Alex Beaupain
@victor_pblc

L’Hyper Weekend Festival fait vibrer la Maison Ronde

Impulsée par Radio France, la première édition de l’Hyper Weekend Festival se tenait les 21, 22 et 23 janvier à la Maison de la Radio et de la Musique. Récap de la soirée de clôture !

Radio France, écrin de la création

La Maison de la Radio et de la Musique a ouvert ses portes le weekend du 21 au 23 janvier 2022 à l’occasion de la 1ère édition de l’Hyper Weekend Festival. Une preuve supplémentaire, si tant est qu’il en fallait une, du dévouement et de l’implication de l’institution dans la mise en valeur des créations originales et des artistes de tous horizons musicaux. L’éclectisme est bien le maître-mot de ce nouveau rendez-vous musical. De Clara Luciani à Jean-Michel Jarre parmi les têtes d’affiche à de nombreux talents émergents , nombreux sont les artistes qui se sont succédés dans ce lieu mythique.

Ainsi, c’est dans de très bonnes dispositions que nous gagnons ce dimanche 23 septembre le Studio 104, à la rencontre de la révélation belge Pierre de Maere. En guide d’introduction, Didier Varrod, Directeur musical des antennes de Radio France, souligne le travail des équipes et la présence chaleureuse du public, ingrédient indispensable à l’expression du spectacle vivant. L’émotion est palpable, exacerbée par l’évocation des difficultés organisationnelles surmontées dans le contexte actuel incertain. L’illustration de la pugnacité de l’institution pour faire vivre la culture.

Pierre de Maere et Franky Gogo : la rencontre des genres

Encouragé par une salve d’applaudissements, Pierre de Maere gagne la scène vêtu d’un costume noir chic, reconnaissant être impressionné par l’élégance des lieux. Accompagné d’une claviériste et d’une batteuse, l’artiste a livré une prestation pêchue. Il a interprété les cinq pistes extraites de son premier EP baptisé Un jour, je disponible à l’écoute depuis le 21 janvier. Pour une première scène et de surcroît en ouverture de soirée, le jeune homme occupe malicieusement l’espace et ne manque pas d’interagir avec humour avec le public, notamment lorsqu’il demande de ne pas filmer son interprétation live de « Regrets« , une piste aux allures de tube mais qu’il reconnaît être plus difficile à chanter.

Après les enthousiasmants « Lolita » et « J’aime, J’aime », Pierre de Maere a proposé l’inédit « Jours – 3 » qui s’inscrit dans le sillage de ses productions oscillant entre pop et électro. Résolument dans l’air du temps, l’artiste donne à voir un univers musical détonnant, délicieusement enrobé d’une palette vocale pleine de promesses. Pierre de Maere partira une nouvelle fois à la rencontre de son public parisien le 13 mai prochain, à la Cigale.

Il s’en est suivi une formation pour le moins surprenante autour de l’électrique Franky Gogo. L’artiste tord les sons pour servir des hymnes techno-punk tantôt cinglants tantôt déstabilisants mais c’est bien là l’âme et la force de Franky Gogo. S’affranchissant des codes et des étiquettes, l’artiste a offert plus d’une demi-heure d’un tour de chant psychédélique. La scène a pris des allures de dancefloor grâce à des instruments synthétiques et frénétiques qui portent une voix à la fois forte et fragile, fondue dans un écho. Il est certain que nous entendrons parler de Franky Gogo qui se dévoile à travers Fast and Too Much, un premier EP enrichi de quatre titres.

Un concert sans fioritures

Notre soirée musicale s’achève en apothéose au sein du prestigieux auditorium de la Maison de la Radio et de la Musique au son de l’orchestre à cordes Code qui accompagne et sublime divinement la voix suave d’Alex Beaupain. Auteur et compositeur accompli, l’artiste a levé le voile en fin d’année dernière sur une réinterprétation du sulfureux et provoquant Love On The Beat de Serge Gainsbourg. Un pari osé mais concluant à l’allure cinématographique. Alex Beaupain parvient à s’approprier l’univers si singulier de Gainsbourg et à rendre un vibrant hommage à ses textes.

En effet, loin de livrer un énième disque de reprises bancale, Alex Beaupain a clôturé l’Hyper Weekend Festival avec un concert aux arrangements léchés pour un moment suspendu pensé en deux actes. À la suite de l’interprétation de Love On The Beat, Alex Beaupain prend place au piano, accompagné de sa violoncelliste et arrangeuse Valentine Duteil et d’un guitariste pour jouer des classiques composés par Gainsbourg pour de célèbres actrices, à l’instar de « Pull Marine » interprété par Isabelle Adjani. Une célébration plurielle puisque Alex Beaupain a réservé des surprises en invitant Miossec, Alain Chamfort, Françoise Fabian, Clotilde Hesme, Clou et Adrien Gallo à partager des duos convaincants.

En conclusion…

Pendant la crise sanitaire, Radio France a maintenu l’ensemble de ses activités. L’annulation du festival était ainsi inenvisageable, malgré les restrictions appliquées au spectacle vivant. Avec l’Hyper Weekend Festival, Radio France confirme son expertise dans la sélection d’une programmation ambitieuse et variée, faisant la part belle aux auteurs et compositeurs mais aussi aux savoir-faire de la Maison Ronde.

Est-ce que le rendez-vous sera pérennisé dans le futur ? C’est bien tout ce que nous souhaitons à Radio France et surtout pour le public désireux de découvrir de nouvelles influences musicales et de profiter de créations inédites. Misant sur des scénographies minimalistes, les prestations ont misé sur l’authenticité et le partage en faveur d’une expérience concluante. Ce weekend de janvier, ils étaient plus de 6500 à vibrer.