Emmanuel Moire en interview : « J’honore ma collaboration avec Jean-Jacques Goldman… »

Emmanuel Moire - DR

De retour dans la lumière avec son nouvel album Odyssée, Emmanuel Moire a bien voulu répondre à nos questions et celles de ses fans. Acceptation de soi, parcours, projets, envie de scène… L’artiste se confie en toute sincérité.

Tout comme Ulysse, Emmanuel Moire a voyagé en quête de vérité, de partage et d’amour. Ce périple, il le partage à travers les 13 pistes de son Odyssée. Un nouveau chapitre de son histoire qu’il a eu envie d’écrire. Il y dessine ce qu’il est, ce qui lui donne de l’espoir et ce qui le rend heureux.

À l’occasion de la sortie de ce dernier effort, le chanteur originaire du Mans a évoqué ses débuts, sa collaboration avec Jean-Jacques Goldman et ses projets pour les mois à venir… Confidences !

Emmanuel Moire… l’interview !

Bonjour Emmanuel, que de chemin parcouru depuis ton rôle dans ‘Le Roi Soleil’ ! Quel regard portes-tu sur ces 14 dernières années ?

De la bienveillance, beaucoup de bienveillance. J’ai vécu de très belles choses et d’autres un peu moins. J’ai vraiment appris quelque chose à chaque fois. Je ne suis pas dans le regret. Je crois que si j’avais quelque chose à changer, je ne changerais rien du tout. Je suis assez fier d’avoir participé à des projets très différents, dans des horizons différents que ce soit en spectacles musicaux comme ‘Le Roi Soleil’ ou ‘Cabaret’. J’ai aussi un regard très bienveillant sur les quatre albums précédents qui sont une suite logique à chaque fois. Je trouve que l’on voit aussi mon évolution de mon travail à travers eux. Je suis assez fier et content. Je me sens plutôt sur la bonne voie ! (Rires)

Tu as décidé de te lancer dans l’aventure ‘Destination Eurovision’ avec ton titre « La promesse ». Peux-tu nous parler un peu de cette aventure qui a dû être forte en émotions ?

Je suis très content de l’avoir fait ! C’était particulier pour moi car c’est le comité de ‘Destination Eurovision’ qui m’a approché directement parce qu’il voulait que « La promesse » en fasse partie. Je n’ai pas fait la chanson pour le concours et les membres du comité pensaient que ça serait super qu’elle fasse partie des 18 chansons. Au début, j’étais un petit peu sceptique et puis je me suis laissé séduire par l’idée. Avec le recul, je suis content d’avoir participé à l’émission parce que ce n’est pas si simple d’être dans un concours, de devoir faire face aux commentaires des gens. Ça m’a demandé de travailler la chanson d’une autre manière. Peut-être que je n’aurais pas proposé ce tableau… Peut-être que je n’aurais pas autant travaillé sur le visuel… Ce qui m’a aussi donné envie de faire le clip avant et de le décliner ensuite sur scène pour l’émission.

J’ai vraiment aimé travailler cette chanson de cette manière. Je trouve que ça m’a permis aussi de la faire découvrir. C’est quand même assez de rare de pouvoir chanter une chanson qui a pour sujet l’orientation sexuelle en direct sur France Télévisions durant deux soirées. La démarche est assez chouette et je suis content d’avoir pu le faire et de cette manière. Effectivement, ça a été beaucoup d’émotions positives car j’ai pu constater que les gens, qui ne m’avaient pas vu depuis un moment, ont été content de me retrouver avec cette chanson. C’est plutôt un bon point. Il a fallu aussi que je gère l’après-compétition. J’ai été très content même si ce n’est pas moi qui vais représenter la France. J’ai une philosophie de vie qui me permet d’accepter les choses comme elles sont et ça donne un sens à tout ça. Je ne suis pas dans la déception même s’il a fallu que je gère la « journée d’après ».

Le fait de voir que ta chanson a eu beaucoup de succès, même avant ‘Destination Eurovision’, t’a-t-il réconforté quant à l’arrivée d’Odyssée ?

Je pense que ça a soulagé quelque chose. Même si, encore une fois, à partir du moment où mes chansons sortent, elles ne m’appartiennent plus. En fonction des projets que j’ai fait tout au long de ces années, les rencontres avec le public se font certaines fois et d’autres non. Ce n’est pas évident à vivre c’est certain. Mais je trouve quand même que tout ça, ça a des vertus. Le chanson « La promesse » ne laisse pas vraiment d’indicateur sur l’album qui est arrivé après. Pour moi, ce sont des choses abstraites à vrai dire… Ce qui est concret c’est la tournée, rencontrer mon public. Mais c’est encore loin pour le moment. Là, je ne sais pas trop ! (Rires) J’essaie tout simplement de faire mon travail et de le faire bien. Après, ce qui se passe n’est plus de mon ressort. C’est ce qui est parfois difficile dans ce métier. Il faut toujours être dans l’équilibre entre le contrôle et la souplesse. Je travaille, je contrôle ce que je peux faire, ce que je peux améliorer.

Découvrez « La promesse » d’Emmanuel Moire :

Tu reviens donc avec ce nouvel album qui se présente comme un voyage, une aventure, celle de la vie. Quelles ont été tes sources d’inspiration pour écrire les titres ? T’es-tu, par exemple, inspiré de ton voyage en Mongolie ?

Odyssée, c’est vraiment cette aventure, ce voyage initiatique. Je me suis inspiré de la mythologie, des contes et légendes. Il faut des étapes différentes, importantes comme pour le voyage du héros. Partir à l’aventure, l’initiation, le retour chez soi… Ce sont des étapes que j’aime parce que je trouve que ça parle de nos vies tout simplement.

Concernant le voyage en Mongolie… J’avais terminé l’album l’été juste avant de partir là-bas donc la Mongolie ne m’a pas aidé à réaliser cet album. Mais en revanche, quand j’étais dans ce magnifique pays, j’ai pris conscience que ce que je venais de faire était important et dans la vérité pour moi. Ça a valorisé mon travail de partir. Je me suis senti en accord avec ma mission de vie. Pour moi, écrire des chansons et faire mon travail c’est contribuer à me sentir utile et ça a été très flagrant durant ce voyage. Quand j’ai réécouté le disque alors que j’étais là-bas, je me suis senti fier de l’avoir réalisé et je me suis dit que j’avais réussi à transmettre ce que je veux aujourd’hui.

Emmanuel Moire - DR

Sur Odyssée, l’ordre des chansons a son importance. Est-ce également le cas pour tes précédents albums ?

Sur mes précédents albums, il y avait toujours une thématique globale et des chansons avec des thèmes mais c’était moins flagrant que pour Odyssée. Je crois que pour celui-ci ça se sent plus parce que c’est moi qui l’ai écrit et j’avais la volonté que chaque chanson soit un chapitre de l’album et qu’elle traite un chapitre de l’Odyssée. J’ai été hyper à cheval sur ce sujet et je pense que j’ai toujours été un peu comme ça. Pour Odyssée, je suis allé encore plus au fond des choses.

Finalement, est-ce que « Le grand saut » n’a pas été de te lancer dans l’écriture pour Odyssée ?

Complètement ! C’est ce que j’aime dans l’ouverture de cet album. L’idée de la chanson « Le grand saut » c’est de franchir le pas, de suivre l’élan. C’est aussi le plus dur à réaliser quand nous sommes appelés à faire quelque chose. Pour moi c’était compliqué et c’est vrai que l’écriture n’a pas été très simple au début, quand j’ai commencé à faire ce disque. « Le grand saut » a été de me réapproprier les mots, écrire simplement ma pensée, mon regard sur les choses et de le faire à ma manière. J’ai toujours aimé les challenges et l’écriture en était un gros. J’ai fait ce grand pas pour me reconnecter avec mon écriture.

Quel a été le titre le plus difficile à écrire dans l’album et pourquoi ?

Justement, je pense que « Le grand saut » a été très difficile à écrire ! (Rires) Sûrement parce que je n’étais pas prêt à le faire… Pour avoir un texte terminé, je dois avoir entre quinze et vingt pages écrites. Ça demande toujours du travail. « Le grand saut » s’est fait sur la longueur. Je l’ai écrit sur ces deux trois dernières années. Je revenais dessus, je n’étais pas convaincu, je changeais des choses. Et en même temps, le propos de cette chanson est tellement difficile que j’ai fini de l’écrire quand j’ai été en paix avec elle et que je me faisais confiance. Ça a été très compliqué d’écrire ce titre comme ça l’est de faire « Le grand saut ». (Rires)

Découvrez « Le grand saut » d’Emmanuel Moire :


Et quel est ton titre préféré de l’album et pourquoi ?

C’est difficile parce que j’ai vraiment un affect particulier pour chaque titre. Pour moi, ils ont tous leur raison d’être sur l’album. Dans chaque disque, j’ai toujours ce triptyque de l’ouverture, le milieu et la clôture de l’album. Le milieu est à chaque fois une chanson qui rappelle de quoi parle le disque. Sur celui-ci, c’est la chanson « La quête » qui compte pour moi et si je pouvais résumer le propos global de cette chanson, je dirais que c’est d’aller à la rencontre de soi-même. J’ai tellement aimé faire ce titre et l’écrire. Je l’ai écrit en plusieurs parties. J’ai commencé par la dernière. Je n’avais pas écrit celle sur le passé, la famille, le bagage que nous portons en héritage. Ça a été passionnant d’écrire ce titre. Ce n’est pas l’un de mes titres préférés dans le résultat mais plutôt dans la manière où ça a été fait.

Découvrez « La quête » d’Emmanuel Moire :


Parmi les titres, il y a aussi cette collaboration avec Jean-Jacques Goldman qui se fait rare ces dernières années. Vous vous êtes connus, entre autres, grâce aux Enfoirés. Est-ce un besoin pour toi d’avoir fait appel à sa plume ?

Je ne sais pas si ça a été un besoin… Je sais seulement que quand j’ai commencé à écrire l’album, je n’étais pas sûr de pouvoir le faire tout seul. J’ai sollicité quelques auteurs dont Jean-Jacques. Je lui ai simplement dit que je travaillais sur mon nouveau disque et que j’avais envie de collaborer avec lui. Evidemment, il travaille de moins en moins et son investissement est plus rare… Mais il m’a fait savoir que si j’avais une mélodie qui restait sans texte, je pouvais lui envoyer. J’ai peaufiné une mélodie tranquillement de mon côté, je lui ai envoyée et quelques temps après il m’a envoyé ce très beau texte qu’est « Des mots à offrir ». Ça a été très simple comme il l’est. Il a cette faculté incroyable de se mettre dans la peau des autres, de parler pour eux. C’est ça qui est magique. Je ne lui ai rien dit sur les thèmes abordés dans l’album. Ce qu’il a réussi à comprendre et à saisir de moi, il l’a parfaitement fait. J’honore cette belle collaboration.

Tu vas sûrement faire des plateaux radio et des lives en plus de la tournée et ta communauté du Mans m’a beaucoup demandé si tu allais leur rendre visite en plus du concert prévu le 7 décembre…

Je suis content d’aller à la rencontre des gens après ces trois années de silence. La tournée c’est concret, ça permet de donner vie à l’album. J’ai hâte de lui donner forme et d’aller à la rencontre de mon public. C’est toujours des moments d’échange et de spontanéité. J’aime beaucoup ça ! Concernant Le Mans, c’est vrai que j’y ai ma famille et qu’il m’arrive d’y aller de temps en temps. J’y vais dimanche d’ailleurs pour voir mon papa. Mais c’est un secret ! (Rires) C’est vrai qu’avec cette période intense de travail, c’est difficile d’aller les voir souvent et j’essaie toujours d’y aller dans les moments importants et prendre soin d’eux.

Emmanuel Moire - DR

As-tu déjà quelques idées pour la tournée à venir ? Y aura-t-il des choeurs ? Du merchandising ?

Pour le moment, nous avons annoncé la première partie de la tournée qui concerne les mois de novembre et décembre. Nous travaillons déjà sur la suite… Et même entre les dates déjà annoncées, d’autres vont se rajouter. Parfois les salles de concert se réservent un an, voir un an et demi avant donc ça prend toujours un peu de temps. Il faut être patient. Toutes les régions dans lesquelles la tournée ne passe pas pour le moment auront aussi droit à des concerts.

C’est chouette de sentir l’envie des gens de me voir ! Ça me fait beaucoup de bien de savoir que le public m’attend un peu partout en France. Concernant le contenu des concerts, c’est un peu difficile d’en parler pour le moment car c’est encore un peu loin. Je sais déjà que j’aurai les mêmes musiciens que sur la précédente car ils sont aussi sur l’album. Beaucoup de choses vont dépendre des moyens. Pour le merchandising, je pense qu’il y en aura comme sur les précédentes… Encore une fois, c’est un peu tôt pour avoir toutes les informations…