Mosimann - © Jamil Hammadi
Mosimann - © Jamil Hammadi

Mosimann en interview : “À l’époque, j’avais tellement peur de ne pas être aimé”

Exclusivité aficia

À l’occasion du Grand Format consacré à Mosimann, l’artiste dresse le bilan de sa carrière. Une interview aficia…

Cette semaine est consacrée à Mosimann. Connu comme étant le gagnant de la ‘Star Academy 7’ en 2008 puis l’un des meilleurs DJs au monde, il est de retour avec du lourd, du très lourd. Un projet qu’il prépare depuis maintenant deux ans dont il est très fier de parler.

Ce projet, Mosimann a eu l’occasion de le présenter dans un premier temps avec “Outside The Box”, un titre où se mêle slam et électro. Un single coup de poing très surprenant où il faut comprendre que Quentin Mosimann est mort. Aujourd’hui c’est donc bien Mosimann !

L’artiste annonce donc de très belles choses avec la sortie d’un album, découpé en deux EP. Le premier baptisé Outside The Box sortira le 12 juin prochain. Le lendemain, rendez-vous pour un concert événement aux Etoiles à Paris (billetterie à venir). En attendant, le single et le clip “Lonely” est sorti ! Tout ça, il nous l’explique dans le cadre du format exclusif #1SemaineAvec

Quentin Mosimann VS Mosimann

12 ans années de carrière, ça compte dans une vie d’artiste. Ces belles années désormais derrière Mosimann n’ont pas été toutes roses. Loin de là. Pour aficia, il revient sur ses moments de doutes, ses erreurs. Il nous dévoile également comment avoir trouvé la solution pour rebondir…

Mosimann : l’interview…

Quand tu regardes dans le rétroviseur de ta carrière, qu’est-ce que tu vois et que retiens-tu ?

La remise en question fait partie intégrante du projet artistique.

Je vois beaucoup de gens, déjà. Je vois énormément de gens, de rencontres. Je vois beaucoup, beaucoup, d’heures d’avion. Je ne vois pas forcément quelqu’un d’épanoui. Le seul moment où j’ai pris du plaisir, où je recevais ma dose, c’était sur scène. Tout le processus qui entourait la scène, qui m’amenait à la scène, ce n’était fait que de parasites.

J’ai eu beaucoup de mal à me trouver ces dernières années. Je pense que j’ai fait pas mal d’erreurs aussi. Je pense que c’est le chemin naturel d’un artiste. Quel que soit le domaine, on grandit tous, on prend conscience, on apprend sur ce qu’on devient. Pour le coup, quand je regarde dans le rétroviseur, je vois pas mal d’erreurs oui.

Tu as plus de douze ans de carrière. A-t-on toujours quelque chose à se prouver ou être artiste, c’est finalement une constante remise en question ?

Je pense que je ne serai jamais satisfait à 100%. Je suis satisfait de ce que je défends, fier de ce que j’ai accompli jusqu’à aujourd’hui. La remise en question fait partie intégrante du projet artistique. Il y a beaucoup de titres dans ce nouvel EP qui parlent de cela. C’est le cas de “My My Mind” qui parle vraiment de remise en question…

Tu parles d’erreurs, d’insatisfactions… Qu’est-ce qui t’a fait garder les pieds sur Terre durant toutes ces années ?

On pourrait me pousser dans la rue, c’est moi que j’accuserais. Je fais toujours les choses pour les autres.

Très franchement, la réponse va être un peu cliché mon cher, mais ce sont les gens. Que ce soit une salle où j’ai 1.000 personnes ou un festival où j’en ai 50.000 devant moi, les gens te donnent un truc assez exceptionnel.

Pour revenir sur le rétroviseur, ce n’est pas forcément quelque chose que je disais lors de mes premières années d’artiste. Je faisais mes concerts à l’époque. Il y avait systématiquement quelque chose de très attendu. Tu commences à jouer ton titre, et les gens chantaient mes chansons par cœur. Alors que quand tu défends un projet en tant que DJ, tu peux emmener les gens où tu veux. Que tu sois à Dubaï, à Bali ou à Rio de Janeiro, tu peux t’adapter au public avec une musique plus ancrée, plus locale, avec des sonorités différentes où le public se retrouvera, parce que la culture musicale est différente. Tu vas en Chine, tu vas devoir jouer du hardstyle ou de la dubstep car c’est leur culture électronique. Mais tu te retrouves en difficulté parce que ce n’est pas ton style musical.

Si on retourne en arrière, qu’aurais-tu changé, que ce soit dans ta façon d’être ou ta façon d’agir ?

Je pense que je serais beaucoup moins gentil. À l’époque, j’avais tellement peur de ne pas être aimé, ne pas être pris au sérieux…

Je pense que je suis prêt aujourd’hui à être complètement honnête.

On pourrait me pousser dans la rue, c’est moi que j’accuserais. Je fais toujours les choses pour les autres, sans jamais me demander si c’est une bonne chose pour moi.

Ce serait ton plus grand regret ?

Ouais, je pense. D’avoir manqué de cran. Tout est arrivé tellement simplement. Moi, dans la tête d’un mec de 20 ans, avec l’arrogance qui me caractérisait. Je trouvais ça tellement simple d’arriver sur scène (celle de la ‘Star Academy’, NDLR), comme ça, et de chanter avec de grands artistes, comme si cela m’était dû. En fait, je n’ai pas réalisé sur le moment que c’était exceptionnel.

Être honnête comme tu l’as toujours fait avec tes convictions et tes valeurs, c’est quelque chose que tu aurais clamé 13 ans en arrière ? Tu aurais tout fait pareil ?

C’est une bonne question. Je pense que je suis prêt aujourd’hui à être complètement honnête, ce n’était pas le cas à l’époque.

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