“Soleil bleu” a été un énorme tube de l’été 2025. Et si Bleu Soleil réitérait l’exploit avec son nouvel EP Confluences qu’il vient de sortir ? On les a rencontrés autour d’une interview sans filtre sur aficia !
Propulsé sur le devant de la scène avec un tube inattendu, le duo Bleu Soleil, composé de Nino et d’Antonin, avance à contre-courant des logiques d’exposition actuelles. Là où l’industrie pousse à incarner une image forte sur les réseaux, eux préfèrent laisser parler leur musique et construire une relation avec leur public à travers le live, quitte à rester en retrait des codes de l’influence.
Alors qu’ils viennent de dépasser les 100 millions de streams sur Spotify avec “Soleil bleu” (feat. Luiza), le duo de musique électro-dub pense à la suite. Il vient de publier un EP trois titres, baptisé Confluences pour redonner une chance au titre éponyme d’exister. Place à l’interview sans détour, sans filtre !
Bleu Soleil est sans filtre !
Comment allez-vous après cette année 2025 complètement folle ?
On va super bien. Là, on est actuellement en résidence, une petite résidence où on a loué une maison dans la campagne pour faire de la musique. On est un peu en pseudo-tournée : on a une pause de dates en ce moment, mais sinon, dans un mois, on reprend les concerts jusqu’à l’automne.
On est bien motivés, c’est cool. On est excités parce qu’il y a plein de choses qui arrivent. En même temps, on a une année assez spéciale : on a eu un été de fou, puis une redescente à la vie normale.
Il a fallu se remettre à faire de la musique, rencontrer des partenaires, des labels, des bookeurs… Ça a pris du temps parce qu’il fallait bien réfléchir avec qui travailler pour la suite.
Mais maintenant c’est fait, donc c’est trop bien. On bosse beaucoup, mais on prend quand même le temps. On n’est pas en burn-out, c’est assez tranquille.
Qu’est-ce que ça fait de signer le tube de l’été ?
C’est bizarre, un peu surréaliste. Quand tu fais un morceau, tu ne te dis pas que ça va devenir le plus écouté de l’été 2025. On se prend ça en pleine tête, mais avec du recul aussi, parce que c’est difficile à réaliser.
C’est imprévisible. Mais le point positif, c’est que c’est rassurant pour le projet. Ça nous met dans une forme de confort et de sécurité pour l’avenir. Que ce soit financièrement ou au niveau des partenaires, ça nous pose sur des bases solides.
Sans ça, on serait comme beaucoup de groupes indépendants qui continuent à jouer en festival. Faire de la musique en 2026, c’est compliqué : il y a énormément de concurrence, Internet est très dur. Donc on a conscience de notre chance.
Vous en étiez où concrètement dans votre carrière avant ce succès ?
C’était le tout début du projet. On avait sorti deux morceaux avant, et c’est tout. On était juste deux gars qui faisaient de la musique. Le projet n’était même pas encore clair dans nos têtes. On était en exploration. On testait des choses. L’EP 1, c’était vraiment un EP test : on mettait des choses qu’on aimait bien, on faisait des collabs… On ne s’attendait pas du tout à ça. Et même aujourd’hui, on cherche encore notre couleur musicale.
Aviez-vous senti le potentiel du morceau ?
Oui, clairement. Les gens autour de nous disaient que ça avait le calibre d’un tube. Les retours étaient très positifs et assez unanimes. Mais quand tu n’as jamais vécu ça, c’est difficile d’imaginer que ça peut vraiment arriver.
Est-ce que ça donne envie de refaire un tube par la suite ?
C’est tellement imprévisible que ce serait une erreur de se dire qu’il faut refaire la même chose. Bien sûr, on peut le souhaiter, parce que ça apporte plus d’opportunités, plus d’écoute, plus de moyens… mais il ne faut pas que ça devienne un objectif.
Notre style reste assez niche. Si on se met la pression, ça va biaiser notre création.
Le morceau a marché aussi parce qu’il était sincère, presque innocent, pas hyper produit, pas calculé.
Comment avez-vous vécu votre entrée dans le monde du business, du mainstream (radio, télé, etc.), alors que vous en étiez plutôt éloignés ?
On s’en est rendu compte quand on nous a parlé des NRJ Music Awards. Ça nous a fait bizarre. On n’a jamais cherché ça. On n’a jamais rêvé d’être à la télé ou d’être des stars.
Même aujourd’hui, faire des interviews, être exposés, ce n’est pas naturel pour nous. Petite anecdote pour les NMA justement, on nous a appelé du jour au lendemain en mode : “Bloquez votre 31 octobre, vous allez aller au Tapis Rouge”. Au début, ça avait été annoncé comme ça. Résultat, nous n’avons pas été nominés, nous. Ce que l’on veut dire c’est qu’on s’est pas dit : “On va faire de la musique qui marche” quoi, contrairement à des artistes qui font les castings de Star Academy ou The Voice par exemple, qui eux, ont vraiment cette volonté de réussir.
Le fait que ce soit Luiza qui ait été plus mise en avant, plutôt que vous, alors que c’est VOTRE morceau, vous a-t-il frustré ?
Oui, un peu. C’est une petite déception. Mais en vrai, les NRJ Music Awards, on s’en fout un peu. C’est pas si grave. Alors que les Victoires, il y a un plus beau standing on trouve. Les NMA, c’est vraiment un truc de marketing propre à la chaîne de radio. On pensait qu’on aurait plus de retombées directes sur nous. Mais en réalité, on a été beaucoup moins mis en lumière que la chanteuse.
Après, c’est aussi logique dans l’industrie : les chanteurs sont plus visibles que les producteurs. Mais on aurait très bien pu être en chanson originale ou en chanson de l’année. Cela va un peu avec le fait que nous, on a un duo de musique électronique. C’est plus compliqué d’exister.
Votre faible présence sur les réseaux sociaux a joué ?
Oui, clairement. On n’avait quasiment pas de photos, pas de présence en ligne quand la sauce a pris. Et aujourd’hui, même avec des millions d’écoutes, le taux de conversion en abonnés est très faible. On n’est pas très réseaux sociaux. Et ça nous a un peu dépassé.
Désormais, votre rapport aux réseaux sociaux et à l’image, c’est quelque chose que vous cherchez à développer aujourd’hui ?
On est accompagnés là-dessus et les idées qu’on nous propose sont souvent très bonnes, mais ce ne sont pas forcément des choses qui nous correspondent. On nous pousse à incarner davantage le duo, à être plus proactifs, à parler face caméra… mais ça se rapproche vite d’un registre d’influenceur, et ce n’est pas vraiment nous.
On a surtout envie que notre musique touche le plus de monde possible, que les gens y soient sensibles, que les concerts soient forts, qu’il y ait une vraie énergie avec le public.
Mais l’influence telle qu’on la voit aujourd’hui, ce n’est pas quelque chose dans lequel on se reconnaît.
Ça ne nous empêche pas d’avoir envie de construire une communauté, de rassembler des gens autour de notre projet et de pouvoir les retrouver en concert, mais on veut que ça passe d’abord par la musique.
Craignez-vous le “one hit wonder”, c’est-à-dire de ne signer qu’un seul succès et repartir aussitôt dans les artistes oubliés ?
Un peu, mais on relativise. Même avec un seul hit, il y a toujours des gens qui vont te suivre derrière. Et tant que tu continues à produire, tu continues à exister. Donc la question ne se pose pas vraiment : on va continuer à faire de la musique.
Le succès facilite souvent les collaborations. Cela a été votre cas ?
Pas tant que ça. On pensait que ce serait plus simple, mais tout le monde est déjà très occupé. En tant que producteurs, on veut faire venir des artistes dans notre univers, et ça demande un vrai engagement de leur part.
Des collaborations rêvées ?
Yamê, par exemple. On aime beaucoup sa manière de chanter. Sinon, plutôt des artistes reggae ou dub comme Flavia Coelho avec qui on travaille déjà. Mais globalement, on fonctionne plus au feeling qu’avec des noms précis.
Quelle direction artistique pour la suite ?
On va rester sur une base électro dub, mais en explorant beaucoup. On ne veut pas s’enfermer. Il y a plein de ponts à faire avec la bass music anglaise, la house, le garage…
Et aussi des choses à faire avec la pop via des collaborations.
Parlez-nous de votre nouveau projet Confluences qui vient de sortir ?
C’est un EP autour du morceau original qui porte le même nom, avec deux nouvelles versions : un VIP remix plus dub et une version accélérée. C’est une manière de retravailler un morceau qu’on n’avait pas pu exploiter à fond au départ, notamment avec un clip.
Découvrez le nouvel EP Confluences de Bleu Soleil :
Et la suite ?
On veut sortir un nouveau single avant l’été, avec ou sans chanteur. Puis probablement un EP à la rentrée. On a déjà beaucoup de morceaux prêts, il faut juste les sortir.
Dans 2-3 ans, vous vous voyez où ?
Un album, un autre album et des tournées, en festivals en salle, et beaucoup de musique et beaucoup d’amour !
Un dernier mot peut-être ?
Se faire kiffer au maximum. C’est pour ça qu’on fait ce projet. Et si on peut faire kiffer les gens en même temps, c’est encore mieux.


