KOJI en Interview Dix-Moi : “Les gens me disent souvent que je ne rentre pas dans des cases”

Chaque année, aficia adore échanger avec les Inouïs du Printemps de Bourges. Cette année, on a adoré : KOJI. 

Tenter de définir Koji, c’est déjà se préparer à l’inattendu. Artiste iNOUïS du Printemps de Bourges Crédit Mutuel 2025 pour l’antenne Occitanie, Koji déjoue les étiquettes avec une audace jubilatoire. Naviguant avec une aisance déconcertante entre une (hyper)pop excentrique aux accents PC Music, des poèmes murmurés a cappella, des ballades synthétiques mélancoliques et une dance aussi kitsch qu’irrésistible, son univers musical est un foisonnement organisé d’émotions brutes. Cette même énergie créative se déploie dans ses dessins, d’une naïveté apparente mais d’une profondeur étonnante, où la pop percute l’avant-garde avec une singulière intensité. 

aficia a eu le plaisir de plonger dans le monde fascinant de Koji à travers une interview exclusive.

KOJI, l’Interview Dix-Moi :

1) Qu’est-ce que ça fait d’être sélectionné pour les iNOUïS ? Quelle a été ta réaction à l’annonce ?

J’étais assez surprise de cette sélection. Pour moi, il y a toujours eu cette idée que la musique que je faisais, ou que nous faisions écouter, existait plutôt dans des petits espaces, comme ma chambre, des concerts devant des amis ou des soirées de soutien. Je ne pensais pas que ça allait plaire aux iNOUïS, par exemple.

2) Ou à d’autres réseaux, en effet. Tu t’es dit que ça pouvait toucher un public plus large ?

Ouais, en tout cas, à d’autres réseaux. Je me suis dit : « Ah ouais, ok, donc en fait, ça peut parler à des gens, même des musiques un peu spécifiques, avec des paroles très crues et très franches. »

3) Comment as-tu commencé la musique ? As-tu eu une éducation musicale particulière ? C’était une affaire de famille ? Raconte-nous tout.

C’était carrément dans ma famille. J’ai deux parents qui sont professeurs de musique. Ma mère est prof de chant jazz, mon père est prof de piano jazz. J’ai des souvenirs d’enregistrements de moi qui chantais des standards de jazz en faisant la vaisselle ! Donc, oui, j’ai écouté beaucoup de jazz à la maison. Ça fait partie de mes grandes influences, en tout cas des choses qui m’ont beaucoup formé. Après, j’ai fait l’ISEA Musique, le conservatoire de jazz, en contrebasse. 

4) Et comment as-tu découvert la MAO du coup ?

Grâce à mes copines. On a commencé à faire des groupes ensemble il y a quelques années, et vraiment, je n’aurais jamais osé toucher un ordinateur avant. Je les ai beaucoup regardées produire, ce sont des productrices très talentueuses.

5) S’il fallait mettre quelques mots pour décrire le son Koji à quelqu’un qui ne connaît pas du tout, comment décrirais-tu que tu fais musicalement pour lui donner envie d’écouter ?

Les gens me disent souvent que je ne rentre pas dans des cases. Moi, je dirais que je fais de l’hyperpop, parce que pour moi, l’hyperpop, c’est un peu la rencontre entre la pop et la musique expérimentale. Et ce que j’aime bien, c’est que c’est un terme qui est en train d’émerger. Enfin, on commence à avoir quelques noms, mais je trouve une place là-dedans pour cette musique, elle est en train de s’écrire. Et du coup, je me dis : « Ok, c’est cool, je vais pouvoir un peu me nicher là-dedans. » Pour résumer, je dirais hyperpop avec des textes très émotifs.

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Tu parles beaucoup de l’ordinateur dans ta musique. C’est vraiment un outil central dans ton processus créatif ?

En fait, ma musique existe parce qu’on peut faire de la musique sur les ordinateurs. Et en fait, je suis vraiment devant l’ordinateur et je me dis : « Ok, là, j’ai envie d’un arpège hyper rapide avec beaucoup trop de notes, d’une basse hyper énervée et d’accords planants, enfin, vraiment hyper panique, tu vois. » C’est juste la musique que j’ai envie de faire à ce moment-là. C’est comme si j’avais toutes mes influences, des choses que j’aime. Et en fait, je me dis : « Mais pourquoi je n’aurais pas le droit de les mettre ensemble ? » Je me donne le droit. Il faut s’autoriser ! 

6) S’il fallait citer trois artistes qui seraient sur ton « mood board » et dont la fusion créerait le son Koji, qui citerais-tu ?

Je pense, par exemple, pour les paroles, les textes en français… parce que pour moi c’est grave important de parler en français… ce serait Barbara. La chanson française est une hyper grosse influence dans mes textes, avec un truc un peu cru et direct. Ensuite, peut-être Charlie Parker, John Coltrane ou encore Rosalia parce qu’elle a un truc d’agilité vocale aussi. Enfin, moi, ce sont des artistes qui me parlent pour ces trucs-là de « ok, trop cool, on a une voix et on peut faire plein de petites choses avec ».

7) Est-ce que tu peux expliquer l’histoire ou la signification de ton pseudonyme, Koji ?

Il n’y a pas une signification particulière. C’est mon prénom. Moi je viens un peu des milieux queer et du milieu LGBT. Il y a ce truc d’arriver avec son prénom de naissance, puis au bout d’un moment, on a un pseudonyme, et puis les gens se mettent à t’appeler par ton pseudonyme. Et pour moi, Koji, c’est vraiment arrivé comme ça, au bout d’un moment, tout le monde s’est mis à m’appeler Koji.

8) Comment est né ton dernier morceau, « Comme un mur » ?

« Comme un mur », c’est le morceau de l’EP que je vais bientôt sortir que j’ai eu le plus de mal à écrire.

Ah ! Pourquoi donc ?

Parce que d’habitude, quand je compose, je fais du piano-voix. Je suis derrière mon piano, j’ai un peu mon sujet qui arrive, le texte arrive en même temps que la mélodie, en général, les choses se concordent comme ça, et ensuite je transpose sur mon logiciel. Et après, avec mon amie Mia, on fait la prod pour que le son soit bien. « Comme un mur », en fait, je l’ai écrit sur une instru. C’était la première fois que je n’écrivais pas piano-voix. J’étais derrière mon logiciel, et j’ai tout posé directement sur les boutons.

9) Comment le son Koji a-t-il évolué depuis ton premier EP jusqu’à celui-ci ?

Je dirais en bien. Le son a évolué, j’ai l’impression que pour le premier EP, j’ai pas mal cherché. Et surtout, je pense que mes prods à moi étaient beaucoup moins abouties. Et du coup, le travail de prod qu’on a fait avec Mia a vraiment fait exister des morceaux qui n’existaient pas trop à la base. Pour le deuxième EP, mes prods étaient déjà quand même vachement plus carrées. J’avais vraiment plus une idée de ce que je voulais en termes de son. J’ai l’impression que c’était plus l’endroit où je voulais aller. C’est comme quand tu fais des trucs deux ans après, tu sais toujours un peu mieux produire la musique. Tu apprends de nouvelles choses. Pareil pour Mireille, qui est là et qui masterise. J’ai l’impression que dans ses masterings, il y a des choses de mise en espace trop beaux qui ont pu exister sur cet EP qui arrive. 

Question Bonus : Chez aficia, on adore découvrir de nouveaux artistes et faire des découvertes musicales. Quel est ton dernier coup de cœur musical ?

Je sais que ça va faire bizarre, moi je suis très « rap ». Et vraiment, j’ai écouté TIF en long, en large et en travers. C’est un rappeur algérien et vraiment j’adore sa musique. Je pense que c’était mon numéro un Spotify. Mais alors, ça n’a rien à voir avec ma musique. Vraiment, juste, sa musique m’a touchée dans le cœur ! 

Découvrez le dernier single de Koji – Comme un mur :

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