

Mr. Gib et Blanka reviennent des balances…

À vos débuts, vos noms de scène apparaissaient pour les morceaux de vos albums et ce n’est plus le cas aujourd’hui. Vous ne vouliez former plus qu’une seule entité en les signant La Fine Équipe ?

Chomsky : C’est vrai que nous avons commencé à travailler encore plus ensemble pour le troisième tome de La boulangerie. Il y avait plus de concerts aussi. Ça nous a donné cette habitude de se rassembler pour travailler. Pour les deux premiers albums, c’était vraiment une expérience où chacun était dans son coin et signait ses productions. Les morceaux ont pris une autre tournure dès l’instant où nous nous sommes mis à travailler ensemble. Il y a cette signature commune, La Fine Équipe, depuis notre dernier album.

oOgo : À force de tourner, nous avons eu cette unité que nous retrouvons bien aujourd’hui. Même si tous les morceaux ne sont pas faits à plusieurs, nous avons décidé de tout partager sous le nom de La Fine Équipe. Nous sommes passés de collectif à groupe à part entière. La musique électronique peut être très personnelle et le groupe amène à faire ce travail collectif qui donne une nouvelle dimension.

Vous aimez beaucoup mettre en avant d’autres artistes en collaborant avec eux. Il y a les têtes d’affiches et des découvertes. Comment faites-vous pour choisir ces artistes ?

C’est un peu une schizophrénie quand tu travailles pour les autres et pour toi.

Chomsky

oOgo : Ce sont des artistes dont nous avons croisé la route et avec qui nous avons déjà plus ou moins collaboré parce qu’ils sont dans les mêmes délires que nous. Il y a quelques artistes avec qui nous trouvions ça génial de collaborer.

Chomsky : Il est vrai qu’en dehors de notre activité de groupe, nous travaillons chacun dans la production ou avec le label. Du fait de cet environnement, nous sommes amenés à rencontrer beaucoup de musiciens et d’artistes. Nous ne nous voyons pas comme des chasseurs de têtes.

Mr Gib : Pour te donner un exemple précis, nous pouvons parler des rappeurs américains avec qui nous avons déjà travaillé. Ce sont vraiment des artistes dont nous aimons le travail et avec qui nous voulions vraiment travailler.

En réécoutant vos titres et surtout ceux de la trilogie de La boulangerie, j’ai aussi pu me rendre compte que le septième art faisait partie de vos influences. Vous êtes de gros consommateurs de cinéma ?

En chœur : Oui, nous sommes de gros consommateurs ! (Rires)

oOgo : C’est vrai qu’il y a toujours eu cette dimension musique de film dans nos productions.

Chomsky : Comme nous sommes amenés à faire de la musique instrumentale, il n’y a pas de propos, pas de paroles. C’est en cela que nous allons aussi puiser nos influences dans le cinéma.

Il y a aussi votre label. Qu’est-ce qui vous a poussé à le créer ?

oOgo : Une nécessité de liberté en premier lieu. Nous nous sommes dit que soit nous allions créer notre label, soit nous n’allions rien faire. Ça nous a permis de créer et de promouvoir des musiques que nous aimions bien. Il n’y avait pas forcément de structure en face pour le faire. Notre premier album est sorti sur un label autre que le notre mais malheureusement il a disparu depuis. C’était un peu la seule solution et c’était un souhait que nous avions depuis longtemps de monter des studios d’enregistrement et de travailler en autonomie. Quand nous voulons travailler sur un projet, nous allons le construire nous-mêmes. Nous n’allons pas attendre auprès des autres pour sortir des albums. Nous avons toujours été un peu plus que juste des artistes et nous avons toujours eu besoin d’élargir nos activités.

D’ailleurs avec 5th Season vous avez voulu, entre autres, mettre en avant des artistes du label. À terme, pensez-vous vous concentrer plus sur la production pour les autres ou bien préférez-vous continuer à allier prod’ pour vous et pour les autres ?

Chomsky : C’est une excellente question et je te remercie de l’avoir posée ! (Rires) Et c’est très compliqué d’y répondre… Ça fait un moment que nous nous connaissons et que nous travaillons ensemble. C’est un peu une schizophrénie quand tu travailles pour les autres et pour toi. Personnellement, je ne peux pas te donner de réponse précise pour le moment car je n’ai pas le recul nécessaire sur ce qui va arriver dans les temps à venir. Ça sera peut-être un choix important à faire à un moment donné.

oOgo : Il faudra peut-être mettre des priorités à un moment mais je sais que je continuerai à faire de la musique pour moi.

Mr Gib : Idéalement, nous avons envie de continuer ensemble. C’est plus une question d’organisation et de synchronisation entre nous et nos différentes activités. Le challenge, il est là.

oOgo : Ça peut plus se confirmer au niveau des tournées. Un beau jour l’un d’entre nous pourra dire qu’il a envie d’arrêter de partir en tournée. Mais je ne pense pas que ça se passera pour la musique elle-même.

Chomsky : Si tu développes un projet, c’est que tu as du temps pour bosser dessus.

Quel morceau préférez-vous jouer en live ?

Chomsky : Moi, j’aime bien jouer l’intro. C’est le début et il y a une grosse énergie.

oOgo : J’aime beaucoup jouer des morceaux où je ne fais pas grand-chose ! (Rires) J’aime bien les morceaux qui sont vers la fin du show comme “Maluca”. Les titres s’enchaînent et il y a une énergie différente, c’est convivial. Je suis comme un diesel à ce moment-là.

Mr Gib : Il y en a plein mais j’en ai un en particulier que nous jouions précédemment et que nous avons remis dans cette nouvelle version du live. C’est “Eat U”. Il prend son temps, il est lent et lourd au début. Il y a une énorme montée et quand ça pète, je trouve que ça fonctionne très bien.

Blanka : Moi, j’aime bien “Geste propre” que nous avons fait avec le projet Gangue (La Fine Equipe, Fulgeance, Haring).

Pour terminer cette interview, pouvez-vous parler de vos projets pour les mois à venir ?

Blanka : Nous avons un EP qui ne devrait pas tarder à arriver. Nous avons un morceau avec un artiste en featuring dont je tairai le nom.

oOgo : Il s’appelle Gaël Faye ! (Rires)

Blanka : Et un autre dont je tairai également le nom.

oOgo : C’est Pavan de Foreign Beggars ! (Rires) Nous avons pas mal de morceaux qui auraient pu se retrouver dans l’album. Cet opus, c’était un mélange de beaucoup de choses de ces dernières années. Le nouvel EP va rassembler des titres plus récents sur lesquels le public pourra retrouver la dimension musique électronique de nos lives. Il y aura aussi un clip pour notre morceau “Typical Boy” sans oublier celui de “5th Season” qui est déjà en ligne !

La Fine Équipe

LA PLAYLIST EXCLUSIVE