Rencontre avec Niall Horan, icône pop dans le feu de l’actualité avec l’annonce de sa nouvelle tournée, d’un quatrième album, mais aussi la sortie de son nouveau single : “Dinner Party”.

On se souvient tous d’où l’on était lorsque Niall Horan, l’irlandais de One Direction, annonçait la sortie de son premier single solo après six ans à parcourir le monde avec le groupe phénomène. Déjà à l’époque, les attentes étaient très hautes. Et “This Town”, qui signait un virage sonore en comparaison avec ce que le boysband britannique pouvait proposer, n’a pas déçu. Moins teen pop, plus folk et très concentré sur le texte, ce titre annonçait la couleur pour la suite. Alors qu’Harry Styles a choisi la voie du glam rock et que Zayn a préféré expérimenter avec le R&B, Horan a choisi de s’éloigner du star system pour construire un son entre pop, folk et rock intimiste qui lui a permis de gagner le respect de toute une industrie. Trois albums, 9 milliards de streams et 6 millions d’albums écoulés plus tard, Niall Horan est de retour avec la promesse d’un son encore plus affirmé et pointu.
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Lorsque je rencontre Niall Horan, il n’a pas encore sorti “Dinner Party” – mais après plus d’un an d’absence, il meurt d’envie de lire les retours de ses fans. Dix ans après One Direction, j’ai en face de moi un artiste épanoui, complet et mature, à des années lumières d’une star de teen pop en quête de soi. Et lorsque je lui demande ce qui différencie le Niall qui faisait ses preuves à la fin de One Direction en 2017 et la personne que j’ai en face de moi aujourd’hui, il blague au premier abord : “J’ai plus de poches sous les yeux. Mais non, en vrai mon premier album était super, mais il y a une évolution naturelle et inconsciente qui s’effectue car tu affûtes ta plume, tu apprends à jouer de nouveaux instruments, et tu découvres de plus en plus ton son. J’ai beaucoup travaillé, j’ai écrit une chanson ou deux par semaine. J’ai rencontré des compositeurs super talentueux, du genre qui écrivent cent chansons par semaine, et ils m’ont donné plein de tuyaux pour être le plus sincère possible dans mes écrits. Je peux déjà affirmer que ce nouvel album qui arrive représente l’idée la plus aboutie de ce que je suis. C’est clairement mon meilleur travail. Je ne sais pas s’il y aura des hits, mais c’est mon projet le plus cohérent. Les douze chansons qui le composent appartiennent au même univers. J’ai enfin trouvé ce qui me définit, mais cela ne m’a pas empêché d’expérimenter un peu à la fois”.
Ce son intimiste et profond qu’il a construit au fil des ans n’en demeure pas moins de la pop, et Niall le reconnaît. D’ailleurs, il vient d’annoncer la sortie de son quatrième album solo pour le 5 juin prochain. Intitulé Dinner Party, ce nouveau projet est illustré par une magnifique cover le dépeignant dans un set up de maison de campagne cottagecore, ornée de vaisselle en porcelaine et de meubles en bois – le genre d’atmosphère paisible qui me vient à l’esprit dès que j’écoute sa musique. Même pour les plus citadins d’entre nous, la musique folk a le pouvoir de transporter l’auditeur, de le relaxer et de lui faire oublier. Et, parce qu’un visuel doit être en accord avec le contenu sonore d’un album, cette pochette esthétique annonce un album plus expérimental que jamais pour Niall : “Sur ce nouveau projet, ce sera toujours de la pop, mais plus indie je pense. Il y a pas mal de folk sur toute une partie du projet, aussi, et ce sera plus acoustique” confie celui qui a sorti, vendredi dernier, le lead single du même nom. Et même s’il a accepté l’idée que cette ère ne connaîtra pas forcément son lot de tubes, il pourra compter sur ses nombreux fans pour en faire un album culte.
Produit par ses fidèles collaborateurs John Ryan et Jamie Scott (présent depuis les années One Direction), le single “Dinner Party” retrace la soirée lors de laquelle Niall fait la rencontre de celle qui, aujourd’hui, partage sa vie : Amelia Woolley. Des chansons lui avaient déjà été dédiées dans son précédent album – The Show -, d’autres lui seront dédiées dans son nouvel album à paraître, mais ce titre est particulier pour son interprète : “C’est drôle car, ce dîner s’est déroulé à Londres, mais il y a quelque chose de très français dans l’atmosphère de dinner party. Lorsque je la chante, je m’imagine vivre dans un appartement parisien, avec vue sur la Seine, ambiance très romantique et tout… Même si je me souviens très bien de ce qu’il s’est passé lors de ce dîner, c’est très français dans ma tête”. Ses fans français apprécieront !
Et pour prolonger l’expérience, des admirateurs ont pu écouter “Dinner Party” en avant-première avec vue sur la Tour Eiffel grâce à une opération organisée par Polydor France. Rien qu’une table, un tourne-disque ainsi que des casques attendaient les fans les plus motivés il y a deux semaines pour une expérience unique (et super romantique). Et, quelques jours auparavant, c’est Niall lui-même qui a fait preuve de générosité en prenant en charge les frais des clients de plusieurs bars et brasseries américaines, tout en leur laissant un petit mot de remerciements. Une façon d’officialiser son retour, comme un vrai gentleman.
Pour la conception de ce morceau, Niall a fait appel à John Ryan ainsi qu’à Jamie Scott, qui ont tous deux contribué à écrire plusieurs titres des One Direction à l’époque – ainsi que d’autres tubes pour des stars de la britpop comme Olly Murs et Ed Sheeran. Mais en dépit de leur CV à en faire envier plus d’un, le processus était tout sauf machinal : “Avec John et le duo AFTERHRS, nous avons loué une maison en dehors de Londres. On y a organisé un mini-séminaire d’une semaine” explique celui qui semble préserver son cercle de collaborateurs fidèles depuis le tout début (là où ses anciens collègues de One Direction préfèrent expérimenter et voir du monde). “Il est très important, pour moi, de bien connaître ceux avec qui je collabore. Ça m’est déjà arrivé de laisser de nouvelles personnes pénétrer ce cocon, car on me les a recommandées, mais je me suis vite rendu compte qu’elles n’apportaient rien de plus que ceux avec qui je collaborais déjà. En fait, j’ai besoin d’avoir cette atmosphère d’amusement, je ne veux pas qu’on ait l’impression de travailler”.
Mais rassurez-vous, travailler avec les mêmes personnes ne signifie pas que la musique de Niall tourne en rond, bien au contraire : “Je suis meilleur ami avec ces gens, on se voit en dehors du studio. Ils me connaissent bien, et c’est important car c’est ça qui leur permet de me pousser au-delà de mes limites et m’inciter à expérimenter. Ils m’encouragent à pousser ma plume, à être le plus vulnérable possible, et c’est important si tu écris des chansons sur ta vie. J’ai une confiance aveugle en eux et en leur vision”.
Et, bien évidemment, que serait une nouvelle ère de Niall Horan sans la promesse d’un nouveau spectacle live ? Avant de sillonner les arenas d’Europe comme à son habitude, l’artiste s’est lancé un nouveau défi : jouer dans des stades. C’est en juillet prochain que ses fans basés sur Nashville et Hershey, aux États-Unis, pourront se délecter d’un show grandeur nature – lors duquel il sera rejoint par la sensation country Thomas Rhett. J’avoue avoir été surpris par cette décision de s’allier à un artiste country tant les fanbases pop et country semblent divisées, mais il semblerait que l’idée n’est pas venue de Horan lui-même : “On se connait depuis des années, avec Thomas, car mon producteur est marié à son manager. C’est un très bon ami. On a même joint nos forces sur une chanson, présente sur son dernier album : “Old Tricks”. J’ai toujours adoré la musique country, et c’est très drôle car la musique irlandaise et la country présentent beaucoup de similitudes. Un jour, il m’a simplement envoyé un message pour me demander si ça me plairait d’unir nos forces. Et j’ai évidemment accepté”.
Autant pour Horan que pour Rhett, ces deux concerts marquent la première fois qu’ils se produisent dans un stade. Et, alors que les musiciens country ont effectivement l’habitude des tournées dans des stades tant le phénomène est énorme aux États-Unis, le choix de Horan de se produire sur une scène si énorme peut surprendre. Lorsque je lui demande s’il n’a pas peur que l’intimité de sa musique soit compromise de ce fait, il ne semble pas du tout s’en soucier : “Plus c’est grand, et mieux c’est ! Ce sera super intéressant d’assister à ce mélange des publics pop et country, c’est encore rare”. Dans la capitale de la country music, qui plus est !
La musique country peut être la plus déchirante comme la plus festive à la fois. Elle peut servir de refuge à des cœurs brisés comme rapprocher les gens, notamment lors de festivals où la bière coule à flots. Et, bien évidemment, au vu de cette nouvelle collaboration, je me devais de demander à Niall s’il compte incorporer plus de country dans ses chansons à l’avenir. Néanmoins, même s’il avoue admirer la plume de ses camarades, le chanteur admet qu’il n’a pas forcément la culture nécessaire pour y arriver. Là où la folk et le rock ont été présents dans sa vie depuis l’enfance, la country est arrivée par la suite, et il ne semble pas encore se sentir légitime de le faire. “Cependant, j’ai toujours voulu faire une chanson country”, admet-il. “Leur façon d’écrire est super spécifique. Je peux écrire un texte et l’accompagner d’une instru’ de type country, mais ce ne sera pas pareil”, argumente celui qui admet également ne pas s’y être aventuré car, pendant un moment, il semblait que tout le monde s’y mettait. “De Tom Petty aux Eagles, certaines de mes plus grandes idoles ont des racines country mais je dois encore trouver le bon moment pour le faire. Et puis, évidemment, je ne voulais pas que ça paraisse trop prévisible car tout le monde s’y mettait à un moment. Beyoncé, Post Malone… Mais quand viendra le bon moment, je le ferai !”

Pas de country, donc, sur le quatrième album de Niall… Mais du coup, qu’est-ce qu’on y retrouvera ? “Ce sera le son le plus abouti que j’aie jamais créé, ce qui se rapproche le plus de ce qui se trouve dans mon esprit. Ce sera plein d’énergie, très live finalement. J’ai constitué un véritable band pour enregistrer l’album, et on a vraiment voulu conserver le côté live des séances studio”. Et, pour prolonger l’expérience du live, Niall et ses musiciens vous donnent rendez-vous le 6 novembre prochain à l’Accor Arena de Paris pour une date qui s’annonce déjà mémorable.
Là où son dernier concert au Zénith de Paris début 2024 avait un côté très cinématographique, ce nouveau spectacle s’annonce plus organique que jamais : “Je veux faire quelque chose de différent, cette fois. Moins de mise en scène, peut-être plus de mouvement. Ce sera sur une scène plus grande, je vais beaucoup courir. Je veux de belles lumières, également. Et j’attache une grande importance à la présence du band. J’y ai rajouté deux membres, il grandit au fur et à mesure. Ces derniers jours, j’étais justement en résidence pour commencer à préparer le show, et j’ai vraiment pris conscience de l’importance du live dans ma vie. C’est même le plus important pour moi, je dirais. C’est là que tu ressens une vraie connexion avec les fans, tu vois leurs réactions, ce qu’ils en pensent. Ce n’est pas comme lire leurs commentaires en ligne et regarder tes statistiques, c’est le niveau au-dessus. J’ai déjà commencé à penser à la setlist. J’aimerais venir puiser dans tous mes albums, mais je pense qu’elle va évoluer au fur et à mesure des shows. J’ai fait ça sur ma précédente tournée, et cela m’a permis de ne pas m’ennuyer, mais aussi de surprendre le public avec quelques imprévues. Je vais constituer un show plus grand que nature, et maintenant que j’ai la discographie que j’ai c’est encore plus excitant”.
La France est à jamais gravée dans la mémoire de Niall Horan, encore depuis One Direction. Certains de ses souvenirs de scène les plus marquants sont liés à Paris. “Tu me dis si je me trompe, mais j’ai l’impression que les français sont super passionnels et passionnés. Ils y vont à fond ! Ils sont très sincères, aussi. Et ils t’écoutent vraiment. Genre, si je joue une ballade, ils vont m’écouter attentivement, et si je joue un banger ils vont chanter tous ensemble en mode karaoké. Les français sont comme le Yin et le Yang, ils passent très drastiquement d’une humeur à l’autre. Ils peuvent admirer un coucher de soleil assis sur un banc le jour comme être les plus gros fêtards dans une rave party la nuit. Ils sont super passionnés. Et ça se ressent toujours lors de mes concerts, c’est super fun”.
D’ailleurs, fait surprenant, Niall se souvient de tous ses concerts dans le pays, ainsi que des noms de toutes les salles – qu’il s’agisse du Stade de France avec les One Direction ou du Zénith en solo. “Je crois que ça me vient de mon enfance, explique-t-il. J’allais à beaucoup de concerts, et aujourd’hui encore en fait. C’est fou de pouvoir sillonner le monde et me produire dans toutes ces salles mythiques du monde… D’ailleurs, dis ? Est-ce qu’ils ont reconstruit Bercy ?” me demande celui qui s’était produit dans l’arène à l’époque où elle n’avait pas encore changé de nom.
Il y a quelques jours, Niall Horan a officialisé son retour en montant sur scène aux côtés de sombr, une des nouvelles sensations pop. Et voyant à quel point la conception de la tournée était avancée, comment aurais-je pu ne pas demander à Niall s’il a déjà commencé à réfléchir à ses premières parties…? Très souvent, c’est l’occasion pour des artistes accomplis de donner une opportunité à des jeunes pousses en qui ils croient – comme on l’a vu lors de la tournée de Taylor Swift. Mais, malheureusement, aucun de ceux qu’il a démarchés n’est disponible pour l’instant : “Tous ceux à qui j’ai pensé sont soit en studio, soit en tournée. Mais je commence à y réfléchir, oui. C’est un choix très important car les premières parties permettent de chauffer le public avant que j’arrive sur scène. J’ai vraiment envie que les fans en aient pour leur argent, donc je suis très minutieux sur ces choix”. En 2024, les fans ont pu découvrir des noms comme Birdy, Del Water Gap ou encore Gina Miles (que Niall a pris sous son aile dans “The Voice”).
La scène n’est pas le seul endroit où Niall Horan a donné sa chance à une jeune révélation, car avant même de revenir en son nom avec “Dinner Party” la semaine dernière, l’irlandais a posé sa voix sur un duo avec Myles Smith : “Drive Safe”. L’auteur-compositeur britannico-jamaicain est la nouvelle coqueluche des radios depuis le carton de son titre “Stargazing” l’année dernière, et a même été élu Rising Star par les BRIT Awards. “Myles avait écrit le refrain avec une amie commune, Steph Jones. Je l’adore, elle a notamment contribué à “Espresso”. C’est lui-même qui m’a contacté pour me demander si j’aimerais qu’on finisse cette chanson ensemble, mais cela faisait quelques mois déjà qu’on discutait par messages. À ce moment-là, on ne s’était jamais rencontrés d’ailleurs, et le but n’était pas forcément qu’on sorte le titre en tant que collaboration. On voulait juste écrire ensemble, mais le résultat final était si satisfaisant qu’on a tous les deux fini par poser nos voix dessus. Notre première rencontre s’est faite au studio, du coup. C’est un mec tellement drôle, et un super auteur-compositeur. Lorsque tu collabores avec quelqu’un, tu ne sais jamais en avance si le feeling va passer ou pas, mais on s’est accordés à perfection. J’adore le message de “Drive Safe”, j’adore le sentiment de légèreté que ça renvoie. J’ai vraiment hâte de voir ce que cette chanson va réaliser car, de ce que je vois, elle a l’air de bien prendre son envol”.
Et, effectivement, en plus d’une belle présence dans les radios et les playlists du monde, le single a récemment dépassé les 20 millions de streams sur Spotify.
En termes de collaborations, il y a d’autres artistes qui font de l’œil à Niall Horan. En plus de sombr et de Role Model chez ses homologues masculins, l’irlandais est également un grand fan de Gracie Abrams, de Laufey, ainsi que d’une certaine Taylor Swift : “Cela fait longtemps qu’on se connaît et j’ai toujours voulu collaborer avec elle. C’est une artiste talentueuse, une incroyable parolière, et tout simplement une des chanteuses les plus prolifiques de notre génération. On en a déjà parlé, et ce serait un plaisir de nous enfermer dans un studio pour écrire quelque chose car j’ai la sensation que nos voix matcheraient à la perfection” conclut celui qui n’a aucune collaboration sur son prochain album.
Et, évidemment, une interview aficia n’en serait pas une si je n’allais pas un peu fouiller dans la playlist de mon interlocuteur. Sans surprise, lorsque je demande à Niall ses dernières obsessions musicales, sa réponse ne déçoit pas. “Il me faut un petit moment car j’écoute beaucoup de monde, mais je ne sais pas qui chante quoi…”, demande-t-il tout en scrollant frénétiquement sur son smartphone. “J’adore Bleachers, le projet de Jack Antonoff. Noah Kahan aussi ! Je crois qu’il était à Paris il y a quelques jours, non…? Parcels, aussi ! Ils sont très forts. Pas mal de James Blake, récemment. Je l’adore ! Il y a aussi cette artiste américaine qui s’appelle STELLA LEFTY, très country et singer-songwriter. Ouais, il y a pas mal de tout en vrai… Évidemment, comment ne pas parler de l’album de mon gars Harry ? Je regarde de nouveau la tracklist pour te dire mes favorites car j’oublie, mais j’adore “Taste Back”, “Are You Listening Yet ?” aussi… Et “Pop” est clairement la meilleure du projet, “Aperture” est incroyable aussi. Ce que j’adore chez Harry, c’est qu’il peut changer son son, mais sa plume restera toujours aussi incroyable !”
Le changement de son et l’expérimentation, deux concepts auxquels les membres de One Direction sont familiers. Alors que Louis Tomlinson et Harry Styles ont marqué leurs grands retours en ce début d’année, ZAYN fera son comeback le mois prochain. En l’espace de six mois, les fans du boysband anglais auront été servis de contenu de la part de leurs idoles d’enfance, et l’album de Niall viendra clôturer cet enchainement en juin – la meilleure façon de débuter l’été.
D’ici-là, le nouvel album de Niall Horan est disponible en pré-commande, et la billetterie pour son AccorArena ouvre le 2 avril prochain.
Découvrez le nouveau single de Niall Horan – Dinner Party :







