Broken Back - © Emma Birski
Broken Back - © Emma Birski

Broken Back en interview : « Musicalement parlant, j’ai poussé au maximum cet album » !

Broken Back

Nouveaux morceaux, nouvelle identité visuelle, nouveaux clips dégoulinants de passion… Le nouveau projet de Broken Back s’annonce délicieux ! Il nous en donne les premières indiscrétions sur aficia.

Que le chemin parcouru est beau pour Jérôme, de son vrai prénom, depuis notre première rencontre en 2015 alors qu’il était encore inconnu du grand public… Après nous avoir subjugué avec un univers bien à lui mêlant pop, électro, folk et poésie, Broken Back reviendra dans le courant de l’année avec un nouvel opus confectionné au quatre coins du monde, comme il nous l’explique dans un entretien très riche.

Déjà promu par les titres « Breathe Slow » et « Young Love », cet album s’annonce comme l’un des bijoux de l’année 2019. Il vient nous en parler plus longuement sur aficia…

Broken Back !

Deux et demi nous sépare de la sortie de ton premier album éponyme. En résumé, cet album c’était quoi pour toi ?

Le premier c’était un peu la naissance de Broken Back, le dos cassé. C’était un album que j’ai composé alors que j’étais en convalescence dans mon lit, dans ma chambre. Au final, il m’a permis de sortir la tête de l’eau à ce moment-là, de dire et de partager tout ce que j’avais sur le cœur. Il m’a emmené beaucoup plus loin que ce que j’avais osé l’espérer avec les 300 dates de tournée qui ont suivi. C’est un album que je dirais exutoire et plein de surprises car je ne m’attendais pas à ça…

Es-tu prêt à aller encore plus loin avec le suivant ?

Je suis prêt à aller beaucoup plus loin justement en termes de création, de composition et d’écritures. Fort des deux, trois ans qui ont suivi la sortie de mon premier album, j’ai pu découvrir de nouvelles cultures aussi étant donné qu’on a joué avec mon équipe en France, en Europe et dans le monde entier (Grèce, Amérique Latine, Polynésie…). Cet apport venant peut-être du subconscient m’a fait découvrir et assimilé énormément de nouveaux instruments, une approche culturellement différente que j’ai envie d’intégrer dans le nouvel album. C’est dans ce sens que j’ai envie d’explorer davantage au sein de ce nouvel album. C’est en ça que je m’éclate à fond !

Il y a aussi l’aspect visuel que tu as énormément travaillé, notamment la réalisation des clips où tu passes derrière la caméra pour la première fois. ? Tu avais le besoin de prendre les devants ?

En fait c’est vrai que ça fait un moment que j’avais envie de réaliser un de mes clips car au moment où je compose ma chanson, j’ai aussi le visuel qui m’arrive en tête. Jusqu’à là, j’ai réussi l’aspect visuel et l’artwork alors que la vidéo je ne connaissais pas du tout. Avec la pause de la tournée, j’ai eu beaucoup plus de temps pour m’y consacrer et creuser à ce niveau-là. Je voulais réaliser de A à Z un morceau, en passant de la phase composition, écriture, production puis le clipper ! Ce qui me motive le plus dans tout ce processus créatif, c’est m’épanouir artistiquement. Ce deuxième album, c’est vraiment l’album du kiff. Je me suis dit, aller pourquoi pas ne pas réaliser des clips. C’est une envie depuis longtemps. C’était le moment, tout simplement !

Découvrez « Breathe Slow » de Broken Back :

Comment en es-tu arrivé à cette réflexion d’intégrer du jaune et des années seventies dans tes clips ?

C’était une volonté d’être le plus sincère possible, que ce que l’on voit ou ce que l’on écoute, je voulais être le plus représentatif de ce que j’ai vraiment à dire ou à interpréter. Les années seventies pour le clip « Young Love » sont arrivées assez naturellement. C’est une chanson qui parle du fait de laisser éclater au grand jour la petite part de folie qu’il y a en nous. J’avais évidemment en tête cette couleur jaune qui est un peu la couleur de l’optimiste. C’est une couleur qui est connotée seventies, avec le marron et le beige. J’ai pris le parti de partir sur la monochromie sur ce titre pour vraiment amorcer la suite des identités visuelles des prochains clips qui vont tordre vers la monochromie. C’est un premier clip qui pose les bases d’une couleur forte, principale. Le prochain clip qui vient de sortir est entièrement monochrome.

Raconte moi l’histoire de ce nouveau titre d’ailleurs…

« She Falls » parle de la violence conjugale. Le clip est intégralement en monochrome rose et tente de déteindre la prison psychologique que la femme subit lorsqu’elle est en situation de violence conjugale.

Il y aura ce fil rouge tout au long du projet ?

Oui ! Effectivement, tu as trouvé !

Peut-on parler d’un album concept ?

Je ne sais pas trop ce que représente un album concept. L’idée est vraiment de faire quelque chose dans lequel je m’éclate. Je ne me suis pas imposé de faire un album concept. En soit, c’en est peut-être un du fait d’avoir une couleur par chanson, mais je ne mettrai pas forcément ce nom-là-dessus, sauf si tu veux ! Je te laisse arbitrer !

Broken Back - © Emma Birski

Disons que cela a tout l’air d’un projet réfléchi où rien n’est laissé au hasard. Ce qui se fait finalement rare dans cette industrie du disque… J’ai remarqué aussi que tu voulais nous emmener en voyage avec les deux premiers extraits dévoilés…

C’est un album qui propose un voyage qui fait écho à tous les pays dans lesquels j’ai pu me rendre dans le cadre de la tournée. Il va y avoir des morceaux beaucoup plus froids notamment « She Falls » qui parle de la violence conjugal. C’est un morceau qui est beaucoup plus dark, deep aussi. Il n’évoque pas l’été du tout. Il y aura différents voyages de proposés. Chaque chanson est indépendante complètement. Ça revient sur l’idée de l’album concept que je ne conçois pas réellement car toutes les chansons n’ont pas forcément de liens entre elles, si ce n’est que chaque chanson a un texte, un message fort et un univers à part entière, totalement indépendant et indissociable.

Je reviens à ta musique. Dans sa globalité, quels sont les changements majeurs par rapport à tes premiers sons ?

Dans la manière de composer il y a un changement. Le premier album, je l’ai composé de façon introspective. Le deuxième album, à l’inverse, je l’ai composé avec un esprit de découverte. Pendant ces trois ans de tournées, j’ai tout appris un peu comme un enfant qui découvre énormément de choses, à voyager et à m’imprégner de toutes les notes, couleurs que j’ai pu avoir dans les sonorités et cultures que j’ai découvertes. Du coup, c’est un album qui va intégrer beaucoup plus de world music. Par exemple dans « Young Love », il y a une percussion traditionnelle polynésienne. Dans « She Falls », il y a des percussions africaines. Dans un autre morceau qui sortira plus tard on a des percus grecques parce qu’on est passé en Grèce avec toute l’équipe. Dans cet album, il y a des empreintes culturelles fortes, des sonorités qui m’ont plu et marquées. Elles seront présentes. Je me suis vraiment éclaté dans la composition et la production.

Ça donne également « Breathe Slow », un titre calibré pour l’été ! Comment est né ce titre ?

Il est né d’un constat qui était l’importance de jamais avoir peur d’échouer et plutôt voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. J’étais tombé sur une expression qui m’avait beaucoup inspiré : c’était ‘le doute est beaucoup plus mortifère que l’échec’ en gros, pour simplifier. C’est vraiment ça. Cela invite à garder le moral, à voir l’aspect positif de toutes les situations car dans chaque situation il y a mille manières de la voir, de l’appréhender et la vivre. C’est notre pensée qui définit notre monde et notre vision du monde.

Oui, et l’on peut très bien voir les choses différemment pour une même situation…

Tout à fait. Donc c’est vraiment un morceau qui invite à garder uniquement le côté solaire de tout ce qu’il peut se passer car il y a toujours une fraction solaire dans n’importe qu’elle chaque expérience, est donc naît cette envie-là. Alors forcément, j’ai voulu ramener des sonorités organiques avec énormément de percussions. J’ai invité une chorale africaine. C’est un délire particulier, mais toujours avec ce côté enfant qui est en moi pour composer ce morceau.

Avec « Breathe Slow » tu n’as pas encore eu les retours escompté. Est-ce que cela t’importe ?

Non… Je pense que chaque morceau a une vie différente. C’est rarement le morceau qu’on imaginait qui fonctionne le mieux. J’ai à cœur de les composer, les créer. Après les chanter sur scène c’est super important pour moi. Quoi qu’il en soit, le morceau sortira et fera sa vie sur les plateformes de streaming, les gens l’écouteront ou non, les fans aussi. Une écoute, c’est déjà très bien. Je ne regarde pas les statistiques ni le nombre de lectures des morceaux. Une réussite d’un morceau dépend tellement de plusieurs facteurs qui ne dépendent pas de moi… De la même manière, on ne sait jamais, un morceau peut tout d’un coup éclater alors qu’il était passé à la trappe. Non, vraiment, je suis vraiment content qu’il soit sorti et de pouvoir le jouer sur scène. C’est déjà ma victoire à moi !

Quand on a une voix comme celle-ci, est-ce qu’on a des propositions atypiques ?

Au début de ma carrière, j’en ai eu effectivement. Déjà merci du compliment, c’est toujours gentil de l’entendre. C’est Klingande qui m’a contacté en premier, c’est le premier DJ qui l’a fait d’ailleurs. Il m’a vraiment aidé parce que j’étais vraiment inconnu au bataillon. J’étais encore dans ma chambre avec mon dos cassé alors que lui sortait d’un succès planétaire avec « Jubel ». Il m’a contacté pour composer avec lui son prochain single. J’ai eu des propositions très folles qui sont arrivés grâce à ça oui. Ce sont des opportunités qu’il fallait saisir tombées sur ciel.

Broken Back - © Emma Birski

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, j’en ai toujours, mais c’est vrai que sur cet album, j’ai à cœur de faire des collaborations avec d’autres artistes. J’ai la chance de croiser durant mes tournées pas mal d’artistes, un peu comme une colo. On se croise un peu partout donc maintenant, il y a un échange qui se fait avec eux parfois très facilement, ou parfois de façon spontanée sur Instagram. Par exemple, des fois j’écris un petit post sur un artiste que je kiff sur Spotify et je lui lance « Chaud pour une collab’ ? » et très souvent, je n’ai pas de réponse, mais des fois j’ai une réponse quand même ! Ce que je peux dire c’est que sur l’album il y aura des collaborations avec plein d’artistes avec qui on a noué des liens et de façon spontanée !

Tu vas devoir me donner des noms maintenant…

En fait, on est en plein dedans. Ça ne servirait à rien de te donner des noms tant que ce n’est pas finalisé. Ça peut toujours bouger. Je peux en revanche te dire avec qui j’aimerais beaucoup que cela se fasse…

Il y a deux ans, tu nous avais dit LP ! Avez-vous pu finaliser le titre ?

Ah oui ! Mais non ! Typiquement tu vois, c’est une collaboration qui n’est pas allée au bout des choses et c’est bien dommage ! Par contre, on tient vraiment à travailler avec des DJ. Je sais que là je suis en train de discuter avec Trinix, Henri PFR qui est vraiment adorable et que j’apprécie énormément, peut-être avec MOWE… Ce sont des artistes avec qui on a échangé sur Instagram. Rien n’est fait. Si ça se trouve, ça n’ira pas au bout mais en tout cas, il y a un échange artistique qui s’entame avec de beaux artistes électro parce que j’adore ce qu’ils font tout simplement !

C’est même plus que la scène électro, c’est la scène électro made in France ! Vous unissez vos forces !

Oui exactement ! Ce sont des artistes que j’ai rencontré en festivals sur le côté de scène parce qu’on jouait le même soir. On était sur le côté comme des adolescents. Cela permet de nouer des liens et ensuite faire de la musique ensemble !

L’album est prévu pour quand ?

Sans doute la rentrée. Il n’y a pas de date fixée encore car je continue de rajouter, rajouter des chansons ! Il est terminé en soit mais pour ne pas retarder les choses, j’ai à cœur de dévoiler des morceaux petit à petit. Pour l’instant je tenais une cadence de un par mois quasiment ! Petit à petit, je continue d’en sortir car je vais reprendre la route de la tournée cet été avec les Francofolies de la Rochelle notamment puis je jouerai un peu partout en Europe ensuite. Je veux les faire vivre en live. Je n’avais pas envie d’attendre la date officielle pour sortir les morceaux en fait. Du coup, ce sera sans doute pour fin 2019.