Damien Lauretta - © Sébastien Marchand
Damien Lauretta - © Sébastien Marchand

Damien Lauretta en interview : « Je veux montrer que je peux prendre des risques »

Damien Lauretta a de nouvelles envies et de beaux espoirs quant à la publication de son premier album. Il est venu en parler avec nous sur aficia…

Le début de l’année 2019 marquait le retour de Damien Lauretta avec le single « Calle Verdi ». Nouveau style, nouvelle direction musicale, plus réfléchie, plus affirmée aussi… Damien Lauretta veut surprendre son monde avec un premier album qu’il prépare depuis des années. C’est d’ailleurs à ce sujet que le jeune homme remarqué dans ‘Violetta’ pour Disney est venu discuter sur aficia…

C’est donc tout près de Cannes, chez lui, que nous nous sommes rendus pour interviewer le principal intéressé. Ensemble, nous sommes revenus sur le succès de ses deux premiers singles pour enchaîner sur son nouveau projet créatif qui s’annonce tout simplement très fort. Un projet pensé au millimètre et très percutant. Du moins, c’est ce qui en ressort. Tentons de mieux comprendre l’approche de Damien Lauretta…

Damien Lauretta !

Je t’avais eu en interview il y a trois ans… Beaucoup de changements sont intervenus depuis…

Alors oui ! Déjà j’ai trois ans de moins qu’il y a trois ans ! En gros, j’ai beaucoup réfléchi et mûri par rapport à mes chansons. J’ai également changé de label, ce qui n’est pas rien ! Le fait de changer de structure m’a permis de repenser mon projet et de m’entourer d’une nouvelle équipe. Je suis un garçon qui me remet beaucoup en question. Donc c’est vrai que faire écouter mes chansons à de nouvelles personnes, ça fait du bien, aussi. J’ai une soixantaine de chansons en stock sur mon ordi car ça fait un moment que je travaille sur mon album. Mais ce temps passé n’est pas un temps perdu. Tout ce temps m’a permis d’écouter, réécouter mes chansons et de les améliorer sans cesse. En fonction du temps qui passe aussi. Est-ce que j’ai toujours envie de les écouter deux ans plus tard ? J’ai une tracklist de treize titres. L’album est quasiment terminé. Je les ajuste au fur et à mesure. Quand je dis trois ans de moins, ça fait sourire mais entre 25 et 28 ans il y a plein de bouleversements dans la vie. Même entre 20 et 30 ans : il y a de nouvelles histoires, des rencontres… plein de choses.

J’ai envie de faire une vraie création artistique.

C’est aussi un temps où tu as pris du temps pour toi je suppose ?

Effectivement, mais toujours dans l’optique musique ! Ce temps m’a également permis de voyager, j’ai repris des cours de piano pour me perfectionner sur les harmonies, j’ai fait une formation de mixage audio… J’ai vraiment tenté de me perfectionner, d’aller au bout car cela fait maintenant dix ans que je rêve de sortir un album.

Tu as ce côté perfectionniste je vois…

J’ai vraiment envie de faire ça bien et de prendre le temps. Il y a ce côté où je suis très pressé de sortir ma musique et ce côté où j’ai envie de faire ça bien et sortir les choses au bon moment et revenir plus fort. Je me repose jamais sur mes acquis. Je veux m’améliorer, essayer de nouvelles pistes car j’ai envie de faire une vraie création artistique. Mes deux premiers singles sortis chez Capitol à l’époque étaient ma manière à moi de mettre un pied à l’étrier dans ma vie de chanteur. Mais « Calle Verdi » est vraiment le premier single de l’album en cours d’enregistrement. Donc ce sont trois ans qui m’ont fait grandir, réfléchir et ça m’a mis à l’épreuve aussi car cette transition entre deux labels a été une longue de période de remise en question, et à posteriori, je me dis que c’est une chance que je n’ai pas dû sortir un album dans l’urgence et ça, c’est un luxe d’avoir du temps dans ce métier !

Découvrez « Fall In Love » de Damien Lauretta :

Je remarque que tu as énormément pris en assurance durant ces trois années…

Tu as raison. J’ai réalisé l’album, je me suis mis à la boxe française, je suis allé au fond de moi-même et ça fait du bien de se faire un peu mal, de se chercher au plus profond de soi. Tout ce qui ne tue pas rend plus fort. C’est terriblement vrai. Je suis un grand timide à la base et quelqu’un de réservé. J’ai appris à prendre confiance en moi avec le temps, oui. Avoir confiance en soi est un travail très difficile et pas seulement pour les chanteurs. C’est vrai que je fais aussi de la méditation, du yoga, tout plein de choses qui m’ont renforcées !

Il y a plus de deux ans tu sortais le titre « Fall in Love » qui a rencontré un joli succès puis « Dreamin » qui n’a pas eu le succès escompté. On ne peut pas parler d’échec mais presque…

En tout cas en France ! Car au Canada il a été numéro un ! J’étais à ce moment-là chez Universal. On m’appelle on me dit que « Dreamin » est numéro un en radio. Là je me dis « Ah ouais ! ». Ça m’a fait très plaisir car je me dis que mon travail n’est pas forcément reconnu chez moi, mais ailleurs. Je ne suis jamais allé au Québec et apparemment elle passait vraiment souvent sur les ondes. Ça m’a quand même fait un petit pincement au cœur car je me dis que chez moi, on ne m’a pas fait confiance et que les radios sont frileuses. Je croyais beaucoup en cette chanson. Je n’avais pas spécialement les retours que j’avais eu en France alors que de l’autre côté de la planète, ils étaient fans.

Damien Lauretta - © Sébastien Marchand

Il me semble que tu avais un message à faire passer en plus…

Oui, cette chanson avait quelque chose de fort et quand j’ai choisi le monde surréaliste pour le clip, ce n’était pas du tout un choix dû au hasard. On sait pertinemment que l’histoire du surréalisme est un moment qui est survenu juste avant la guerre, qui était en revendication contre l’absurdité de tout ça. Et notre actualité tend de plus en plus vers un monde qui vrille. On entend des termes comme « armes nucléaires » etc… J’avais en fait un vrai message à faire passer en mode « Venez, on avance les mains liées, on fait abstraction de tout ça et trouvons des solutions ensemble ». Du coup, bien sûr que j’étais déçu que la chanson n’ait pas marché en France, mais surtout déçu que le message ne soit pas parvenu aux oreilles de ceux à qui j’avais envie de donner de l’espoir et de la motivation.

Le changement m’excite !

Le changement de label, était-ce un choix de ta part ?

Hum, c’était plutôt voulu, et ça s’est fait dans de très bons termes. Ces deux chansons appartenaient à une époque où je travaillais avec un groupe d’auteurs et de compositeurs. C’était vraiment un projet Damien Lauretta 0. Aujourd’hui, on va dire que je suis à la phase 1. J’avais envie de construire un nouveau projet. Je ne vais pas te l’apprendre, il y a eu énormément de changements chez Universal. La personne qui m’a signé, à l‘époque Julien Creuzard, qui croyait beaucoup en mon projet, est parti. Je me suis retrouvé avec une équipe de personnes qui n’avait pas forcément la même vision d’un point de vue artistique que moi. J’avais envie de faire quelque chose de plus mature, de plus électro. En fait, j’ai eu l’opportunité de changer. J’ai rebondi plus d’une fois. Le changement ne me fait pas forcément peur. Au contraire, il m’excite. Une carrière n’est pas quelque chose de statique et de figé à tout jamais. Il faut redoubler d’effort pour faire comprendre aux gens que ce n’est pas un truc dans notre vie qu’on est limité à cela. Je veux montrer que je peux prendre des risques.

Parlons-en. Comment as-tu imaginé ta nouvelle musique ?

C’est un jour un directeur artistique d’une maison de disques qui m’a dit : « On vient pour une mélodie mais on y reste pour le texte ». Cette phrase m’a beaucoup marquée. Je vais être honnête avec toi. Des chansons j’arrive à en créer parfois 4 ou 5 par semaine. Je suis quelqu’un de très inspiré. J’ai mon ordi, mon studio, je peux faire plein de choses. Je pars souvent d’une base en yaourt, et souvent en anglais pour après arriver en français. Mais c’est vrai que je me suis rendu compte que je n’étais pas encore au top sur les textes. Pourtant, on a une super langue. Du coup j’avais envie de m’y pencher davantage et d’être un peu plus frontal. Et de ne pas tourner autour du pot. J’avais envie de raconter des choses un peu plus directes. C’est ça qui caractérise mon nouveau projet.

Du coup, qu’est-ce qui en résulte ?

J’ai imaginé des textes un peu plus matures. J’ai surtout voulu casser mon image du mec qui a joué dans le rôle merveilleux de Disney avec ‘Violetta’. Cela n’a jamais été mon but ultime dans ma vie ; je veux raconter d’autres choses. J’ai 27 ans. En termes de production musicale, j’ai voulu mélanger l’électro avec le français, ceci influencé par mon expérience en Argentine où j’ai découvert l’argentin.

Damien Lauretta - © Valentin Malfroy

Justement, avec « Calle Verdi », tu proposes un titre électro-pop avec la langue espagnole. C’est très percutant. C’est ce que tu voulais donner comme image ?

Oui, c’est plutôt inédit de chanter une phrase sur deux en français et en espagnol. C’est une chanson un peu latine produite par MOWLO à qui je dois beaucoup. J’avais envie de faire un petit clin d’œil et raconter mon parcours, mon histoire. Sur cette version pour l’instant disponible, il n’y a pas les couplets. Nous allons très bientôt sortir un pack avec cette nouvelle version où il y aura les fameux couplets en plus, avec des remixes et des acoustiques. J’aimerais emmener la chanson à plusieurs endroits et en tout cas de reprendre la parole avec un titre où je me reconnais.

J’ai envie de sortir d’autres titres très forts !

On a l’impression que tu veux également affirmer ton côté chanteur charmeur sur fond d’électro-pop ?

Est-ce que je suis un chanteur charmeur ? Je pencherais pour dire oui. Après, je n’ai aucune revendication particulière.

Je pense notamment au clip et à l’image que tu donnes…

Ah oui ! Mais je pense que c’est aussi dans ma nature d’être quelqu’un d’élégant et de sensuel. J’ai toujours aimé intégrer cet esprit-là dans mes chansons. Cela a été renforcé durant ma formation d’ailleurs. Il faut vraiment le mettre entre guillemet mais c’est un peu l’érotisation d’un sentiment. C’est un truc qui me plaît. J’aime bien quand il en ressort quelque chose de plus sulfureux.

Découvrez « Calle Verdi » le nouveau clip de Damien Lauretta :

Tu travailles avec une équipe composée d’amis (Maude, Anthony Ghnassia…). C’est important pour toi afin d’affronter les galères comme les bonnes moments ?

En plus d’être mes amis, ce sont avant tout des gens talentueux. C’est aussi pour cette raison que je bosse avec eux. Je suis plutôt partisan de faire travailler des gens doués, et quand il se trouve que ce sont des amis, c’est encore mieux. Maude, ça fait dix ans que je l’a connais, bien avant qu’elle soit connue. On a vraiment commencé à chanter ensemble et c’est devenu une vraie amitié aujourd’hui. Anthony est plutôt un brillant réalisateur. C’était une chance à la fois pour tous les deux, et puis on avait de toute façon cette envie de faire quelque chose ensemble. L’occasion s’est présentée et j’ai de suite pensé à eux.

J’ai 13 titres de prêts !

Tu me parlais déjà d’un album il y a trois ans… Concrètement, où en es-tu aujourd’hui ?

Effectivement, ça fait un long moment que je bosse sur l’album et que je l’ai annoncé. J’ai pas mal accumulé les titres dans le tiroir, encore plus qu’il y a trois ans. Je pense vraiment que ce sera pour 2019. J’espère que les chansons verront le jour cette année.

Je suppose que tu attends d’avoir LE single fort ?

Bien sûr. Cela fait partie des points importants. Il y a aura peut-être un autre single entre temps. Mais en tout cas, mes équipes autour de moi sont très motivées. On a confirmé plusieurs titres de l’album. Lui est prêt à 80% aujourd’hui. Cela a pris du temps parce que j’ai fait beaucoup de collaborations, j’ai travaillé avec beaucoup de compositeurs et d’auteurs différents, et forcément, cela prend du temps de rencontrer les gens, d’échanger et se mettre au travail. Je ne me suis pas entouré seulement de deux ou trois auteurs. J’ai vraiment essayé d’envisager chaque titre individuellement comme un titre fort. Ayant toujours eu la culture des tubes, j’ai toujours voulu aller au bout des titres pour avoir des titres forts. Je travaille actuellement avec une tracklist de treize chansons. Lorsque j’ai une chanson qui est meilleure qu’une autre, je la remplace de cette playlist. Il y a un turn-over assez impressionnant ! J’essaye vraiment d’ajuster et de trouver la cohérence entre tout ça !

Fun radio te soutient en diffusant « Calle Verdi ». Est-ce qu’en tant qu’artiste ça peut conforter dans sa démarche ?

Oui et non. Bien sûr que cela fait plaisir, mais je ne suis pas quelqu’un qui vais me dire que c’est gagné que d’être diffusé sur Fun Radio. Chaque jour est un combat, qu’il faut continuer mais… je suis heureux évidemment ! Je suis très honoré. Ils ont rapidement accroché au titre. Je suis très heureux ! D’autant plus que cela faisait deux ans que je n’avais rien sorti.

Aujourd’hui, te sens-tu soutenu dans tes différents projets ou est-ce toujours compliqué de se faire une place dans l’industrie du disque ?

Franchement, on me demande parfois si c’est facile de créer et de sortir de la musique. Je me rends bien compte que plus ça va au fil du temps, plus c’est compliqué en réalité. Quand j’ai commencé, Instagram n’existait pas. Je me suis mis dessus quand j’ai fait ma première série et je me suis dit : « Ah, c’est vraiment pas mal, c’est cool, c’est intéressant ». Je pense que c’est dur aujourd’hui. Il faut du courage. Il y a quand même beaucoup de monde sur le marché. Après, si quelqu’un est motivé, on finit toujours par arriver à ses fins. Il faut aussi être capable de composer, écrire, produire… Il faut être sur tous les fronts en fait. Parce que de bons chanteurs, il y en a plein. Il faut être assez précis. Mais bon, c’est une passion donc bon. Il faut que la musique soit une vocation, rien d’autres. Moi je n’ai envie de faire que de la musique. Je n’ai pas de plan B. La musique est mon plan A ! De toute façon, il y a plein de métiers qui sont compliqués aujourd’hui à faire et à y accéder…

Autour de toi, est-ce qu’on parle ‘Eurovision’. C’est quelque chose qui te plairait de faire ?

Je ne sais pas si j’aurais mes chances. Pourquoi pas. Ça se réfléchit. Peut-être au moment voulu. Le concours de l’Eurovision est quand même un sacré challenge, c’est quelque chose d’assez immense avec une grosse pression derrière. Je n’ai pas spécialement envie de le vivre, pour être honnête. Chacun le fait comme il le sent. Pour ma part, je me suis lancé dans un projet un peu plus indépendant où j’ai crée une nouvelle structure et où je me suis entouré de nouvelles personnes.

Damien Lauretta en interview : « Je veux montrer que je peux prendre des risques »
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