La dernière fois qu’on avait échangé avec Liv Del Estal, la jeune franco-argentine assurait la première partie de Maxence à La Cigale de Paris… et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a énormément changé depuis ! Nous avons rencontré la chanteuse révélée par “The Voice” pour une interview exclusive dans les loges du Printemps de Bourges pour discuter de son nouveau son, de ses derniers singles ou encore de la notion de safe space dans ses concerts.
Liv Del Estal, l’Interview Flash :
1 Hello Liv ! La dernière fois qu’on t’a rencontrée, tu assurais la première partie de Maxence à La Cigale. Comment tu dirais que ton son a évolué depuis la sortie de ma vie en vrac ?
Je dirais que mon son a évolué vers un cocktail de sonorités nostalgiques des années 2000. C’est sexy, bitchy… parce que, évidemment, je suis une meuf des années 2000 tu vois, et ce sont des années qui ont beaucoup influencé mes toplines, notamment… Et sinon, beaucoup de trance, de drum and bass, ce sont des genres que j’ai découverts en allant à des festivals de musique électronique. C’était comme une révélation, que je pouvais jouer avec ma voix, raconter des histoires à un rythme plus soutenu, avec toutes ces lignes mélodiques hyper nostalgiques qui a cette musique-là et qui m’inspire de fou… J’écoutais pas mal d’instrus’ de ce genre, et au bout d’un moment je me suis dit qu’il fallait que je commence à composer dessus.
Avais-tu peur que ce changement de direction artistique déroute le public qui t’avait connu pour tes anciennes chansons ?
Non, au contraire j’étais beaucoup plus excitée à l’idée de présenter quelque chose d’original et de nouveau. Je le dis de la façon la plus humble possible, mais dans le sens où la pop qu’on m’avait construite avant n’avait rien de novateur, rien d’intéressant. Ce n’était pas mal fait, mais juste intéressant à mes yeux. J’avais absolument aucune peur de tout remettre à zéro, parce que je savais que j’allais faire des rencontres qui allaient m’aider à m’épanouir et à m’accomplir en tant qu’artiste, qui comprendraient ce que je veux faire artistiquement. D’ailleurs ça a fonctionné, car il y a beaucoup plus de médias qui s’intéressent à mon projet à l’heure actuelle qu’avant.
2Actuellement, tu dévoiles une chanson tous les 7 du mois. Pourquoi cette démarche ?
J’avais envie de sortir une chanson par mois parce que j’avais tout simplement envie d’être plus généreuse, et de ne plus attendre six mois avant de sortir une chanson que j’ai faite il y a un an. Je trouve que c’est hyper boring, la durée de sortie d’une chanson, le temps que tous les acteurs de son équipe la valident, le label aussi… Mais moi j’avais envie de les partager avec le public juste après leur création, les sortir tant qu’elles sont encore chaudes comme dans le rap. Quand ils sortent un freestyle, les rappeurs ne passent pas des mois à se questionner si ça va marcher ou pas, ils sortent le morceau et puis c’est tout. En réalité ça a été, je trouve, une très bonne idée parce que ça a éveillé beaucoup d’intérêt envers mon projet. Ça l’a également rendu plus dynamique, mon public ne s’ennuie jamais car il attend la suite le mois suivant.
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3 Lors de ton set au Printemps de Bourges, le public a absolument adoré chanter “casse-toi” à tes côtés. Comment est né ce titre ?
Ce titre, c’est très simple : c’est juste ton plus beau doigt d’honneur à tous les mecs qui t’ont saoulé, toutes les fois où tu t’es sentie emprisonné dans un grand silence à vouloir repousser une situation qui te mettait mal à l’aise. T’avais pas les mots, t’avais pas le temps, t’avais pas l’énergie et ce titre raconte tout ce qui se passe dans ta tête à ce moment précis, genre t’as envie qu’on te laisse tranquille. C’est une chanson qui contient également un aspect satirique, une satire de la société. Je voulais dépeindre ce genre de situation dans lesquelles les gens suivent le troupeau comme des moutons, tout le monde dit les mêmes choses, tout le monde s’influence. Et quand je chante “J’ai pas été correcte, des bas résille et des poils / Carnassiers dans l’arène magazines et les moines”, il s’agit de ça. C’est comme si je pouvais me dédoubler et regarder la situation avec un regard extérieur, il y a un aspect un peu nonchalant dans ce titre. Et d’ailleurs, le refrain reste assez vague donc tout le monde peut s’y retrouver, ça peut être interprété de plein de manières.
4 Tu viens de sortir le single “à travers les buildings”, qui te voit expérimenter avec des sonorités techno. Quelle est l’histoire de ce titre ?
Alors, c’est assez rigolo parce que c’est toujours un peu en urgence tout ça… Enfin, t’imagines bien que si tu t’engages à sortir une chanson par mois, tu as un temps très limité. “à travers les buildings”, je l’ai vraiment écrit là, dans la semaine de battement où il fallait sortir le master. C’est un morceau qui pourrait ressembler un peu à “Space Invaders”, c’est un vibe plus planant, plus trance aussi… Ce titre traite des voyages, des personnes qui ont envie de s’échapper de la ville et qui rêvent d’un voyage, d’une autre vie… Ils sont tout en haut d’une tour et regardent à travers les buildings la perspective d’une autre vie calme.
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5 Est-ce que tous ces singles que tu sors actuellement vont donner sur un album ou un EP ?
A la base, je voulais créer un album, c’était important pour moi. Puis je me suis rendue compte que le premier album, c’est beaucoup trop important. On n’en fait pas deux. Même si on a une jolie tournée, qu’il y aura de beaux festivals, qu’on a rempli la Maroquinerie et qu’on a un Trabendo qui arrivera par la suite… je ne suis pas encore arrivée au stade de l’album. Je dois prendre le temps. Donc je vais sortir un EP avec de nouveaux morceaux, il y aura 6 titres. Peut-être des collabs aussi avec des amis DJ et producteurs.
6 Tu viens de le dire, tu as rempli la Maroquinerie. Et tu seras également en tournée cet été avec notamment un co-plateau 100% féminin à Virage fin août prochain. À quoi faut-il s’attendre d’un concert de Liv Del Estal ?
Il va faire très très chaud. Surtout à la Maroquinerie, car elle est complète ! Toi et moi, on en a vécu des Maroquineries complètes ! C’était mon rêve, je suis heureuse et si je peux vous conseiller quelque chose : il faut venir torse nu, ou avec un soutif’ que vous trouvez un peu beau quoi parce qu’il va faire super chaud ! Ça va être une grosse teuf ! Une grosse teuf queer. Un safe space pour tous ! Cette notion de safe space est très importante pour moi, et je fais tout pour la maintenir à chaque spectacle.
Retrouvez Liv Del Estal en tournée dans toute la France cet été.
Découvrez le dernier single de Liv Del Estal – à travers les buildings :
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