Mosimann - interview 2026 ©LM_PROD2
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Mosimann en interview sans filtre : “Ce succès est arrivé au moment où j’ai lâché prise” 

Avec ses “Dream Track”, Mosimann a trouvé un concept qui a bouleversé sa trajectoire. Mais derrière le phénomène viral, l’artiste défend surtout une vision libre et instinctive de la musique. (Nouvelle) rencontre sans filtre avec un artiste en pleine évolution sur aficia.

En direct depuis le Printemps de Bourges, Mosimann profite d’un rare rayon de soleil… et d’un moment de répit dans une actualité particulièrement dense. Entre son concept Dream Track, devenu incontournable sur les réseaux, une présence remarquée sur France Inter et un Accor Arena déjà lancé, l’artiste enchaîne. Mais derrière cette exposition fulgurante, il revendique surtout une approche sincère, presque instinctive, guidée par une seule idée : rester aligné avec lui-même. On a longuement discuté avec lui…

Mosimann en interview sans fitre :

Comment vas-tu aujourd’hui ?

Je vais particulièrement bien. Je suis quelqu’un de très sensible au temps, à l’ambiance, et là franchement… il fait super beau, donc ça joue beaucoup sur mon humeur. J’étais avec M. Pokora il y a quelques jours, il m’a dit : “Tu verras, à Bourges, il ne fait jamais beau, prends une veste.” Je pense que je vais lui envoyer une petite vidéo, il va être jaloux (rires).

Tu cartonnes en ce moment avec tes Dream Track. On a l’impression qu’ils sont faits très rapidement… c’est une illusion ?

Oui, complètement. On a réussi à faire croire aux gens que c’était rapide, mais c’est tout l’inverse. En moyenne, je mets deux jours à deux jours et demi pour faire un Dream Track du début à la fin. Et encore, ça dépend des épisodes : certains sont plus longs, d’autres un peu plus rapides, mais globalement c’est un vrai gros travail.

Qu’est-ce qui prend le plus de temps dans le process ?

Tout, en fait (rires). Il y a déjà l’interview, ensuite tout le dérush, la rencontre avec l’artiste, réussir à capter le bon moment. Par exemple là, en festival, je vais essayer de choper Vladimir Cauchemar, trouver une équipe pour filmer… rien que ça, c’est déjà toute une organisation.  Ensuite, il y a toute la partie musicale : récupérer des archives, les mettre au même BPM, dans la même tonalité, recréer un pack de samples, construire une session cohérente… Et surtout raconter une histoire.
Après ça, je reviens en studio pour rejouer tous les éléments, puis il y a le montage vidéo, les sous-titres, la validation de l’artiste… C’est un processus vraiment dense.

Mosimann invite Pierre Niney dans son Dream Track :

Tu gères encore tout ça seul ?

Non, aujourd’hui je ne suis plus seul, heureusement. Mais j’ai commencé comme ça. Au début, je faisais absolument tout, et petit à petit, le projet a pris de l’ampleur, donc j’ai été entouré.

Tu as encore des rêves de collaborations ?

Ah ça, t’inquiète pas (rires). Un feat rêvé, je dirais Jimmy Fallon. Ça serait incroyable. Je pense que j’irais là-bas plutôt que de le faire venir. Mais tu sais, depuis quelques années, j’ai l’impression de réaliser beaucoup de rêves, donc je me dis : pourquoi pas celui-là ?

Tu pourrais aller encore plus loin avec le concept, par exemple avec le public en live ?

 Oui, justement, j’y pense beaucoup en ce moment. C’est marrant que tu me poses la question parce que je suis en pleine réflexion là-dessus. Comment faire un Dream Track avec le public, en festival ou en concert… je ne sais pas encore comment, mais c’est sûr que ça va arriver.

Tu provoques tes collaborations ou tu laisses faire le hasard ?

Je fais beaucoup confiance au destin et aux rencontres humaines. Typiquement, là, je discutais avec Deluxe et je leur ai dit direct : “Est-ce qu’on ne ferait pas de la musique ensemble ?”. Donc parfois je provoque, mais je reste convaincu que si une rencontre doit se faire, elle se fera naturellement.

Tu veux continuer les Dream Track ou revenir vers des collaborations plus “classiques” ?

Je pense plus à des collaborations studio aujourd’hui. J’essaie justement de prendre un peu de distance avec les Dream Track. L’idée, c’est d’abord de faire un bon morceau, quelque chose de solide, et ensuite de voir si ça peut devenir un contenu. Pas l’inverse.

Skip the Use invite Mosimann dans Taratata :

Ton album, il en est où ?

Franchement ? À zéro (rires). Mais c’est volontaire. Je vais m’enfermer deux semaines pour vraiment le créer. Je veux le vivre comme une carte postale, un moment précis de ma vie. Pas quelque chose de trop réfléchi ou anticipé, mais quelque chose de très sincère, ancré dans l’instant.

On peut s’attendre à quoi musicalement ?

Ça sera résolument électro, évidemment, tu t’en doutes, mais je m’autorise à partir un peu à droite, à gauche aussi. Je risque d’aller un peu partout : de la pop, de la techno, des influences afro… Le fil conducteur, c’est moi. Donc forcément, ça peut partir dans différentes directions, et c’est ça qui m’intéresse.

Toutes les stars françaises sont maintenant dans ton répertoire. Comment vas-tu réussir à faire le choix des invités ? 

 Je vais demander à tout le monde (rires). Vraiment. Le premier qui répond, il est sur le projet. Peut-être que ça fera un album de 30 titres, j’en sais rien. Mais je veux rester libre, sans me mettre de limites.

Tu n’as plus peur de te disperser ?

Non, je n’ai plus peur. J’ai fait le deuil de vouloir absolument faire un tube radio. Je me suis rendu compte que ça pouvait fonctionner autrement, donc aujourd’hui je suis beaucoup plus aligné avec ça.

Tu cherches encore à “passer un cap” ?

 Non, ce n’est pas mon moteur. Mon objectif, c’est de pouvoir faire ça encore dans 20 ans. Si je suis aligné avec ce que je fais et que le projet est bon, alors j’ai déjà gagné. Le reste, c’est du bonus.

Tu veux surprendre ton public avec cet album ?

Non. Je veux me surprendre moi-même. Et si je réussis à me surprendre, je pense que l’identité suivra toute seule. Si j’arrive à ça, alors forcément, les gens suivront aussi. Mais je ne fais pas les choses dans ce sens-là.

Comment tu expliques ton explosion soudain sur les réseaux alors que t’arrives à 18 ans de carrière ?

Je ne l’explique pas. Ça me dépasse complètement. À la base, ce n’était pas du tout une stratégie marketing. C’est juste que je n’arrivais pas à finir mes morceaux, donc j’ai demandé de l’aide. Et les gens se sont emparés du concept.

Tu t’attendais à ce succès après toutes ces années ?

Non. Mais surtout, ce succès est arrivé au moment où j’ai lâché prise. Quand je me suis dit : “Stop, je fais juste ce que j’aime, sans essayer de rentrer dans des cases”. Et là, ça a explosé.

Aujourd’hui, c’est quoi la vraie clé selon toi ?

C’est d’être aligné. Plus que d’être “authentique”, parce que ce mot est un peu galvaudé.
Être aligné avec ce que tu fais, avec qui tu es. C’est ça qui fait la différence.

Tu es partout, tout le temps. Est-ce que Mosimann est parfois fatigué avec toute cette exposition ?

Tu n’es jamais fatigué toi de faire que des interviews ? Si demain on te dit que tu as 10 interviews de 10 super artistes, tu ne les ferais pas ? Si j’imagine ! Et bien moi c’est pareil. Mais c’est une bonne fatigue. Je serai crevé, mais heureux. Ça reste un plaisir.

France Inter, ça a été un tournant ?

Oui, clairement. Mais ça m’a apporté bien plus que de la simple légitimité, ça a été une rencontre. C’est un public qui prend le temps, qui écoute vraiment. Tu ne peux pas tricher avec eux.  Aujourd’hui, je dis souvent en rigolant : je ne vais plus chez le psy, je vais chez France Inter.

Tu viens d’ouvrir un Accor Arena. C’est encore une étape de plus, une sorte de consécration ?

Oui, et il y a un vrai engouement. Les places partent vite, et ça fait quelque chose (sa manageuse, à côté, nous soufflent que 3.000 places se sont déjà vendues en 1 heure, ndlr). C’est une salle qui est quand même réservée à une certaine élite, donc forcément, ça marque une étape.

À quoi doit-on s’attendre sur scène ?

Je vais réaliser mon propre Dream Track en live, devant le public. Il faut s’attendre à un petit garçon qui réalise son rêve. Avec plein d’invités et un mélange de performances. C’est une performance assez hybride, entre concert, création et narration. Et pour l’Accor Arena, ça va encore évoluer, forcément d’ici là… 

Tu serais prêt à faire deux Accor Arena si c’était complet ?

Moi, j’en fais 22, si tu veux (rires). J’en fais 22 à la suite. Tant que j’ai des afters électro, ça me va, moi !

J’ai l’impression que tu es devenu une vraie figure emblématique comme un Bob Sinclar ou un Guetta, finalement.  Tu te sens entrer dans une autre dimension aujourd’hui ?

 Franchement, j’ai du mal à répondre à ça.  Parce que le jour où je me sens “arrivé”, je pense que j’arrête. Mon moteur, c’est de continuer à me dépasser, c’est de casser les scores, c’est d’essayer de partager avec un maximum de gens, c’est d’essayer de se réinventer, de créer des choses différentes, d’avoir une scénographie un peu atypique. 

Ton rêve ultime sur scène ?

Un show à la Johnny. Un truc énorme, spectaculaire. Johnny version électro. Avec une vraie scénographie, quelque chose de marquant.

T’as connu plusieurs vies dans la musique. C’est quoi aujourd’hui le plus dur selon toi ? Est-ce que c’est de durer ou de se renouveler ? 

Se regarder dans le miroir. Se dire : “Je suis quelqu’un de bien, et je suis aligné avec ce que je fais.” C’est ça le plus important.

Et enfin, avant de nous quitter, des artistes à suivre absolument ?

Oui, plein. Tony Romera, qui est incroyable. C’est le Graal en termes de production, d’humanité. C’est exceptionnel. Il n’est plus tout jeune, mais il a déjà une expérience aussi, il a déjà un bagage. 

 Holseek aussi, qui vient justement de sortir un nouveau projet avec un rapport à l’enfance- Très fort.. qui est super, que j’aime énormément.  J’aimerais aussi pouvoir te citer Airmow, Grand Bleu et tant d’autres… 

Et côté pop : Hélène Sio, Camille Yembé, Yoa, Helena… toute cette vague. Quel bonheur. Et il y a une rappeuse que j’adore qui s’appelle Just Shani. Elle est exceptionnelle, elle est percutante !  Franchement, il y a une scène hyper riche en ce moment, je ne m’ennuie pas.

Découvrez l’un des derniers singles de Mosimann :