Paradis en interview : « Nous sommes dans un questionnement permanent »

À l’occasion de la sortie de son premier album Recto verso, nous sommes allés à la rencontre du groupe Paradis. Découvrez notre entretien sur aficia !

Simon Mény et Pierre Rousseau auront mis près de trois ans pour sortir leur premier album, dont ils ont notamment extrait le single « Toi et moi ». Dans les bacs depuis le 23 septembre, Recto verso est un disque léger, dans la lignée de leurs premiers EP Tirage parfait (2011), Hémisphère (2012) et Couleurs primaires (2015), qui renferme notamment les titres « Garde-le pour toi » et « Sur une chanson en français ». À l’occasion du « Virgin Radio by Ibis » du 3 octobre, aficia est allé à la rencontre de Paradis.

L’interview de Paradis

Comment vous présenteriez-vous à nos lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

Paradis - Recto Verso

Nous avons été remarqués au début grâce à une reprise que l’on a faite d’Alain Souchon. C’est le premier morceau que l’on a sorti. Cette histoire a démarré là. Après, est-ce qu’on peut parler de succès ? On ne pense pas. Le succès est relatif. Nous ne sommes pas vraiment conscients de ce qui fait le succès du projet parfois ! (Rire) Mais on essaye de faire la musique de manière sincère et positive, et c’est peut-être quelque chose qui peut avoir une résonance sur les gens qui nous écoutent justement.

Quelles sont vos influences et d’où tirez-vous votre inspiration ?

L’inspiration, c’est nos vies, nos relations avec les autres, notre relation entre nous aussi. Tandis que l’influence, elle était au début très ancrée dans la musique house en l’occurrence, et avec le temps nos influences sont de plus en plus diverses. Si nous devions résumer ce que l’on fait aujourd’hui, ce serait des chansons assez modernes, ancrées dans notre époque.

Vous avez fait les premières parties de Christine and the Queens l’année dernière. C’est quelqu’un qui vous inspire justement ?

S’il devait y avoir une artiste aujourd’hui qui devait réinventer la musique française en s’appropriant les codes d’une musique globale et ouverte, sans limite, c’est vraiment elle qui l’incarne. C’est une artiste accomplie et assez totale. Elle mérite le succès qui lui revient.

Vous vous êtes rencontrés il y a plus de cinq ans. Votre amitié est-elle restée la même ? 

Elle évolue oui. Nous sommes même persuadés et convaincus qu’elle est intacte. Elle se confronte juste à des choses auxquelles elle ne s’attendait pas forcément.

Votre style est assez original. Il associe le phrasé français à une mélodie electro très contemporaine. Y-a-t-il pour autant une évolution majeure depuis le début de votre carrière ? 

Nous écrivons de plus en plus de chansons. Lorsqu’on a commencé, on faisait beaucoup de musique instrumentale tous les deux. On y apportait juste quelques voix pour la texture et puis, plus le temps passe, plus on a eu envie d’écrire des chansons. C’est vraiment l’évolution majeure depuis notre rencontre.

Avez-vous déjà été comparés à un artiste actuel, ou avez-vous le sentiment d’être à part musicalement ?

On nous dit souvent que ce que l’on fait est singulier. Nous, on pense au contraire que l’on s’inscrit dans une musique française assez identifiable. Si l’on devait nous comparer à quelque chose d’actuel, on ne sait pas, et c’est pas vraiment à nous de le dire d’ailleurs. Les gens évoquent souvent la french touch et à la fois des artistes comme Etienne Daho, qui, pour nous, appartient à des traditions qui remontent à Serge Gainsbourg ou Françoise Hardy. Différencier la french touch de la chanson française, ce n’est pas quelque chose qui nous paraît très pertinent. Pour nous, c’est simplement une façon de s’exprimer, une certaine manière de faire de la musique. On a juste voulu faire de la musique électronique et chanter dessus. Et quoi de plus naturel pour nous de chanter dans une langue que l’on maîtrisait.

Comment construisez-vous vos chansons ?

On part toujours de la mélodie de chant pour écrire le texte. Cela ne veut pas dire que l’on ne donne pas d’importance aux mots, mais on part de la mélodie, comme des puzzles, avec des mots qui nous plaisent, qui conviennent à un certain moment sur des mélodies de chant et on construit une histoire.

Depuis la sortie de l’album, peut-on parler d’un avant/après Paradis ?

Oui, nous le pensons. Dans notre démarche artistique, nous sommes dans une position relativement confortable. Jusque-là, on n’avait pas réellement pris le risque de montrer un objet artistique cohérent sur la longueur. Avoir sorti cet album, c’est important pour nous car c’est la première fois que l’on propose quelque chose sur un format long. Pour nous, ça a une vraie valeur. C’est un projet artistique et humain qui nous tenait à cœur depuis la naissance de Paradis. Donc oui, nous pensons qu’il y a vraiment un avant et un après. On peut même dire que c’est un peu le Recto verso de notre aventure ! (Sourire).

Paradis - © Andrea Montano
Paradis – © Andrea Montano

Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

Là, l’album sort. Donc on va essayer de le soutenir, d’aller le défendre un maximum. Puis, après, dès début novembre, on entame une tournée d’une quinzaine de dates en France. On espère amener cet album le plus loin possible, dans un maximum de contextes différents.

Avez-vous une petite anecdote sur un fait à nous raconter ?

Le tout premier morceau que l’on a commencé à créer, c’était en mars 2013. C’est le tout premier qu’on a repensé la veille de notre tout premier mix. Ce n’est pas forcément très intéressant à raconter, mais c’est juste pour dire que nous sommes dans un questionnement permanent de ce que l’on fait (Rire). Il y a assez peu de certitudes dans notre méthode de travail. On recherche systématiquement à l’améliorer en fait.

La Playlist de Paradis

C’est avec curiosité que nous avons demandé à Paradis de partager avec nous les titres des artistes qui le font vibrer cette année. Étonnamment, Simon et Pierre ont cité beaucoup de chansons pop electro, un peu comme ce qu’il propose dans leur propre album. Ils citent également des classiques comme Françoise Hardy ou Kraftwerk, des articles qui les ont influencés.

Paradis : sa playlist exclusive !

Voilà, vous en savez désormais un peu plus sur Paradis. aficia, fidèle à ses mauvaises manières, a toutefois souhaité en savoir plus sur ce jeune groupe à travers un portrait décalé. Des questions farfelues, à côté de la plaque, légèrement stupides, mais qui nous laissent voir l’artiste sous un autre jour.

Le portrait décalé de Paradis

Paradis - DR

Si vous étiez une couleur ? Si l’on arrive à se mettre d’accord, ce sera le bleu.

Si vous étiez un animal ? Ce serait l’ours, qui hiberne et qui après sort, il met vachement de temps.

Si demain vous deviez enregistrer un duo avec une personne vivante ou non, ce serait avec qui ? Nous avons regardé un documentaire sur Françoise Hardy il n’y a pas longtemps. On adore.

aficia est très généreux et vous offre la salle de concert de vos rêves, laquelle ? On dirait la Boule Noire, et parce qu’on y joue en novembre, c’est La Cigale à Paris.

Toujours dans sa grande générosité, aficia vous emmène en voyage, mais on vous abandonne très lâchement sur une île déserte, vous n’avez le droit d’emmener qu’un seul album et qu’un seul objet, lesquels ? L’un emmènera probablement Revolver des Beatles et un piano, tandis que l’autre Message Personnel de Françoise Hardy et un couteau Suisse.

L’endroit à visiter avant de mourir ? Tokyo ou Bueno Aires.

Le livre à lire absolument ? « Mythologie » de Laurent Barte et « Le petit Prince ».

Le film à voir sans plus attendre ? « Victoria », un film allemand sorti l’année dernière, et « Le Roi Lion ».

Vous rencontrez des Martiens, comment vous décrivez-vous en trois mots ? On pourrait dire que notre musique est assez douce, ce sont des chansons, et c’est personnel.

Si vous étiez une insulte ? Et m*rde !

Si vous étiez un mot ou une phrase d’amour ? Pourquoi pas.

C’est la fin de notre interview, mais la tradition chez aficia est de toujours laisser le mot de la fin à l’artiste. Vous avez donc carte blanche pour vous adresser à nos lecteurs, votre public, vos fans…

Merci aficia. Écoutez le disque. Prenez le temps de l’écouter en une seule fois, du début à la fin.

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