‘Les Nuits d’Istres’ avec Hyphen Hyphen, Imany et Julien Doré. Nous y étions !

La saison des festivals est officiellement lancée ! Nous nous sommes rendus au Festival ‘Les Nuits d’Istres’ qui invité Hyphen Hyphen et Imany le 5 juillet et Julien Doré le lendemain. C’est à revivre avec aficia.

La folie Hyphen Hyphen…

Pour cette nouvelle édition des ‘Nuits d’Istres’, la ville a fait fort en invitant Hyphen Hyphen et Imany ce 5 juillet, soit deux phénomènes de ces dernières années ! La soirée commence (étonnamment) par l’énergie débordante du trio originaire de Nice. Santa (au chant), Adam (à la guitare) et Line (à la basse) démarrent en trombe avec le titre « Take My Hand ». D’emblée, l’énergie est communicative ! Hyphen Hyphen propose de découvrir ses derniers morceaux extraits de son dernier album HH (disponible depuis le mois de mai) comme c’est le cas avec « Mama Sorry » ou « Last Call » mais n’oublie pas non plus de chanter les classiques comme « Cause I Got a Chance » tiré du premier album à succès baptisé Times.

Mais voilà que le groupe monte d’un cran en chantant « Like a Boys ». Santa lève le poing et propose de s’unir sur son hymne très ‘girl power’, la chanson phare du dernier opus. Ce cri féministe est sublimé par la magie du décor et des effets de lumières. À aucun moment, le groupe n’a les deux pieds à terre. Il saute, sursaute, crapahute dans tous les sens. Ces gens-là ne sont-ils parfois fatigués ? Certainement pas ! Hyphen Hyphen, c’est une énergie communicative et généreuse.

« Le soleil s’est couché, on va pouvoir chanter une chanson de lover ». C’est ainsi qu’il calme le jeu avec « Lonely Baby ». Après quoi, Hyphen Hyphen annonce la fin et rêve que tout le monde se lève et saute sur « Just Need Your Love », leur plus gros tube jusqu’à maintenant. Alors forcément, la Pavillon Grignan est en transe. Pendant cinq longues minutes, Santa et ses amis mettent le feu aux poudres, la chanteuse allant même jusqu’à rejoindre la foule pour ne former qu’un avec elle.

Hyphen Hyphen - Les Nuits d'Istres 2018 - © Valentin Malfroy

Imany, surprenante…

Désormais, place à Imany et son t-shirt où est inscrit « Don’t Be So Shy », en référence à son tube, qui prend le relais. Difficile de faire aussi bien après l’énergie offerte par Hyphen Hyphen. Pourtant, depuis maintenant deux ans, la chanteuse défend brillamment sur les routes de France et à l’étranger son dernier album The Wrong Kind Of War qui a accouché de plusieurs singles comme « Nothing to Save » ou « Lately » qu’elle n’a, pour leur majeur partie, pas omis d’interpréter.

Mais ce n’est probablement pas la raison pour laquelle elle a été programmé aux ‘Nuits d’Istres’. C’est surtout car elle en est originaire : « J’ai grandi ici, je suis née ici, les gens ont du mépris en pensant que je suis née à Martigues (à 10km à côté, ndlr). Bon, ok, je suis née à Martigues mais j’ai passé mon enfance ici, à Istres. J’ai vécu mes premiers rêves ici. Ça fait du bien de revenir chez moi », lance-t-elle pour se présenter. Tout de suite, la voix chaude d’Imany s’impose à nous. On est déjà sous le charme de cette admiratrice de Tracy Chapman, Nina Simone et Lauryn Hill.

Si l’on avait peur qu’elle ne puisse pas couvrir toute la scène, la chanteuse blues & soul n’est heureusement pas venue seule. Elle est accompagnée de « sa petite armée », comme elle l’appelle, une formation unie et solidaire de sept musiciens (batterie, deux violoncelles, clavier, guitare acoustique, guitare électronique et basse). Ils nous plongent dans un univers à la ‘Games Of Thrones’, très sombre, mais envoûtant. Imany interprète ses plus gros succès à commencer par « I Will Never Know » mais remanié à la sauce instrumentale, puis avec « There Were Tears », évoquant des thèmes fédérateurs et malheureusement plus que jamais d’actualité, comme le racisme, la paix et la liberté. Imany y est très sensible : « De l’injustice, il y en a partout et on ne peut pas faire comme si cela ne nous affectés pas. L’idée, c’est que dès qu’il y a de la division, il y a du chaos. Il faut être solidaire et ne pas s’endormir. Il faut continuer à lutter et combattre », explique-t-elle .

La chanteuse de 39 ans reprend les chansons des autres également, comme « Bohemian Rhapsody » de Queen. Ou avec son medley de « Ready Or Not » des Fuggees et « Suddendly You Cross My Heart » de Terence Trent Darby en demandant au public de faire les chœurs. Un magnifique moment, sans doute le plus beau de la soirée ! Elle n’oublie pas d’interpréter ses tubes « Don’t Be So Shy » et « Clap Your Hands » aux arrangements sublimes. Imany nous a tout simplement charmé !

Imany - Les Nuits d'Istres 2018 - © Valentin Malfroy

Julien Doré intime…

Julien Doré l’avait annoncé. Après sa tournée des Zénith l’année dernière et avoir rempli deux AccorHotels Arena, il voulait revenir à l’essence même de ses chansons, « telles qu’elles ont été écrites », déshabillées de tout : « je voulais me remettre en danger, montrer le décor dans lequel j’écris, compose, sans artifices, seul, ‘vous & moi’ ». C’est le nom donné à cette tournée. Nettement plus intimiste que ses précédentes, nettement plus brute, plus singulière, cette tournée part à la recherche du contact avec son public. C’est d’ailleurs pour cela qu’il invite chaque soir un artiste local à faire sa première partie. Ce soir-là, Stephana a fait sa déclaration à sa petite amie Camille avec ses propres compositions.

Puis, Julien Doré entre en scène, accompagne Stephana à la guitare avant d’occuper la scène à lui tout seul. Le décor est très personnel, très intimiste. Plusieurs bougies sont parsemées partout sur le sol. On sent Julien Doré comme à la maison. Assis sur son sofa, il démarre avec « Le lac », en acoustique bien sûr. Changement de guitare, puis, direction son cher et tendre piano, seul face à son public. Ce n’est pas la bête de scène que l’on connaît habituellement, c’est certain. Alors forcément, c’est un peu mou, mais on s’y attendait. Julien Doré garde néanmoins une touche d’humour : « Je suis peut-être parti trop fun, j’en ai vu en haut qui étaient sur le point de partir en chenille ! (…) On va partir un peu sur des choses plus mélancoliques, plus tristes. On va se focaliser sur les textes, car jusqu’à là, c’était à chier. C’est important les textes », dit-il avec une bonne dose de second degrés. Le public retrouve le temps d’un instant le vrai Julien Doré, le déconneur. Ça fait du bien ! Quelques confettis ici et là tombent du ciel et l’artiste interprète « Chou Wasabi ».

Mais fini la rigolade : « Voilà c’était mon petit moment à moi un peu dingo. C’était un peu mon Amérique avec effets spéciaux un peu à la Jay Z – Beyoncé, vous savez ? ». À ce moment précis, nous pensions qu’il rigolait, que cela continuerait. Mais non. Julien Doré revient sur son fauteuil et reprend brillamment « Can’t Take My Eyes Off You » de Gloria Gaynor ou bien « Cet air-là » de France Gall, chanson qu’il avait chanté pour la première fois il y a un onze ans au lendemain de la finale de ‘Nouvelle Star’. Évidemment, il ne manque pas d’interpréter ses plus gros succès comme « Kiss Me Forever », « Paris Seychelles » ou encore « Porto Vecchio » que le public connaît sur le bout des lèvres. C’est bientôt la fin. Après le rappel, Julien Doré et son panda reviennent sur scène pour chanter « Coco Câline » et saluent ensemble la foule. Notre seule déception sera que Julien Doré n’a pas inclus sa délicieuse reprise d’« Aline » à sa setlist.

Julien Doré - Les Nuits d'Istres 2018 - © Valentin Malfroy

En conclusion : On ne va pas se le cacher. Hyphen Hyphen a frappé un grand coup et a prouvé qu’il était un groupe de live. Quant à Imany, on dit dans le jargon qu’elle a fait le taff en surprenant son petit monde avec des arrangements parfaits. Notre petite déception, c’est Julien Doré qui a pris un risque en se frottant à l’acoustique et qui n’a pas forcément su nous captiver…

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