MPL- Anne Laure Etienne
(c) Anne Laure Etienne

MPL en interview sans filtre : “Si demain on passait à la radio, ça changerait beaucoup de choses !”


Il s’apprête à annoncer la sortie du nouvel album. À cette occasion, le groupe MPL s’est confié sans détours, au cours d’une interview sans filtre sur aficia.

MPL, la bande de copains devenue phénomène pop live, revient avec “Sans avion” un duo poétique avec Clou qui imagine des aéroports figés comme des musées, entre mélancolie et émerveillement. Troisième extrait d’un nouvel album attendu début 2026, ce titre prolonge l’invitation au voyage depuis la terre, tandis que le groupe, fort de plus de 80 millions de streams, d’une tournée de 38 dates dont deux Cigale sold-out et de performances audacieuses (jusqu’à un concert en montgolfière), s’apprête à reprendre la route avec une nouvelle tournée déjà couronnée par un Olympia complet le 1er avril 2026.

C’est Arthur qui s’est prêté au jeu de l’interview (enregistrée fin juillet 2025) alors qu’il était en pleine tournée des festivals cet été… Place à l’interview !

MPL, l’interview sans filtre

Comment vas-tu Arthur sachant que vous êtes en pleine tournée ?

Ça va très bien ! C’est la troisième année de cette tournée, mais 2023 est différente : on ne fait que des festivals. Le rythme change complètement, parce qu’on n’a pas la main ni sur l’agenda, ni sur les lieux. Du coup, on se retrouve parfois à faire des trajets un peu absurdes. Mais l’énergie des festivals est très agréable : on joue une heure, contre une heure quarante-cinq en salle d’habitude, et c’est un format qui marche super bien. On est plus concentrés et ça colle parfaitement à ce genre de contexte où les gens ne viennent pas uniquement pour nous.

Vous partez en vacances après ces quelques dates estivales ?

Oui, et on est contents ! On reprend en septembre pour la suite des festivals. Les vacances tombent bien, parce qu’on vient de terminer l’enregistrement de l’album. Il est parti au mixage, mais derrière il reste énormément de travail : graphisme, stratégie de communication, choix de la date de sortie, scénographie de la prochaine tournée… Comme on est en label indépendant, on gère tout nous-mêmes, même si on est entourés de pros. C’est une grande autonomie, mais aussi une charge énorme.

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(c) Anne Laure Etienne
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(c) Anne Laure Etienne

Qu’est-ce que vous apporte une tournée de festivals par rapport à vos propres concerts ?

L’avantage principal, c’est la découverte. Si tu annonces “concert de MPL” dans une salle, seuls ceux qui nous connaissent viennent. Mais en festival, des gens qui n’ont jamais entendu parler de nous tombent sur notre concert. Beaucoup nous disent ensuite : « Je vous ai découverts à tel festival ». C’est inestimable.

Il y a aussi la rencontre avec d’autres groupes. Même si ce sont des échanges rapides, c’est toujours agréable de croiser des artistes qu’on suit, ou de retrouver les mêmes sur plusieurs dates. Et puis, on est souvent très bien accueillis : bénévoles adorables, bonne organisation, bonne bouffe… C’est un plaisir.

L’inconvénient, c’est le stress lié au timing. Parfois, on n’a pas le temps de faire de balances, juste un line check avant de jouer. C’est frustrant mais au final, ce n’est pas ce qu’on retient : on garde surtout l’énergie positive.

Vous avez une belle réputation sur scène, mais le grand public ne vous connaît pas encore vraiment. Pourquoi, selon vous ?

Parce qu’on ne passe pas en radio, et qu’on n’a jamais eu ce “coup de projecteur” qui te propulse d’un coup. Notre progression est très linéaire, sans gros décollage mais sans chute non plus. Si demain un de nos morceaux passe vingt fois par jour à la radio, ça changerait beaucoup de choses.

On a aussi démarré un peu “par hasard”. Au début, ce n’était pas un projet professionnel. J’avais même un rôle particulier, presque théâtral, qui rendait le groupe difficile à cerner. Ça a mis du temps à trouver sa place. Et comme on n’a pas une énorme force de frappe financière, on avance par nos propres moyens. Mais ça nous a permis de durer. Si on avait signé chez un gros label il y a dix ans, je pense qu’on n’existerait peut-être plus aujourd’hui.

D’après toi, est-ce qu’il y a de la place pour un groupe comme MPL dans le paysage français actuel ?

Oui, je le crois. Les Français écoutent beaucoup de musique francophone, et ce qu’on fait n’est pas si niche que ça. C’est populaire au bon sens du terme. Et notre fanbase est très fidèle. Quand on annonce une date dans une grande ville, ça se remplit vite.

On a été surpris dès le premier album de voir des gens totalement inconnus de nos cercles venir nous voir. Depuis, ça n’a cessé de grandir. Par exemple, pour notre dernier clip, on a lancé un appel à vidéos en pensant recevoir une centaine de réponses. On en a eu près de 400 ! C’est fou, et c’est une preuve de l’engagement de notre public.

Découvrez le clip dont il parle :

Qu’est-ce qu’il vous manque aujourd’hui pour franchir une nouvelle étape ?

Un “tube”, clairement. On espère l’avoir sur le prochain album. On vient de rejoindre le label de distribution [PIAS], qui va nous aider à toucher la presse, les radios et la télé. Parce que si nous-mêmes contactons une radio, on finit en bas de la pile. Leur rôle, c’est de porter notre musique directement aux bonnes personnes. Après, il faut que ça plaise, bien sûr. Mais au moins, on aura cette oreille qui nous manquait.

Un programmateur m’avait dit un jour : “Votre étape à vous, c’est d’avoir un morceau que tout le monde a entendu, même si les gens ne savent pas qui vous êtes”. C’est exactement ça.

Parlez-nous de ce nouvel album justement. A quoi doit-on s’attendre ?

Il sortira fin janvier, après quatre singles prévus en amont. Ce sera un double album de seize titres, deux fois plus que Bonhomme. On voulait proposer quelque chose de plus riche, pas juste un petit format.

Je suis très fier de ce disque. On a réussi à explorer de nouveaux terrains, différents de Bonhomme ou L’étoile. L’album est varié, peut-être plus émouvant aussi. En le construisant, on a vu émerger un fil rouge autour de la douceur, du soin, de la consolation. Ce n’était pas une volonté de départ, mais une évidence au moment de choisir les morceaux.

Les réseaux sociaux prennent un temps fou. On passe parfois plus de temps à communiquer qu’à faire de la musique

– MPL pour aficia.

Cherchez-vous à écrire des titres “faits pour la radio” ?

Honnêtement, non. On s’est souvent trompés en se disant “Ce morceau passera en radio”. Ce n’est pas nous qui pouvons en juger. On pense davantage au live. Certains morceaux sont injouables sur scène, trop complexes. D’autres, au contraire, ont été pensés pour “claquer” en concert. Aujourd’hui, c’est surtout ça qui nous guide.

Découvrez le nouveau clip de MPL avec Clou :

Quel rôle joue le merchandising pour MPL ? J’ai l’impression que ça marche pas mal pour vous ?

Il est essentiel. Tout l’argent du merch repart directement dans notre label et nous permet de financer les prochains albums, les clips, etc. Sans ça, il faudrait trouver d’autres financements.

C’est aussi un marqueur de communauté. Voir des gens porter nos t-shirts en concert, ou même dans la rue, ça crée du lien. Contrairement à un t-shirt des Ramones acheté chez H&M, si tu portes celui de MPL, c’est que tu écoutes vraiment notre musique. C’est un signe de ralliement très fort.

Aujourd’hui, quelle est la plus grande difficulté pour un artiste indépendant ?

La communication. Les outils de création n’ont jamais été aussi accessibles : tu peux faire de la musique chez toi, la mettre sur les plateformes en deux clics… Mais exister, se démarquer, c’est autre chose.

Les réseaux sociaux prennent un temps fou. On passe parfois plus de temps à communiquer qu’à faire de la musique. Poster une vidéo sur TikTok peut nous prendre des heures pour un résultat très limité. C’est frustrant. On aimerait avoir une personne dans l’équipe qui gère ça à fond, parce que ce n’est pas notre génération. Mais on sait aussi que ça fait partie du jeu.

Quels artistes émergents aimeriez-vous mettre en avant ?

Je citerais Oscar les Vacances, avec qui on a partagé des plateaux, et qui a toujours eu un très bon retour du public. Et puis Melba, une artiste qu’on connaît depuis longtemps et dont on a produit le premier EP avec notre label. Elle a une belle énergie, entre pop et variété, et ça marche vraiment bien.