Damon (c) DR

Damon en interview Dix-moi depuis le Crossroads Festival !

Damon fait partie des 5 artistes que nous avions repérés pour interviewer au Crossroads Festival. Voici son interview en 10 questions !

Le Crossroads Festival accueillait cette année Damon, rappeur lillois au style singulier et à l’énergie débordante. Après une première venue en tant que simple visiteur, il revient aujourd’hui en artiste confirmé, accompagné de Dricks, son ami d’enfance et compositeur depuis presque vingt ans.

Dans le cadre de notre format “Dix-moi” (en 10 questions), Damon raconte son parcours, ses débuts, ses galères, ses victoires, sa relation à la scène et au festival. Il partage aussi ses envies pour la suite, entre premières parties rêvées, nouvelles scènes et envie de créer toujours plus. Après Arkange, Anaysa et Nord/Noir, c’est autour de Damon de jouer le jeu de l’interview. Rencontre avec un artiste sincère, drôle et entier.

Damon en interview Dix-moi :

1. Peux-tu te présenter à ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Bah moi, c’est Damon, coucou les gens, comment ça va ? (s’adressant à notre dictaphone, ndlr) Je parle actuellement vers un micro, j’espère que vous m’entendez super bien. Je suis Damon, un rappeur lillois. Je rap sur l’électro, celui de Dricks. Dricks est exceptionnel, c’est mon binôme depuis 17 ans. Lui aussi, il peut parler dans le micro, c’est un peu logique, vu qu’il possède une bouche, mais effectivement ça fait longtemps qu’on fait ce bail. Et ce soir, on est au Crossroads Festival et ça va être exceptionnel. L’année dernière, je suis venu en tant que touriste, aujourd’hui en tant qu’artiste. Il y un an un, j’étais déjà artiste, mais pas assez bien, quoi. Du coup, ils m’ont dit non ‘pas cette année‘. Donc là, je suis là. Ça va être incroyable !

2. Quel a été ton parcours avant d’arriver à la musique ?

Avant, j’étais à la fac. Après, j’ai travaillé. Mais en fait, pendant tout ce temps-là, je faisais déjà du rap. En fait, je fais du rap depuis que je suis au lycée. Cela fait plus de 10 ans qu’on fait ça. On a toujours fait ça sur notre temps. On jouait sur les airs de jeux pour enfants, parce qu’on était des enfants. Il avait une guitare, il jouait, je rappais dessus. Je savais même pas que je faisais du rap, mais avec le temps, on a compris que c’était ça. Tout ça pour dire que ça fait presque 15 ans qu’on fait de la musique oui.

3. D’où vient ton nom d’artiste ?

Je m’appelle Mathieu, je peux le dire (sourire). Mais en vrai, c’est juste mon nom de famille à l’envers. Je voulais laisser une trace de moi, sans vraiment laisser une trace de moi !

4. Comment la musique est-elle entrée dans ta vie ?

Je pense que ça découle de mon père. Quand il faisait le ménage, il mettait de la musique, ça fait chier tout le monde de faire le ménage. Il mettait les enceintes à fons. Franchement, mon père, il mettait les L5, “Toutes les femmes” , à fond dans la barraque le dimanche et tout. Et je pense que c’est ça qui a toujours eu du rythme à la maison. Du coup, à un moment, j’ai commencé à écrire des trucs. Et après, j’ai mis un chanson avec Dricks, qui est très fort au niveau de la compos. On a évolué ensemble.

5. Tu qualifies ton style de « rap/electro goofy ». Comment tu l’expliques ?

Les gens vont souvent avoir tendance à penser que c’est quelque chose de péjoratif. Et en fait, c’est juste que nous, on pense son. Et dans le son qu’on fait, il y a des trucs goofy, tu vois. Après, le perso l’est un peu aussi. Damon est un peu goofy. Tu vois, genre, t’as envie d’être pote de base avec ce mec, tu vois. (Son musicien lance : ‘En français, on traduirait goofy par étrange, mais sympa’, ndlr). Étrange, mais attirant, je trouve même ! J’avais envie d’aller plus loin.

6. Quels ont été tes plus gros obstacles sur ton chemin ? Et tes plus belles victoires ?

Disons que j’ai eu plus des défaites que des victoires. Beaucoup plus. J’ai eu la réussite quand même. On a essuyé des refus et pas que. Des refus de première partie, des refus d’envie artistique en mode ‘ton son il est pas bon, c’est pas assez mature, le projet n’est pas assez abouti, etc.’ . Mais c’était peut-être aussi nécessaire, et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui on est là. Et en vrai, les seuls trucs qui m’ont fait avancer, c’est mes potes. Mes potes et mon entourage qui m’a toujours fait garder un peu les pieds sur terre. Aujourd’hui, on est accompagné par la structure Le Flow sur Lille. Cela faisait 5 ans qu’on le demandait.

Une fois que j’ai eu Le Flow, j’étais tellement content. Mais peut-être que tu ne te rends pas compte. 5 ans ? 5 ans ? J’avais l’impression d’être un harceleur. Certains voulaient des vacances avec leur meuf, d’autres acheter le dernier FIFA, non moi je voulais juste Le Flow. Je l’ai. Et je l’ai encore pour moi un an. Le bonjour à Sylvain d’ailleurs !

7. Quelle est la relation avec les festivals de façon générale ?

J’adore ça, que ce soit en tant que festivalier, ou en tant qu’artiste. J’adore ça ! Donc, y participer, c’est incroyable. Parce que déjà, c’est fou de jouer sur une scène de festival. C’est fou d’être mis à côté de noms comme Caballero & Jean Jass ou Riles. Mais du coup, c’est ça qui est cool, c’est de partager la scène avec des gens que t’écoutes, tu vois. Et surtout, pouvoir les rencontrer et d’avoir une approche d’artiste à artiste, donc tu es considéré. Le Crossroads Festival, je le connais depuis deux ans. Je suis venu faire des rencontres en tant que touriste l’année dernière. C’est un vrai lieu de rencontres. J’ai pu faire de vraies rencontres, comme Maxime, un programmateur, ou Manon qui travaille au 99 bis, Keynnet au Crossroads. Au de-là de ça, tu viens tester des nouveaux sons, tester des nouvelles scènes, tester des nouvelles manières de poser, tu vois. Et surtout, voir si ton projet parle à des pros, à des gens qui sont littéralement payés pour faire ça. Pour écouter des sons et le dire, ça c’est bien, sans le mettre là, sans mettre dans telle catégorie, tu vois.

8. Quel est ton plus grand défi dans ton parcours artistique ?

Avoir de l’argent (rires), déjà. C’est chiant, il n’y a pas assez d’oseille ! Et puis, garder l’inspiration. Souvent, tu penses qu’il faut t’enfermer en studio, faire que travailler, ou faire de la scène non-stop. Mais si tu ne vis pas en tant que personne, t’as rien à raconter en tant qu’artiste. Moi, j’ai quitté mon taf pour faire que ça, et parfois je me dis “si je vais boire des coups ou faire un truc, je perds du temps de travail”. Mais en vrai, si je ne fais rien, je n’ai rien à créer. C’est dur de trouver l’équilibre. Et je n’ai que 27 ans. Ce que j’ai appris aujourd’hui c’est que j’ai envie de transmettre l’envie d’aimer. Aimez-vous. Aimez-vous de ouf. Le monde donne l’impression qu’il n’est pas fait pour qu’on s’aime, mais en vrai, il faut s’aimer . Aimez-vous, aimez-moi aussi… likez-moi, streamez-moi par la même occasion (Rires) ! Mais surtout aimez-vous, et dites aux gens que vous aimez que vous les aimez. Je pense vraiment que c’est l’amour qui peut aider un peu les gens dans ce monde horrible.

9. Quelles sont les prochaines étapes pour toi ?

Déjà, réussir à trouver de quoi on veut vraiment parler pour la suite. Se renouveler, mais bien le faire, parce que tu peux te renouveler et devenir nul. Ensuite, refaire des salles, refaire des festivals tout l’été. On vient d’annoncer la Maro — la Maroquinerie à Paris — en janvier, en première partie de  An’om & Vayn. Et puis essayer de grossir, faire de plus en plus de choses. Sait-on jamais, j’aimerais beaucoup faire la première partie de Husky, et de Peet, le Belge. Je l’écoute avec mes gars depuis longtemps, il est trop fort. Et puis Booba, évidemment. S’il fait un Zénith, on est là ! (Sourire)

10. Ton nouvel EP Oxygen vient de sortir : dans quel état d’esprit es-tu ?

Je suis tellement heureux que ce soit sorti. Si tu savais… Avant, on n’était pas structurés : pas la bonne plateforme de distribution, pas les bons outils, on faisait les choses mal. Ça sortait pas à l’heure, on perdait du public, c’était relou. Là, tout s’est passé nickel. Je pense que c’est notre meilleure sortie. On va rentrer en playlist, y a plein de trucs qui arrivent… Franchement, je suis bien. Et je suis trop content de jouer les nouveaux morceaux ce soir !

Découvrez Oxygen, le nouvel EP de Damon :