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Apashe en interview ‘sans filtre’ : “On a choisi les cuivres car ce sont des instruments puissants et qui se jouent fort”

Cet été, nous avons rencontré Apashe aux Plages Electroniques. Nous avons notamment échangé avec lui sur les festivals, son style musical et sur ses collaborations avec d’autres artistes.

Apashe, l’interview ‘sans filtre’ :

Pouvez-vous vous présenter ?

Mon nom c’est Apashe, je vis au Canada et je fais de la musique électronique mélangée à de la musique classique.

Cet été, vous avez fait plusieurs festivals ? Vous aimez voyager et faire découvrir votre musique à l’échelle internationale ?

Oui, j’ai fait des festivals un peu partout entre l’Amérique du Nord et l’Europe. Tout à fait, j’adore voyager et faire découvrir ma musique à l’échelle internationale. Au début je voulais essayer d’amener ça un peu partout. Maintenant j’essaye juste deux territoires et c’est déjà beaucoup trop, sinon je ne dors pas donc oui je jongle un peu entre le Canada, les Etats-Unis et l’Europe (rires).

C’est votre première fois ici aux plages électroniques ? Comment vous sentez vous avant de monter sur scène ?

Oui c’est la première fois et j’ai vraiment hâte. Là je suis assez relax. J’ai pas beaucoup dormi donc je suis un peu fatigué mais je me sens bien. De voir la plage, l’eau, le soleil, ça me fait beaucoup de bien. Ça fait aussi très longtemps que je n’ai pas joué si tôt ou joué au soleil même en journée. En général je joue plus tard le soir quand c’est plus sombre donc ça va être différent. C’est aussi la première fois je pense que je joue sur une plage.

Comment définiriez vous votre musique ?

C’est toujours un peu compliqué à définir. Même dans les styles électro je fais un peu de tout. Je ne suis jamais resté bloqué dans un style. Je dis électronique pour tout englober. Je pense le seul truc qui ramène un peu à un son c’est le côté orchestral et classique. Récemment j’ai fais des trucs techno, électro, dubstep, trap, hip hop, ça va dans tous les sens mais il y a toujours un peu de classique et d’orchestration dedans.

Comment est-ce que vous avez eu l’idée d’avoir un orchestre avec vous sur scène ? Vous avez toujours aimé la musique classique ?

Oui, pour mon premier album j’ai travaillé avec un orchestre symphonique. Après on s’est demandé comment on pouvait jouer ça en show pour redonner le côté live des enregistrements qui étaient présents dans l’album et l’offrir à un public. On a choisi les cuivres car ce sont des instruments puissants et qui se jouent fort. Ça perce dans le mix et c’est assez brutal.

Tandis que d’autres, par exemple les cordes, c’est beaucoup trop calme. De plus, on ne pourrait pas se permettre de les faire jouer dans des festival comme celui-ci car il faudrait des sections immenses et pas de son sur le stage pour que les micros ne captent pas le public et les bruits ambiants. Finalement, on a choisi les instruments les plus forts de l’orchestre et ça marche super bien, je suis vraiment content.

Comment se déroule la création d’un morceau ?

C’est assez simple, un peu comme la musique électronique. Au lieu de prendre un synthétiseur tu prends une ligne que tu vas après l’attribuer à un musicien. Tu écris une mélodie et tu restes dans son « range » qui est le nombre de notes qu’il peut jouer réalistiquement car un violon ne joue pas très bas etc… Donc tu composes un peu comme ça pour chaque instrument de l’orchestre, tu fais un ensemble puis tu vas en studio et tu enregistres.

Dans votre dernier album vous avez fait plusieurs collaborations avec d’autres artistes, c’est important pour vous de partager votre musique avec d’autres personnes ?

Tout à fait, pour moi c’est super important principalement parce que je ne suis pas bon en tout. Puis j’adore travailler avec des gens qui sont assez complémentaires, qui apportent des choses que moi je ne pourrais pas apporter. C’est pour ça qu’il y a beaucoup de rappeurs, de chanteurs, chanteuses parce que moi je ne chante pas (rires). Et même chose pour Sofiane Pamart qui lui est pianiste. Il y a aussi d’autres producteurs et des gens dont j’aime beaucoup l’écriture.

Pour vous, c’est quoi une bonne collaboration ?

Je pense qu’il n’y a pas de recette magique. Parfois, tu peux t’acharner sur un truc pendant longtemps avec quelqu’un, faire pleins de compromis, te battre avec et quand même arriver à un résultat incroyable. Parfois ça peut glisser tout seul, il n’y a aucune prise de tête, les deux parties aiment à chaque fois ce qui est modifié ou apporté et ça peut tout aussi bien être une bonne track. Pour moi il n’y a pas de comme si ou comme ça pour que ça fonctionne, il faut juste que la musique soit bonne. Par contre, je pense qu’il ne faut pas s’acharner sur un truc qui n’est pas bon.

Parfois, ça peut être très compliqué parce que tu peux travailler avec des gens qui ont une autre vision. Tu peux adorer la personne mais ça peut être très dur de trouver des compromis avec.

Quelle serait votre collaboration de rêve ?

J’en ai beaucoup et j’ai l’impression que chaque jour, je me réveille avec d’autres envies, d’autres influences. Aujourd’hui je suis dans quel mood ? Je suis un peu fatigué donc j’aurais envie de travailler avec des gens qui font des choses plutôt calmes et moody comme Max Richter ou Philippe Glass.

Inès Fakche

Découvrez le dernier album de Apashe Antagnonist :