Plages Électroniques ©Inès Fakche

Qui pour succéder à Kungs, Feder et Petit Biscuit sur la scène électro française ?

La scène électronique française n’a jamais cessé de se renouveler. Derrière les noms déjà bien installées et qui tournent depuis 10 ans, une nouvelle génération arrive… aficia vous propose 3 futurs grands ? 

Cela fait fait plus de dix ans qu’on nous programme Kungs, Bon Entendeur, Feder, Synapson, The Avener, Petit Biscuit, Bob Sinclar, ou encore Ofenbach dans tous les festivals. Alors, oui, vous nous parlerez des plus jeunes Upsilone, Romain Garcia ou Yann Muller. Mais les radios spécialisées n’ont plus rien à se mettre dans la dent, alors que les talents électro fusent. Ces derniers affinent déjà leurs signatures sonores, entre introspection, hybridation des genres et sensibilité accrue. Moins formatés, plus émotionnels, ces artistes esquissent peut-être les contours de la prochaine vague. Focus sur quatre nouveaux noms de la scène électronique française à suivre de très près sur aficia.. 

HAELIUM, la nouvelle vague émotionnelle

Basé à Paris, HAELIUM s’impose comme l’un des profils les plus prometteurs de l’électronica française actuelle. Avec New Era, son EP sorti en novembre 2025 sur le label Blank Dust de Steven Weston, le producteur franchit un cap artistique évident. À la croisée de l’ambient, de l’electronica et du UK Garage, il développe un univers à la fois aérien et percussif. Chaque morceau semble raconter un fragment d’émotion. Entre la douceur apaisée de “Cherish The Peace” et les tensions plus sombres de “Lost Again”, HAELIUM construit une véritable narration sonore.

Son écriture, très cinématographique, évoque autant Nils Frahm que Rival Consoles, tout en conservant une identité mélodique forte. Avec cette capacité à mêler fragilité et puissance rythmique, il pourrait bien incarner une nouvelle figure de l’électro française, plus introspective et internationale.

Dans un autre temps, HAELIUM vient de dévoiler son nouveau single ‘Nystagmus’. Le producteur parisien prolonge l’univers émotionnel et immersif amorcé sur New Era.

Holseek, la mélancolie comme moteur

Plus discret mais tout aussi fascinant, Holseek trace une trajectoire singulière dans le paysage électronique. Signé chez Inside Records, il s’est d’abord fait remarquer par ses remixes pour Bob Sinclar, Mosimann ou encore Superfunk. Puis, il a affirmé une patte bien plus personnelle. Son projet s’est construit autour d’une épreuve intime – la perte de sa mère – qui irrigue une œuvre profondément introspective. Avec ses derniers titres comme “I cry when I think of you” ou “god, give me a place”, Holseek délaisse la house mélodique classique pour explorer des textures UK Garage feutrées, presque cotonneuses.

Sa musique, à la fois fragile et élégante, transforme la mélancolie en matière sonore, sans jamais tomber dans le pathos. Cette capacité à conjuguer groove et émotion, tout en restant accessible, en fait un candidat sérieux à une reconnaissance plus large dans les années à venir.

Bleu Nuage, la promesse encore mystérieuse

Encore peu documenté mais déjà très remarqué, Bleu Nuage fait partie de ces projets qui intriguent autant qu’ils séduisent. Avec “J’attends que la nuit” (en français s’il vous plaît), véritable coup de cœur immédiat, l’artiste pose les bases d’un univers sensible et immersif. On adore ces nappes électroniques et ces mélodies suspendues. Et c’est étonnamment hyper bien réussi ! Son nouveau titre “Souvenirs”, dévoilé via Crosswalk Records, confirme cette direction artistique tournée vers l’émotion pure et les atmosphères nocturnes.

Difficile encore de cerner totalement son identité, tant le projet reste discret. Mais c’est précisément ce mystère qui participe à son attractivité. À l’heure où l’électro française cherche de nouveaux visages capables de sortir des formats classiques, Bleu Nuage est un nom à surveiller de près, tant son potentiel semble encore en pleine expansion.

SAAVAN se réinvente

Avec Pure, disponible le 10 avril, SAAVAN amorce un tournant décisif dans son parcours. Longtemps associé à une électro chill et contemplative, le duo parisien prend ici le risque de se réinventer en profondeur. Elle quitte les sentiers balisés pour explorer une palette sonore bien plus large et affranchie. Porté par les voix complémentaires de Claire et Lucas, le projet se déploie entre nappes synthétiques désenchantées et textures organiques. Le tout, dans une atmosphère à la fois nocturne et introspective.

Les influences, multiples, dessinent un paysage riche : de Mount Kimbie à Bonobo pour l’électronique, en passant par James Blake ou Chet Faker pour l’émotion, sans oublier Massive Attack en toile de fond. Plus radical, plus libre aussi, Pure s’impose comme une œuvre de transition, presque cathartique. Cela pourrait bien repositionner SAAVAN parmi les projets français les plus singuliers de la scène électro actuelle.

Si la relève de Kungs, Feder et Petit Biscuit ne sera pas une copie conforme, elle est déjà en marche. Plus introspective, plus hybride, mais toujours aussi créative… la nouvelle scène électro française pourrait bien surprendre là où on ne l’attend pas.