Il y a toujours un après Star Academy. Ulysse en est le parfait exemple puisqu’il vient de sortir son premier single “Fou”. Il se livre sans filtre au cours d’une belle interview sur aficia.
Ulysse, c’est ce petit jeune de 25 ans qui a fièrement porté les couleurs de Marseille dans la dernière saison de la Star Academy. Artiste sensible et passionné, il séduit par sa voix singulière et son univers pop/rock moderne. Aujourd’hui, il parcourt les Zénith de France, de Belgique et de Suisse dans une tournée de plus de 50 dates aux côtés des autres finalistes de l’émission.
Contrairement à ses camarades Marguerite, Maïa, Marine ou Charles, Ulysse a été plus patient. Tant de sujets que nous allons pouvoir parcourir au cours d’une riche et belle interview !
Ulysse, l’interview sans filtre
Tu as démarré ta carrière en 2015 en remportant Rising Star avec le groupe Baby’s, puis il y a eu le projet électro Ulysse From Mars (2018). C’est loin dans le temps mais ça fait partie intégrante de ton début de carrière. Ce ne sont pas des époques que tu regrettes pour autant ?
C’est vrai qu’à la base, j’ai mis un premier pied dans la musique avec mon groupe les Baby’s. Et non, ce ne sont pas des époques que je regrette, au contraire : je pense que c’était l’une des plus belles périodes de ma vie. J’ai vécu des moments hyper forts. Quand t’as 10 ans et que tu commences à faire des concerts un peu partout, c’est quand même extraordinaire.

Je pense que ces expériences ont forgé la personne que je suis aujourd’hui. Même la période électro avec Ulysse From Mars m’a énormément appris. Ce sont des étapes qui m’ont aidé à mieux comprendre la direction que je voulais prendre par la suite, musicalement. Je n’ai absolument rien à regretter, tout était trop bien à chaque moment. J’en garde de super souvenirs.
Si tu devais résumer ton passage à la Star Ac’ en trois mots, ce seraient lesquels ?
(Surpris, ndlr) Attends… Je dirais “progression” d’abord, parce que je partais de loin, et j’ai énormément progressé, que ce soit vocalement, en danse – même si j’étais pas du tout danseur à la base – ou en théâtre, que j’ai totalement découvert. J’ai énormément appris là-dessus aussi. Donc ouais, progression, c’est le mot principal.
Ensuite, je dirais “ouverture” parce que j’ai appris à m’ouvrir aux autres. Vivre en colocation avec 14 personnes, c’était totalement nouveau pour moi. Avant ça, j’étais quelqu’un d’assez renfermé, très solitaire. Cette expérience m’a vraiment changé là-dessus.
Et enfin, je dirais “extraordinaire”, parce que j’ai vécu des moments dingues : partager un duo avec Jean-Louis Aubert, chanter avec mon père sur scène… Et puis le jour de mon anniversaire, le groupe AaRON est venu au château me faire une surprise pour chanter Lili avec moi. C’était fou.
Tu penses que l’émission te change en tant qu’Homme, ou en tant qu’artiste ?
Carrément. Je pense qu’on ne ressort pas de cette expérience comme on y est entré. Déjà, il y a l’isolement, qui n’est pas naturel à vivre. Tu es coupé du monde, tu reçois très peu de nouvelles, même de tes profs. Et puis, artistiquement, j’ai beaucoup évolué. J’ai aussi appris à aimer la langue française. Avant, j’écrivais uniquement en anglais. Pendant le temps au château, j’ai commencé à apprécier chanter en français, à jouer avec la langue. Ça m’a ouvert l’esprit, ça m’a ouvert aux autres aussi. Donc oui, ça m’a changé sur plein d’aspects.
Tu penses que votre génération est plus influencée par l’anglais en termes de chanson que le français ?
Je ne sais pas si c’est toute notre génération, mais en tout cas, moi, j’ai été influencé par la musique anglaise. C’est ce que mon père me faisait écouter : beaucoup de rock anglais, que ce soit U2 ou d’autres.
J’ai grandi là-dedans. Le français, j’en écoutais très peu. Mon père écoutait surtout du rock, donc à part Téléphone ou les BB Brunes, y avait pas grand-chose. C’était assez limité. Donc ouais, j’ai écouté énormément d’anglais. Mais aujourd’hui, j’ai l’impression que les gens écoutent surtout du rap, et beaucoup de rap français.
Comment t’es-tu structuré depuis la sortie de l’émission ? J’ai entendu dire que tu étais en indépendant, pas de label encore ? Comment ça se fait ?
Depuis que je suis sorti du château, je me suis surtout concentré sur la production de morceaux. C’est ce que j’aime le plus : composer. Je me suis aussi entouré des bonnes personnes, notamment de mon manager, qui fait un taf incroyable.
C’est essentiel de bien s’entourer dans ce milieu, qui peut être très dur et où les gens ne sont pas toujours honnêtes. Il faut pouvoir faire confiance à son entourage. Quant au label, ce n’était pas notre priorité immédiate. Le but, c’était d’abord d’installer notre univers musical. Ensuite, on verra pour collaborer avec un label qui est vraiment intéressé par la direction artistique que je propose, pas juste parce que je sors de la Star Academy.

Tu aurais des envies de label en particulier ?
Pas forcément. Je n’ai pas un label précis en tête. Ce que je veux, c’est bosser avec des gens passionnés, qui kiffent le projet. C’est ça le plus important.
Tu as quand même rencontré des artistes depuis la Star Academy, hormis Alice et Moi qui t’a aidé sur ce 1er extrait ?
Oui ! J’ai rencontré Adrien Gallo, le chanteur des BB Brunes. Et c’est vrai que quand tu sors de la Star Ac’, après avoir chanté un de ses titres, et qu’il te dit qu’il aimerait bosser avec toi… c’est vraiment super cool !
J’étais invité au Dôme à Marseille il y a quelques jours pour découvrir en live le concert de la Star Academy. Est-ce que tu as pris plaisir ?
Carrément. C’était une date que j’attendais beaucoup. J’avais prévu plein de choses, même dans mes prises de parole, j’ai changé pas mal de choses. Et puis on avait prévu des surprises ! Sur Cosmo, par exemple, on est tous arrivés avec le maillot de l’OM.
C’était vraiment le Cosmo le plus incroyable depuis le début de la tournée. J’ai reçu un accueil fantastique. Franchement, je m’y attendais pas. Même si je savais que je jouais chez moi, je me disais que Marseille, c’est plus une ville de rap ou de foot, et que les gens n’en avaient pas grand-chose à faire de la Star Ac’. Et j’ai été super surpris.
Les Marseillais dans le rap on les connaît, mais dans la pop c’est plutôt rare ! Tu aimerais devenir la nouvelle pop star marseillaise ?
Carrément ! J’adore représenter ma ville. Tous les Marseillais te le diront, Marseille, c’est une ville à laquelle on est très attaché. Il y a une ferveur unique ici. Si je peux porter les couleurs de Marseille en tant qu’artiste pop-rock, c’est avec grand plaisir.
On a vu que tu t’étais déjà pas mal rapproché de l’OM, on a vu pas mal de vidéos. Maintenant, faudrait réussir à glisser sur la musique au fur et à mesure…
Ouais, c’est ça. Mais déjà, tu vois, rien que le fait d’avoir été invité au stade, d’avoir rencontré Jean-Pierre Papin, Pablo Longoria… c’est fou ! Je pensais jamais vivre ça. En tant que grand supporter de l’OM, c’est un vrai rêve.
As-tu une vision claire sur la direction artistique que tu veux prendre ?
Oui, j’ai une vision assez claire. Je garderai toujours mes influences rock, parce que c’est ce que mon père m’a transmis, c’est là d’où je viens, et c’est ce que j’écoute tous les jours.
Mais j’aime aussi me diversifier. C’est pour ça que je cite souvent Post Malone. Lui, il vient du rap, mais son dernier album est carrément country. J’ai pas envie de me mettre de barrières. J’ai envie d’explorer plein de choses, de rester fidèle à mon ADN rock, tout en allant vers la pop, le rap, etc.
Ça donnerait quoi, Ulysses dans le rap ?
Eh bien écoute… Je sais pas encore, mais les gens le découvriront bientôt, j’espère !
Est-ce que tu as la sensation qu’il faut être quand même efficace dans ce qu’on propose en termes de musicalité pour être entendu ?
Oui, on a tous cette petite pression. On se demande : “Est-ce que ce morceau va plaire ?” Et on essaie souvent d’aller dans des directions qui plaisent au public.
Mais je pense qu’il faut avant tout faire ce qu’on aime. Parce que c’est cette musique-là qu’on va défendre sur scène. Si tu fais que ce que les gens attendent, et pas ce que toi tu aimes, au final tu te perds. Ce métier, on le fait d’abord pour soi. Et puis, si t’es pas sincère, les gens le ressentent tôt ou tard. Donc ouais, il faut d’abord faire ce qui nous plaît.
Qu’est-ce qui est le plus complexe à gérer aujourd’hui, pour toi, en tant qu’artiste ?
Les réseaux sociaux, clairement. Même si je suis actif, à la base, ce n’est pas quelque chose d’inné chez moi. Avant, j’étais très peu dessus. C’est pas ce que je préfère, mais je me rends compte que c’est nécessaire pour avoir une actualité, pour garder le lien avec les gens.
Et sinon… tout ce qui est administratif (rires). Heureusement que mon manager est là pour gérer ça. (Il le regarde du coin de l’œil, ndlr)
Ce premier single “Fou” a dû être lancé rapidement pour ne pas retomber dans l’anonymat post-Star Academy. Elle est dure cette pression à gérer aussi ?
Oui, on ressent vite une attente. On veut que les morceaux sortent vite, surtout pendant la tournée, pour profiter de la lumière. Mais il ne faut pas se précipiter.
Fou, je l’avais déjà composé avant, mais je voulais être sûr du morceau. Je voulais qu’il me plaise à 100 %, qu’il soit vraiment catchy. Et franchement, je ne regrette pas du tout d’avoir pris mon temps. Les premières versions n’avaient rien à voir avec celle qui est sortie. Je suis super content du résultat final.
Tu as une idée de combien de temps ça représente de travail ce single entre le moment où tu l’as commencé et la dernière version masterisée ?
Je l’ai commencé il y a quelques années chez moi. La toute première version est née très rapidement, en anglais. Ensuite, il a fallu le réécrire en français, ce qui n’est pas juste une traduction. Ça demande un vrai travail de réécriture.
Après le château, j’ai retravaillé le texte avec Alice (Alice et Moi). Puis, le morceau est passé entre plusieurs mains avant d’aboutir à la version finale. Rien que post-Star Ac’, ça a bien pris 2-3 mois. Et avec tout le travail avant, c’est clair que ça représente pas mal de temps.
Si tu pouvais collaborer avec n’importe quel·le artiste, qui choisirais-tu ?
Le rêve absolu, ce serait Post Malone. C’est un artiste que j’admire énormément. Après, c’est sûr que c’est un rêve un peu fou, mais on a bien le droit de rêver non ? (rires) Sinon, plus proche de nous, il y a d’autres artistes que je respecte énormément aussi.
Une exclusivité pour finir cette interview ?
Hier, vraiment hier, on a fait un morceau qui, je pense, est un vrai tube. Et ce sera probablement le prochain single. Mais je n’en dis pas plus… Il faut garder un peu de mystère ! En tout cas, c’est dans la boîte !







