Petit Biscuit 2023 ©Jonathan Bertin
Petit Biscuit 2023 ©Jonathan Bertin

Petit Biscuit en interview sans filtre : “’Discipline’, je l’ai bossé jour et nuit !”

Après de longs mois d’attente, Petit Biscuit publie (enfin) son nouvel album Discipline. Il en parle dans une interview 100% vérité, sans filtre sur aficia. 

Petit Biscuit aurait dû être l’artiste qui faisait son grand retour l’année dernière ! Ce fût le cas, mais il y a un petit goût d’amertume quand on sait que l’album qui aurait dû paraître après l’été 2023 n’arrive finalement que ce 28 juin 2024. Alors que les singles se sont eux enchaînés ! Petit Biscuit publiera demain son tant attendu troisième album Discipline, un projet pensé depuis 4 ans ! Vous comprendrez à travers cette interview, la suite de celle donnée à l’été dernier, de quelle façon il l’a imaginé, de A à Z. L’artiste se livre comme jamais !

Petit Biscuit, l’interview sans filtre : 

Tu as fait ton grand retour sur la scène l’année dernière, avec une grande tournée des festivals. De quelle façon l’as-tu appréhendé ? 

J’ai essayé de ne pas l’appréhender, en fait (sourire). Je souhaitais avant tout d’être fier de ce que j’avais. J’ai bossé cet album, Discipline, depuis des années, depuis tellement longtemps. Je l’ai bossé jusque dans les moindres détails. Tous les sons ont été écoutés des milliers de fois. Ils sont passés au crash test des milliers de fois et je me suis dis : “si je ne suis pas saoulé par tel ou tel morceau, c’est que t’en es fier”. J’ai essayé de partir sur quelque chose de très personnel en fait.

Ce travail de passionné, d’acharné, tu penses que les gens apprécieront, le reconnaitront à sa juste valeur ?

J’ai essayé de me dire : “si moi j’ai envie d’écouter la musique de Petit Biscuit, qu’est-ce que j’aurais envie d’écouter, de quelle façon il peut me surpendre ?”. Simplement. Cela a été le fruit de pas mal de réflexions. 

Est-ce qu’un artiste comme toi, qui fait des millions de streams, peut décevoir ?

C’est sûr et certain ! Oui, je déçois pas mal de gens avec mes nouveaux morceaux, c’est sûr. Et peu importe !

Petit Biscuit ©Jonathan Bertin
©Jonathan Bertin

Tu avais annoncé une grosse tournée des festivals avant même de dévoiler de nouveaux morceaux. Quel était le but, celui de teaser quelque chose ?

Je pense que c’est une histoire de timing. C’est arrivé au bon moment. J’ai terminé Discipline en janvier/ février 2023, et j’avais pas mal de taff. J’avais envie de repartir sur du live pour l’été et inclure de nouveaux sons, montrer que je chantais, avec des exclus. Je ne voulais pas arriver qu’avec les sons du précédent album. Je voulais du nouveau, du frais ! Les gens ont beaucoup parlé de ma transformation physique, oui, et je me suis dit que j’arriverais avec un nouveau personnage. 

“Personnage”, le terme est un peu fort non ?

Un nouveau visage alors ? (sourire) Tu vois ce que je veux dire ? De là, je me suis mis à bosser le live à fond. L’album, peut-être que quand je l’ai bossé, j’ai pris une pause de 3 mois et je n’ai rien fait. Puis je me suis repris à fond, j’ai eu un déclic. J’ai bossé tous les jours, sans cesse. Et le live c’est pareil. Je m’y suis mis tous les jours, d’arrache pied, jour et nuit, pendant plus de deux mois. 


©Jonathan Bertin

Je voulais que lorsque tu écoutes l’une de mes musiques, tu fermes les yeux et que tu sois plongé dans un autre monde !

— Petit Biscuit pour aficia.

Tu promets donc un son clairement plus audacieux côté prod ?

J’ai essayé de creuser toujours plus loin. Quand j’ai fait cet album, c’était une vraie base d’expérimentation. Je me suis dis : “qu’est-ce qui fait la différence entre une démo et un vrai son fini, et entre une mixtape et un album ?”. Je me suis dit qu’il fallait vraiment que ça raconte une vraie histoire. J’ai toujours été inspiré par tout ce qui était cinématique. J’ai poussé les choses assez loin, et je voulais que quand tu écoutes l’une de mes musiques, tu fermes les yeux et que tu sois plongé dans un autre monde. Je voulais aussi que l’album soit cohérent, qu’il y ait un peu un filon unique. Il n’y a que le temps qui fera faire les choses. Quand tu commences à bosser sur une démo, il faut quelques mois pour vraiment arriver à un produit fini. Chaque morceau de l’album a peut-être 30 ou 40 versions, vraiment !

Côté voix, on te retrouve au micro sur la plupart des titres de Discipline. Quel a été l’élément déclencheur ? Tu n’assumais pas avant ?

Il n’y a qu’une chanson sur laquelle je ne chante pas. Techniquement, je n’étais pas très bon à l’époque. Je pense avoir suffisamment d’objectivité envers moi-même pour me dire “Là, tu n’es pas bon, prends le temps de t’améliorer”. J’ai 23 ans maintenant, j’étais plus jeune à l’époque. J’y suis allé timidement sur des trucs. J’ai eu du mal à trouver mon empreinte vocale, ma signature pour le mettre au cœur de mon projet.

Alors j’ai beaucoup testé de choses. Quand tu es plus âgé, tu as du mal à assumer certaines choses, tu fais attention aux regards des autres. Et puis j’ai grandi, il y a eu tout un processus jusqu’au jour où je me suis dit “Là tu es suffisamment bon”. Je sais écrire en anglais. L’addition de toutes ces choses-là ont fait que j’ai foncé, je n’ai plus réfléchis et j’y suis allé !

Malgré tout, tu as été ouvert aux collaborations puisque Maxence t’a rejoint sur un morceau ! 

Complètement. Je suis hyper ouvert à ça, au contraire même ! Je me sens encore plus légitime de faire des collaborations chantées aujourd’hui car c’est peut-être une façon supplémentaire pour retrouver mon empreinte. Par le passé, j’ai très peu fait de collaborations.

Mais celles que j’ai pu faire, j’en suis vraiment très fier car instrumentalement parlant, on retrouve immédiatement mon empreinte. Ce sera un step de plus lorsque j’aurai davantage de collaborations sur l’un de mes projets. Avant quand tu collaborais avec quelqu’un tout se faisait à distance.

Chacun faisait la chose dans son coin. Je faisais l’instru, l’autre la topline. Là, ce sera un vrai échange artistique.

Musicalement, le projet Petit Biscuit ressemble clairement à du The Weeknd et Michael Jackson. C’est une remarque qu’on t’a déjà faite, qui est voulue, consciente ? 

Oui, j’ai reçu pas mal de messages ! C’est le meilleur compliment qu’on puisse me faire, en vrai. C’est beau. Ce côté R&B, je l’ai ressenti dans ma voix. Je pense que ça a guidé la direction artistique, la façon dont j’ai produit mes sons. Je suis trop content des retours sur les parties chantées. Ça fait plaisir.

N’as-tu pas peur du copier coller ?

Quand tu fais de la musique, que tu démarres une production à zéro, quand tu fais un truc qui te fait kiffer, tu ne penses pas à faire un copier-coller. Moi je fais de la musique pour kiffer, et je ne pose pas la question à qui je ressemblerai. J’ai eu beaucoup de potes artistes qui m’ont envoyé leurs démos et qui me disaient : “ça ne fait pas trop comme cet artiste là ?”. Ce à quoi je réponds “pas du tout”. C’est très personnel. Du moment que tu t’en fous, que tu n’as pas peur de ça… ça passe !

Quand je faisais du violoncelle à l’époque, j’étais derrière, je ne voulais pas qu’on me voit

Petit Biscuit

Multi instrumentiste, chanteur, performeur, Petit Biscuit devient un artiste très complet. Est-ce que c’était quelque chose que tu as toujours rêvé d’être ? 

Pas du tout ! J’étais hyper timide, hyper, hyper timide. Quand je faisais du violoncelle à l’époque, j’étais derrière, je ne voulais pas qu’on me voit. Aujourd’hui, je suis comme séparé en deux. Il y a une part en moi qui va continuer à être sur la réserve, et l’autre prend le dessus aujourd’hui. Je me suis dit : “Tu as suffisamment réfléchi dans ta vie pour perdre du temps. Lance toi, éclate toi !

À chaque fois que j’ai entamé l’apprentissage d’une nouvelle discipline, j’ai toujours trouvé ça hyper productif, j’ai toujours aimé apprendre de nouvelles choses pour les partager aux autres. Encore une fois, ce qui me guide, si les gens voient que je prends du plaisir à partager ce que je fais sur scène ou en studio, ma sincérité emmènerait des gens qui apprécieront l’été.  

©Jonathan Bertin

Si on devait résumer cette interview et tes doutes, liée à ton actualité, qu’aimerais-tu dire ?

L’album n’est pas un objectif final. C’est un point de départ vers la transition, cette nouvelle identité artistique. J’ai bossé cet album comme un moment à part. Il y a plein d’autres sons qui arriveront qu’après l’album aussi, et qui seront encore autre chose. Cet opus, c’est un moment de ma vie que j’ai envie de partager avec les gens.

Alors forcément, ce moment de vie remonte à déjà quatre ans, car j’ai mis quatre ans à le sortir. Mais c’est avant tout une période de ma vie. Tous les albums, c’était un peu ça de toute façon. Presence était mon départ sur la scène grand public, Parachute était un peu le résumé de tout ce que j’ai vécu, le rythme effréné que j’avais besoin de calmer.

Du coup, ce troisième, c’est quoi ?

Discipline est un bon équilibre entre les deux. J’ai réussi à me poser, à entreprendre prendre des choses pour moi, à prendre le temps. Je ne me suis jamais senti autant à l’aise avec mon projet. On a toujours parlé de l’ouverture artistique que j’ai. Les ponts d’influences que je peux avoir. Car aujourd’hui, je l’embrasse à fond. Je suis très fier d’avoir ça dans mon projet.

Je côtoie beaucoup d’artistes qui sont enfermés dans un style et je me suis “ok, j’ai eu au moins cette audace là au début de proposer des choses complètement différentes. Ils ne savent pas quoi s’attendre et savent qu’ils vont être surpris, pour le meilleur comme pour le pire !”.

Découvrez Discipline, le nouvel album de Petit Biscuit :