Olympe - © Sparx Studio
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Olympe en interview : “J’ai écrit “Fort” à une période de ma vie où j’avais juste envie de tout casser”

Exclusivité aficia

Ce vendredi 7 mai marque le retour d’Olympe. Plus de huit ans après ‘The Voice’, l’artiste à la voix d’ange revient plus “Fort” que jamais. À cette occasion, aficia l’a reçu en interview il y a quelques jours pour nous parler en exclusivité de ce qu’il prépare depuis quelques temps… 

Souvenez-vous ! C’était en hiver 2013. Olympe retournait les quatre coachs de ‘The Voice’ avec une magnifique reprise de “Born To Die” de Lana Del Rey. C’est en finale qu’Olympe s’incline face à Yoann Fréget. Pour autant, l’artiste connaît un parcours fait de hauts et des bas avec Olympe (2013), couronné de succès puis Une vie par jour (2014) passé inaperçu. Il y a fallu attendre 2016 pour découvrir le “vrai” Olympe avec un EP éponyme piano-voix, promu par le single “Si Demain”. 

Quatre ans après notre dernière entrevue, aficia souhaitait refaire un point avec l’artiste qui s’est beaucoup cherché et qui revient avec une vraie direction artistique, pleinement assumée et qui lui ressemble.

C’est ce vendredi 7 mai qu’Olympe revient avec le single “Fort”, premier extrait d’un nouvel album attendu pour la rentrée 2021, période à laquelle il participera également à ‘The Voice All Stars’. Vous l’aurez compris, une longue interview nous attend…

Olympe : l’interview !

Tu fais ton retour aujourd’hui avec le single “Fort”. Faire un retour, ce n’est jamais évident. Comment as-tu appréhendé ce moment ?

Olympe - Fort

Je suis mélangé entre excitation et petite pression. Là vraiment, on a créé tout nous-mêmes avec la création d’un label indépendant. C’est une pression particulière car là c’est notre argent qu’on met en jeu, et au delà de ça on essaye de faire les choses bien.

Étant donné qu’on est nouveau en label, nous n’avons peut-être pas toutes les clés, il y a beaucoup de démarches pour lesquelles on n’a pas l’habitude. Cela nous prend un temps énorme. Autant la création, c’est génial, mais après toutes les démarches à côté, on se demande si on sera prêt, on a peur de louper des choses importantes.

Autrement, non, je suis prêt, hyper excité. On travaille déjà sur l’album. Il y aura vraiment des chansons trop cool, je suis trop content. Mais j’ai le stress ouais ! Je me demande si les gens aimeront, puisque là j’ai coécrit et composé le premier single “Fort”. Ça fait peur… 

Que nous a valu ces trois ans d’absence ? J’ai cru comprendre que tu avais eu besoin de te vider la tête, souffler un grand coup. C’était pour mieux repartir ?

Oui tout à fait. Je me suis vraiment demandé si un jour j’allais ressortir quelque chose. Avec toute la nouvelle génération qui arrive, bien que je ne sois pas très vieux – je n’ai que 31 ans-, on s’aperçoit que c’est l’urbain qui fonctionne de nos jours. Donc on se demande s’il y a encore des gens qui vont écouter de la pop, si je vais être assez moderne dans l’écriture…

À force de se poser toutes ces questions, on prend le risque de ne pas être dans les cases dites ‘mainstreams’ d’aujourd’hui et de perdre sa légitimité. Et puis ça fait peur de ne plus être suivi par une maison de disques.

En fait, j’ai vraiment eu un déclic. Je me suis dit que beaucoup d’artistes créent leur label, que cela allait être plus compliqué parce qu’il y a le poids médiatique qui est moins important lorsque tu es tout seul, ça coûte de l’argent, il faut investir, il faut faire les bons choix… et au final j’ai pris conscience, semaines après semaines, que certes, on n’a pas les mêmes moyens que les grosses majors, mais au moins l’argent qu’on dépense on choisit de quelle façon le dépenser, même artistiquement, avec une plus grande liberté. Là, on n’a aucune restriction. 

C’est-à-dire que demain, si tu veux faire un projet quel qu’il soit, tu peux te le permettre plus facilement ? 

Si demain je veux faire un clip en sautant en parachute, ce qui n’arrivera jamais parce que je ne m’en sens pas capable 😀, c’est possible ! Si on a envie d’essayer un shooting avec des choses différentes, on met un budget, on voit ce que ça donne. On essaye d’aller au bout de nos idées.

Et puis, finalement, on s’est rendu compte qu’en constituant une petite équipe, avec des gens qui n’ont pas forcément de gros noms et qui habitent en Province, ça marche ! Ça met en avant des talents qui ne sont pas forcément encore connus. On travaille dans une très bonne ambiance. 

Ce que je retiens c’est que l’industrie du disque t’a déçu par le passé, mais que tu as trouvé la clé pour rebondir ? 

Oui cette industrie m’a déçue, mais je ne pense pas qu’il faille mettre tout le monde dans le même sac. C’est juste qu’il y a des gens qui n’ont pas de cœur, sincèrement, ou alors qu’ils l’ont pour autre chose. Il y a des gens qui vont essayer de te détruire sans aucune raison. Oui, je n’ai pas la taille mannequin, et je ne l’ai jamais eu d’ailleurs, mais il y a des façons de dire les choses. On aurait pu me dire “attention, c’est un métier d’images, est-ce qu’on pourrait trouver des solutions ensemble ?”. Mais non, on a préféré me dire que j’étais trop gros en me foutant derrière un piano car on ne savait pas où me mettre. Je suis censé réagir comment ? ”OK, sympa, moi j’ai que 23 ans, et ça, c’est mon équipe artistique” !

Il y a un moment, je me suis demandé qu’est-ce que ça veut dire ? Autre chose, on ne m’a jamais laissé l’opportunité d’écrire à mes débuts. On m’a toujours dit “bah non, on a mieux pour toi”. Finalement, c’est vraiment un milieu où les gens essayent de récolter un maximum d’argent possible au-delà de l’artistique. Évidemment, tout le monde n’est pas comme ça.

On aimerait faire des enregistrements de cordes en studio. Je pense que je vais programmer ça pour la rentrée de septembre.

Olympe

Est-ce qu’à un moment donné tu as repris espoir malgré tout ?

Lorsque j’ai sorti mon EP, il y a quatre ans avec un label indé, l’équipe était cool. On a vraiment bien bossé et c’est à ce moment là que j’ai repris foi en l’industrie de la musique. Il y a vraiment des gens bien, avec qui ça fonctionne. Après, ce n’est pas parce qu’un projet ne fonctionne pas ou qu’il est moins porté par les médias que cela doit mal se passer avec son équipe.

Je ne suis pas dégoûté, mais ce que je sais aujourd’hui, c’est que je veux travailler avec des gens dans le même esprit que moi, avec des bosseurs, qui ne s’arrêtent pas à l’argent. On essaye tous de gagner notre vie et d’avoir un retour sur investissement. Mais la priorité c’est de créer des choses. Et là, j’ai trouvé une équipe qui me suit là-dessus et qui est emballée par le projet, et c’est cool !

Tu reviens avec le single “Fort”. Je pense que je ne vais pas te demander de m’expliquer le titre du morceau, rien qu’avec le nom, on comprend le message…

C’est exactement ça. Le titre m’est venu d’un coup. D’un seul coup il fallait que je prenne une feuille et un stylo à ce moment-là pour ne pas laisser passer cette occasion, pour un premier jet. J’avais un rythme dans la tête. Je l’ai vraiment fait en cinq minutes. Je n’étais pas chez moi à ce moment-là. Pour ne pas oublier, je l’ai enregistré en vocal sur mon iPhone, et je chuchotais la mélodie car il y avait du monde autour de moi. Il ne fallait vraiment pas que je loupe ça parce que ça me plaisait.

C’est assez rare qu’une chanson vienne entièrement comme ça. C’était vraiment une période où je n’étais pas bien. Je me demandais ce que j’allais faire de ma vie. Je ne me plains pas car j’ai une belle maison, je passe de bons moments avec mes amis, ma famille, un peu moins en ce moment à cause du COVID. À un moment, je me sentais vide et je me suis dit “est-ce que c’est ça que je voulais vivre, vivre comme si j’étais bloqué, sans pouvoir avancer ?”.

C’est pour ça que la première phrase du single je dis : “Rêver d’une autre vie au milieu du carnage”. À cet instant, j’avais juste envie de tout casser, j’en avais ras-le-bol. C’est un peu ce moment où parfois tu ne vas pas bien, où il faut sauter le pas mais tu ne sais pas comment. J’ai alors eu cette idée : tu prends une grande inspiration et tu fonces ! C’était vraiment ça que je voulais retranscrire dans cette chanson et je l’aime trop. Il n’y a pas une grande démonstration vocale, elle est simple, ce n’est pas une mélodie très compliquée mais j’avais envie de quelque chose de simple en fait, sans me prendre la tête et que l’idée générale soit assez fluide…

Simple, mais en même temps, peut-être plus produit où l’on retrouve davantage d’instruments que le dernier EP très acoustique que tu avais sorti il y a quatre ans. On entend une chorale derrière également ?

Bien sûr ! Je travaille avec quelqu’un qui est très cool, Jérôme Brulant, avec qui j’ai coécrit le texte et qui s’occupe également des voix que tu peux entendre. Lui est spécialisé dans l’enregistrement des voix, il adore ajouter des petits trucs à certains moments pour que les voix soient mixées un peu comme des instruments. Et parfois, tu entends des voix derrière et tu crois réellement que cela pourrait être une nappe de synthés ou vraiment quelque chose de cool.

Quand on s’est rencontré, je lui ai dit que j’avais des compos mais que personne ne voulait les exploiter. On m’a toujours dit ‘OK’ mais sans plus, alors que lui m’a dit qu’il y avait un potentiel de fou ! Il faut juste les revoir, les restructurer mais qu’il “fallait utiliser les voix un maximum car tu chantes très aigus et très graves, et qu’il fallait les utiliser comme ça” me disait-il. On a fait plein de pistes ensemble d’ailleurs ! Sur “Fort”, encore ça va, mais il y aura d’autres chansons après où on s’est royalement lâché… Il y a eu une belle connexion avec Jérôme et ça fait plaisir. Il n’est pas là pour le fric, il est uniquement là pour l’artistique. On travaille vraiment les voix et les prod ensemble.

C’est Théo qui fait les prod’. C’est pareil, je ne l’ai jamais rencontré en vrai parce qu’il habite à Reims. Il a vraiment su capter l’ambiance que je voulais retranscrire dans les chansons. C’est chouette parce que je ne suis pas quelqu’un qui écoute des choses très gais, et nous sommes arrivés à faire des chansons qui bougent un peu. Pas en mode club, mais ça peut s’écouter tous les jours. Il est vraiment fort là-dessus ! On a bien des idées pour ajouter quelque chose de plus acoustique aussi aux prod’s. On aimerait faire des enregistrements de cordes en studio. Je pense que je vais programmer ça pour la rentrée de septembre. On a plein d’idées ! On bosse à trois, nous sommes qu’un petit noyau. Quand il y a des choses qui nous plaisent moins, on n’hésite pas à se le dire. 

En termes d’ambiance, ce sera un album très positif.

Olympe

Comment s’est fait le choix du premier single en l’occurrence ? “Fort” était le morceau le plus puissant ?

Je ne pense pas qu’il était le titre le plus fort. Je le trouve fort, mais il y a d’autres titres qui sont canons ! J’avais fait écouter des morceaux à mes proches en leur demandant ceux qu’ils aimaient le plus. “Fort” est sorti du lot avec une autre chanson qui bouge encore plus. Mais sur celle-ci j’ai vraiment une idée du clip qui va être un gros travail qui va demander du temps, une équipe et du budget. “Fort” est une belle introduction au projet en fait. C’est vraiment le titre qui m’a animé avant d’avoir le deuxième. On ira crescendo, je voulais commencer doucement.  

Peux-tu nous parler du clip que tu t’apprêtes à sortir pour “Fort” ?

On a tourné le clip il y a maintenant plus d’un an et c’était trop bien. Les conditions météorologiques étaient horribles. On a tourné le clip sur une plage au lever du jour, à 5h du matin, avec du vent à 100km/h. On a mangé du sable toute la journée. Mais c’était une super aventure. 

Tu me parles déjà beaucoup du prochain album. Le projet à l’air très bien avancé si je ne me trompe pas ? A quoi ressemblera-t-il?

En effet, même si j’ai pas de date précise, j’aimerais beaucoup le voir paître avant la fin de l’année 2021, c’est sûr ! En termes d’ambiance, ce sera un album très positif. On est parti dans une optique où même les choses pouvant paraître tristes, on peut les vivre de façon positive.

On a abordé plein de thèmes qui font partie de ma vie, qui peuvent toucher les gens. On me dit souvent que je suis plus beau quand je souris sur les photos, et que quand je souris pas je parais comme quelqu’un de triste. Je leur réponds que le fait de ne pas sourire fait partie de ma personnalité. Je ne suis pas non plus quelqu’un qui vais pourrir l’ambiance. Parfois, ce n’est pas mauvais d’être mélancolique. C’est aussi dans ces moments-là qu’on peut sortir les plus belles chansons. Donc oui, un album très positif, très orchestré, très produit. 

Cela a été une expérience très intense de retrouver le plateau de ‘The Voice’ mais ça, les gens le verront !

Olympe

Il y a des artistes qui t’ont influencé pour ce nouvel album ?

J’ai eu des inspirations oui, mais ce ne sont pas des prétentions non plus, juste des inspirations. Mais j’adore Woodkid et son univers très orchestré, très cinématographique. Certaines de mes chansons auront ce côté là, en toute humilité car je ne serai jamais capable de faire aussi bien que lui, et ce n’est pas mon but d’ailleurs. Mais voilà, ça va bouger.

Il y a aura des chansons plus lentes, avec des ballades. Mais ce sera plus mid-tempo, up-tempo.

Ah oui aussi, j’ai vraiment envie de faire un travail sur les cordes. Je suis amoureux des cordes et j’en ai très peu mis sur mes précédents albums, sauf dans le dernier EP avec du violoncelle. C’est ce qui rend une chanson belle, puisqu’on y retrouve une intensité, un rythme et une tension. Ça va prendre le temps que ça prendra mais j’en ai envie. C’est vraiment la partie qui m’excite le plus, pourvoir faire vivre ces instruments en direct c’est toujours le moment que je préfère. Je prends toujours une claque ! 

Pour terminer, j’aimerais évoquer avec toi ta participation à ‘The Voice All Stars’ prévue pour la fin de l’année sur TF1. À quoi doit s’attendre le public de ta part ?

Etant donné que j’ai vu paraître pas mal d’articles dans la presse, je peux en effet te dire un truc : j’y participe 😀 ! Ce que je peux te dire, c’est que le public doit s’attendre à me retrouver comme il m’a connu à mes débuts, en essayant de faire des réinterprétations qui me ressemblent, sans copier l’original. Cela a été une expérience très intense de retrouver le plateau de ‘The Voice’ mais ça, les gens le verront ! C’était une émotion particulière de revenir presque 9 ans après… C’était dingue et en même temps irréel de vivre ça en conditions COVID. C’était un moment particulier, très cool, mais frustrant pour certaines choses à cause du COVID… Ça risque d’être un moment fou de télévision parce que de revoir tant de talents ça va être ‘la crème de la crème’.