À l’occasion de la parution de son troisième disque intitulé Roses, Kimberose s’est confiée à aficia sur la genèse de ses nouvelles chansons. Rencontre !
Avec Roses, un troisième opus flamboyant, Kimberose signe incontestablement l’un des retours les plus enthousiasmants et percutants de cette fin d’année. Au travers des douze morceaux qui composent le projet, la principale intéressée cultive des rythmiques chaloupées et aériennes dans l’exploration de nouvelles voi(x)es. Un disque aussi singulier que pluriel qui fleure bon la libre créativité et qui embarque l’auditeur dans une balade musicale cohérente extrêmement plaisante.
Pour aficia, l’artiste révèle les coulisses de la préparation de ce nouvel album et revient sur son apprentissage au fil des années ainsi que ses projets scéniques à venir. Afin d’accompagner la sortie de Roses, Kimberose repartira sur les routes pour présenter son nouveau spectacle à partir du 5 novembre prochain, à Fontenay-Le-Comte. Elle posera notamment ses valises à Paris, sur la mythique scène Pleyel, le 20 novembre ! La billetterie est ouverte.

Kimberose : l’interview !
J’ai été interpellé de lire que ce troisième disque disponible dans les bacs avait été le plus difficile à créer. Pour quelles raisons ?
Je pense que ça a été plus difficile parce que c’est justement le troisième album et qu’il y a donc une forme de pression supplémentaire. Pour ma part en tout cas, le fait d’avoir déjà réalisé deux albums m’a permis d’apprendre beaucoup de choses sur ce métier et j’ai aussi davantage d’exigences envers moi-même, que ce soit dans ma manière d’écrire et de composer que par rapport à mes attentes.
Pour ces raisons, ça a été le plus difficile mais en même temps, ça a été le plus intéressant à faire car j’ai dû me challenger et aller chercher l’inspiration ailleurs parfois, à des endroits que je n’avais pas imaginé. C’était donc ultra cool !
Appréhendez-vous la réception des nouvelles chansons par le public ?
Bien-sûr, il y a toujours de l’appréhension lorsque l’on sort un projet. Il y a un mélange d’excitation et de peur mais je pense que ça fait partie du jeu. C’est normal quand on passe plusieurs années à travailler sur un projet et qu’on y met de soi, beaucoup d’amour, d’espoir et d’émotions… Forcément, au moment où ça sort, il y a de l’appréhension. Ce n’est jamais anodin une sortie d’album ! En même temps, ça prouve aussi que c’est important pour moi. À partir du moment où il n’y a plus de papillons dans le ventre et plus de peur, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas.
On retrouve avec ce disque une esthétique romantique, libre, celle d’une femme forte. Le champ lexical est fleuri et la rose dessine un fil conducteur. Qu’est-ce que symbolise exactement la rose dans ce projet ?
La rose me suit depuis le début mais sans doute d’une manière plus discrète et camouflée. J’avais très envie de la mettre au centre. Déjà, elle fait partie de mon nom et en même temps, elle symbolise beaucoup de choses pour moi. C’est une fleur qui, comme vous le dîtes, peut symboliser le romantisme et la douceur mais aussi, il ne faut pas oublier qu’une rose a des épines. Comme cet album traverse différentes émotions et plein de choses inhérentes à la vie comme le bonheur et l’amour dans tous ses états, je trouvais que la rose symbolisait bien tout ça. C’est aussi un mot qui s’écrit de la même manière en français et en anglais donc comme c’est un album bilingue, il me semblait intéressant de le matérialiser grâce à ce mot.
“C’est une vision de la musique assez vieillissante de vouloir cantonner les artistes à un seul style”
KIMBEROSE
Justement, vous explorez davantage la langue française dans ce nouveau disque. Est-ce que ce sont de précédentes collaborations comme celle avec Grands Corps Malade qui vous ont donné l’envie d’écrire en français ? Quel a été le déclic ?
Le déclic s’est fait en plusieurs étapes. J’ai toujours écrit en français, même bien avant Kimberose mais je n’osais pas forcément partager mes textes. La première chanson en français s’appelle “L’envie de valser” et a été réalisée en duo avec Sofiane Pamart sur le disque précédent. C’est véritablement celle qui a fait évoluer mon appréhension. J’avais très envie d’écrire en français et c’est venu d’une manière naturelle. Pour moi, le français était également une manière d’explorer d’autres sonorités, moi qui suis vraiment une amoureuse de la musique au sens large. J’aime toutes les musiques et je ne m’en lasse jamais donc le français m’a également permis de m’aventurer ailleurs et d’aller chercher d’autres références musicales.
Au-delà de ça, c’est une manière d’être comprise tout de suite par le public puisque je suis française. C’est autant ma langue que l’anglais donc c’était assez fort symboliquement de rassembler les deux langues qui font partie de moi et de les faire coexister dans cet album qui, j’en ai la sensation, me ressemble beaucoup. C’est un parfait métissage de langues mais aussi de musiques.
Visionnez le clip du titre “You Made Me Pray” de Kimberose :
Sur ce disque, nous retrouvons de nouvelles couleurs musicales et des sonorités peut-être plus dansantes qu’à l’accoutumée. Peut-on parler d’un tournant artistique ?
C’est mon troisième album donc j’ai grandi, j’ai appris beaucoup de choses et j’ai pris confiance, également en tant que chanteuse, qu’auteure et que compositrice. Tout s’est fait très naturellement et je n’aurais pas pu faire différemment. C’était mon inspiration du moment et c’est le chemin que je vois pour Kimberose d’ouvrir le projet musicalement parlant. Dans ma vie, Kimberose m’a libérée et m’a portée.
Je me suis mis aucune barrière et j’aime beaucoup faire tomber les frontières entre les styles musicaux. C’est quelque chose que j’ai déjà fait précédemment mais c’est vrai que je suis encore allée plus loin dans l’exploration cette fois-ci. Je pense que c’est à l’image de notre société où le métissage est présent partout. Également dans la manière de décrire des artistes contemporains, et on le voit de plus en plus, nous sommes libres dans la manière d’écrire et de composer. C’est une vision de la musique assez vieillissante de vouloir cantonner les artistes à un seul style. Pourquoi ne pourrions-nous pas nous exprimer à travers différents styles ? Moi en tout cas, c’est mon envie et je n’ai pas du tout envie de me sentir prisonnière d’un seul style.



Pourriez-vous revenir sur votre rencontre avec Nile Rodgers avec qui vous collaborez sur la chanson très réussie “(Where Are) The Good Days” ?
Notre rencontre s’est effectuée sur un plateau TV, dans l’émission Taratata qui occupe une place particulière dans ma carrière car c’est cette émission qui m’a lancée au départ. J’ai fait cette émission pour la première fois en 2017 et je n’avais même pas encore de label. J’étais complètement inconnue au bataillon. Donc c’est vraiment un programme qui a eu un rôle très important et là aussi, elle a permis cette rencontre dans les couloirs d’un prime organisé pour les trente ans de Taratata. Je croise Nile Rodgers dans les couloirs, nous sommes présentés et le feeling est tout de suite passé. On m’a proposé de réaliser des dates de concert avec lui et j’ai tout de suite accepté en sachant que c’était une chance inouïe. Il reste l’une des dernières légendes vivantes de la musique donc c’était un honneur.
Ensuite, j’ai eu l’idée de l’inviter sur cette musique “(Where Are) The Good Days” qui était déjà composée et enregistrée. Je m’étais dit que ce serait incroyable de rajouter les guitares de Nile Rodgers qui sont tellement reconnaissables et iconiques. J’ai lancé une bouteille à la mer sans trop y croire mais il a accepté et c’était incroyable.
“Je raconte l’histoire de l’immigration qui se passe bien, on oublie malheureusement d’en parler”
KIMBEROSE
C’est un album résolument féminin, notamment avec “Anita”, un hymne fédérateur à la sororité inspiré de l’histoire de votre maman. Est-ce important pour vous de porter des messages lumineux sur des sujets qui ne sont pas légers ?
Oui complètement. C’est exactement ça ! Je pense que cette chanson est là pour ça. Elle a un rythme dansant et elle peut paraître assez légère de prime abord mais en même temps elle raconte une histoire de métissage, celle de l’histoire d’une femme noire africaine arrivée en France sans parler un mot de français. Elle a appris la langue à la sueur de son front, elle a élevé ses enfants dans le calme, la dignité, l’amour et la discrétion. J’avais envie de rendre hommage à cette transmission mère-fille, à cette filiation.
Mais au-delà de ça, il y a le souhait de rendre hommage aux personnes venues d’ailleurs qui font leur vie et tracent leur chemin tranquillement. Ce sont souvent des personnes dont on ne parle pas. On a tendance à se concentrer sur des mauvais exemples et des histoires tristes, voire qui finissent mal. Des histoires qui ne donnent pas forcément une bonne image des gens venus d’ailleurs alors il m’a semblé important de remettre l’église au centre du village et de raconter une histoire simple, tout simplement. Celle d’une femme forte, digne et l’histoire d’amour d’un parent pour son enfant. Je raconte l’histoire de l’immigration qui se passe bien, on oublie malheureusement d’en parler.
Visionnez le clip du titre “Anita” de Kimberose :
Vous allez partir en tournée cet automne avec vos nouvelles chansons. À quoi pouvons-nous nous attendre pour ce nouveau spectacle ? J’imagine que vous avez hâte de repartir en tournée !
Oui, c’est vraiment mon obsession du moment ! J’ai super hâte de cette tournée car là aussi ce sera ma troisième tournée et donc mon exigence avec moi-même a grandi. J’ai hâte de retrouver le public et de proposer quelque chose de différent. Il y a cette envie d’amener le spectacle encore plus loin et je planche là-dessus en ce moment. C’est une partie du travail qui me plait énormément. Je compte les jours jusqu’à la tournée et je pense que ça va être un moment très important !
Au final, cela fait un petit moment que je n’ai pas fait une vraie tournée bien que j’ai pu faire quelques dates cet été. C’était une petite tournée assez frustrante puisqu’elle s’est vite terminée donc j’ai hâte de reprendre la route et de raconter l’histoire de ce nouvel album avec ses deux langues et toutes ses sonorités. Je pense qu’il y a un large terrain pour s’amuser et pour que je puisse me connecter encore plus avec le public. Vivement !
Si vous deviez convaincre le public d’écouter Roses, quelle chanson recommanderiez-vous et pourquoi ?
C’est difficile d’en choisir une et en toute humilité, j’invite vraiment les gens à écouter le disque car c’est mon meilleur album. C’est l’album qui me ressemble le plus musicalement et que j’ai fait avec davantage d’expérience et en même temps une sincérité la plus totale. Je n’ai rien calculé, tout s’est fait avec amour. Aujourd’hui, je recommanderais “Du rose ou rien” parce que c’est mon ambiance du jour mais demain, je dirais certainement autre chose. J’aime vraiment toutes les chansons, ce sont mes bébés ! C’est la première fois que je suis aussi fière d’un projet.
Chez aficia, nous aimons bien conclure nos interviews par la playlist découverte de nos invités. Qu’est-ce que vous écoutez du côté des artistes émergents ?
J’aime beaucoup un artiste français qui s’appelle Furie et que j’écoute beaucoup en ce moment. Il y a aussi une artiste qui s’appelle Myra. En voici deux, un garçon et une fille, comme ça la parité est respectée !

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