Julien Lieb ©Tom Daschier

Julien Lieb en interview sans filtre : “Sur l’album, il y aura un gros nom en mode What The Fuck !”

Alors que “Le Jeu” connaît de belles heures en radio, Julien Lieb se confie sans filtre pour aficia, sur la Star Academy, son parcours, ses rencontres, son projet à venir… 

Quel parcours. Bluffant pour certains. Facile pour d’autres. Julien Lieb a mis tout le monde d’accord quant à l’artiste qu’il incarne, à l’humain qu’il est. Nous avions hâte de découvrir l’univers avec lequel il allait se dévoilait. C’est chose faite. Il y a eu les singles “Comme tout le monde” (estampillé Star Academy), “Encore une fois” et plus récemment “Le Jeu” qui fait son petit bout de chemin sur les radios. Après sa première date de tournée il y a quelques jours à Lille, nous sommes revenus sur son parcours dans le télé-crochet puis avons essentiellement parlé de sa direction artistique, de la tournée et la suite à venir ! Julien Lieb est sans filtre !

Julien Lieb est ‘sans filtre’ !

Parle-moi du Julien avant la Star Academy. Que faisais-tu dans la vie ? 

Le Julien avant Star Academy pour le coup, il sortait de pas mal de galères, en vrai. Il y avait plein de choses compliquées jusqu’à un an avant l’émission. J’avais plus grand chose, ni boulot, ni maison (Rires). Et puis il y a eu la grosse remontada, par moi, par mes proches. J’ai retrouvé un boulot, puis j’allais à la salle de sport tout le temps. Je me suis vraiment mis un coup de pied à l’aube de 25 ans. J’ai accepté de faire le Star Academy ensuite pour apprendre, pour la visibilité, pour l’évolution…

Ces galères, c’est quelque chose que tu n’as pas beaucoup dit au sein du château de la Star Academy…

Oui, tout à fait, je voulais surtout qu’on me découvre tel que j’étais, en tant qu’artiste, en tant que personne qui veut juste se montrer de son mieux, et proposer à l’issue une vraie direction artistique. 

 “J’ai rencontré des gens chez Universal et Sony avant de rencontrer mon équipe actuelle chez Twin Music”

– Julien Lieb pour aficia

Même question après Star Academy. Comment te sens-tu après ? 

Je suis heureux, plus heureux que jamais parce qu’il s’est passé beaucoup de choses, que ce soit la tournée avec les potes, tu crées des liens de fou, tu montes une équipe, tu construis ton projet. Pour le coup, pour un artiste, c’est généralement ce dont tu rêves depuis des années. Je suis hyper épanoui. Je suis au boulot tous les jours, mais en même temps c’est ce que j’aime, donc ça va ! Mais c’est fou de découvrir un monde comme ça, que tu fantasmes depuis que tu es petit, avec son lot de joie, de travail, de frustrations. Mais tu embrasses beaucoup plus les bons côtés !

Est-ce que des échanges avec des artistes comme Slimane ou Woodkid t’ont fait prendre conscience de certaines choses à la Star Academy ? 

De manière générale, d’entendre parler des professionnelles qui ont vu toutes les facettes du métier, ça c’est vraiment un game changer. Tu vois des gens qui savent de quoi il parlent. Notamment Woodkid qui a vu tous les côtés de la création et du business puisqu’il est auteur, compositeur, interprète. Il fait tout. Moi je sautais un peu sur tous les artistes qui venaient nous voir, je les ai bombardés de questions que je puisse retirer un maximum de ce qu’ils disaient. Et mine de rien, ça m’a aidé parce que ce sont des gens qui ont de vraies visions. Cela doit m’inspirer pour me constituer ma propre vision… On s‘est vu avec Woodkid entre humains, et c’était très cool aussi.

Tu fantasmes sur des artistes en te disant que ce sont des gens hyper complexes, inaccessibles. Mais en réalité ce sont des gens. Et en réalité, j’ai ce même rapport là avec les gens aujourd’hui qui me suivent du coup, où tu peux penser que dans la tête d’un artiste, on peut avoir la tête dans les nuages, ou bien que les gens ne peuvent pas te capter. Mais tu restes un humain après tout.

Il y a ensuite eu l’après Star Academy. Par combien de labels / personnes as-tu été approché après l’émission, et pourquoi Twin Music?

Il y a eu quelques personnes chez Sony, chez Universal, pas mal de gens où l’on s’est dit qu’on allait faire des rendez-vous. Il y avait un truc qui me semblait primordial lors de ces rendez-vous, c’était de se dire, “On sait que vous avez les moyens, les contacts, ce qu’il faut pour développer une carrière, mais nous ce qu’on veut, (nous avec mon manager Micka), c’est une équipe investie. L’oseille c’est cool, mais je sais ce que je veux faire artistiquement donc si vous n’êtes pas prêts à vous investir à 100%, si vous avez un doute, on ira ailleurs ! Nous on croit à 1000% dans le projet”.

Et puis il y a eu Twin Music qui est arrivé sur notre chemin. Ils nous font confiance, et ce dès le début. On a choisi une prod’ exécutive, donc on choisit où on met l’argent. Pour eux, c’est un risque et je les en remercie. En fait, ils sont avec nous et pas derrière nous, si tu vois la différence. Et ça, en tant qu’artiste qui créons des projets, c’est hyper important. On a eu le coup de cœur, et inversement, et on s’est mis à travailler très dur et l’album arrive… 

“Il y a fallu trouver l’équilibre entre, faire ça bien, mais faire ça vite aussi”

– Julien Lieb pour aficia

Au vu de ce que tu me racontes, vos deux histoires semblent parfaitement être en adéquation en fait ?

Oui, c’est complètement ça. Et puis pour moi il n’y a rien qu’on perdait même au niveau des contacts parce qu’en soit avec un homme comme Roberto Ciurleo, c’est une vision et des expériences qui m’aident énormément et me font évoluer. J’ai absolument pas l’impression d’avoir perdu au change, au contraire même. 

Connaissais-tu l’envers du décors, ou seulement les strass et les paillettes de l’industrie de la musique ? 

J’écoute, et j’écoutais beaucoup de rap. Et tu sais, ce que l’on retient dans les chansons de rap, des labels et des majors, ce sont eux les méchants. Mais en fait, c’est beaucoup plus compliqué que cela. Tu découvres une industrie, que ce n’est pas que de l’art mais aussi du business. Mais surtout qu’il y a indéfiniment plus de bons côtés que de moins bons côtés. Je pense que l’on a tendance à mettre l’emphase sur le mauvais côté parce que l’humain est comme ça, mais qu’en vrai de vrai, même avec les frustrations, les échecs, ça va. Après avoir démarré, ça me réussit, je suis peut-être mal placé pour dire ça. Même de part ma petite expérience, tu captes rapidement les trucs un peu bizarres qui se passent. Mais n’importe quel gosse devant sa télé, qui s’imagine ce monde là et qui quelques années après devient exactement ce qu’il avait imaginé, c’est magique. 

Raconte-moi à quel point ce fut difficile de construire ta Direction Artistique (DA), ton univers ?

C’était simple et difficile en même temps, car j’ai mes influences, car je savais dans les grandes lignes ce que je voulais mettre dans ma musique. Après, il y a le fait qu’on est sur un marché français, avec des attentes françaises, et c’est normal. Je savais qu’on allait pas partir sur de la pop pure et dure, je laisse ça à Pierre et Héléna qui ont brillamment trouvé leur DA. Je sais que j’allais mêler de la pop à plein de choses, des sonorités très subtiles sans être trop non plus dans l’expérimental où tu vas perdre les gens, ni trop généralistes où je vais perdre mon identité qui est propre. Mais quand tu es bien entouré, que tu peux bosser jour et nuit, ça avance bien plus vite.

Tu as déjà sorti 3 singles, à chaque fois différents. Quelle a été ton implication dans le tout premier écrit spécialement à la Star Academy, et qu’est-ce qui a changé du premier au troisième single notamment ? 

Tout a changé ! Le premier single, ce n’était pas vraiment mon single. J’ai eu très peu d’implications par rapport au reste. Mais c’est normal, c‘est un single estampillé Star Academy. Les auteurs commencent à travailler dès ce moment-là. J’ai réécris deux trois trucs, réécris deux trois toplines, mais finalement, il y avait peu de marges de main d’œuvre sur le morceau. 

A quel moment t’es tu dis “ok là, là c’est mon univers” ?

Mon univers perso, c’est le deuxième, mon univers musical, on commence à le découvrir dans le troisième. J’aime bien entendre dire qu’on monte crescendo car c’est exactement ça. On monte en termes d’espace temps. On a longtemps été pris dans la tourmente Star Academy, on bossait 5J/7 sur scène et les autres moments permettaient de monter une équipe, faire du son etc. En fait, je ne dormais pas. Et encore une fois, c’était plus la manière de me montrer en tant qu’humain où je montre mes failles que les gens n’ont pas encore vu. “Le jeu”, c’est vraiment l’entrée dans la DA musicale, qu’on va pousser encore plus loin sur le projet. 

Tu disais ne pas dormir. L’équilibre entre créer ton équipe, enregistrer, aller vite, et à la fois devoir dormir, c’était difficile à gérer ? 

Dormir, j’ai fait une croix dessus pendant quelques mois en vrai ! (Rires) On arrive à s’accorder quelques pauses nécessaires sinon la productivité n’est plus au rendez-vous. Mais comme tu le dis si bien, c’est vraiment trouver l’équilibre entre “faire ça bien, mais faire ça vite aussi”. On sait que tout le monde sort des choses. On est forcément influencé par ça. J’ai vu des articles dans la presse qui disaient que j’avais pris mon temps mais c’est qu’une impression. En vrai, on ne s’est jamais arrêté de travailler. 

As-tu compris certaines choses que tu ne soupçonnais pas de l’industrie de la musique depuis un an ? 

Je ne sais pas si j’ai encore assez de recul pour répondre à cette question. En soit, c’est plus sur le côté business, où je ne pensais pas que c’était aussi similaire à gérer une boîte. Et le côté où tu rencontres des artistes en studio, tu écris, tu composes, c’est finalement plus simple que ce que je pensais quand tu as une bonne équipe. Je raconte mes histoires, donc je les connais, je les ai vécues. C’est plus facile de bâtir ce qu’il y a autour. 

Il y a eu cette affaire d’achat de streams où ton label a dû déposer un communiqué de presse sur les réseaux. Cette histoire est allé loin pour dire que tu es un artiste de variété/pop. C’est plutôt rare d’en arriver là… 

Oui, on était très dégouté. Quand tu sais à quel point tu travailles dur et que ça vient des gens qui me suivent, en mode “qu’est-ce que vous faites !?”. On a cherché des solutions pour que cela cesse le plus vite possible car ça commençait à nous couper des accès en playlists. Dans les extrêmes, ça aurait pu nous faire sortir d’une plateforme de streaming. Essaye d’aller construire une carrière sans Spotify. (Sourire) C’est impossible ! Bonne chance ! Mais finalement, cela s’est bien réglé. Ce n’était pas mal intentionné. C’est simplement une erreur grave qui n’est pas à reproduire. On connaît ces artistes qui achètent des streams de leur plein gré. Mais nous ne voulions pas être associés à ça. Et ensuite, autant j’adore jouer et gagner, mais j’adore le faire dans les règles. Je ne veux pas tricher. Je ne voulais pas cette image de tricheur. 

Julien Lieb - Le Jeu (c) surii4
Julien Lieb (c) surii4

Comme Héléna et Pierre, tu incarnes une nouvelle génération d’artistes. Tu t’en rends compte? 

Déjà, on ne se rend pas compte que le fait d’avoir la même année 4 ou 5 artistes de la même émission qui émergent. Cela n’arrive jamais dans l’industrie de la musique. Rien que par rapport à ça, on s’en rend compte. On sait à quel point c’est rare. On a la niaque, on a envie de durer donc on travaille dur. Et puis ils ont du talent mes frérots ! On s’est vraiment rendu compte de l’engouement pendant la tournée. 450.000 personnes qui viennent te voir faire des reprises, c’est dingue ! Moi, j’ai commencé à vendre des places pour ma tournée qu’avec un single. Pour un artiste, ça n’arrive jamais ! Hélena fait une tournée des Zénith avec deux titres. C’est dingue ! Pierrot pareil ! C’est des engouements qui sont très rares. 

En termes de concurrence, si on rajoute 3 ou 4 artistes français qui sortent d’un coup du télécrochet avec un fort single, la concurrence est encore plus rude. Je pense aux radios notamment…

Moi ça me plaît ! (Rires) Moi je suis un gars d’équipe. Voir des gens que j’aime beaucoup et voir qu’on défonce tout ensemble, moi ça me va ! L’avenir nous dira de quoi est fait demain. Moi je pense que c’est une compétition saine dans laquelle on se sent pas trop concerné avec les copains. Maintenant on sait aussi qu’il y a un facteur chance, public, etc… Il y a des choses qu’on ne maîtrise pas. Le but est de donner le meilleur de soi-même. Le truc c’est que ça n’entache pas nos relations. On n’est vraiment pas en train de se tirer des balles. Si on peut s’aider, on le fait. Tu vois récemment, j’ai tourné une série de vidéos promo avec Roman Doduik, je n’ai pas pu m’empêcher de tirer une balle réelle à Pierre pour rigoler. Les gens n’ont même pas relevé.

On sait que nos publics sont parfois les mêmes donc ça fait plaisir de voir qu’on peut s’exprimer en toute liberté sans d’animosité et se faire des vannes sans que ce soit mal interprété. Entre n’importe quel pote tu vas te faire des vannes. On a cette liberté là ! Je trouve ça cool de remettre de l’humain sur les réseaux sociaux, et les petites blagues en font partie. 

Tu pars en tournée après avoir été sur celle de la StarAc : ça fout pas trop les jetons d’aller sur scène en solo après avoir fait partie d’un groupe ? 

C’est plus excitant que flippant, mais c’est flippant quand même ! La première vient de s’achever et je suis comme un ouf pour la suite. Les arrangements live défoncent, les morceaux défoncent, les musiciens sont trop forts. Donc c’est magnifique ! Et j’avoue que le côté “pirate” de, on a pas sorti de projets, mais on va les jouer en live moi ça me plaît ! Ceux qui regardent l’interview, si vous venez au concert, vous avez tous les droits de prendre des vidéos et les publier sur les réseaux sociaux, ça va me faire rire du seum des gens en mode “pourquoi on n’a pas pris nos places !”. Au fur et mesure de la tournée, l’album sera révélé mais j’aime bien que ce début de tournée soit marqué par une sorte de contenu de premium +++ pour ceux qui ont pris leurs places avant les autres. 

Un mot sur ton album, que peux-tu déjà nous dire en avant première ?

C’est possible qu’on sorte un nouveau single avant l’album. Au niveau de la DA du projet, on reste dans la pop. Mais il y a aura beaucoup d’influences qui garniront l’album. Comme je l’ai dit, j’ai écouté beaucoup de musique, je me suis abreuvé de pas mal de choses depuis que je suis tout petit. Il y a de la pop, du rock, de l’urbain, il y a du jazz aussi dans les accords, et beaucoup d’énergie. Je veux tourner un maximum sur scène ! Je veux mettre le bordel (pour parler poli), faire kiffer les gens, et ramener beaucoup d’énergie, et donner à manger et à boire pour ces gens qui viennent me voir ! Niveau collaborations il va y en avoir.  

Est-ce qu’on peut s’attendre à des collaborations, comme une Stéphane par exemple ?

(Il regarde son chef de projet en souriant). Je ne peux rien révéler tu imagines bien, mais il y a quelque chose, je crois que les gens ne s’attendent absolument pas. Mon chef de projet est en sueur (rires). Il y a juste un nom qui va surprendre les gens. C’est un gros nom en mode what the fuck. Pour le coup, c’est moi qui suis allé le chercher. J’en dirais pas plus ! 

Julien-Lieb-en-tournee

Un dernier mot ? 

Les amis, on est sur scène toute l’année, la tournée commence doucement. Si vous ne voulez pas rater ça, prenez vos places, on va tout faire pour que vous passiez un très bon moment avec nous ! Prenez soin de vous, j’ai hâte d’avoir vos retours sur les morceaux. j’ai passé un très bon moment en interview, Big Up Valentin ! Il y avait 9 chances sur 10 que je me trompe dans le prénom, je suis vraiment nulle en prénom ! (Sourire)