Slimane : faut-il écouter l’album « À bout de rêves » ?

Slimane

Slimane mérite-t-il la place de leader du Top Albums avec À bout de rêves ? aficia passe son disque au crible !

À bout de rêves mais pas à bout de souffle. À travers ce premier album, Slimane prouve s’il était besoin de le faire qu’il a du coffre. Sa voix et son interprétation sont d’ailleurs les points forts de ces 11 chansons très personnelles. Il avait déjà démontré ses facultés à toucher en plein cœur sur le plateau du télé-crochet « The Voice » 5 dont il est le lauréat, notamment avec sa reprise de la chanson « A fleur de toi » de Vitaa, qui a toute sa place sur ce disque. Poignante, cette lecture piano/voix pourrait parler à plus d’un seul d’entre nous… et offre un moment intense à l’auditeur.

Une personnalité affirmée

Tout le monde n’est pas fleur bleue, et heureusement pour ceux qui n’aiment pas les chansons d’amour, À bout de rêves en contient peu, dont « Tu m’aimes bien » (en duo avec Annabelle), moins percutante il faut bien l’avouer.

On est effectivement beaucoup plus sensible aux textes à travers lesquels Slimane raconte son parcours semé d’embûches sans jamais aucune plainte et avec discernement, tout en mettant en perspective la lueur d’espoir à laquelle il faut s’accrocher (« L’enfant de la rue », « Paname ») ; ou lorsqu’il évoque les liens du sang (« Frérot »), et notamment ceux qu’il entretient avec sa mère dans le titre « Je serai là ». Certes, c’est du déjà vu et les mots choisis ne sont pas toujours à la hauteur pour évoquer l’indispensable héritage sentimental nécessaire à la construction d’une vie d’adulte. Mais encore une fois, la magie Slimane opère, sans qu’on sache vraiment pourquoi. C’est ce qu’on appelle le talent.

Des mélodies imparables

Globalement, les rythmes et les sonorités sont variés, les mélodies imparables et les couplets de chacune des chansons sont convaincants. Mais ce sont les refrains qui bien souvent pêchent. Ils sont plus pauvres en matière de texte et on pourrait même leur reprocher d’être un peu trop faciles car très (trop) répétitifs. On le ressent d’autant plus sur les deux titres les plus rythmés, « Le million » et « On s’en fout », qui invite à l’ivresse, et dans lequel Slimane se défend de la comparaison avec Stromae. Comparaison pour le coup justifiée.

Les deux titres les plus aboutis sont « Le vide », évocation voilée d’une fêlure post-attentat déchirante, et « Adieu », qui découle d’une douloureuse rupture amoureuse. Ils mettent en lumière une voix sur le fil de l’émotion.

Écoutez À bout de rêves, le premier album de Slimane :