Jeck - Parapluie- DR

Jeck en interview sans filtre : “J’ai fait mon coming-out de chanteur”

Après son buzz sur les réseaux sociaux avec son single “Défaite” et plus récemment “Parapluie, il est grand temps pour Jeck de voir les choses en grand avec la sortie prochaine de son premier album. C’est une interview ‘sans filtre’ qu’il accorde à aficia, l’occasion pour lui de revenir sur l’année 2023.

Jeck, c’est la nouvelle promesse pop de l’année 2024 ! Après avoir été recalé de l’aventure ‘The Voice’, cet ancien professeur de marketing a brillamment rebondi en proposant le single “Défaite”, cumulant près de 10 millions de streams. Le succès fut garanti ! Jeck est devenu en quelques mois ce que certains artistes mettent plusieurs années à achever. Il décroche rapidement la première place au classement sur la plateforme TikTok France pendant 7 semaines. Depuis il a brillamment enchaîné avec le single “Parapluie” devenant à nouveau un succès en radios. 

Pour aficia, Jeck fait le bilan d’une année anormalement faite de succès pour ce tout jeune chanteur avec beaucoup (beaucoup) d’humour !

L’interview sans filtre de Jeck :

Salut Jeck ! Pour les lecteurs qui ne te connaissent pas, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Jeck, j’ai 31 ans, même si je ne les fais pas. Tu as vu ce botox (Sourire). Je le dis à chaque fois, mais je viens de la Côte d’Azur, ceci explique cela ! (Rires). Je suis un passionné de musique, mais je ne fais de musique que depuis peu, un an et demi. L’élément déclencheur a été le départ de ma maman aux cieux. Comme elle me le disait si bien, “à chaque malheur se cache un trésor”, au-delà d’un héritage spirituel, je me suis trouvé une envie à faire de la musique. Donc maintenant je fais de la musique…

Quand j’étais jeune, j’étais un peu le gardien refoulé aux cages !

Jeck en exclusivité pour aficia

Tu t’es donc mis à bosser avec acharnement sur ta voix pour rattraper un certain retard, c’est ça ?

J’ai très vite compris qu’il fallait que je bosse parce que j’étais très mauvais, déjà (Rires). Depuis tout petit, je faisais un peu de guitare, de piano et de la batterie. Depuis toujours, j’avais ce truc de “Je kiffe ça”. J’étais bon, sans être excellent. C’est comme si tu étais gardien de foot et que tu te dis “ah ouai, quand même, j’aimerais bien faire ce qu’ils savent faire”. Du coup, je regardais les chanteurs faire. J’étais un peu le gardien refoulé aux cages. J’ai fait mon coming out de chanteur ! Avant de partir, ma maman m’a dit “arrête de faire semblant et vis à ta vie”. Depuis tout petit, je parlais de chant, sans oser, peut-être par peur. Le départ de maman m’a fait un électrochoc violent. 

Une journée de Jeck, ça ressemble quoi ?

Je me lève dans ma villa à 8 millions d’euros (Rires). Le mec il commence, il s’invente une life (Rires) ! Non, en vrai je ne suis pas un lève tôt. Je me lève vers 10 heures du mat’… 

en te couchant à 2 heures du mat’ parce que tu auras bosser comme un fou, c’est ça ? 

Exactement, tu connais déjà toute ma vie (Rires) ! Non, le premier réflexe que j’ai le matin, c’est le gros câlin à mon chien. Il est trop important pour moi ! Je le balade en bord de mer, car j’habite juste à côté. C’est une chance. Je m’inspire du mood de la journée. Je vais acheter des croissants, je prends mon petit dej, puis je vais à mon studio parce que j’ai un gros studio d’enregistrement. A partir de là, je suis mon feeling. Soit je compose, soit j’essaye de refaire des instrus de musique que j’aime beaucoup écouter, soit je vais faire de la console. Mon studio fait 39m carré, je reste là, et je fais beaucoup de choses. Je fais au minimum 1H30 de vocalise par jour. Le chant, c’est très récent, je veux vraiment devenir un chanteur à voix, ça me passionne.

Est-ce qu’il y a des passages d’artistes dans ce studio?

En ce moment, il y a beaucoup Carla Lazzari que j’aide sur la création de son album. Sinon, ce sont mes amis et mes confrères dans la musique avec qui je compose. 

Tiens d’ailleurs, tu es souvent aux côtés de Carla en ce moment. Comment s’est faite la rencontre avec l’interprète de “Bim Bam Toi” ? 

En backstages d’un show de notre ami Céphaz. Elle s’est présentée à moi. Je connaissais son titre “Bim Bam Toi”, mais je ne connaissais pas la personne, et inversement. Nos musiques sont bien plus connues que nous, j’ai l’impression. Et on s’est fait la réflexion qu’on avait eu les deux plus gros hits TikTok de ces derniers mois dans la variété française. On trouvait ça marrant. On a gardé contact. Elle est venue chez moi, on a chanté et naturellement, ça a matché. J’ai finalement composé son album alors qu’elle était à un stade où elle ne trouvait personne avec qui travailler. C’est paru comme une évidence.

Qu’est-ce que tu lui apportes concrètement ?

Je pense que c’est peut-être manquer d’humilité que de dire ça mais… je vais utiliser les mots que Dany Synthé m’a dit un jour :” Je ne suis pas vraiment un musicien, mais plutôt un psychologue de stars”. Le seul truc que je peux lui apporter, hormis mes compétences à la guitare, c’est plutôt un oreille active, et ultra attentive. Un peu comme toi dans ton travail, quand tu écoutes quelqu’un, tu n’es pas dans le besoin de le questionner à tout prix, tu vas plutôt être dans l’écoute et tenter de tirer profit de la profondeur de ses mots. Je lui apporte ça, chercher cette profondeur qu’elle a en elle, et essayer de le traduire en musique. Tout ça dans une villa à 8 millions d’euros bien sûr (rires).

On va parler des réseaux sociaux. J’ai l’impression qu’aujourd’hui pour être artiste, il faut chercher 40.000 idées pour se faire entendre. Comment as-tu réfléchi à ta stratégie ?

Hmmm, c’est une bonne question ! Sans mentir, j’ai réfléchi à comment on pouvait optimiser les chances de réussite. J’ai vraiment beaucoup étudié le sujet et analysé la façon dont les artistes que j’aimais réussissent à percer. J’ai beaucoup étudié la chose. J’ai créé une méthode qui m’est propre. Dans cette méthode, il y a une recherche de format qui peut fonctionner. C’est juste aller sur les réseaux et comprendre pourquoi suis happé par quelque chose. Je ne suis pas spectateur sur les réseaux, je suis acteur. Le format doit sans doute être très très fort.

Je dois ensuite l’adapter à ce qui me correspond. Je vais sur les réseaux en étant très conscient et habile de pourquoi j’y vais, et voir ce qui fait que j’y reste. Quand on arrive à le comprendre, c’est très pertinent dans la vie d’un artiste. C’est un exercice que j’ai fait. Cela ne veut pas dire que je suis plus intelligent qu’un autre, j’ai juste pris le temps de faire cet exercice au quotidien. 

C’est ce que tu as mis en place sur tes deux premiers singles “Défaite” et “Parapluie” ? En as-tu tiré que du bénéfice ?

Sans les réseaux sociaux, “Défaite” n’existerait pas. Le son existait mais n’aurait eu aucun succès. 

Dans une interview, tu disais aller jusqu’à mourir pour que ce titre pète…

Oui, l’analogie est forte, mais c’est vraiment je ne me laissais pas le choix d’y arriver soit, c’était la mort qui m’a arrêté dans mon processus de réussite. Je n’avais pas le choix d’y arriver.  En France, j’ai un peu l’impression qu’il y a cette culture du looser ou cette fausse humilité. Je veux juste réussir ce que je peux entreprendre, et profiter du chemin. Au-delà de faire la chose, c’est comment je la fais qui m’importe. Il y a deux choses qui m’intéressaient, c’était réussir, et surtout, user de bonnes attentions quand je vais réussir. Faire des choses qui me plaisent. je suis très content de ça !

As-tu déjà enclenché cette stratégie pour “Parapluie” ?

Cela a déjà été fait pour “Parapluie”. Maintenant, j’ai un peu plus le recul de comprendre que c’était de faire un gros éclat sur les réseaux pour la première musique. Maintenant qu’on a réussi cette étape, il faut savoir s’éclipser des réseaux, sinon tu deviens un artiste des réseaux et tu n’es plus pris au sérieux. et je m’en rends compte. Il faut savoir en jouer, mais de la plus belle des façons, sans devenir cette étiquette réseaux. Maintenant, il ne reste plus qu’à aller chercher les radios, les TV, la scène etc…

Es-tu seul à réfléchir à cette stratégie ou es-tu accompagné ?

Alors, je suis seul tout en étant accompagné de ma maison de disques, de mon coproducteur. Je reste la tête pensante et je leur expose tout. Vraiment tout ! Je leur détaille tout avec un énorme document. C’est mon passé d’auto-entrepreneur. Je leur dis “J’estime qu’il va se passer ça, ça, ça et ça …”. Il y a beaucoup de facteurs tiers qui viennent bouleverser ma stratégie après… 

Tu peux faire les meilleurs calculs du monde, ce n’est pas une équation, sinon ceux qui auraient trouvé l’équation auraient fait péter toutes les musiques !

Jeck en interview exclusive pour aficia

Lors des NRJ Music Awards, tu avais osé faire un appel à ne pas voter pour toi, de façon à contourner les votes pour toi… c’était culotté non ?

La stratégie a merveilleusement bien fonctionné. Beaucoup pensaient que je le faisais pour inciter les gens à voter, ou ne pas voter. Oui et non. Cette stratégie c’était surtout pour remercier NRJ de m’avoir fait confiance en me nommant artiste ‘social hit’. J’ai mis des sous de ma poche, près de 6000 balles, ma maison de disques aussi. Ce n’était pas pour gagner ou perdre. Je ne sais même pas combien de votes on a reçu, il y a eu des centaines de milliers de clics sur le site Internet… l’objectif était vraiment de jouer le jeu jusqu’au bout pour NRJ et TF1 en mode : “Vous m’aimez, je vous aime en retour”. C’était ça le message. Je veux vous faire voir que je suis reconnaissant. 

A quel point c’est calculer cette stratégie avec ton équipe ? 

Calculé non, tu peux faire les meilleurs calculs du monde, ce n’est pas une équation. Sinon ceux qui auraient trouvé l’équation auraient fait péter toutes les musiques. Dans ce cas-là les maisons de disques se seraient emparées de cette méthode. Je dirais que tout est fait dans le meilleur des efforts pour maximiser le nombre d’écoutes, que les gens écoutent ma musique, ce que j’ai à proposer, que j’existe. Fin. c’est aussi simple que ça. Mais ensuite, on ne peut jamais garantir un succès. La vérité, ce sont les auditeurs qui la donnent. 

Question subsidiaire que j’aurais pu te poser en amont. Qu’est-ce que tu as envie de montrer à travers ta musique ?

Très bonne question. La musique est un vecteur pour moi. C’est une passion, mais avant tout un vecteur. Un vecteur d’amour universel, intemporel. C’est vraiment ça que je souhaite faire passer. J’ai perdu ma mère, elle est morte devant moi, j’ai vécu une rupture avant de me marier avec quelqu’un, j’ai vécu avec une grande maladie. J’ai vécu des choses qui peuvent paraître dures pour certains, et d’autres qui sont là en état de guerre. Je veux juste donner de l’amour, de la joie.  C’est pour ça que maintenant, dès que je suis sur un plateau, ou même en face de toi, je le prends comme un jeu car la vie est un jeu. J’espère qu’à travers ma musique, vous serez touchés à un moment donné, ou que vous prendrez plaisir.

Tu as été numéro un sur Tiktok pendant 7 semaines. Concrètement, quelles sont les conséquences pour toi, car cela reste du virtuel malgré tout ?

Tu sais, c’est un peu comme si tu me disais que mon chien avait la chiasse (Rires). Bon, voilà… Non, je n’y pense pas une seule seconde. C’est vraiment un trophée de gloire hyper égo tourné. L’égo fait partie des valeurs qui ne me ressemblent pas dans le monde, que je ne trouve pas utiles. Là, où je trouve ça pertinent, c’est de voir ce que ça peut nous ramener, à moi et à mon équipe, ma maison de disques etc. C’est surtout ça, humainement parlant aussi. Cela nous donne une nouvelle étape dans notre carrière. Si y avait eu un trophée, je l’aurais donné à mon père. Je m’en fiche que ça touche mon unique petite personne, je veux juste que ça touche un peu les gens autour de moi. 

La suite, c’est quoi pour toi ?

Alors, je sors tout juste d’une réunion avec la maison de disques. Tu seras l’un des premiers au courant (cette interview a été enregistrée courant novembre, ndlr). J’ai enfin des nouvelles excitantes. L’album sera fini le 15 décembre. Le 15, j’aurais vraiment tout fini !

Ah oui, c’est précis ! Pourquoi dont cette date ?

Parce que le studio est chez moi, et je n’attends plus qu’un de mes compositeurs ne revienne. Je veux poser ça avec eux car je sais que ce sera fait magnifiquement bien. On en aura bien plus que nécessaire. L’album sera garni de 10 titres, incluant “Défaite” et “Parapluie”. J’en ai même 15 ou 16 à l’heure actuelle. Y en a encore deux que j’aimerais finir. Une date est tombée aujourd’hui. Il sortira début 2024 normalement !

Découvrez le dernier clip “Parapluie” de Jeck :