St Graal en concert
St Graal en concert

St Graal en interview Sans Filtre : J’ai envie d’amener cette safe-place autour de mes concerts !

Actuellement en tournée des salles, et en préparation pour les festivals, St Graal transforme ses titres (tirés de son projet Les histoires d’amour) en une version live, qui transforme chaque événement en grande fête, sous le signe du lâcher prise et de la bienveillance !

Au détour d’une date de tournée, St Graal s’est confié longuement au micro d’aficia. L’occasion de revenir sur l’origine de son projet artistique, sa vision du live. Nous parler de ses combats du quotidien, qu’il challenge en musique. C’est son interview sans filtre.

St Graal en interview sans filtre :

Tu parles beaucoup dans tes chansons des relations, avec les autres, avec soitL’amour doit être l’un des sujets les plus abordés dans le monde de la musique ! C’est un challenge de traiter le sujet à ta sauce ?

C’est un peu le constat que j’avais : L’amour c’est un sujet vu, vu et revu ! Mais je ne me reconnaissais pas vraiment dans tout ce que je pouvais entendre dans ces chansons d’amour. 

J’avais envie de parler de mes expériences, de mon rapport à mon corps, aussi complexe qu’il puisse être. J’ai envie de parler de ma bisexualité ou pansexualité, j’en sais rien d’ailleurs. Juste de parler de moi à 100% ! Et c’est un peu les chansons qui ont le plus plu. Donc, comme quoi, on est 10 fois plus légitime quand on parle de soi. Ça fait plaisir !

Tu te verrais écrire des chansons qui parlent d’histoires qui ne te concernent pas directement ?

C’est un peu ce que je fais en ce moment, parce que je compose avec d’autres artistes. Ça m’oblige à poser beaucoup de questions, sur ce que les personnes peuvent vivre, pour écrire et composer pour eux.

Mais si je devais écrire une chanson pour moi qui ne parle pas de moi, je pense que je parlerais plus d’un état d’esprit un peu collectif. Parler du “on”, de ce qu’il se passe dans telle situation, ce qu’on pourrait faire, ensemble…

St Graal sur Instagram • Commence à teaser une chanson qui semble parler de la société

Tu abordes des sujets personnels, dans lesquels, j’ai l’impression, ton public se retrouve beaucoup. Est ce qu’il y a ce côté thérapeutique à la fois pour toi et aussi pour le public ? 

Pour moi oui de fou !
Il y a eu un côté très thérapeutique au moment où j’ai sorti certaines chansons. Et puis pour le public, évidemment je parle pour eux, j’en sais rien, mais des fois j’ai des retours de gens après les concerts qui sont touchés et qui me disent que ça les a vraiment aidés sur certains aspects de leur vie. Et ça me touche d’autant plus parce que, si ça peut aider des gens, comme moi ça m’a aidé de pouvoir poser des mots, c’est l’essentiel et c’est incroyable ! Le feeling est fou quoi !

Je pense notamment à la chanson “Arnica”, qui est un vrai témoignage personnel.

Arnica c’est assez spécial parce que c’est la seule chanson qui n’est pas une chanson d’amour.
Mais en fait, ça a tellement codifié toutes mes relations amoureuses… J’allais que vers des relations toxiques, j’étais tourné vers une sorte de violence… Je ne me rendais pas compte que c’était dû à cette expérience traumatisante là (une agr*ssion s*xu*ll* lorsqu’il était enfant).

Lorsque je l’ai compris, avec beaucoup de travail avec ma psychologue notamment, lorsque j’ai saisi l’importance que ça avait eu dans toute ma vie, c’est le moment où je me suis dit : Je pense que je suis prêt à en parler, et de manière pas drôle.

J’avais envie de faire tomber ce masque que je pouvais avoir sur les réseaux. Où des fois, je me cachais un peu derrière une bonne dose d’humour, qui reste moi aussi. Mais il y a des fois où je mettais beaucoup d’humour, parfois sur des sujets graves. C’est une manière comme une autre de fuir.

Ça a été assez intense. Mais c’était vraiment un bon moment d’écrire Arnica, c’était un moment de partage avec le public. Flippant mais très bien accueilli, donc je suis content. 

@st.graal

⚠️ TRIGGER WARNING AGRESSIONS ⚠️ Arnica c’est la seule chanson dans l’EP qui n’est pas une chanson d’amour, c’est l’inverse. Une histoire qu’on choisit pas de vivre. Une histoire qu’on nous impose. Une agression sexuelle vécue lorsque j’étais enfant. Cette chanson au moment de l’écrire ça a été un peu comme un médicament (outre les multiples thérapies) D’où le nom…Arnica Je sais que je ne suis pas le seul à lutter contre ces souvenirs difficiles. Si aujourd’hui je peux en parler aussi librement, c’est grâce aux nombreuses personnes qui m’ont aidé. Et tout commence par là : demander de l’aide. Si toi ou quelqu’un que tu connais traverse ce genre de situation, voici des numéros à contacter. Prenez soin de vous 🫰🏻 119 – Allô Enfance en Danger SOS 🟣 – 0 800 05 95 95

♬ son original – St Graal

J’ai l’impression que “Techno Boom Boom” c’était un peu un ovni à sa sortie ? C’est un titre qui tisse le lien avec les versions “grosse bamboche” de tes titres en live ? 

Ouais, c’est ça ! Vu que j’ai explosé un peu pendant le confinement, sur les réseaux sociaux, je ne pouvais pas faire de concerts à ce moment-là pour des raisons évidentes.
Je pense qu’aux yeux du public et aux yeux des médias, je pouvais être considéré un peu comme “ce projet réseau sociaux”. Mais moi ça fait longtemps que je fais de la scène derrière, dans des bars, des salles…
J’ai toujours eu envie de faire danser les gens. Moi même, je n’écoutais que des morceaux très up-tempo. Et j’ai commencé en mode DJ Set, avec des choses plus électro de base, pour St Graal en tout cas. Donc il y a toujours eu cette volonté là.
Même quand j’ai la sensation de faire des choses pas très dansantes, et moins rapides, pour d’autres projets musicaux on est déjà au maximum quoi !

Le live c’est l’extension de ce que j’aime faire pour moi. Donc je trouvais ça important. Toutes mes chansons sont modifiées pour pouvoir être amenées sur le live. Avec mon directeur musical, on a essayé de faire plein de trucs assez intéressants. Et j’ai vraiment envie que les gens se prennent une claque visuelle, et en même temps s’amusent de fou !
Mon but premier, c’est que les gens se disent : Ok, là je suis assez en confiance pour lâcher mon corps et m’exprimer librement. 

J’aime les gens bizarres et je trouve qu’il faut cultiver la bizarrerie !

Quand on arrive à un concert de St Graal, on a l’impression d’entrer dans une safe-place, pouvoir être soi-même le temps d’un concert, tu en as conscience, tu as cherché à construire ça ?

J’ai toujours été moi-même un peu “outsider” sur beaucoup d’aspects de ma vie. Que ce soit dans le scolaire, ou la musique aussi !
J’étais toujours un peu à côté, à faire mes trucs tout seul. Et je pense que j’ai trouvé un public de gens un peu comme moi. Un peu “bizarres”, qui ont un univers de fou. Et quand je dis bizarre, c’est très positif hein ! J’aime les gens bizarres et je trouve qu’il faut cultiver la bizarrerie !
J’ai envie de dire : fuck le slogan de Celio “be normal”. Soyez bizarre quoi !
Je pense que j’ai vraiment envie d’amener cette bienveillance et cette safe-place autour de mes concerts. Et si les gens s’y sentent bien et qu’ils s’y sentent à l’aise, c’est le meilleur des cadeaux en vrai. 

Tes concerts sont en mode grosse fête, mais en coulisses c’est plutôt tisane et jeux de dés ?
Tu as un peu ta personnalité scénique à la Hannah Montana ? Tu te libères sur scène ?

Voilà, c’est totalement ma vie de rock-star cachée (rires).
C’est un peu un truc qu’on se dit avec plein d’artistes ! On aime vraiment le rock-verveine quoi. Je ne bois pas d’alcool par exemple. J’ai dit à toute mon équipe : Vous êtes chauds de faire une tournée sans alcool ? Tout le monde a fait “Ouais, ça va faire du bien”.
C’est une tournée où on est entre potes, on s’amuse, on joue beaucoup aux dés, à la Switch, à Mario Kart… Le mythe de la rockstar qui pète tout dans les loges et qui fait chier le monde, qui arrive destroy sur scène, ça m’attire très peu, soyons honnête. 

Pour ceux qui ont déjà fait des concerts de toi, ils ont peut-être eu la chance de découvrir un Show Drag en première partie. C’est un univers qui compte pour toi ? Que tu veux mettre en lumière ?

Bien sûr ! Souvent, ce sont les salles qui décident des premières parties. Mais dès que je peux, j’essaye aussi de promouvoir un peu le drag local. Parce que c’est une scène avec laquelle j’ai évolué au début, énormément.
Lorsque j’ai commencé mon projet, c’était en même temps qu’un de mes meilleurs amis qui s’appelle Lucas, qui a commencé le drag et qui s’appelle Maryposa aujourd’hui. On essaie évidemment de faire croquer les amis ! Je sais combien c’est difficile aussi pour les drags qui viennent de plus petites villes de pouvoir se faire des cachets. Donc si je peux apporter une toute petite pierre à l’édifice, rendre hommage et en même temps faire croquer les gens, qu’ils puissent s’éclater sur scène, c’est trop bien ! 


Pour en témoigner personnellement, je n’en avais jamais vu, et c’est grâce à tes concerts que j’ai découvert cet univers très cool ! C’est super complet et impressionnant.

Trop bien ! Tu as vu, c’est chanmé hein ?
C’est du théâtre, c’est… Chaque show de drag est différent. Il y a des gens qui font tellement de choses ! 

Ça m’a énormément aidé les shows drags, dans le live ! Je me souviens qu’avec un ami qui fait du drag, on avait parlé de mon rapport à mon corps, à la scène. Je lui disais que j’étais si peu à l’aise, que je mettais plein de fringues pour “m’amincir”. Et la personne m’avait dit “mais n’importe quoi, t’es juste en train de te niquer la tête à vouloir faire ça ! Évidemment que tu vas te trouver horrible sur toutes les photos.”
Il m’a demandé dans quoi j’étais le plus à l’aise, et j’ai répondu : dans du oversize, j’adore porter ça !
Il m’a dit “vas-y, impose toi, sois encore plus énorme sur scène et montre que tu es là ! Tu auras une présence de toute façon, donc donne tout.” Ça m’avait fait un bien fou d’entendre ça. J’avais fait un concert en mode full oversize, et c’est ça en fait. Il y avait juste à casser cette barrière mentale et ça fait du bien !

Tu as décollé avec les Dauphins, c’est un peu LE titre qu’on te demande à chaque fois j’imagine en concert, ça a bien pris sur les titres qui ont suivi mais tu n’as pas eu peur d’être “l’artiste d’un tube” vu que ça a explosé pendant le confinement ?

Je sais pas, je pense qu’il y avait un truc bizarre. C’était pas un titre où je pensais que ça allait péter. Mais comme la plupart de mes titres en vrai ! Même “Je t’emmènerai”, je pensais pas ! C’est des titres qu’on termine très vite.
Mais je pense que je ne me mets pas trop de pression. Je travaille beaucoup. J’ai la tête dans le guidon un peu tout le temps, ce qui m’empêche de stresser à mort sur le futur. Je m’éclate dans ce que je fais, je suis méga à l’aise et tout se passe bien. J’ai pas envie de grandeur exceptionnelle. J’ai juste envie de faire kiffer les gens et que les gens kiffent !
Si on s’en va à la fin, faire une tournée de Zénith, pourquoi pas ma foi. Mais je kifferais tout autant de faire plein de salles à taille humaine, comme là ce soir. Ça me fait kiffer. 

J’ai envie aussi un peu de démystifier le mythe de l’artiste

Tu as lancé un concept où tu écoutes les histoires d’amour de tes abonnés, c’est important de leurs donner la parole ? Tu as quelle relation avec ton public ?

Oui, c’est moi qui ai eu l’idée. Je me suis rendu compte que souvent, à la fin de chaque concert, je prends le temps de leur parler, parce que j’ai envie aussi un peu de démystifier le mythe de l’artiste… Et de là m’est venue l’idée de mettre un répondeur automatique, en disant aux gens de raconter leurs histoires d’amour dans un message vocal.
Du coup on les écoute sur la route et c’est trop drôle ! Il y a des histoires de dingue ! Certaines sont très longues, d’autres sont trop courtes, où les histoires sont dingues et on en veut plus. Il y a des histoires très touchantes aussi qui des fois ont fait un peu pleurer l’équipe. Et il y a des histoires aussi juste, trop belles quoi. 

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Tu as l’air d’avoir tout un univers et travail assez fun sur tes clips, certains se suivent etc… C’est une partie importante pour toi, que tu aimes faire ?

Pour les deux derniers EP, j’ai travaillé un peu sur la direction artistique et visuelle avec Ilan Braka, qui est l’un de mes meilleurs amis.
Je lui ai donné sa chance sur “Playboy”. Il n’avait jamais vraiment fait de clip avant, avec toute une équipe, un budget et tout. Je me suis rendu compte que je me suis dix fois plus amusé en travaillant ensemble ! Et le fait qu’on soit très potes, qu’on sache s’écouter, ça permet de pouvoir s’exprimer tous les deux librement, de laisser libre cours à notre pensée, à nos idées, à notre créativité. Et je suis trop content des clips qu’on a faits !
C’est aussi lui qui me suit sur pas mal de dates. Il filme beaucoup de mes contenus que je mets sur les réseaux. Et je lui fais confiance à 100% parce que je le trouve trop balèze quoi. 

Il y a quelques duos dans ta discographie, comme avec Kalika (Premier Baiser) et tout récemment Andéol (Par cœur), Ça marche au feeling ?

Sur mon projet je n’ai fait qu’un seul feat pour l’instant je crois. C’est avec Kalika. Et sur les projets d’autres personnes, c’était avec Dani Terreur et plus récemment avec Andéol.
Pour Andéol, c’est lui qui m’a contacté sur Instagram. On se suivait un peu poliment.
Il m’a dit : “Voilà, j’ai composé ce son et il y a une vibe où ça me fait penser à toi. Écoute le, et si ça te dit…”
Quand j’ai écouté le son je l’ai trouvé mortel ! Bien sûr j’avais envie de participer.
Mais oui, c’est vraiment au coup de cœur. Je n’aime pas trop les trucs de stratégies de feat. Et moi en tout cas, j’ai eu un coup de cœur sur Andéol, donc petit feat évidemment accepté. 

J’ai toujours rêvé de faire de la musique et aujourd’hui je vis un rêve

Tu fais l’Olympia dans un an, on peut s’attendre à de nouvelles dates d’ici là ? La fête continue ? Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter ?

Franchement, tout se passe tellement bien ! Et je suis tellement heureux de voir aussi comment le public réagit. De voir que ça grandit de plus en plus le projet, que la famille s’agrandit quoi ! Ça me touche et ça me donne juste envie de continuer. 

J’ai toujours rêvé de faire de la musique. Et aujourd’hui, évidemment, je vis un rêve ! Je pense que j’ai envie de garder cet aspect un peu famille, même autour de moi. Avec mes amis, avec mes ingés, Ilan dont on parlait tout à l’heure… C’est vraiment les gens qui m’entourent qui m’inspirent aussi, et avec qui je me sens à l’aise. Et je travaille avec des potes, donc c’est encore mieux quoi. En fait on s’amuse trop !