Marie-Flore - © Alexandre Tabaste
Marie-Flore - © Alexandre Tabaste

Marie-Flore en interview : “Je ne me suis mise aucune limites sur ce disque !”

Rencontre sur aficia avec Marie-Flore à l’occasion de la sortie de son nouveau clip “Casse toi” extrait de son album Braquage.

Marie-Flore est considérée comme l’une des plus belles nouvelles voix de la chanson française. Son brillant album Braquage est déjà porté par les singles “QCC” et “Tout ou rien”, de belles chansons vécues aux sonorités pop et à la noirceur littéraire profondément assumée.

C’est à l’occasion de la sortie de son nouveau clip “Casse toi” que nous avons eu eu le plaisir de nous entretenir avec Marie-Flore.

Marie-Flore : l’interview…

Que de chemin parcouru depuis ta première scène en 2007 ! Comment résumes-tu cette mue que tu as su développer ?

Je pense que la mue s’est faite assez naturellement vers le français depuis 2017. J’avais envie de faire des productions un peu plus modernes, accessibles par beaucoup plus de monde j’ai envie de dire, d’où cette mutation.

Avec une popularité grandissante… Selon toi, quel est l’élément déclencheur, ce qui fait que tu retrouve aujourd’hui sous le feu des projecteurs ?

J’avais sorti un EP en avril 2017 qui s’appelait Balade digitale. J’avais déjà quatre titres en français, et c’est comme ça que j’ai été contacté par le label dans lequel je suis aujourd’hui. Cela a été un peu l’élément déclencheur. Il m’a beaucoup servi, essentiellement comme carte de visite et voilà où j’en suis aujourd’hui. 

On te présente comme étant l’un des nouveaux espoirs de la chanson française. Comment prends-tu ce compliment ?

Je ne peux le prendre que très bien (Sourire). Je suis flattée et très heureuse des retours que j’ai parce que je sens que ça touche beaucoup les gens, quelles que soient les chansons et c’est pour moi la plus belle récompense !

Tu présentes ton nouvel album Braquage comme étant le premier, alors que tu as déjà publié quelques projets par le passé. Pourquoi ?

C’est mon premier disque en français, on va dire. C’est aussi celui avec lequel je me sens le plus à l’aise. C’est pour moi un peu comme une renaissance, ou peut-être une descente tout court, on va dire. Je me sens très en phase et alignée avec ce que je propose. C’était peut-être moins le cas avant. 

À travers ton album, on sent que tu es une chanteuse qui a du vécu, n’est-ce pas ? 

Oui (Rires). L’album est un vrai autoportrait. Il évoque des histoires bien précises. C’est un peu comme 12 photos de moments que j’ai vécues. 

D’où cette idée de mélanger les textes avec des sonorités pop et une noirceur littéraire ? 

C’est exactement ça. Alors après, en termes de productions j’ai vraiment eu cette volonté de briser le plafond de verre dans lequel j’étais depuis quelques années. Je voulais quelque chose de plus urbain. Concernant l’écriture des textes en soit, je n’ai pas réfléchi ni à la pâte ni au son. C’est vraiment sorti comme ça. Bien entendu, pour le côté noirceur, ce n’est pas quelque chose que j’ai forcément intellectualisé. C’est ma manière d’écrire de façon naturel. 

Ton album est plutôt riche musicalement parlant. On entend la langue de Shakespeare, de la pop-urbaine… Tu aimes briser les barrières ?

Je verrai sur les prochains disques, mais à priori je n’ai pas de barrières. C’est aussi ce qui m’a fait beaucoup de bien sur ce disque c’est le fait qu’il n’y a aucune limite en studio. Ça m’a permis de prendre des directions surprenantes et nouvelles pour moi. C’est important d’avoir cette liberté-là et de produire. Rien que sur ce disque, il y a vraiment différents spectres. Il y a des chansons très pop, d’autres très urbaines, d’autres qui font très chansons sous forme de piano voix. Je voulais vraiment avoir le “luxe” de proposer un disque qui était à mon image, très cheap et plurielle. 

Des artistes comme Angèle, Juliette Armanet, Clara Luciani le font aussi très bien… Penses-tu être dans le même sillage ?

Ce sont bien sûres des noms qui me parlent. Chacune des trois est très talentueuse chacun dans son style. Mais je pense que chacune des quatre proposons quelque chose de très différent, et tant mieux ! Je trouve ça hyper intéressant d’avoir à la fois ce côté complémentaire mais à la fois très différent. 

Tu viens de sortir ton nouveau clip “Casse toi”. C’est brut, c’est percutant. C’est un moyen de vider ton sac à travers la musique ?

Je voulais quelque chose d’assez physique, de très intime qui retranscrit un peu le propos du titre. J’ai pensé chaque chanson comme un petit film. Pour chaque chanson, j’ai toujours quelque chose de bien précis en tête. 

Tu imaginais déjà il y a bien longtemps un scénario pour le clip de “Casse toi” donc ?

Oui, j’aime bien tout ce qui est images aussi donc j’aime bien réfléchir à tout ça. Là, j’ai travaillé avec Ben Berzeker, le réalisateur et c’est un mec génial. On a exactement la même sensibilité donc on s’entend super bien. Cela a été quelque chose de très honnête. 

Dans le clip, on te voit te morfondre dans ta peine, seule après une violente rupture. Prend-t-on plaisir à tourner un clip de ce style-là ?

Ouais, carrément ! On s‘est éclaté sur le tournage. On a travaillé avec des équipes avec lesquelles j’ai l’habitude de travailler. C’était ambiance bonne enfant ! Alors effectivement, pendant les prises tu te mets en mode tristoune, mais en réalité dès que ça coupe, ça rigole et ça blague ! (Rires). Ce n’est pas du tout une journée dépressive ! (Sourire).