The Last Dinner Party en Interview Sans Filtre : deuxième album, Americana, évolution artistique…

Elles ont mis le feu à Lollapalooza Paris et viennent d’annoncer un nouvel album : The Last Dinner Party sont les nouvelles superstars de la scène rock alternative, et on les a rencontrées pour discuter de leur prochain album à venir ! 

Au moment où je fais la rencontre des The Last Dinner Party, nous sommes à quelques heures de leur set phénoménal à Lollapalooza… et elles viennent tout juste d’annoncer leur deuxième album ! Pas de répit pour ce groupe de cinq jeunes femmes anglaises à l’esthétique singulière, qui ont composé ce projet sur les routes. Sorti en février 2024, leur premier projet intitulé Prelude to Ecstasy les a menées aux quatre coins du monde, en partie grâce au carton viral du single “Nothing Matters” – une chanson d’amour écrite par la soliste, Abigail Morris. Le groupe, formé à l’aube de la pandémie de COVID-19, s’est retrouvé propulsé au stade de figure de la scène alternative grâce à leurs sonorités pop rock baroques et à leurs thématiques féministes et engagées

Et ce qui a fait leur succès l’année dernière sera bien évidemment à retrouver dans From The Pyre (traduisez par “Depuis Le Bûcher”), leur deuxième album à paraître le 17 octobre prochain. Alors que les internautes toutes plateformes confondues s’accordent pour dire que la pochette du projet est la meilleure pochette d’album de l’année, le premier single “This is the Killer Speaking” prend actuellement son envol dans les playlists des plateformes et des radios du monde entier – notamment en France ! D’ailleurs, la France semble les adorer car elles se produisent dans pas moins de six festivals français cette année – dont Lollapalooza Paris, dans les loges duquel nous avons rencontré Abigail, Lizzie, Emily, Georgia et Aurora. L’occasion de revenir sur leur rencontre, leurs débuts mais aussi de dénicher plusieurs informations sur leur nouveau projet

The Last Dinner Party, L’Interview Sans Filtre

Bonjour les filles, merci pour l’accueil ! Premièrement, vous venez tout juste de faire votre retour en musique avec un nouveau single : “This is the Killer Speaking”, toujours fidèle à vos sonorités baroques et artpop. Qu’est-ce que ça fait de pouvoir enfin sortir ce titre que vous interprétez sur scène depuis un moment ? 

Georgia : C’est vraiment génial. Je veux dire, ça ne fait pas si longtemps qu’on a sorti le premier album, mais ça nous a semblé très long parce qu’on joue les chansons de ce premier album depuis tellement longtemps. Je pense qu’à la fin de la tournée l’année dernière, on ressentait vraiment le besoin d’écrire de nouvelles chansons. Donc c’est vraiment super excitant d’avoir pu terminer l’album et de le sortir si rapidement. C’est trop bien !

Niveau sonorités, à quoi peut-on s’attendre ? Est-ce que vous vous êtes aventurées dans de nouvelles contrées, ou est-ce que – au contraire – ce sera plutôt similaire au précédent album ?

Abigail : Je pense que nous avons exploré de nouvelles voies, mais bien sûr que l’essence de notre musique reste la même : nos voix, les instruments que nous jouons, nos flairs et nos goûts. Mais nous avons écouté beaucoup plus de musique, nous avons fait beaucoup de concerts, nous avons amélioré notre façon de jouer et avons été inspirées par différentes choses liées à nos voyages…

Nous avons également travaillé avec un producteur différent (Markus Dravs a pris le relai après le diagnostic de James Ford, NDLR), et la façon de faire était différente… Donc pour cette raison, cela sonnera inévitablement différent. L’esthétique sera moins luxueuse et moins opulente que sur le premier album. C’est un peu plus musclé, je dirais. Un peu plus terre-à-terre, un peu plus Beatles, Rolling Stones. Un peu plus classique, quoi.

C’était génial de pouvoir travailler avec Markus Dravs (producteur anglais travaillé avec Coldplay, Hozier, Florence + The Machine). Il a produit une tonne d’albums qu’on adore, donc on l’admire beaucoup.

Vous venez tout juste de publier la cover de cet album, et il semblerait qu’il y ait beaucoup de choses qui s’y passent. Quelle était l’idée derrière cet artwork réalisé par Laura Marie Cieplik ? Est-ce que chaque situation qui y est dépeinte a un lien avec les thématiques abordées dans les chansons ? 

Emily : Oui, tout à fait ! Quand nous avons terminé d’enregistrer l’album, il a fallu prendre le temps de réfléchir à ce que ce dernier représentait pour nous. Et à ce que nous avions accompli jusque là. L’idée était de mettre en scène une anthologie de personnages. Chaque chanson explore une relation, un sentiment ou un moment précis à travers un personnage de la pochette, un peu à la manière des “Contes de Canterbury” (une série de vingt-quatre histoires écrites par Geoffrey Chaucer, premier classique de la littérature anglaise) – avec une touche mythologique en plus. C’est pourquoi, pour la pochette de cet album, nous voulions que chaque personnage représente une chanson. 

L’album est désormais disponible en pré-commande, et nous avons accès aux titres des dix chansons qui composent le projet. Quel titre avez-vous le plus hâte que les fans découvrent lors de la sortie ? 

Abigail : Je suis impatiente que “The Scythe” sorte. J’ai la sensation que c’est peut-être la chanson la plus edgy de l’album, en ce qui est de la production. J’ai hâte de lire les retours des fans.

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Trop bien ! Est-ce que vous en voyez d’autres ? 

Georgia : Je suis impatiente que les gens découvrent la version studio de “Second Best”. C’est un titre que nous jouons en live depuis près de deux ans, je crois, et les gens la réclament sur les plateformes de streaming depuis longtemps. Elle est légèrement différente de la version que nous jouons en live, donc j’ai hâte qu’ils puissent enfin la savourer. 

Maintenant, parlons un peu du premier single de votre album. Il s’intitule “This is the Killer Speaking” – un titre plutôt particulier. Comment est née cette chanson ?

Abigail : C’est un peu notre version d’une murder ballad (sous-genre de ballade racontant les détails d’un meurtre, apparu en Angleterre au XIXème siècle, NDLR) de Nick Cave and the Bad Seeds (album classique du groupe sorti en 1996, NDLR). On voulait se réapproprier cette esthétique d’Americana gothique, genre des cowboys, la mort, tu sais… Un peu à la Cormac McCarthy (écrivain Américain, spécialiste des genres Western, Post-apocalyptique et Southern Gothic, NDLR).

Est-ce que, dans la vie de tous les jours, vous êtes des consommatrices de musique country ? Je dois dire que je ne l’avais pas vue venir, celle-ci ! [rires]

Abigail : Oui, totalement ! Pour la conception de cet album, on a beaucoup écouté Johnny Cash. Je pense que c’est clairement celui dont l’influence se ressent le plus dans From The Pyre. Sinon, beaucoup de Jerry Lee Lewis. C’est d’ailleurs très drôle, car sur une de nos vieilles démos, on avait fait un clin d’œil à cette chanson d’Elvis Presley – “Viva Las Vegas”. Elle avait tout une section rythmique (spécialité des chansons jazz ou dérivées, NDLR) mais on ne l’a jamais sortie parce que c’était ridicule [rires].

Et quelle était l’idée derrière le clip fantastique de “This is the Killer Speaking” ? 

Lizzie : C’est notre collaboratrice de longue date, Harv Frost, qui s’en est chargée. Elle avait déjà réalisé les clips de nos chansons « My Lady of Mercy” ou encore “Caesar on a TV screen”. C’est une amie très chère, et surtout un véritable génie. Nous lui avons décrit la vibe que nous voulions viser, c’est-à-dire “des cowboys à SOHO” (le quartier queer et multiculturel de Londres, NDLR). Et à vrai dire, c’est tout ce qu’on lui avait dit. Elle est revenue vers nous peu après avec une idée exceptionnelle, dans laquelle Abby était une centaure, et nous étions tous ces personnages qui se battaient dans un bar. C’était exactement ce que nous voulions pour ce titre, et elle est vraiment géniale.

L’esthétique de ce nouvel album sera moins opulente que sur le premier. C’est un peu plus terre-à-terre, un peu plus classique, quoi.

Avant de vous laisser répéter pour ce soir, j’aimerais que l’on parle un peu de vous. Comment les The Last Dinner Party se sont-elles rencontrées ? Et d’où vous vient ce pseudonyme fou ?

Georgia : On s’est connues à l’université, à l’époque [rires]. Et je crois que vous aviez trouvé le nom [elle pointe vers Abigail] ? 

Abigail : Je me souviens que nous étions dans un bar, et le groupe n’existait pas encore vraiment. Ce n’était pas très concret. On songeait à créer un groupe, toutes les cinq, et pour le délire on s’amusait à proposer des pseudonymes pour notre potentiel groupe. Et puis, lors d’un dîner, l’une de nous a proposé “The Dinner Party”, puis on a dû rajouter le mot “last” car il existait déjà un groupe qui s’appelait comme ça. 

C’était un groupe de jazz je crois, n’est-ce pas ?

Abigail : Oui, exactement !  

Georgia : Ils sont exceptionnels, d’ailleurs ! 

Abigail : Donc on a fini par se mettre d’accord sur The Last Dinner Party, et je trouve que ça rend tellement mieux comme ça ! 

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Et pour finir cet entretien, chez aficia nous adorons faire des découvertes musicales ! Est-ce que chacune d’entre vous aurait un artiste ou une chanson pépite qu’elle souhaiterait partager avec nos lecteurs ? 

Aurora : J’adore la nouvelle chanson des Wolf Alice, “The Sofa”. Elle est très belle. 

Georgia : Ça date plus de l’été dernier en vrai, mais actuellement je retombe dans les chansons de Sierra Ferrell (chanteuse américaine de style country, jazz manouche et de bluegrass, NDLR)

Toutes en choeur : Oh oui, elle est incroyable !

Georgia : Je suis une énorme fan. Je veux trop qu’elle fasse une reprise de “This Is The Killer Speaking” !

Abigail : Oh la la, oui ! Sierra, contacte-nous si ça te dit !

Lizzie : Moi c’est FKA Twigs, j’adore ! Son album EUSEXUA, c’était intense. J’ai eu la chance de la voir en live récemment, et c’était une expérience totale. Ça a changé ma vie.

Une autre découverte à partager ? 

Abigail : Je sais pas trop, j’écoute pas tant de musique que ça… [rires] Je rigole, bien-sûr !

Lizzie : C’était quoi le nom de ce groupe japonais que tu écoutais, il y a pas longtemps ? 

Abigail : Ah mais oui, attends… Ils viennent tout juste de sortir un nouvel album, en plus… [elle réfléchit] C’est betcover!! ! J’ai écouté leur nouveau projet du coup. C’est un peu rock, jazz, très avant-gardiste. Je recommande chaleureusement !

Découvrez le dernier single des The Last Dinner Party, “This is the Killer Speaking” :

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