Shy’m en interview : « J’ouvre un nouveau chapitre de ma carrière »

Bientôt animatrice de « Nouvelle Star », Shy’m n’en oublie pas pour autant la musique et s’exprime sur le sens à donner à son nouvel album Héros pour aficia. Rencontre.

Shy’m est de nouveau sous le feu des projecteurs. L’interprète des tubes « Femme de couleur », « Et alors ! » et « Je sais » a publié au mois de septembre son sixième album Héros, dont elle a déjà extrait les singles « Si tu m’aimes encore » et « Mayday », témoin d’une évolution majeure pour elle. Shy’m ajoute effectivement une nouvelle corde à son arc en signant certains textes et plusieurs mélodies. En découle des chansons plus personnelles et qui mettent en relief la dualité entre la femme qu’elle est et l’étoile qui brille sur scène. Celle qui animera la 13ème saison de « Nouvelle Star » dès le 1er novembre lève le voile sur Tamara.

Le temps qui s’est écoulé entre la sortie de ton nouvel album Héros et le précédent a été plus long que celui qui s’écoulait habituellement entre tes différents disques. Comment l’expliques-tu ?

On ne prévoit pas… Je ne prévois pas de m’arrêter un an ou deux, ou même trois ans à chaque fois et de façon récurrente. Je crois surtout à l’inspiration, par rapport à ce qu’il m’arrive. Il y a parfois d’autres priorités dans la vie. J’en ai eu d’autres pendant cette période. Là, le temps de faire l’album, de le finir…

Comment parviens-tu à te renouveler avec le temps, dans la mesure où chaque album est un nouveau défi ? Sans doute davantage à mesure que les années passent d’ailleurs.

Bien sûr ! Je crois que les choses, en fait, se font naturellement. Je grandis, je mûris. Donc, forcément, je vis d’autres choses et j’ai de nouvelles histoires à raconter. J’ouvre un nouveau chapitre dans ma carrière avec l’écriture et la composition. Je ne pouvais pas rêver mieux que ça arrive à ce moment-là. C’est un autre travail, une autre manière d’appréhender les choses. C’est aussi une nouvelle façon de me raconter et j’ai l’impression que c’est aussi mon premier album parce que je ne me suis jamais autant investie.

Les critiques me touchent au plus profondément de moi.

C’est une mise en danger supplémentaire d’exposer ta propre plume au public. Comment appréhendes-tu la critique ?

Les gens me connaissent depuis maintenant 12 ans, notamment comme interprète de chansons d’auteurs, bien que les textes et les mots me collaient chaque fois à la peau. Me raconter, c’est vrai que c’est créé une proximité qui est encore plus directe. Donc, oui, pour répondre à ta question, les critiques me touchent au plus profondément de moi, de mon art… Je me sentais prête à écrire. Ça s’est d’une certaine façon imposé à moi. J’y suis venue sans forcer les choses. Je me suis effectivement dit qu’il y aurait des critiques. C’est certain ! Mais c’est le jeu et je l’accepte.

Qu’est-ce qui a motivé cette évolution ?

C’est difficile de comprendre pourquoi… Quand j’ai commencé à travailler sur l’album, j’ai enregistré des titres comme « Si tu m’aimes encore » ou « Encore ». On a vraiment démarré cet album-là comme les autres, et un jour on s’est retrouvé en studio. On était très peu et, du coup, j’ai osé chanter mes idées de mélodies à voix haute. J’ai vu que les réactions étaient positives. Quand on voit que les personnes en qui on fait confiance et avec lesquelles on travaille depuis plusieurs années acquiescent, on se prend au jeu. C’est à partir de là que j’ai commencé à enregistrer. En rentrant chez moi, je me suis dit qu’il fallait poursuivre dans cette voie et écrire. Les mots sont arrivés tout seul ensuite. Il y a eu un déclic.

Je sais que je renvoie l’image d’une héroïne impénétrable et inaccessible.

À t’écouter, j’ai le sentiment que tu as vraiment été heureuse d’entendre des retours positifs en studio. Et aussi que l’image que tu renvoies dans tes clips ou sur scène est finalement assez éloignée de cette personne qui peut parfois manquer de confiance en elle.

Je ne parlerais pas de fierté, dans le sens où je mets beaucoup de temps avant de pouvoir ressentir un tel sentiment. Ça faisait longtemps que je sentais que je pouvais le faire, ça fait longtemps que j’aime le faire… En ce qui concerne le manque de confiance en moi, c’est sans doute ce que je cherche à cacher derrière Shy’m. Je réalise mes fantasmes à travers elle. Je parle ici de la femme très féminine, sulfureuse et qui impose ses idées. J’arrive à le faire par Shy’m et sans complexes. Alors que dans la vie courante j’ai beaucoup de doutes. Je pense que ça crée un équilibre dans ce monde où je ne prends rien pour acquis.

Le côté ‘sulfureux’ de Shy’m apparaît clairement moins sur ce disque-là que sur le précédent. Et à l’inverse ce manque de confiance apparaît davantage, comme on peut le voir dans le clip du single « Si tu m’aimes encore ». Héros est-il un « album confession » ?

Cette dualité, on la ressens justement dans le titre « Héros » que j’ai écrit. Oui, c’est une confession dans le sens où j’ai toujours tendance à répondre à la critique avec humour, avec second degré, ou en fanfare avec un titre comme « Et alors ! ». Je le fais parce que ça m’amuse et que j’ai ça au fond de moi. Mais, en même temps, il y a des moments qui sont courts où des choses peuvent nous blesser un peu plus. On peut avoir des petits moments de faiblesse, se poser beaucoup de questions, être un peu perdu… Que ce soit d’un point de vue privé comme sur le plan professionnel. Je sais que je renvoie l’image d’une héroïne impénétrable et inaccessible via mes apparitions. Mais ce n’est pas le cas tout le temps, et ce n’est pas moi du matin au matin d’après.

La meilleure façon de m’aimer est de me laisser libre.

Tu évoques également la notoriété dans ce titre « Héros », qui a véritablement l’étoffe d’un tube. Comment l’appréhendes-tu aujourd’hui ? Ton rapport avec le métier a-t-il évolué ?

Il a fallu des années avant que je trouve ma place, que je me sente bien et que je fasse un lien plutôt doux entre mes deux vies. Encore une fois, je suis assez différente dans ces deux contextes. Pendant des années, ça a été compliqué la transition, quand je vais manger quelque part avec des amis, quand je vais faire des courses ou que je me balade avec ma famille… Tout ça a été difficile, surtout que j’étais agoraphobe plus jeune. La foule m’angoissait beaucoup. Avec les années, la maturité aussi très certainement, je me sens mieux dans mes baskets. On dit qu’il faut assumer au maximum qui l’on est et ce qu’on fait. Et je me suis rendue compte qu’en étant moins timide et moins renfermée sur moi à l’extérieur que je vivais mieux. Je pense qu’on l’a déjà perçu dans mon précédent album, mais je tends à rapprocher plus les deux femmes que je peux être avec Héros .

Écoutez le titre « Héros » de Shy’m :

L’âge n’est donc pas quelque chose qui t’effraie mais que tu considères comme étant bénéfique ?

En écoutant des personnes plus âgées que moi, j’entends beaucoup de choses très positives généralement. Sans doute parce qu’on se sent plus à l’aise avec soi, avec son corps, avec ses envies et ses idées. Je suis quelqu’un de très nostalgique. J’adore ‘hier’. Je ne suis pas pour autant pressée d’avoir dix ou vingt ans de plus.

Regardez le clip « Si tu m’aimes encore » de Shy’m :

Je trouve néanmoins que sur cet album l’amour est vécu comme quelque chose d’assez compliqué. Si je devais le résumer en un mot, ce serait « routine ». Qu’est-ce qui a changé pour que les sentiments t’inspirent ça ?

J’ai un rapport avec les sentiments qui est assez complexe, dans tout. Que ce soit avec mes amis, ma famille ou en couple. Je n’ai pas encore trouvé toutes les réponses à mes questions. Pour moi, à l’heure actuelle, c’est une notion qui est encore fantasmée. Je suis quelqu’un d’assez indépendant. J’aime bien être seule, ce qui peut parfois être difficile pour les gens. Certains me comprennent et peuvent rester dans ma vie pendant plusieurs années, alors que d’autres ont plus de mal à suivre. C’est comme ça qu’on fait le tri.

Et est-ce que le mot « liberté » te convient, pour décrire celle que tu es aujourd’hui ?

Je pense qu’il me définit tout simplement, dans l’amour comme dans le travail. Je pense que la meilleure façon de m’aimer est de me laisser libre. C’est une notion subjective pour chacun, mais une fois qu’on la comprend chez moi, tout devient plus facile.

Le cinéma ou le théâtre, c’est en moi depuis longtemps.

Autre nouvelle corde à ton arc cette année, c’est ton rôle d’animatrice dans « Nouvelle Star ». 2017 restera comme l’année du changement pour toi…

L’année du changement, je ne sais pas. (Sourire) Comme pour l’écriture, ma participation dans « Nouvelle Star » relève un peu du hasard. On m’a fait cette proposition et j’ai été à la fois flattée et intriguée. C’est un challenge, parce que je fais de la musique et parce que j’accompagne déjà plein d’artistes. J’ai de l’expérience et j’essaie de leur en faire profiter aussi. Là, je vais en accompagner d’autres et différemment. J’aime me lancer des défis.

Dans cette perspective de défis, y-a-t-il d’autres projets qui sont en réflexion ? Je pense au cinéma par exemple.

C’est une chose à laquelle je pense depuis pas mal d’années déjà. Il y a des envies qui m’habitent et auxquelles on commence à croire de plus en plus, qui mûrissent avec les années. Je n’aurais jamais cru un jour présenter « Nouvelle Star ». Alors que le cinéma ou le théâtre, c’est en moi depuis longtemps. J’aimerais beaucoup jouer un autre personnage. Ce n’est pas encore assez concret pour en parler, mais ce n’est pas loin.

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