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Oscar Anton en interview : “J’ai envie de changer la manière de consommer la musique !”

Exclusivité aficia

Oscar Anton a décider de surprendre avec un projet ambitieux qui s’étire sur l’ensemble de l’année 2020. Un projet dont il est venu parler en toute sincérité sur aficia…

Oscar Anton est un touche à tout, un auteur, compositeur et interprète hors-pair… Un talent émergent que l’on suit depuis la sortie de son premier single “Voices”. Puis il y a eu “If You Wait For Me (Si tu m’attends encore)”, de nombreuses premières parties et un premier EP.

Mais Oscar Anton, aussi talentueux soit-il, veut changer la façon de consommer la musique d’aujourd’hui et propose un nouveau concept : celui de publier chaque mois, et pendant un an, un pack de trois morceaux ! Son projet s’appelle Home Of Sanity.

On a déjà eu le plaisir d’écouter “Down” au sein du January Pack et avons fondu pour son tout nouveau March Pack. Un concept inédit qui nous plaît beaucoup chez aficia… C’est intriguant et curieux que nous sommes allés rencontrer Oscar Anton pour en savoir plus sur tout ça !

Oscar Anton : l’interview…

Comment résumes-tu tes premières années de carrière ?

Cela a été des premières chansons écrites à l’âge de 14 ans, jusqu’à 16 ans où je me suis dit que j’en ferais mon métier. Il y a une première signature en maison de disques à 20 ans. Et puis à 23 ans, la décision de quitter le label pour commencer un projet différent qui est de l’auto-production en tant qu’artiste indépendant. J’ai ma direction artistique qui me correspond à 100% car c’est moi qui l’ai créée de A à Z.

Pour avoir du succès, il faut des gens qui nous écoutent.

Oscar Anton

Toute cette très jeune carrière a été entrecoupée de plein de concerts. C’est d’ailleurs l’une des raisons de pourquoi je fais ce métier. C’est vraiment la scène. J’ai eu la chance de faire pas mal de premières parties l’année dernière comme Amir, Amel Bent, Louane… Pas mal de grosses dates ! Je suis hyper content et je n’ai qu’une seule hâte, c’est de reprendre la route !

Cela fait plusieurs années que tu es dans l’industrie du disque. Trouvais-tu que les choses n’allaient pas à ton rythme au sein d’une major ?

Tu as raison dans le sens où il y a vraiment quelque chose que j’ai appris au cours de ma carrière, c’est la patience (Rires). C’est hyper long car le succès ne survient pas du jour au lendemain. On pense que tous les artistes sortent de nulle part en deux secondes. En réalité, ça fait des années qu’ils sont là mais qu’ils manquent cruellement d’exposition…

Donc oui, cela ne va pas assez vite, mais c’est normal. C’est un métier qui prend du temps. Pour avoir du succès, il faut des gens qui nous écoutent, et ça prend du temps d’aller les chercher. Tu ne peux pas choper toute la France en deux secondes (Sourire). C’est long, et ça l’était d’autant plus lorsque j’étais en label, parce que je n’avais pas le contrôle sur plein de trucs.

Oscar Anton : le clip de ”Down”

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Est-ce que, quelque part, tu trouves qu’il y a une incompréhension dans la construction d’une carrière d’un jeune artiste ?

Je trouve qu’aujourd’hui en France, la stratégie de développement d’un jeune artiste en major n’est pas cohérente avec ce qui est en train de se passer, entre le streaming, les réseaux sociaux… Aujourd’hui, on a tendance à miser sur les artistes et on attend qu’il se passe un truc, un peu comme par magie. On attend qu’un artiste apparaisse, donc on mise tout sur la radio et point barre.

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Et c’est ça qui prend du temps finalement, c’est de ne pas aller chercher les réseaux sociaux. Pour un artiste, cela devient hyper frustrant de ne pas réussir à sortir sa musique quand on veut et avoir l’exposition qu’on veut. Alors que si on avance petit à petit en dévoilant ses titres plus fréquemment, c’est moins frustrant. 

J’ai vraiment envie d’être dans un processus où je ne m’empêche plus de sortir un titre quand j’en ai envie.

OScar Anton

Le fait que tu aies quitté ton label Polydor, tu dresses un peu un constat alarmant de la gestion de carrière d’un artiste finalement…

Je ne suis pas du tout énervé vis-à-vis du label. J’ai passé de merveilleuses années au sein de Polydor et les équipes sont vraiment géniales. Je n’ai rien à dire là-dessus. C’est plutôt à la direction du label que j’en veux, de Stéphane qui dirigeait le label et de la direction générale d’Universal Music, où, le développement des artistes n’est pas la bonne.

J’ai eu un ras le bol car on me demandait de sortir un ou deux titres par an et d’attendre. Les chargés de promotion étaient alors chargés de faire rentrer le titre en radios, mais quand ça rentrait pas, bah ça rentrait pas (Sourire). Le travail s’arrêtait là. Et du coup, qu’est-ce que je fais en attendant, tu vois (Rires) ?

C’est à ce moment là que c’est d’autant plus frustrant. Non ?

Oui, pour moi, être artiste, c’est créer et sortir des chansons. Je ne peux pas faire l’un sans l’autre. J’ai toujours crée des chansons mais je ne pouvais pas les sortir avec Polydor. Et lorsqu’on me disait de sortir un nouveau titre, mes autres chansons n’étaient plus d’actualité. Donc j’ai vraiment envie d’être dans un processus où je ne m’empêche plus de sortir un titre quand j’en ai envie !

Comment traduirais-tu ton concept de Home Of Sanity ?

C’est ‘la maison de la santé mentale’. C’est ce que ça veut dire. C’est vraiment le projet dans sa globalité. C’est ce qui est prévu sur toute l’année. Comme je te l’expliquais, j’avais besoin de ne plus être frustré. J’avais besoin de sortir de la musique. J’avais besoin d’être fort mentalement et d’être heureux pour créer. Sortir mes chansons durant toute l’année, c’est un peu ma maison médicale à moi. La maison du bien-être.

C’est une sorte de guérison que tu fais passer par la musique ?

Le but c’est d’embarquer les gens avec moi sur toute l’année.

Oscar Anton

Oui, alors je ne suis pas malade, je te rassure (Sourire). Mais oui, je voulais un peu changer la forme et la manière de consommer la musique. Je voulais être en phase avec moi-même, avec la musique. Il fallait que je sorte des sons, que je sorte des sons régulièrement. L’idée est de sortir un pack par mois. À chaque fois, il y a aura deux titres originaux, plus un bonus.

Qu’est-ce que tu appelles un bonus ?

Le bonus, ça peut être tout et n’importe quoi. Je me mets aucune limite. Le but étant de faire rentrer les gens dans mon processus artistique. Ça peut aussi bien être une version instrumentale, qu’une reprise… comme une sorte de musique de film. Ce qui est important c’est que je crée cette musique cette année. Alors bien sûr, j’ai pris un peu d’avance sur les mois à venir, mais c’est que du neuf. Le but est d’être le plus spontanée possible.

Oscar Anton nous dévoile son agréable ‘March Pack’ !

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Donc si je compte bien, tu comptes dévoiler une bonne vingtaine de nouveaux titres sur l’ensemble de l’année ?

Exactement ! J’en ai exactement 12 fois 2 titres originaux, donc 24. Plus un troisième qui est un bonus. Donc oui, il y aura au moins 24 titres qui sortiront cette année et plus si affinité… On verra ! 

Y a-t-il une volonté de se démarquer aussi à travers ce concept inédit ?

Sur ce projet-là, je m’inspire pas mal du rap et du hip-hop américain.

Oscar Anton

Clairement ouais, bien sûr ! Sur ce projet-là, je m’inspire pas mal du rap et du hip-hop américain. Je trouve que les rappeurs sortent énormément de projets, et je trouve ça super. On arrête pas de parler d’eux. Ils font des collaborations avec tout le monde. Ils sortent de la musique beaucoup plus facilement… Dans la pop, on est beaucoup plus frileux.

J’ai vraiment envie de changer la façon d’écouter de la musique. J’ai envie qu’on se prenne moins la tête. Rien que les artistes que j’aime écouter, j’ai envie d’écouter ce qu’ils créent à l’instant T et ne pas me dire que ce titre-là a été écrit il y a deux ans. J’ai envie d’être au plus proche des artistes. Je me retrouve beaucoup moins dans des albums, je me retrouve davantage dans des playlists. Là, je sors pas un album, juste une playlist qui fera à peu près 24 titres qui s’agrémente tous les mois.

Sur Spotify, cela s’appellera Home Of Sanity : The Playlist. Le but c’est d’embarquer les gens avec moi sur toute l’année. Qu’une personne qui me découvre se dise, “Ah tiens, c’est cool, il sortira un autre titre le mois prochain, et encore après”. 

Tu te compares à des pointures du rap américain qui ont une grande renommée dans le milieu. À ton niveau, n’as-tu pas peur de sortir des chansons dans le vide ? 

Non. Je ne le ferai jamais dans le vide. C’est la différence avec un single qu’on va promouvoir pendant longtemps. Les titres que je vais sortir ne mourront jamais, eux. Ça complétera ma discographie, ça alimentera mon univers… Je considère justement, que, ça va être une façon différente de consommer la musique. Si quelqu’un me découvre avec un titre, il pourra en écouter plein d‘autres tout de suite et se fera une idée de qui je suis en tant qu’artiste.

Mais au-delà de ça, je trouve que la façon de consommer la musique aujourd’hui est différente. Avec le streaming, on peut se permettre de sortir un titre tous les mois et d’être intégré à des playlists, et d’avoir autant d’écoutes.

En radio, c’est complètement différent, tu ne peux pas être diffusé avec un titre qui change tous les mois. Peut-être que parmi tous les titres que je sortirai cette année, un, deux, peut-être trois, seront joués en radios. Peut-être pas ? Je ne pense pas du tout à ça, je suis juste très content de tout ce que je sors et je serai hyper content d’aller sur une page d’un artiste et de voir qu’il a sorti autant de musique récemment. J’aurais grave envie de le suivre et d’aller le voir en concert.

Musicalement, tu restes dans une pop efficace. Ça, ça ne change pas ?

C’est toujours de la pop, ça, ça ne change pas, et toujours en anglais. Ouais ! Je ne veux pas me limiter en termes de styles. Ça restera de la pop parce que c’est ce que j’aime faire, mais le premier pack était électro, le deuxième était plus chill, plus jazzy et le troisième sera encore plus électro, mais vraiment limite un peu dance. C’est vraiment particulier ! Je veux vraiment le faire en fonction de ce que j’écoute. J’écoute beaucoup de rap, d’électro, de jazz… Je suis hyper influencé par tout ça ! Si je veux faire un truc reggaeton je le ferais 😉

Pour terminer, aficia est précurseur des nouveaux talents, as-tu un nouveau ou futur talent à nous faire découvrir ?

J’ai un pote à moi, qui est l’un de mes meilleurs amis d’ailleurs, qui s’appelle Blowsom. J’aime trop sa musique. Il habite en face de chez moi. On travaille ensemble d’ailleurs. Il vient de sortir son EP. On s ‘envoie nos titres, on se fait écouter nos maquettes… On a sorti un titre ensemble en septembre. Sur un prochain pack, on a une autre collab’ qui sortira !


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