Silvàn Areg en interview : « Quand j’écris une chanson, je le fais avec mes tripes… »

Fort de sa participation à ‘Destination Eurovision’, Sylvain Hagopian prépare actuellement son premier album sous le nom de Silvàn Areg. aficia l’a rencontré pour parler rap, écriture pour les autres et expériences de vie… Confidences !

Sylvain Hagopian est rentré dans la lumière sous le nom de Silvàn Areg lors de l’émission ‘Destination Eurovision’. Il a tenté sa chance avec la chanson « Allez leur dire » qui lui a valu un très beau classement de la part des jurés internationaux.

Alors que pour beaucoup il a été une révélation, pour les amateurs de rap ils ont retrouvé celui qui officie sous le nom de Casus Belli depuis le milieu des années 90. aficia est parti à la rencontre de cet artiste qui se cache derrière la succès de Claudio Capéo : « Un homme debout »…

Silvàn Areg !

Avant de te connaître sous le nom de Silvàn Areg, nous te connaission sous celui de Casus Belli… Peux-tu te présenter à travers ton parcours musical déjà bien entamé ?

J’aime bien dire que Silvàn Areg est un artiste saltimbanque, un peu multi-carte. Un peu comme un cuisinier qui sait faire plusieurs plats. J’ai appris à faire du rap et j’ai fait du rap pendant 15 ans, de 1996 à 2009. Après, j’ai eu une petite période de pause artistique durant laquelle j’ai eu besoin de souffler et faire autre chose.

Je suis revenu en 2016 en tant qu’auteur-parolier notamment pour Claudio Capéo avec le titre « Un homme debout ». Cette nouvelle expérience m’a ouvert des nouvelles portes artistiques, le champ des possibles et m’a amené à créer et écrire de nouvelles chansons dans un autre format que celui du rap. On peut dire que c’est de la variété mais c’est un mélange de plein d’influences.

Cette évolution entre Casus Belli et ce nouveau personnage a-t-elle été nécessaire pour toi ?

C’est une évolution salutaire pour moi. J’avais l’impression d’avoir fait le tour du rap et je n’avais plus de réelle motivation en matière de création artistique. Le fait d’avoir changé, de m’être décalé d’un pas sur le côté et d’être allé dans une autre direction, ça m’a redonné envie d’écrire et de chanter. La rivière du rap était bien asséchée, j’ai changé et l’eau est revenue.

Tu en as parlé un peu plus tôt… Tu écris aussi pour les autres comme Claudio Capéo ou encore Doutson qui était aussi en compétition dans ‘Destination Eurovision’. Est-ce le même travail d’écrire pour soi et pour les autres ?

Je n’ai pas vraiment de recette et quand j’écris une chanson, je le fais avec mes tripes. Toutes les chansons que j’écris, elles pourraient être pour moi car quand tu écris, tu es obligé d’y mettre une part de toi et de te servir de tes émotions. Les chansons qui vont être chantées par d’autres, je les ressens aussi et effectivement, je pourrais aussi les interpréter.

Je ne me mets pas dans la peau de quelqu’un d’autre pour écrire. J’essaie vraiment de faire au feeling. Je n’ai pas de recette et j’essaie de laisser la création venir. Je ne me mets pas d’idée en tête et je me mets en relation avec le cœur quand j’écris. Si ça vient, c’est bien. Si ça ne vient pas, c’est que ce n’est pas forcément le bon moment.

Il y a quelques mois, tu as décidé de participer à ‘Destination Eurovision’. Peux-tu nous parler de cette aventure grâce à laquelle tu as pu toucher un public plus large…

C’est une expérience qui m’est tombée sur la tête ! (Rires) La chanson « Aller leur dire » existait déjà et était prévue pour quelqu’un d’autre. Quand nous l’avons écrite, en octobre-novembre derniers, Silvàn Areg n’existait pas encore. Elle est tombée dans les oreilles de Sylvain Baudier qui faisait partie des personnes en charge du casting de ‘Destination Eurovision’. Il m’a contacté quand la chanson avait déjà passé quelques étapes des pré-sélections en me disant qu’il y avait de grandes chances qu’elle fasse partie des titres retenus. Il m’a demandé si ça me plairait de participer à l’aventure.

Au début, je me suis dis que ce genre de concours n’était pas pour moi et puis j’ai réalisé que ça pouvait être une bonne opportunité car ils mettent bien en avant les artistes et les chansons. C’était aussi l’occasion de faire face à mes peurs, de me jeter dans le vide, d’oser chanter des titres qui sont plus ouverts, avec plus d’émotions… Quitte à sauter dans le vide, autant changer de nom pour ne pas induire le public en erreur. Ceux qui veulent du Casus Belli vont aller le faire et peuvent aussi aller découvrir ce que je fais ailleurs. Le fond reste le même, c’est seulement la forme qui change un peu.

Que représente l’Eurovision pour toi ?

Ça représentait quelque chose d’assez vague pour moi. Je regardais quand j’étais petit. Participer à ‘Destination Eurovision’ m’a permis de découvrir un monde parallèle avec énormément de fans qui sont à fond dedans. Nous avons eu des retours du monde entier. C’est vraiment suivi par l’Europe entière. Tous les pays francophones regardent aussi. J’ai reçu des messages de Russie, d’Espagne, du Canada…

J’ai été assez scotché par l’impact que cet événement a sur le public. Je suis très content d’avoir pu participer à cette émission. Il y avait de très bonnes conditions, des équipes au top, les chansons étaient vraiment bien mises en valeur… Nous avions l’impression de jouer la Coupe du Monde ! (Rires) Que du positif !

Et le titre « Allez leur dire », quelle est son histoire ?

« Allez leur dire » c’est une histoire qui peut résonner à l’échelle de la France comme à l’échelle mondiale. Ça me fait penser à ‘La guerre des boutons’… C’est l’histoire de l’Homme, de l’Humanité. Nous sommes dans un endroit et nous avons envie d’aller voir ailleurs, de changer d’air…

Parfois, il faut partir de chez soi pour savoir que c’est chez soi que nous sommes le mieux. Ça reprend ce que nous avons au fond de nos tripes. Rendre fiers ses proches, sa famille et aller au bout de ses rêves, de ses ambitions.

Peux-tu nous en expliquer le sens et surtout la présence de cette valise que tu traînes et qui est plus ou moins grande selon les moments que nous voyons dans le clip ?

Cette grosse valise qui est beaucoup trop lourde à porter, c’est un condensé de tout ce que nous avons pu vivre dans nos existences. Les épreuves, les bons comme les mauvais moments. Nous nous servons de tout ça, que ce soit l’amour ou la haine, pour le transformer en force. C’est ce qui nous pousse à aller de l’avant et qui nous permet de nous dépasser, d’aller plus loin.

Il y a aussi toutes les rencontres que nous faisons et qui nous font aussi avancer. Si nous sommes seuls, chacun dans son coin, nous ne faisons rien. Il y a toutes les personnes qui gravitent autour de notre carrière qui sont dans cette valise. Nous traînons nos gros bagages mais sans eux nous ne pourrions pas avancer.

Découvrez le clip « Allez leur dire » de Silvàn Areg :

Quels sont tes projets pour la suite ?

Nous travaillons d’arrache-pied sur l’album. Il est terminé ! Nous avons fini les étapes du mixage, nous travaillons actuellement sur le mastering et la pochette. Nous espérons le sortir avant ou après l’été. Nous allons voir selon la vie que va avoir le single « Aller leur dire ». En tout cas, nous sommes prêts à le sortir avant. Nous le sortir dans les 2-4 mois à venir.

À quoi va-t-on pouvoir s’attendre pour ce premier album avec cette nouvelle identité musicale ?

Ça va être un mélange de plein d’influences différentes. Des chansons un peur engagées, il y a toujours un aspect social dans mes chansons. Ça part un peu dans tous les sens ! Nous allons être à un carrefour entre des choses que j’aime et qui me tiennent à cœur. En tout cas, c’est un album positif qui doit nous mettre de bonne humeur lorsque nous l’écoutons. Le but, c’est de l’écouter et d’avoir le sourire !

Silvàn Areg - Exclusive PlayList


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