A l’occasion de sa nouvelle tournée, aficia s’est entretenu en interview sans filtre avec Maxence le soir de sa première date. Nous sommes revenus avec lui sur son parcours, de la création de son personnage sur internet jusqu’à son dernier projet sur lequel il se raconte pour la première fois. Découvrez son interview sans filtre pour aficia :

Salut Maxence, comment tu vas ?
Ça va, ça va. Je suis tout excité de commencer la tournée, c’est mon petit rayon de soleil pour reprendre cette expression un peu désuète *rires*
Tu as eu 30 ans il y a quelques jours, comment tu visualises ta carrière dans sa globalité ?
Dans la globalité je dirais que c’est surprenant parce que lorsque je regarde en arrière, j’aurais jamais imaginé pouvoir arriver là … Je suis en train de faire des choses dont j’ai rêvé très longtemps, à l’enfance, à l’adolescence donc j’en suis vraiment très content. Je constate aussi que les gens sont toujours là et les voir aussi enthousiastes malgré les projets qui deviennent un peu plus intimes. Sentir qu’il y a un public pour ça, sentir que ça leur parle, ça me rend très heureux. J’ai vraiment le sentiment de grandir avec les gens. Je suis à un moment de ma carrière où je suis très content, j’ai la chance de pouvoir faire mon métier et de vivre de ça donc c’est trop chouette.
Tu as sorti ton nouveau projet en novembre dernier, Comme un enfant, après quelques années d’inactivité. Comment est-ce que tu as vécu ce retour ? Est ce que t’avais besoin de vivre des choses pour pouvoir composer plus facilement ?
Je sais pas si j’avais besoin, en fait c’est plus par la force des choses que le temps est passé. Parce que j’avais pas mal de choses, j’avais des tournages mais surtout je me suis beaucoup cherché. J’ai fais énormément de chansons, énormément de musiques avec énormément de personnes différentes. Il est venu un moment où j’ai senti qu’il y avait vraiment besoin de sortir quelque chose.
En plus c’est quand même assez dingue car j’ai fais 2 Cigale “dans le vent” parce qu’en général quand on fait une grosse date parisienne c’est parce qu’il y a un projet derrière. On en a annoncé deux en se disant qu’il y aurait forcément un projet de sorti mais au final ça n’a pas été le cas. C’était dingue parce que, en plus, le public était là donc ça m’a vraiment aidé à me rassurer et à me dire qu’il y aurait toujours du monde derrière moi.
Mais bon, au final j’ai pris du temps pour me chercher, je sais même pas si je me suis trouvé. Malgré tout, au bout d’un moment, je sentais une envie, une nécessité assez folle de sortir quelque chose. Ça s’est synthétisé par un EP parce que c’était l’objet le plus simple et ça cristallise vraiment un moment. J’avais peur que si je me concentre sur un album, ça mette encore plus de temps à sortir.

Est ce que tu fais vraiment une différence entre un album et un EP, que ce soit du temps de composition ou du storytelling du projet ?
Je pense que de manière général, oui, il y a toujours une différence. Dans la tête du public, il y a quand même une symbolique qui est plus grosse derrière un album. Moi j’aime bien penser l’EP comme un test, comme un échantillon. Je pense que l’album nécessite peut être une forme de maturité. J’avoue que j’aime bien imaginé les EPs)comme des petites capsules. Si un jour je me tape un délire à faire que du piano voix ou alors un truc full jazz c’est toujours chouette de le proposer sous forme d’EP. Il n’y a pas forcement moins de challenge parce qu’il faut toujours qu’il y ait de l’ambition pour que ça soit cool mais c’est vrai que y’a moins de pression.
Au fur et à mesure de tes projets, tu as commencé à changer ton style musical et ta façon d’écrire en y mettant de plus en plus de ta personne. Comment as-tu fait ce chemin mental pour réussir à te confier autant dans ce dernier projet ?
Je ne sais pas comment on fait le travail mais on peut dire qu’il a pris 10 ans a être fait. *rires* Il sera peut être encore long malgré tout. Je pense que j’ai été vraiment porté par les gens. Mais je sais que c’est compliqué et ça l’est pour tout le monde, je sais que pour d’autres gens c’est même un travail sur toute une vie de réussir à assumer et pas avoir peur du jugement, comme de ne pas se sentir honteux.
Moi je sais que depuis l’enfance j’ai une sorte de dérision, avec l’humour comme rempart de ma carapace. Comme beaucoup de gens, c’est dur de se livrer. Moi j’ai le sentiment qu’avec du recul, c’est à force d’enlever des petites couches et de voir que ça plaisait quand même aux gens que j’ai commencé a prendre confiance. J’ai vu que les gens arrivaient à lire un peu entre les lignes ça m’a rassuré et ça m’a conforté.

Comment est ce qu’on passe d’un Maxence d’un projet comme @+ ,à aujourd’hui, un Maxence qui sort des morceaux comme “Seuls Dans Ta Chambre” ?
Je pense qu’il y a eu des moments où je suis allé vers des trucs qui n’avaient rien à voir, qui n’étaient pas du tout perso. Des trucs un peu poussés, un peu recherchés et il y a eu vraiment des moments où les gens ont dit “Nous, ce qu’on veut entendre de toi, c’est toi, c’est ce qu’il y a à l’intérieur” et je parle même de mon entourage. Ça m’a un peu réconforté de me dire “OK ça dérange pas si je parle de moi” et c’est surtout que ce qui fait que tu es touché par un chanteur/une chanteuse c’est que ce qu’elle te dit de son vécu, de son histoire, de ses envies ça te parle et peut-être que ça parle pas à d’autre gens mais je pense qu’effectivement c’est juste la logique.
Et moi, la musique, l’écriture, depuis l’enfance si j’écris c’est un peu une extension de moi même, l’extension de mes ressentis. Donc au final autant juste écrire comme ça me vient et tant mieux si ça parle à des gens et si ça parle pas à des gens tant pis, moi je ne m’arrêterais pas d’écrire pour autant. Mais voilà, ce sont des cheminements et forcement en 10 ans on grandit et on murit. Peut être que ça va encore changer ou encore évoluer mais voilà, c’est une sorte de longue thérapie quoi.
Avec ce projet, c’est la première fois qu’on te voit collaborer avec d’autres artistes depuis ton passage avec VSO. Comment est-ce que tu vois ces collaborations ? Est-ce que tu estimais en avoir besoin ou est-ce que le fait de pas en avoir fait pendant un certain temps c’était parce que tu estimais en avoir fait le tour avec VSO ?
Avec VSO c’etait spécial parce que de base, c’est né d’une histoire de potes de la même ville, d’une espèce d’effervescence qu’il y avait à cette époque là. Et par rapport à mon projet naissant voilà un peu plus axé second degré, il y avait tout un truc qui s’est fait naturellement. Je pense que concrètement, le moment où j’ai vraiment lancé aux yeux des gens ma carrière solo, j’ai mis du temps à me sentir légitime et à me sentir capable de m’ouvrir. Je pense par exemple sur mon premier album Tout Est Trop Beau, je sais que je l’ai voulu très instrumentalisé, très orchestral avec beaucoup d’instruments. Justement peut être au final pour me prouver, et au final accessoirement prouver aux gens, que j’étais un vrai musicien, que je sais faire de la musique.
Je pense qu’on a chacun un peu nos petits échelons pour nous prouver des choses et de se dire “OK je suis vraiment crédible” et je pense aussi que c’est pour ça qu’à l’époque je voulais pas m’ouvrir”. Je me disais “j’ai envie de me sentir légitime moi même et à l’aise avec ma musicalité. Parce que j’étais en recherche depuis tout ce temps. Depuis même à l’adolescence avec le métal, j’ai toujours été dans la recherche.
J’ai fini par me dire, “Bon OK, là c’est bon je me trouve”. Au contraire, ces collaborations sont plus nées d’une envie justement de m’ouvrir avec différents types de producteurs, tester différentes musicalités et au final, ça s’est fait dans ce sens là sans forcer les choses et plus par envie.



En parlant de VSO, as-tu encore des nouvelles des autres membres du groupe ?
Ouais ouais bien sûr, récemment dans cette team là il y a aussi un super artiste qui s’appelle SAAN et récemment j’étais à la release on a pu tous se recroiser là bas. On se croise même très souvent dans le quartier à Paris on est un peu tous dans le même coin. On a tous migré, sudistes que nous sommes de base. *rires* Mais ouais on a des supers contacts et on se croise dès qu’on peut.
Est-ce que potentiellement on peut espérer vous revoir avec une collaborations un jour ?
Qui sait ? Faudrait déjà que eux se remettent a faire du son ensemble j’ai l’impression que l’envie y est, ça c’est sûr. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve, je pense qu’on est chacun bien occupé mais effectivement c’était des moments magnifiques.
J’ai pris du recul l’autre fois, je regardais le t-shirt de Martin qui m’accompagne sur scène et qui était aussi le guitariste sur cette tournée là. On avait fait un t-shirt de tournée mais la liste de dates elle va vraiment du haut du cou jusqu’en bas du t-shirt et c’était incroyable. J’ai des bons souvenirs c’était vraiment super. C’est des beaux moments humains et je m’en rends de plus en plus compte. Pour moi, c’est vraiment mon credo et ce que j’essaye de mettre en avant sur cette tournée là. C’est que c‘est les moments avant tout et c’est l’humain avant tout et c’est cette espèce de truc qu’on rabâche et qui est vrai de l’instant présent et du kiffe. Et là pour le coup c’était du vrai kiffe avec eux *rires* c’était la jeunesse quoi.

Au tout début de ta carrière, tu étais très présent sur la sphère internet, quel rapport tu entretiens avec cette aspect de ta personnalité ?
C’est une question compliquée. Je suis un très grand consommateur, enfin très grand, je regarde pas mal. Mais c’est vrai que j’ai préféré m‘effacer et être un peu plus discret parce que je crois que j’en avais besoin. J’ai eu l’impression que j’avais besoin d’être un peu plus considéré pour ce que je fais et pas pour ce que les gens pensent que je fais. C’est vrai que j’ai eu une étiquette qui m’a un peu collé à la peau et que je sens pas légitime, après elle est pas grave mais c’est vrai que des fois on a besoin d’un peu de reconnaissance. Et c’est vrai que que je me fait un peu plus discret. Je préfère être dans mon coin et faire un peu plus mes chansons et m’atteler à ce truc là plutôt qu’être présent tout le temps partout.
On a pu voir que tu as réalisé un morceau pour la BO du film Nous les Leroys, film réalisé par Forent Bernard. Un réalisateur présent dans la sphère d’internet depuis longtemps, est ce que c’est une manière pour toi de lier ta passion pour la musique et la présence avec des amis d’internet ?
Ecoute, c’était exactement ça. *Rires* Je m’y attendais pas très honnêtement. Je pensais pas faire ça de ma vie donc c’est un peu un accomplissement personnel. Et effectivement quand Florent m’a proposé je me suis dit que ça serait incroyable parce que c’est la passerelle parfaite entre ces deux passions et ces deux métiers. Et sans spoiler, je peux au moins dire que c’est le morceau final pour ceux qui ont pas vu le film. Mais pouvoir accompagner les images si touchantes d’une si grande comédienne et d’un si grand comédien… C’est quand même quelque chose. J’étais vraiment très honoré de pouvoir le faire.
Le fait que tu ai changé de pseudo à une époque est ce que c’était une volonté de te détacher de cette image de YouTube et de tout ce qui y était lié ?
Ouais c’était clairement ça, bon après j’ai changé que deux lettres et ça se prononce pareil. *rires* C’est très subtil mais c’est vrai que pour moi ça avait une importance parce que ça permettait de dire qu’avant c’était pas vraiment moi et qu’au bout d’un certains temps j’ai fini par assumer que c’était moi à 100%.
On est à Nantes car c’est la première date de ta tournée, comment est ce que tu appréhendes cette tournée ? Est ce que c’est effrayant d’arriver sur une première date complète ?
Ouais, c’est effrayant et en même temps c’est tellement galvanisant et enthousiasmant. C’est beaucoup de stress comme à toute première fois. Mais je sais qu’en général, le public me le rend bien et qu’on passe des supers moments. Il y aura sûrement du cafouillage, il y aura surement des petits ratés. Selon moi, c’est ça qui fait la beauté du moment et le fait que c’est un instant unique. Mais je suis trop excité et c’est con, mais je suis déjà en train de regretter quand ça va passer. C’est tellement bien d’être sur scène et de vivre ces moments d’échange que c’est con que ce soit que quelques instants dans une journée.
Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?
On peut me souhaiter que tout continue comme ça sur un flot tranquille. Que les gens soient toujours au taquet et que ce que je leur propose leur parle. Voilà, c’est franchement tout ce que j’ai envie de me souhaiter.







