LEJ - © Francis Courbin
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L.E.J en interview : “S’engager pour une association, on le fait parce que cela nous tient à cœur, avec amour et envie”

Exclusivité aficia

On retrouve L.E.J en interview sur aficia. Le trio nous parle de son engagement associatif, des causes qu’il souhaite défendre.

Semaine spéciale sur aficia puisque nous passons la semaine avec… L.E.J! Le trio féminin fera son retour dans les bacs ce 29 mai avec Pas peur. Il donnera suite à En attendant l’album (2015) certifié Double Disque de Platine (équivalent à 200.000 ventes) et Poupées Russes paru il y a deux ans.

À l’occasion du nouvel album de L.E.J garni de belles collaborations (Bigflo & Oli, Kemmler, Fakear, Chilla et Youssoupha), nous nous sommes entretenus avec les filles via Skype, confinement oblige. Ensemble, nous avons abordé trois points qui sont chers à Lucie, Elisa et Juliette, à savoir le buzz survenu autour de leur premier mashup, puis leur engagement associatifs pour enfin récolter quelques confidences à propos de leur nouvel album…

L’engagement associatif de L.E.J

Après nous avoir confié sa playlist du moment et être revenu sur son premier succès en 2015 avec le “Mashup 2015”, L.E.J a souhaité parlé de son engagement associatif compte tenu du fait que pour chaque achat d’un pack audio qui est fait, un euro est reversé à l’association ‘Fondations des Femmes’. Un joli geste qui fait de L.E.J un groupe concerné par l’engagement associatif…

L.E.J : l’interview…

Vous êtes chacune d’entre vous engagés dans le monde associatif…. Expliquez-moi les raisons de vos engagement associatifs respectifs ?

Élisa : Nous sommes toutes les trois marraines d’une association qui s’appelle Le village d’EVA basé à Mayotte. Elle agit pour la protection des droits des enfants. Elle se bat pour que chaque enfant ait droit à être scolarisé, car oui, l’école est obligatoire, non un devoir.

Juliette : Qu’il fasse beau, qu’il fasse moche, qu’il pleuve, notre devoir est de prêter main forte à ces associations que nous soutenons. Par exemple, pour chaque achat d’un pack audio qui est fait, un euro est reversé à l’association ‘Fondation des Femmes’. D’autres associations vont sûrement se joindre, une association environnementale et une association pour les étrangers et migrants. Pour nous, c’est important de le faire car même à notre niveau de petite notoriété ce sont des choses sur lesquelles on tient à mettre de la lumière. Donc si on peut aider à notre échelle, faisons-le !

On le fait parce que ça nous tient à cœur, avec amour et envie. 

Élisa

Quelle fréquence de temps donnez-vous à ces associations ?

Lucie : Je ne pense pas qu’il ait un temps donné. Ça dépend des périodes, ça dépend des missions, donc c’est vrai que par exemple, avec Le village d’Eva, nous nous sommes rendus à Mayotte car cela nous semblait important d’être sur place, d’apporter notre aide physiquement. Sur cet album là, comme Elisa le disait, on va être au plus près de trois associations et je pense qu’on va s’investir de plus en plus car nous avons trouvé les causes qui nous tiennent à cœur, et plein de causes nous parlent à toutes. Certaines nous passionnent plus, d’autres moins. On a longtemps été indécises quant à notre choix. On a envie d’être engagées, c’est sûr. On répondra présente dès qu’on le pourra !

Elisa : Ce sont des choses sur lesquelles on ne communique pas beaucoup car ce sont les associations en question qui le font. Nous, on le fait le soir-même durant nos concerts dans le but de ramener des fonds si c’est le cas. Mais, on n’a pas envie que cela devienne un fond de commerce non plus. On le fait parce que ça nous tient à cœur, avec amour et envie.  

À quel point c’est important pour vous d’inculquer des valeurs d’engagement associatifs à votre public ?

Élisa : C’est important, mais j’en parlais la dernière fois avec Juliette justement, j’ai vraiment l’impression que notre génération, celle d’après et même celle d’avant, est beaucoup plus consciente des besoins associatifs et des besoins de soutien que beaucoup d’associations ont, contrairement aux générations d’avant. Je pense qu’on confirme plus le fait que ce soit normal que le fait de leur inculquer de le faire. 

Juliette : Ce qui est important c’est de ne pas se sentir seul, c’est de se sentir engagé dans une cause avec des gens. C’est ça qui donne de la force. En tant qu’artiste, on arrive à réunir des personnes et si on est davantage touchés tous ensemble, ça donne encore plus de puissance à la cause et cela crée plus de force, que ce soit dans l’écologie, l’égalité, les gens. Plus cela touche de monde et plus cela va avoir un impact. 

Ce n’est pas parce que tu es engagé que tu es forcément moralisateur. 

Juliette

Il me semble que vous avez toujours participé à des événements caritatifs également…

Juliette : On est déjà beaucoup présente dans le domaine associatif en réalité, notamment des événements caritatifs, beaucoup. On a fait de nombreux de concerts pour des associations, comme Anymal avec Rémi Gaillard, les Solidays.. Ce sont des associations déjà connus, certes. En interview, on en parle de temps en temps. Au village d’Eva, on a montré notre voyage et on a créé cette chanson qui s’appelle “On fait du bruit” dans le cadre d’ateliers pédagogiques musicaux avec ces jeunes. Mais il ne faut pas non plus perdre les gens. Ce qu’on fait d’abord, c’est de la musique, et c’est pour tout le monde. La chose commune en écoutant de la musique, c’est que cela procure des émotions. C’est ce qu’on veut mettre en valeur et c’est ensuite qu’on peut développer ça en interview ou en concert afin de parler concrètement ce qu’on soutient. 

Peut-on dire que vous êtes pour autant des artistes engagés, ou est-ce que selon vous tous les artistes sont finalement des artistes engagés ?

Élisa : Je vais donner mon avis, peut-être que les filles ne seront pas d’accord. Le terme ‘artiste engagé’ cible un type d’artiste qui va écrire sur un thème majoritaire comme l’écologie par exemple, c’est souvent ça d’ailleurs. Il va revendiquer que le message principal de sa chanson c’est l’écologie. Dans ce sens-là, nous ne sommes pas des artistes engagés car nos chansons n’ont pas de messages moralisateurs, du moins, on ne pense pas être des personnes qui donnent des morales aux gens, on n’est pas là pour ça.

Juliette : Mais ce n’est pas parce que tu es engagé que tu es forcément moralisateur. 

Elisa : Non, bien sûr, mais je donne mon ressenti. Dans nos chansons, on ne dit pas aux gens qu’il faut faire-ceci ou qu’il faut faire ça. Par contre, au fond, je pense que tous les artistes sont finalement engagés. Toutes les artistes féminines le sont. Il y a une grande vague d’artistes féminines qui l’est, qui défend les femmes. Je pense que la bonne question à se poser est : “est-ce que tous les artistes sont engagés ?” et je pense qu’une grande majorité l’est oui. 

Si tu écoutes notre album Poupées russes, les chansons sont engagées.
Il y a mille lectures sur les chansons.

Lucie

Juliette : ll y a une échelle d’engagement. Ça dépend si c’est à titre perso et que l’on soutient des associations, ou si l’on va manifester, ou alors si on écrit des chansons avec des thèmes bien précis. En fait, cela dépend de notre engagement. C’est un peu une question piège !

Lucie : Mais oui, moi je pense qu’on est engagé. Si tu écoutes notre album Poupées russes, les chansons sont engagées. Il y a mille lectures sur les chansons. On peut se considérer comme des filles engagées et encore une fois, engagé ne veut pas dire moralisateur. 

Si un jour on vous propose d’intégrer la troupe des Enfoirés ou d’autres collectifs, vous seriez partantes ?

Élisa : Je pense que c’est une fonction qui est propre à chacune d’entre nous, en vrai. 

Lucie : Je t’avoue qu’on y a jamais réfléchi, tout simplement parce qu’on nous ne l’a jamais proposé.