MAIN-LARGE

Nous y étions : le festival Hypnotize, « a dream » devenu réalité

 Ce vendredi 13 juin se déroulait la première partie du festival Hypnotize consacré à la culture urbaine. Un évènement qui rassemble tous les fans de rap et plus encore. Plongez à l’intérieur des lieux avec aficia. 

« It was all a dream ». Tout part d’un rêve disait la légende du rap The Notorious B.I.G. Ce vendredi 13 juin, l’interprète d' »Hypnotize » a eu raison. Le rêve est devenu réalité. Le festival 100% culture urbaine a tenu ses promesses. Des artistes aux rendez-vous, un public bouillant qui n’a (presque pas) senti les 35 degrés qui planaient sur le Grand Parc Miribel Jonage de Lyon. Concerts, battles de rap, battles de danse, foods trucks. Même les salons de tatouages et de coiffures se sont déplacés pour offrir aux spectateurs une expérience nouvelle, une expérience hypnotisante. Retour sur les performances du jour, qui ont réchauffé une atmosphère déjà caniculaire.  

Leto, Mozart Capitaine J’actionne 

A 19 h, la Notorious Arena semblait somnolente, sûrement fatiguée par une longue journée, de travail ou d’impatience. Une ambiance qui ne plaît pas au rappeur parisien, alors Leto prend les manettes. « 17% », « Paris c’est magique » et « Train de vie ». Ce triptyque grandiose, agit comme une fine mise en bouche pour un public qui commence à entrer dans la danse. Les titres s’enchainent, oscillant entre la douceur et les émotions d’« A&H » et « Mélodie » et la fureur de « Mozart Capitaine Jackson (épisode 1) » et surtout de « Tes parents ». Le beat et les paroles entrainantes du tube sorti en 2019 réveillent tout un Parc de Miribel qui n’attendait que ça.  

L’atmosphère se réchauffe encore, oui même avec 35 degrés, c’est possible. Les spectateurs sont prêts pour le show Leto. L’artiste enflamme littéralement la scène grâce aux outils pyrotechniques, sous les yeux d’un public plus bouillant que jamais. Mais le rappeur le sait, il y a un titre qui va tout faire basculer, du calme à la tempête. C’est le moment. Leto enlève son tee-shirt, il annonce la couleur : « on va foutre le bordel ce soir ». La mélodie de guitare se lance, oui, c’est l’heure de « Macaroni ». Le public est à l’image d’un volcan, qui entre en éruption lorsque le « Double Binks » du changement d’instru secoue la scène. Leto a réussi son hypnose, le public est déchainé, une vague d’enthousiasme s’est abattue. L’ancien membre de PSO Thug a rempli sa mission, la foule est conquise.  

Jok’Air, The Greatest Showman c’est bien lui 

P.T Barnum n’a qu’à bien se tenir. On l’attendait comme le messie, il repart presque divinisé. 20 h 45. Quinze minutes avant le début du concert, des « Jok’Air, on t’aime » traversent déjà la foule, comme un préambule au concert. Vêtu d’un blouson en cuir, rappelant les bikers américains, l’ancien membre de la MZ est comme envoûté lorsqu’il entre sur scène. Il saute, il danse, il rappe. Qu’est ce qui est impossible pour Jok’air ? Rien. A part peut-être décevoir son public, féminin en majorité. Les pancartes qui lui sont destinées affluent, « Je quitte mon mec pour toi » peut-on apercevoir sur l’une d’entre elles.  

Un show en communion avec le public

Plus qu’un simple concert, c’est un show auquel nous assistons. Pour chaque titre, un thème différent est diffusé sur le grand écran, passant des flammes de l’enfer, au cœur d’une eglise. En gentleman, il invite même deux fans à monter sur scène avec lui pour partager deux titres. Dommage qu’au lieu de profiter de l’instant, ils aient immédiatement sorti leurs téléphones. Ce lien fusionnel avec ses fans atteint son paroxysme sur « Bonbon à la menthe ». Le rappeur ne chante plus. En effet, le public est le meilleur des traducteurs. Les classiques étaient de sortie, du sensuel « Lune de Fiel » au sentimental « elles ont trop joué avec mon cœur ». 

Après un bain de foule, très apprécié, remonte sur scène pour un ultime titre. Son plus gros tube « Las Vegas », réclamé depuis une demi-heure. L’Hypnotize festival est en folie, pas une seule personne ne se tait. En bon Monsieur Loyal, Jok’air prend (beaucoup trop) le temps de remercier tous ceux qui l’accompagnent. Il en profite pour délivrer un message d’engagement, « la musique c’est fait pour défendre les causes », déclare-t-il à la vue d’un drapeau palestinien. Avant de finir sur une note Jok’airesque: « Vive la musique et le sexe ». 

Booba, l’éternel Duc de Boulogne 

Un outfit tout en noir, une casquette. Si l’on n’a pas pu en voir beaucoup de son visage, l’héritage que va laisser Booba sur le rap n’est plus à contester. Aucun grand geste, comme fixé à la scène, le charisme du duc séduit toujours. Accompagné de son équipe d’une quinzaine de personnes, le rappeur parisien a une fois de plus montré que “la piraterie n’est jamais finie”, même à l’Hypnotize festival.

Dès son entrée, le public a compris, le boss c’est lui. Des lumières bleues et blanches traversent la scène, de la même manière que l’autoproclamé Duc traverse les âges. La foule s’agite, elle s’impatiente. Puis, un vrombissement. Et “Attila”. Un couplet unique où les punchlines s’enchainent, demandez à Kaaris.  

Le public retiendra ses plus grands classiques de “Scarface” à “Madrina” en passant par “Validée”. Mais c’est le titre “Kalash” en featuring avec Kaaris, dont on n’entendra bien sûr pas le couplet, qui a été plébiscité par les spectateurs, donnant lieu à un mouvement de foule. Booba clôture cette première journée de festival par la meilleure des manières, avec un “69 la trick”, véritable slogan pour les lyonnais. De quoi (presque) faire oublier le maillot du PSG porté par l’un des membres de son équipe. 

Meryl, la musique dans la peau   

La reine du shatta c’est elle. Avec ses titres entrainants, Meryl a littéralement essoufflé son public. Presque impossible pour nous de prendre des photos tant l’artiste était en continuel mouvement sur la scène de la Suprême Arena. C’est le cas de le dire, le public était hypnotisé par sa performance. Une prestation au rythme effrénné qui a sans aucun doute contribué à réchauffer l’Hypnotize festival, à la tombée de la nuit. Débordante d’énergie, Meryl a su conquérir les spectateurs avec son répertoire dansant. Oui, c’est elle la reine du dancefloor. 

Adés the Planet nous fait quitter la Terre ferme 

Il faudra compter sur elle dans les années à venir. La planète Adés ne tourne autour de personne. Un style presque inqualifiable de nos jours, tellement la rappeuse oscille entre douce musique intimiste et rap mélodique et entrainant. Sur la scène de l’Hypnotize, Adés the Planet casse encore une fois les codes. Au début, pas de DJ. Un seul guitariste l’accompagne… et son public qui réunit amateurs de découvertes et fans de la première heure. Bref, on reprendrait bien encore de ses envolées lyriques. 

© Romain Balme

EDGE, celui qui navigue entre rap et autotune 

Amenant la percussion du rap dans ses couplets, et la mélodie du chant, couplée avec de l’autotune dans les refrains, EDGE a fait vibrer la Suprême Arena. Un public plus restreint, mais qu’on peut qualifier de plus fidèle. Autour de nous, aucune lèvre n’était immobile et chaque spectateur connaissait sur le bout des doigts “Ohlavie” ou encore “Compliqué”. Un public qu’il a tenu à remercier : “faites un maximum de bruit pour vous” s’est-il exclamé.

Artel, le jeune rookie fait des étincelles 

Il est à domicile ! Originaire de Lyon, le jeune rappeur signe sa première prestation en festival. Véritable promesse de la scène rap, Artel brise les codes en franchissant les barrières des styles. Un premier festival dont il fait l’ouverture, sur la scène de la Notorious Arena. Des fans regroupés tout autour de lui, un show puissant, pas de doutes c’est LA pépite lyonnaise à suivre en ce moment. S’il n’a que 62.000 auditeurs mensuels sur Spotify, l’intérêt du public envers sa performance devrait rapidement faire grandir ce chiffre.  

Des concerts… et plus encore

Les concerts, c’est une chose, mais la culture urbaine ne se limite pas uniquement à cela. En effet, désireux de promouvoir la culture urbaine dans son intégralité, le Festival Hypnotize a également mis en place des battles de rap et de danse sur un véritable ring. Anime par l’humoriste Rman, ces confrontations sont des moments de convivialité et de contacts entre les festivaliers et les artistes.

En ce qui concerne les battles de rap, deux concurrents se clashent en trois rounds thématiques. Le premier, à l’aide de trois mots choisis par le public qu’ils doivent incorporer à leur texte. Le deuxième, à partir d’une image projetée sur la scène. Enfin, c’est un passe-passe qui attend les deux rappeurs. 4 mesures chacun pendant 2 min, l’exercice est difficile.

Ensuite, les battles de danse opposent 4 danseurs qui vont tour à tour s’affronter pour désigner un vainqueur. Le principe est similaire que pour le rap, uniquement de l’improvisation sur une musique aléatoire. Notamment des remixs de tubes de rap comme Drill FR 4 de Gazo et Freeze Corleone.

En résumé, Hypnotize, c’est une plongée au cœur de la culture urbaine. Une immersion totale au plus près des artistes, qui réunit les plus grands aficionados du rap. Une véritable occasion de découvrir des artistes encore sous-médiatisés, à l’heure du streaming où les poids lourds font de l’ombre aux nouveaux venus.
Le festival s’est poursuivi ce samedi 14 juin, avec en tête d’affiche Vald, Kalash ou encore Dadju.