Laurie Darmon - © Wismes
Laurie Darmon - © Wismes

Laurie Darmon en interview : “’Femme Studio’ ça montre une femme sous plusieurs facettes”

Laurie Darmon publiera ce vendredi 6 mars son nouvel album Femme Studio. À cette occasion, aficia est partie à sa rencontre pour parler musique…

Laurie Darmon est un petit bout de femme de 29 ans. Elle est une auteure, compositrice et interprète comme il en existe peu… À bientôt 30 ans, la jeune femme s’assume telle qu’elle est !

Elle publiera ce 6 mars son deuxième album Femme Studio, qui veut dire beaucoup. Un album résolument pop. Un album “de chair et de sang, d’amour et de miel, où les textes narquois et légers se posent sur des nappes électro et des beats aussi essentiels que les battements du cœur”. Un album déjà mis en avant par les titres “Laisse-moi t’aimer” ou “Extase”. C’est au sujet de cette sortie événement qu’elle nous a accordée une interview riche de confidences,,

Laurie Darmon : l’interview…

Le grand public ne te connaît pas encore. Cela dit, ton nom n’est pas inconnu… T’en sers-tu comme un avantage ou souhaites tu mener ta vie d’artiste comme bon te semble ?

Je ne calcule pas plus que ça. Je fais vraiment les choses comme elles sortent. En soit, je ne sais pas si on peut dire que c’est un avantage, mais ce qui est sûr c’est que je ne le prends pas en compte. 

Tu es auteure, compositrice et interprète. C’est rare dans le milieu aujourd’hui. Penses-tu que ce genre d’artistes doit davantage avoir de place dans le paysage musical français ?

C’est parce que je me suis enfin autorisée beaucoup de choses que ce disque est né.

Oui ! Je pense que c’est juste un moyen de dire plus largement qu’on a quelque chose de plus créatif à défendre. Il suffit de le laisser sortir. C’est pour que cela se propage davantage. Cela a poussé plus de monde à faire ses propres compos, donc c’est cool. 

Tu arrives avec un vrai style, du texte incisif et personnel, une vraie histoire, de la pop-électro efficace…Tu as tout pour plaire normalement non ?

C’est gentil (Rires) ! Je ne sais pas, mais ce serait cool que cela parle à plus de monde car quand j’ai composé tout ça, moi ça m’a procuré beaucoup de joies simples en fait. J’aimerais que cela transpire de plaisir !

À quel point est-ce un disque que tu as pris plaisir à concevoir ?

J’ai fait les musiques en même temps que je les écrivais. J’ai tout fait en même temps. C’était un vrai plaisir et un très bon moment à vivre, complètement.

Ton nouvel album arrive dans quelques jours maintenant. Il arrive trois ans après le premier baptisé Février 91. Depuis, tu as grandis, mûri. Mais il y a comme une suite logique à travers ce disque… 

Ça me fait plaisir que tu le ressentes. Je crois en effet qu’il y a quelques chose d’assez logique. Pas forcément attendu, mais logique. Quand on regarde un peu de plus près le propos, mon premier disque parlait de la difficulté à devenir adulte et femme, des tourments qu’on pouvaient vivre pendant l’adolescence, entre 16 et 24 ans, alors que ce nouveau disque, tout semble se débloquer. Tout coule naturellement. 

Tu te permets d’être plus franche, plus honnête avec ton public, puisque tu évoques une période difficile de ta vie, celle de l’anorexie mentale que tu as traversée il y a quelques années. C’était logique de mettre cette histoire mettre en musique (“Mai 2018”), à ce moment-là de ta vie ?

C’est quelque chose que je n’ai pas calculé. C’est sorti très naturellement. Et puis, il y a eu une part de nécessité soudaine, là où je n’ai pas pu en parler avant. Là, c’est devenu plus simple. Il y a fallut en parler. Je trouvais qu’il y avait du sens. Ça permet de mieux comprendre et de donner une certaine profondeur, là il ne pouvait pas forcément en avoir au premier abord.

Découvrez “Laisse-moi t’aimer” de Laurie Darmon

Est-ce qu’il y a des chansons que tu aimerais faire entendre en priorité dans ce disque ?

Je trouvais ça intéressant d’appeler ce disque Femme Studio pour sa multiplicité.

“Que tu te déhanches devant moi”, “Maître Corbeau” et… Après je les aime toutes ! Je n’ai pas encore le recul pour… Mais peut-être que ces deux-là sont en effet celles qui, dans deux styles différents, semblent celles que j’aimerais imposer. J’aimerais me mettre ce défi-là. 

On vit dans une société où la femme prend davantage la parole, s’assume davantage. Tu fais parties de celles-ci ? 

Bien sûr ! 

C’est aussi ce que tu as voulu raconter dans ton album ?

C’est ce que je raconte malgré moi. Ce n’est pas une volonté. C’est parce que je me suis enfin autorisée beaucoup de choses que ce disque est né, et que ça allait mieux. Il faut absolument s’affranchir des carcans dans lesquels on peut évoluer, de la censure qu’on peut ressentir. Il faut se laisser éclore. Alors bien sûr que je suis partisane de ça, et j’espère pouvoir le dire et fort. 

Parle-moi du titre de cet album, Femme Studio. Hormis le fait qu’il résume sans doute un, voire deux ans de studio, il y a un certain sens caché derrière ?

Pour moi, il y a un jeu de mot avec ‘Home Studio’, puisque je l’ai fait dans mon home studio. Ce titre m’évoque quelque chose de multiple et de moderne à la fois. Et ce disque, c’est un peu ça, dans sa conception, c’est-à-dire que j’ai plusieurs rôles.  J’ai fait aussi bien la prod’ que les paroles, la musique, j’ai monté mon label… et dans le fond aussi ! Ça montre une femme sous plusieurs facettes et complètement différente, tantôt désireuse, tantôt blessée par amour. Il y a plein de choses différentes. Je trouvais ça intéressant de l’appeler Femme Studio pour sa multiplicité.

Tu as crée ton propre label, Lionne Records. En général, un artiste qui crée sa propre structure c’est qu’il a eu une mauvaise expérience avec la précédente et qu’il recherche davantage de liberté dans son mode de fonctionnement. Est-ce ton cas ?

Oh oui ! 

C’est un oui qui vient du coeur dis-moi…

(Sourire) L’avantage de la liberté, c’est complètement mon cas. Après, la mauvaise expérience, vraiment pas. Je suis partie de mon ancien label sans animosité aucune, c’était vraiment un choix de ma part. J’avais envie d’explorer cette liberté-là, car c’est aussi ma façon de fonctionner. Ça m’a permis de comprendre ça. Auparavant, j’étais frustrée de ne pas faire plus de chose moi-même et avoir une équipe c’est super, mais parfois, on a envie de prendre un peu plus de place. C’est en fonction de sa nature aussi. Je suis de nature autonome, très indépendante. J’aime bien l’envers du décor aussi, et pas seulement le côté artistique. C’est pourquoi c’est un oui qui vient du cœur (Rires). J’aime bien ce côté 360 degrés.

Tu t’apparentes finalement à une artiste très polyvalente ?

Voilà, c’est ça. Après, je me suis tout de même ré-entourée un petit peu, mais ça reste mon label, je reste productrice, et voilà. 

Tout en étant indépendante, souhaites-tu devenir malgré tout une artiste populaire ? 

Oui. je n’ai pas de problème avec ça, au contraire. C’est juste une façon de concevoir les choses. Il ne faut pas partir du principe que c’est le public qui doit décider et qu’on va se faire en fonction de ce qu’on pense qu’il aime et suivre les tendances. En revanche, si l’on fait un projet tout en authenticité et le plus sincère possible et que ça plaît au plus grand nombre, on est très heureux de ça. Je n’ai pas pour ambition que mon projet reste un projet de niche ou indé, au sens un peu tranché et slave du termes. Pas du tout, au contraire !

Quand tu regardes ces femmes récompensées aux Victoires de la Musique, que cela t’évoque-t-il ?

Je trouve ça très beau que ces jeunes femmes commencent à émerger. Pendant longtemps, il n’y a pas eu autant de place pour les filles. Je trouve ça super de se dire que ça va se passer enfin et qu’il y aura plus de place dans le paysage musical. 

Pour terminer, y a t-il des artistes dont tu aimerais suivre le parcours ? 

Je suis très fan de Catherine Ringer, de sa liberté, de sa fraîcheur. Je trouve qu’elle se réinvente tout en restant elle-même. Elle est au contact de quelque chose de vrai en elle, et ça fonctionne. Ça continue de se mouvoir au fil du temps. Ce n’est pas figé, c’est trop beau. J’aime son parcours, j’aime tout ce qu’elle a fait. En tout cas dans sa façon de voir les choses. Mais c’est vraiment pour qui elle est. 

LAURIE DARMON
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