Colours In The Street - © Amaury Gallet
Colours In The Street - © Amaury Gallet

Colours In The Street en interview : “Être comparé à Coldplay nous pousse à être encore meilleur !”

Rencontre avec Colours In The Street à l’occasion de la sortie de son nouveau single “Sorry”. L’occasion pour la formation de confirmer son nouvel album. C’est à découvrir avec aficia.

Nous découvrions Colours In The Street au printemps dernier avec le titre “Aux étoiles”. Nous avions été plus que conquis par la proposition artistique de ce quatuor emmené par Alexandre et que l’on a tendance à comparer à Coldplay. Originaire de Niort (entre Poitiers et La Rochelle), le groupe s’inscrit au sein de la nouvelle scène pop francophone.

Colours In The Street a déjà eu l’occasion de publier différents projets, comme l’album Royaume en 2015 et l’EP Tell The World en 2018, et s’est fait remarquer sur de nombreux festivals en France (Francofolies, Printemps de Bourges, Fnac Live…) et à l’international, notamment en Asie. Le groupe, formé il y a tout juste dix ans, a encore de belles années devant lui.

C’est à Paris que nous avons rencontré Colours In The Street, de passage pour un concert unique. Nous avons évidemment parlé musique, de leurs inspirations, de leurs rêves et de leur album prévu pour 2020…

Colours in the Street… l’interview

Et si vous commenciez par vous présenter à nos lecteurs ?

Colours In The Street - © Amaury Gallet

Alexandre : On est les Colours in the Street, on vient de Poitiers et de Niort. On se connaît depuis nos années lycée ! C’est un groupe qui s’est formé il y a dix ans, et qui existe dans sa version actuelle depuis six ans (Alex, Alexis, Noé et Lucien).

Votre musique a beaucoup évolué depuis vos débuts en 2009. Comment la caractérisez-vous aujourd’hui ?

Lucien : C’est de la pop, il n’y a pas d’autres mots. De la pop avec tout ce que cela englobe. Ça peut être pop rock, pop un peu plus world. Pop au sens large du terme !

Alexandre : Avec plein de couleurs différentes dans la musique. Il y a un côté mélancolique et des morceaux plus joyeux.

Pour s’inspirer, écrire ou composer, être à quatre, c’est une force pour vous ?

Alexandre : Bien sûr que c’est une force. Après, comme toute équipe, il y a aussi des défauts ! (Les trois autres membres sourient). Ben c’est vrai ! On est quatre, donc forcément, c’est quatre cerveaux, quatre idées, des discussions… mais évidemment que c’est une force. On se considère comme quatre artistes, quatre musiciens avec chacun nos sensibilités. On retrouve cette force sur scène d’ailleurs. On se tire vers le haut et c’est impressionnant.

Il y a une sorte de leader dans le groupe ?

On est particulièrement exigeants avec nous mêmes et le projet Colours.

Lucien

Alexandre : Non…

Lucien : Si, un peu, mais par la force des choses.

Alexandre : Je ne suis pas forcément pour coller une étiquette de ‘leader’ dans un groupe. Maintenant, en tant que chanteur, je suis amené à communiquer avec le public donc forcément, on peut facilement avoir cette étiquette, et je l’assume.

Alexis : Après, je pense qu’Alex amène une couleur très forte. Mais on ne le ressent pas comme quelqu’un qui va dire « Fais ci, fais ça ! ». On est toujours en concertation, on reste un groupe.

Alexandre : Oui, on reste un groupe mais j’applique à fond mon statut de chanteur tout simplement, qui demande à un certain moment de mener un peu la danse.

On a tendance à vous comparer à Coldplay, Imagine Dragons ou Duncan Laurence. Ce sont des artistes qui vous inspirent j’imagine ?

Alexandre : Foster The People, OneRepublic, Coldplay, Phoenix … On vient de là, de cette pop anglo-saxophone en général, et puis la pop américaine. On peut écouter du Michael Jackson, comme du Katy Perry, du rap français. On est fans de musique en général. On s’inspire de tout, maintenant on a des influences plus fortes, comme celles que tu as cité…

Colours In The Street nous envoie tout droit ‘Aux étoiles’.

Et c’est grandiose !

Je remarque que sur chacun de vos titres, il y a un réel effort de perfection sur les mélodies et les paroles, c’est une volonté de votre part. Rien est dû au hasard n’est-ce pas ?

Lucien : Naturellement. Et ça rejoint le fait d’être à quatre, c’est une force. Déjà parce que nous sommes tous pointilleux, du moins, je pense, et puis du fait qu’on soit quatre, on doit satisfaire chacun d’entre nous. Par exemple, je vais être plus attentif à la sensibilité de la musique. Cela ne va pas être forcément être le cas d’Alex, qui lui, va avoir les oreilles sur autre chose. On a chacun nos exigences sur le morceau. Et puis de toute façon, on est particulièrement exigeants avec nous-mêmes et le projet Colours. On est hyper ambitieux, on a envie de faire le truc le mieux possible. Le fait d’être comparé à des groupes comme Coldplay ou Imagine Dragons nous poussent à mettre la barre très haute aussi ! On n’a pas envie de faire ça qu’à moitié.

Alexandre : On est très complémentaires à ce niveau-là et puis on est très pointilleux. On est très sensibles aux productions des artistes pop qu’on écoute aujourd’hui ce qui implique une certaine qualité sonore.

Noé : Quand on compose notre musique, on s’imagine tout de suite à quoi ça va ressembler à la fin. Je pense que tant qu’on y arrive pas, on considère que le morceau n’est pas terminé. Peut-être que des fois, on va même trop loin dans l’arrangement de notre musique, mais c’est vrai qu’on passe énormément de temps à peaufiner chaque détail.

Alexandre : Je pense que la mélodie est l’un des éléments centraux de Colours In The Street, que ce soit du chant, de la guitare, de basse… En fait on se considère comme des artistes mélodiques.

Noé : Tout part de la mélodie chez nous en fait !

Je reviens sur “Aux étoiles”. Proposer une chanson de plus de six minutes, c’est un hors format. C’est une volonté ?

Colours In The Street - © Valentin Malfroy

Alexis : Je pense que le titre s’est conçu de cette manière-là. Après, de vouloir le sortir en premier, c’est une volonté claire. Lorsqu’on l’a créé, on ne s’est pas dit on va faire quelque chose de hors format.

Par contre, vous êtes certains de ne pas pouvoir viser les radios avec un titre long de six minutes…

Alexandre : On ne compose pas pour la radio, mais pour partager avec notre public qui nous soutient depuis le début, et faire ce qui nous plaît, ce qui est la chose primordiale. Après, les radios elles prennent ou elles ne prennent pas. Ce n’est pas la finalité.

Lucien : On ne pensait même pas le sortir ce titre au départ. Il a été fait comme ça, sans se mettre de barrière, ni de genres, ni de styles. On a commencé à le jouer en concert et il se trouve qu’on s’est attaché au titre, les gens aussi. Alors, on s’est dit qu’on devait le sortir tel qu’il était.

Noé : Que ce soit de la composition à la sortie du clip ! D’ailleurs, c’est un exercice assez complexe d’assumer à 100 % ce que tu fais depuis la compo, les arrangements, le mix et jusqu’au clip, parce que parfois, avec le temps, la chanson a été enregistrée il y a deux ans, elle a pu évoluer sur scène… le titre a continué de vivre. Donc il a une couleur sur le CD qui n’est plus forcément la même en live parfois, pareil pour le clip. À la sortie du clip de “Aux étoiles”, on s’est vraiment dit qu’on était fiers à 200 % sur tous les aspects.

Vos prochains objectifs… Être programmé en TV et en radios ?

On a envie de faire quelque chose qui nous ressemble et pas forcément en essayant de plaire à un tel ou d’un tel.

Lucien

Alexis : Cela l’a déjà été. Alors, ce ne serait pas une consécration car ce n’est pas la finalité, mais bien sûr qu’on serait content que notre titre entre en radios. Ce serait mentir que de dire le contraire. Heureusement ou malheureusement, je ne sais pas, la radio reste encore une référence aujourd’hui.

Lucien : En réalité, on s’est posé la question de savoir quels titres mettre en avant. Quand tu sors un album, tu es obligé de penser à une stratégie marketing, à quels titres seront les mieux taillés ‘radios’, lesquels peut-on optimiser… et pour le coup, sur “Aux étoiles”, on n’a pas eu besoin de le toucher. Ce qui fait qu’il est différent, c’est qu’il n’était pas dans un processus d’album.

Quels sont vos projets pour les mois à venir ? On peut parler d’un album ?

Colours In The Street - © Valentin Malfroy

Alexandre : On a pour projet de sortir un nouvel album qui sortira en 2020, avec plusieurs singles avant, des clips, puis une tournée par la suite. On va enchaîner. Et faire le support de cet album-là en France et on espère repartir en Asie.

Alexis : Mais ce qui rejoint “Aux étoiles”, c’est qu’il y aura beaucoup de titres dans cet album, plus de titres que sur Royaume par exemple, ce qui est conséquent. On ne s’est pas bloqué. Si on aime les morceaux, on les met, et c’est la liberté, c’est le mot d’ordre.

Lucien : On est passé par des phases où l’on s’est beaucoup remis en question sur tout l’univers de la musique, sur les codes à avoir, sur les démarches à accepter. Puis, avec le temps, on revient à quelque chose de plus spontanée. On a envie de faire quelque chose qui nous ressemble et pas forcément en essayant de plaire à un tel ou d’un tel. On revient à ce que faisait Colours au départ, son esprit, ses influences, et ça nous réussit plutôt bien.

Alexandre : Ce sont aussi des périodes, de la maturité, des choix que l’on a fait, et on est très fiers du travail menés depuis le début et de tout ce qui arrive !

Justement, vous revenez tambours battants avec le single Sorry” qui présente ce futur album. Que raconte ce titre ?

Alexandre : “Sorry” raconte l’histoire d’amour entre deux personnes que tout oppose. Le narrateur s’excuse pour tous les obstacles et les doutes que leurs différences peuvent amener entre eux, mais qui font en fait toute la beauté de leur histoire. Il n’est pas précisé s’il s’agit d’une relation qui s’est finalement terminé ou non, puisque l’issu finale importe peu.  

“Sorry” était une évidence à sortir comme premier extrait ?

Alexis : Cette chanson nous est apparue comme la suite logique d’“Aux étoiles”. Elle poursuit notre trajectoire dans une atmosphère mélancolique, tout en amenant vers notre futur album, qui sera fait de titres pop en anglais. Elle traduit notre envie de parler de choses vraies et personnelles, d’être spontanés, ce qu’on retrouve également à l’image dans notre clip.  

Colours in the Street :
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