Festival de la Paille 2025

Festival de la Paille 2025 : une 23ᵉ édition aussi riche qu’intense

Pour la deuxième année consécutive au format trois jours, le Festival de la Paille a de nouveau fait vibrer Métabief. Retour avec aficia sur cet intense week-end.

C’est en juillet 2000 que l’histoire commence. Si à la base l’événement était prévu pour accueillir moins de 1 000 spectateurs, la Paille a su étendre ses racines au fil du temps et attire depuis des années plus de 20 000 festivaliers. Un travail que l’on doit au Collectif Organisation, une association qui avait l’ambitieuse envie de dynamiser la vie locale. La programmation est éclectique, l’ambiance est au rendez-vous.

Vendredi 1er août : De belles premières vibes…

C’est sous une légère pluie qu’a débuté le festival. Loin d’être un détail : le terrain est en pente… Ajoutez de la terre boueuse, et vous êtes sûr d’être concentré au moindre pas. Mais nous n’en sommes pas encore là. On attaque par Hatik, qui a fait monter l’ambiance avec ses titres les plus connus, et s’est également montré original en reprenant du Johnny Hallyday avec un gars de son équipe. Un moment sympa, mais une prestation globalement calibrée pour son public.

Dans cette première soirée, on retiendra la pop d’Ojos, avec un joli concert offert par le duo entre rythmes lancinants et moments plus fougueux. L’expérience de Silmaris était également de la partie, très explosifs, occupant pleinement la scène. Hilight Tribe, figure de l’électro-transe, nous a embarqués dans un voyage psychédélique, riche au niveau sonore et visuel. Une parenthèse très satisfaisante avec un peu d’alcool dans le sang, on n’imagine pas ceux avec d’autres choses dans les veines (on en connaît).

La frustration viendra des Ogres de Barback & La Rue Ketanou, qui forcément ont joué principalement les musiques de leur album commun. L’osmose de tout ce petit monde est palpable, mais il nous manquera le côté purement instinctif. Avec beaucoup de discours entre les morceaux, aussi. D’ailleurs, le titre exclusivement lié à La Rue Ketanou, a fait vriller le public. Évidemment bien plus connu, vous me direz.

Samedi 2 août : Valérie Ékoumé solaire, le show Deluxe, et Théa… simplement phénoménale

On commence un peu tard cette deuxième journée, la combinaison d’un réveil tardif et d’un apéro à 16h qui a un peu traîné en longueur. Du coup on arrive presque à la fin de Saïan Supa Celebration, qu’importe ; l’énergie est dingue, les gars sont là pour nous faire bouger, ça chante à tout va. L’ambiance est posée.

Place à l’envoûtante Valérie Ékoumé, qui a porté le public de manière naturelle. Sous ses ordres, on vacille à droite, à gauche, on se baisse puis on se lève. Une chanteuse solaire, avec un sourire qui en dit beaucoup sur son amour pour la scène. Et des transitions qui sont dans cette même veine.

On s’accorde une nouvelle pinte et on se pose devant Deluxe, un moment finalement clé du festival. Le groupe nous balance à la tête une musique enivrante, emmenée par LiliBoy, artiste hors pair à la voix si spéciale. Derrière, le groupe s’éclate, les mélodies pleuvent. Des feux d’artifice émergent du plancher, un vrai spectacle, où la musique devient fédératrice.

Deluxe – Til I Do

Et vient ensuite Théa. La chanteuse a enchaîné ses titres avec une rage communicative, emmenant en un claquement de doigts tout le public de la « petite scène » avec elle. Des moments de répit aussi, qui se transforment vite en un bordel savoureux. La qualité de ses titres, combinée à sa prestance, a fait de ce passage une des meilleures prestations du festival.

Théa – Hannah Montanah
Théa – Anxiolytiques

Dimanche 3 août : La douceur de Solann, Adé essoufflée, et Jahneration qui s’invite dans la foule

Dernier jour, ça passe bien trop vite. Tellement vite, d’autant plus que les prestas commencent plus tôt ce dimanche. On rate donc Bleu Berline, avec pas mal de regrets. Mais bon, la pause houblonnée de l’après-midi l’a encore une fois remporté. Adé occupe alors la scène principale, un très bon moment quand on apprécie ses morceaux. Mais le public est resté un peu timide. Dommage, la chanteuse parisienne a donné de sa personne, finissant presque à court de souffle.

Solann arrive alors avec cette douceur si enivrante, et ses textes aussi intimes que puissants. Un instant hors du temps, un joli déluge d’émotions. Et avec le recul, c’est ce qu’on recherche également, au sein d’une journée qui marque petit à petit la fin du festival.

Solann – © Rémi Tschanz

D’ailleurs, après 3 jours de musique, le sol commence à souffrir des allers-retours des milliers de personnes et d’une floppée d’averses. Mieux vaut éviter les endroits ultra-piétinés, mais c’est resté correct, et c’est aussi le charme du Festival de la Paille. Le duo Jahneration débarque, avec une belle énergie et en constant lien avec le public. Les bras sont constamment levés, et le reggae s’invite au plus près quand Thëo décide de chanter au milieu de la foule. On a adoré.

Adé – Tout savoir
Jahneration – Badminds

Les minutes défilent, les scènes baignent depuis un bout de temps dans l’obscurité. Nous nous laissons bercer une ultime fois par les jeux de lumière de Polo & Pan. Le groupe nous transporte, fait parler son expérience scénique. Un talent qui a traversé les frontières.

La conclusion.

Trois jours de fête passent bien trop vite. On s’excuse auprès des artistes qu’on n’a pas pu voir cette année. Mais une nouvelle fois, le Festival de la Paille nous a offert son lot d’émotions. Une belle parenthèse ponctuée de bonne musique mais aussi de belles rencontres, de verres partagés, de sourires et de rires. La Paille a 25 ans, et continue de faire vibrer ce cadre naturel toujours aussi enchanteur.