Cinq questions à Gaëtan Roussel : « Hoshi a une manière non-négociable de chanter… »

Nous avons pu poser quelques questions à Gaëtan Roussel lors de son passage au Printemps de Bourges. L’occasion de parler de ses influences, du retour de Louise Attaque et de son duo avec Hoshi… Confidences !

Faire l’historique de la carrière de Gaëtan Roussel prendrait des lignes et des lignes, il suffit de jeter un coup d’œil à sa discographie… L’artiste aime multiplier les projets. Alors qu’il a débuté au sein de Louise Attaque, il mène aussi une carrière en solo et a inventé le duo Lady Sir avec Rachida Brakni.

Côté solo, il a fait un retour remarqué avec l’album Trafic, né entre deux mondes, deux cultures, deux continents… aficia a rencontré cet artiste dont la voix a marqué de son empreinte la scène française.

1 Nous savons que depuis vos débuts, vous êtes influencé par la musique anglo-saxonne. Le fait d’avoir travaillé avec des musiciens anglophones sur Trafic a-t-il renforcé ce lien ?

Pour être tout à fait honnête, oui et non. Le non c’est parce que j’ai travaillé avec des anglo-saxons mais à Los Angeles qui est un peu la ville américaine internationale par excellence. Il n’y a pas vraiment d’Américains là-bas. J’ai travaillé avec un Australien et un Suédois ! (Rires) Mais cependant, là où je vous rejoins, c’est que j’ai pu y trouver c’est des personnes très détendues et un endroit où tout est possible. C’est à vous de savoir ce que vous voulez ou non parce qu’autrement vous pouvez aller un peu n’importe où.

Après, j’ai vraiment eu un contact avec la musique anglo-saxonne en travaillant avec Gordon Gano qui est le chanteur du groupe Violent Femmes que nous aimons beaucoup avec mes camarades de Louise Attaque. Mais vous avez raison, j’ai toujours un pont avec ce genre de musique.

2 Vous avez toutes ces références anglo-saxonnes et pourtant vous chantez en français…

Moi, je ne veux pas chanter en anglais parce que ce n’est pas une langue que je maîtrise pour pouvoir l’exprimer. J’ai envie de chanter en français. J’utilise l’anglais comme un gimmick avec des chœurs donc plus comme un instrument que comme quelque chose qui va raconter l’histoire. L’influence anglo-saxonne est plus dans les sons et les rythmes.

Je suis un fan de Talking Heads, de mecs comme Damon Albarn de Gorillaz. Cet artiste arrive à détendre tout le monde. Ce qu’il faut aussi, c’est ne surtout pas faire comme les autres et avoir son propre style. Les références, ce n’est pas là où il faut arriver, c’est de là où nous partons. J’ai aussi des influences françaises avec Souchon ou Goldman.

#PDB 2019 - Gaëtan Roussel - © Marie Guillot-Farneti

3 Avec Louise Attaque, vous avez fait retour remarqué et attendu en 2016. C’était un besoin cette parenthèse ?

C’était un besoin et c’était une chance de pouvoir le faire. Quand nous avons fait notre premier album, ça a tellement dépassé tout ce que nous pouvions attendre que c’est devenu un passeport à tous les niveaux. Autant dans la tête pour créer que financier. Je trouve ça chouette que nous nous soyons dit que la nécessité n’était pas d’enchaîner les disques mais de se faire plaisir. J’aime bien cette idée.

Quand nous sommes revenus, nous avions besoin de tout remettre à plat. Nous avons fait des changements et maintenant l’ambiance est très détendue. Nous pourrions refaire une tournée demain ou juste enregistrer un album. Le public a été tellement généreux que nous n’aurions pas pu faire juste une tournée il y a deux ans. Chacun a sa manière de revenir aussi. Par exemple, Téléphone a fait un retour juste en jouant sur scène. Pour nous, c’était un besoin de faire un disque. La prochaine fois, je pense que nous pourrions faire juste une tournée si la demande est là.

4 Hoshi est aussi présente sur ce Printemps. Vous avez partagé un duo ensemble. Pouvez-vous me parler de cette rencontre ?

J’ai entendu des morceaux d’Hoshi avant qu’ils ne sortent et j’ai beaucoup aimé sa façon de chanter. Hoshi a une manière non-négociable de chanter. Elle lance les choses et ne tourne pas autour du pot. C’est très franc et tendu. Il y a une tension dans ce qu’elle fait et j’aime ça. Je lui ai proposé une balade parce que j’étais sûr qu’elle pourrait la chanter avec beaucoup de tenue. J’aime bien la demoiselle !

5 Est-ce important de partager des moments comme celui-là avec de jeunes artistes quand on a la carrière que vous avez ?

Oui c’est important de partager le plus largement possible et de rencontrer les autres. Je peux autant partager avec elle qu’avec des artistes qui appartiennent plus à ma génération. Je suis volontaire. C’est super de voir la nouvelle génération qui arrive et qui a des choses à dire. Il y a des beaux disques qui existent. Moi qui suis un amoureux des mélodies et des chansons. Après, nous les habillons comme nous le souhaitons. Il y a des supers chansons de partout. Je suis très heureux de connaître et d’avoir travaillé avec Hoshi !



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