Nous avons rencontré Marie Poulain, la petite protégée de Calogero, afin de discuter de son premier EP : Étrange Oiseau.
La prochaine sensation de la chanson française, c’est elle : Marie Poulain est une des dernières signatures de la légendaire maison Barclay, et elle a récemment dévoilé son premier EP intitulé Étrange Oiseau. Nous avons eu un véritable coup de cœur pour son single Le monde est un mystère – qui commence à s’emparer des radios et des médias français ! À travers cette interview inédite, faites la connaissance de la jeune chanteuse à la voix comme identifiable entre mille, repérée par Calogero par un coup du sort. aficia vous en parle !

Marie Poulain, l’interview Sans Filtre :
Hello Marie ! Pour commencer, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? Comment as-tu commencé la musique ?
Alors, je m’appelle Marie Poulain. Mon éveil pour la musique, ça a été quand j’avais 3 ans. Mon arrière-grand-mère était professeur de piano, elle avait un piano d’études à la maison, et elle m’a tout de suite familiarisée avec cet instrument. Je ne l’ai pas vue souvent, parce que c’est une arrière-grand-mère… mais pour le peu que je l’ai vue, à chaque fois que je la voyais, elle me faisait toucher son piano. Et je crois que vraiment, ça vient de là. Bon, j’ai pas beaucoup de souvenirs de ça si ce n’est mes tout petits doigts, là, qui touchaient les grandes touches. Autrement, j’ai pas forcément grandi avec des parents musiciens… Ma mère est voyante.
Après, c’est sûr que la voyance est dans l’air, comme la musique ! [rires] Donc j’imagine qu’il y a peut-être des trucs en commun. Mais mon rapport avec la musique me vient aussi de cette passion qu’on partage, toutes les deux, pour la vérité française. Enfin, les grands tubes, les musiques qu’on peut chanter tous ensemble, qu’on connaît tous par cœur, la complicité qu’on peut ressentir quand on partage une chanson qu’on connaît, en un regard. J’ai été élevée par ces chansons, elle m’a toujours fait écouter ça… après je ne sais pas si c’est ce qui m’a fait aimer la musique, mais on écoutait beaucoup cette musique quand on prenait la route. J’ai beaucoup déménagé quand j’étais petite, donc on mettait beaucoup la radio parce qu’hormis se poser des questions et discuter il n’y a pas beaucoup de choses à faire dans ces moments-là.
Est-ce que c’est cette arrière-grand-mère que tu mentionnais juste avant que l’on voit sur la pochette de ton EP ?
Yes ! Mamie Poulain.
Est-ce qu’elle fait partie des facteurs qui t’ont poussée à te lancer dans la musique ?
Non, malheureusement j’ai pas trop eu l’occasion d’être proche de cette mamie Poulain parce qu’elle est partie vite. Mais franchement, je pense qu’inconsciemment, oui. Pour être honnête, je l’ai mise sur la pochette de mon EP comme un hommage. C’est quand même beau qu’elle m’ait tout de suite… Même si je ne suis pas pianiste, j’ai toujours besoin d’avoir un instrument près de moi. Donc, ça me semblait naturel, censé, que je la mette sur cette pochette.
Et dans le clip aussi, elle apparaît dans le clip. Parce qu’en fait, le clip de Le monde est un mystère, c’est la pochette en version animée. On rentre dans la pochette, et hop, c’est le clip. Et ce qui est drôle, c’est que lorsque j’ai posté la pochette de l’EP sur mes réseaux sociaux, le 28 janvier, c’était le jour de son anniversaire. J’avais pas du tout fait exprès. Je ne savais même pas que c’était le jour de son anniversaire.
Lire Aussi : Maïa en Interview Sans Filtre : Authenticité, Industrie Musicale, Star Academy…
Tu possèdes une voix très particulière, presque androgyne. À quel moment est-ce que tu en as pris conscience ? Était-ce un défaut ou une qualité, en grandissant ?
En fait, je ne me suis jamais vraiment posé de questions sur ce qui pouvait être bien ou non. Genre, même physiquement, je remarque pas les trucs, si c’est… si c’est censé être bien ou pas. Du coup, je ne trouve jamais de complexes. À chaque fois, moi, j’y vois seulement des différences. Je vois que les gens ont des particularités, mais j’arrive pas à trouver quoi que ce soit bizarre. Pour moi, c’est juste différent. Je me suis jamais dit que j’ai la voix grave comme un garçon, au contraire. Il y a même un truc que j’aimais bien avant, c’était imiter Amy Winehouse. Et bizarrement, ça marchait super bien avec ma voix. Du coup, j’étais très contente.
Je crois que lorsqu’on est chanteur, on aime bien imiter. Et du coup, c’est ce que j’ai fait un peu spontanément. Un jour, quand j’avais 13 ans, je faisais un petit casting – oui, parce que ma mère m’a très vite envoyée sur des castings pour plein de trucs. Et en fait, lors d’un de ces castings, un jour on m’a dit “Mais toi, tu es faite pour chanter !” alors que je passais un casting pour une pub. J’avais 13 ans, et on me dit “Toi, t’as la voix d’une fumeuse de trois paquets de clopes par jour”. Et j’ai trop aimé cette remarque, finalement c’était drôle, quoi. C’était la petite blague, c’est resté.
Je suis hyper reconnaissante envers Cher et Nina Simone, qui ont montré le chemin. Elles ont osé mettre sur le papier ce qui était le plus difficile à exprimer. »
Qu’est-ce qu’elle écoutait, la petite Marie ? Quels sont les artistes qui ont marqué sa vie ?
Comme je l’ai dit juste avant, on écoutait beaucoup la radio, c’était souvent des chansons populaires. Si je te cite des noms, tu vas tout connaître ! Quand je suis née, en 90, c’était beaucoup de Marc Lavoine, puis en grandissant c’était beaucoup Amel Bent ! [elle chante le refrain de Ma Philosophie] J’écoutais beaucoup Diam’s, et je crois qu’elle m’a aussi beaucoup inspirée parce que dès que je l’écoutais ça me donnait tout de suite l’envie d’écrire. On avait même inventé un jeu, avec ma demi-sœur, lors duquel on devait écrire un rap en moins de dix minutes. On n’avait pas une minute de plus. Et après, on devait déterminer qui avait le meilleur rap. C’était pas très objectif, c’était difficile de se juger. [rires] Sinon beaucoup de Sandi Thom, je l’ai H24 dans la tête aujourd’hui… Sinon pas mal de Lorie, Ta meilleure amie…
Ah, il y a eu une grosse période Green Day, une phase de rock anglais… A moins qu’ils soient américains, Green Day ? Ils sont carrément américains, n’importe quoi ! [rires] Et c’était mon premier concert aussi, Green Day. En fait, il y a eu un peu de tout et de nawak, mais que des chansons qu’on connaît vraiment tous et qui m’ont toutes un petit peu inspirée. Voilà, j’ai voulu prendre un peu de tout, Gwen Stefani, puis des comédies musicales genre Grease, Dirty Dancing, Cry Baby, Rocky Horror Picture Show…
Tu parles du fait d’écrire des raps avec ta soeur, à quel moment tu commences à écrire des chansons de façon sérieuse ?
J’ai l’impression que c’était un peu vers 13 ans, parce qu’après avoir rencontré ce type lors du casting, qui m’a dit que je devrais chanter… Je me suis sentie légitime à l’idée de chanter et d’écrire.
J’en déduis donc que tu chantais en secret, mais n’osais pas te lancer véritablement ?
Je me disais que je n’étais pas faite pour ça. Franchement, c’était hyper dur pour moi de prendre confiance. Je suis quelqu’un qui doute beaucoup, tout le temps. C’est pathétique parfois mais en tout cas, j’ai vraiment eu du mal à chanter devant les gens. Honnêtement, c’était encore le cas jusqu’à il y a trois ans. Avant ça, je ne faisais que sortir des chansons, essentiellement des reprises, mais je n’avais encore jamais chanté devant personne. J’ai sorti ma première chanson en 2021, c’était une reprise de Daho… mais l’enregistrement de chansons, ça ne compte pas car tu es seule dans un studio. Je ne l’ai chantée devant personne.
D’ailleurs, c’est cette reprise de Weekend à Rome qui m’a aidée à prendre confiance en moi car, de nulle part, elle s’est retrouvée dans le classement des chansons les plus diffusées sur une grosse radio parisienne. J’avais aucune grande ambition avec ce titre, mais un programmateur m’a contactée et du jour au lendemain je me retrouve juste après David Guetta pendant deux mois. C’était vraiment dingue.
Et c’est ce qui m’a déterminée à rechercher des collaborateurs, à faire de la musique de façon sérieuse. Je savais pas trop comment faire, je n’avais pas les outils… Il n’y a pas de mode d’emploi, donc je commence à poster des reprises en ligne car je vois que ça marche pour certains. Mais pour nous, ça marche pas. Alors j’abandonne, je me rends compte que je n’ai pas envie de chanter les compositions d’autres. Avec mes collaborateurs, qui en fait étaient surtout des amis, j’enregistre alors une maquette que je prends partout avec moi, juste au cas où…
Qu’est-ce que tu ressentais, lorsque tu chantais ? Tu parles de ta nature un peu angoissée, est-ce que c’était un exutoire ?
J’arriverais pas à te dire ce que je ressens, mais ce que je peux te dire, c’est que je ne peux pas arrêter de chanter. Peu importe ce que je fais, où je vais, quand, comment, même à la salle d’attente du médecin, je suis obligée de fredonner un truc. Ça résulte en raclements de gorge dans tous les sens, les gens sont un peu mal à l’aise… Mais je n’y peux rien, à un moment. J’ai des musiques dans la tête. Il faut que ça sorte.
J’ai trouvé une citation de toi plutôt intéressante, dans laquelle tu affirmais que Cher et Nina Simone t’inspiraient car “elles n’ont pas laissé leur caractère et leur identité aux vestiaires”. Qu’est-ce que ça signifie, pour toi ?
C’est assumer ce qu’on a à dire. De plus en plus, j’essaie de le faire, mais j’ai très peur. Et là, pour le coup, écrire m’aide plus que tout. Et même à l’écrit, parfois, c’est dur à accoucher. Il y a des trucs qu’on n’arrive pas à dire. À part dans des moments de grâce où l’émotion nous touche, quand il faut pas lâcher le moment. Mais sinon, le reste du temps, il y a une espèce de passivité qui s’installe. Genre “Bon ben tant pis, je le dis pas, c’est peut-être mieux comme ça”. Sauf que non, c’est trop simple !
Et c’est là où, justement, ces femmes interviennent. Elles accouchent de ce truc. Cela doit faire mal, quelque part, de sortir le truc. Et ça se ressent, chez elles. Ça se sent qu’elles ont une souffrance, mais elles le disent malgré tout et elles l’affrontent. Voilà, c’est ça. Et pour ça, je suis… J’ai des frissons. Je suis hyper reconnaissante de ces femmes qui ont montré le chemin. Elles ont osé. Elles ont osé pour elles, pour les autres, elles ont osé.
Lire Aussi : Lettre d’Amour à… : Découvrez Linh, la nouvelle sensation pop française !
On va parler un petit peu de ton style musical. Tu as déclaré que c’est illusoire, mais que tu as quand même la naïveté de penser que c’est possible de “faire quelque chose de nouveau”. Tu dis également que tu souhaites que ça sorte de nulle part. Je trouve ça très intéressant que tu souhaites que ça parte de nulle part alors que, juste avant, on discutait d’inspirations qui ont contribué à créer ton son.
C’est-à-dire qu’il faut que ça parte de moi. Je dois pas aller chercher chez les autres, vraiment. J’ai ce souci. Peut-être que je me trompe, parce que peut-être qu’on se trouve chez les autres. Peut-être qu’il y a un peu de tout, mais j’ai l’impression que plus je cherche chez les autres, et plus je me perds quelque part. Même si chaque collaborateur a quelque chose de sympa à nous apporter.
À l’intérieur de moi, il y a comme une espèce de chemin un peu naturel, instinctif, qui se trame et qui… Quelque part, quand je m’y raccroche, c’est comme si ces idées dont je te parlais, elles arrivaient toutes seules de nulle part. Et de là, il faut que je les sorte pour arriver à les visualiser proprement, pour que vraiment ça se concrétise, pour que je puisse me dire que c’est bon, que c’est moi. Et aujourd’hui, il y a tellement de choses de partout, tout le temps, et moi, les informations, ça me… Ça m’étouffe. Depuis que je suis toute petite, je me protège un peu de tout ce qui pourrait trop entrer en interférence avec mes pensées. Parce qu’après, on n’arrive plus à rien. Donc si je peux pas tout avoir, c’est rien du tout. Au revoir. Et j’ai quand même le souci de vouloir me trouver.
C’est ma mère, voyante, qui a transmis une de mes maquettes à un.e proche de Calogero qu’elle avait reçu en consultation. »
J’en comprends que, pour l’instant, il t’es inconcevable de chanter un titre pitché ? Il faudrait obligatoirement que tu en aies été à l’origine, qu’il soit parti de toi…?
Alors, ça dépend, parce qu’il y a aussi… [rires] Je suis une grande contradiction ! Je veux, en effet, que ça parte de nulle part. Mais il y a des gens… avec qui je me sens en connexion. Et j’ai quand même une certaine conscience qu’un acte créateur, ça se fait pas seul. Il n’y a rien qu’à voir genre – faire l’amour, ça se fait à deux ! Ça peut aussi se faire seul. Mais pour moi, faire l’amour, c’est un acte créateur aussi, puisque c’est la base de tout. C’est de là que vient l’humain, quelque part. Ça peut se faire à deux, mais il faut le binôme parfait – pas avec n’importe qui. Faut vraiment que ce soit quelqu’un avec qui je ressens au fond de moi cette connexion, que cette personne soit aussi dévouée à mon projet – si on se ressemble on va avancer main dans la main.
Qu’est-ce qu’elle apporte de nouveau sur la scène musicale, Marie Poulain ?
Et bien, je répondrais ça justement : ce souci d’apporter un truc nouveau. Je pense que vraiment t’as mis le doigt sur un truc. Peut-être que j’apporterais pas un truc nouveau. Peut-être que si. Mais en tout cas, je vais essayer de me trouver pour l’apporter. Je pense que lorsque quelqu’un se trouve réellement… Genre, pour moi, David Bowie s’est complètement trouvé, par exemple. Quand quelqu’un se trouve réellement, voilà ce que ça fait. Ça fait David Bowie. Ça fait un éclair. Voilà, c’est comme ça. Que ça mette tout le monde d’accord ou pas, le gars existe, il a imposé son style, il sait qui il est.
Et la musique est indéniablement bonne, que tu l’aimes ou non.
Ça vient du cœur en tout cas. Totalement.
On a parlé de tes débuts et de ton identité artistique, on va à présent parler de ton premier EP, Étrange Oiseau. En regardant les crédits, je me suis aperçu que toutes les pistes – sauf une – ont été co écrites avec Calogero. J’ai d’ailleurs cru comprendre que votre rencontre s’est faite de façon un peu particulière, non ?
J’adore, t’as vraiment tout regardé. C’est cool. Effectivement, en fait ma mère, qui est voyante… Elle reçoit plein de gens, de milieux différents, en consultation. Et un jour, il y a une personne très proche de Calogero qui est venue la voir. Et donc, la fameuse maquette dont je te parlais juste avant, qui était prête, qui attendait… Vu que je n’arrivais même pas à chanter devant ma mère, je lui ai envoyée, et elle l’avait sur elle. Et en fait, elle l’a à son tour envoyée à cette personne, en lui demandant de la faire écouter à Calogero. Et de là, il m’a appelée. Abracadabra ! Il a eu un coup de cœur tout de suite sur la voix, le texte et la mélodie.
Il est comment, Calogero ? En studio, à la scène…
C’est un bosseur, très enthousiaste et très inspiré. Lorsqu’on va en studio avec lui, on sait d’emblée qu’il y a quelque chose qui va en ressortir. Il n’y a aucune journée qui ne sert à rien avec Calogero.
Votre première collaboration, c’était sur son titre Le hall des départs – sorti en 2023. Comment s’est passé l’enregistrement de ce duo ?
Alors, c’est le premier texte que j’ai terminé de A à Z. La maquette dont je te parlais juste avant, elle n’était pas parfaite, il manquait encore quelques finitions. Le hall des départs, c’était cash. C’était au tout début de notre collaboration. Je lui ai amené ce texte. Et j’avoue que je tremblais un peu parce que j’avais pas vraiment confiance, encore une fois. Et je me disais “Si ça se trouve, il est tout pourri, il va me dire que c’est de la merde”. Enfin, il aurait jamais osé dire ça parce qu’il est vraiment sympa et voilà. [rires]
Mais bon, je l’aurais ressenti, quoi. Et en fait, il était bluffé. Et il a commencé tout de suite à prendre des notes, il a tout de suite été inspiré. Elle a été assez fulgurante, la création de cette chanson. J’avais écrit le texte dans un parking d’aéroport, alors que je ramenais mon ex. Je vivais une relation à distance, c’était déchirant, il partait à 8 000 km. Et donc, une semaine plus tard je suis en studio avec Calo, qui me demande si j’ai pas un texte à lui proposer… Et voilà.
Est-ce que c’était impressionnant, ces premières séances studio à plusieurs ? D’autant plus avec une pointure comme Calogero.
Alors, pour moi oui. Mais ils ont été des amours. Ils m’ont tellement mise à l’aise. Ils m’ont poussée, ils ont vraiment été là pour moi depuis le début. Ce qui est drôle, c’est que lors de la toute première session avec Calo’ et son guitariste Yann, j’arrive avec ma guitare et je les vois… J’avais encore jamais joué avec eux et Calo’ me dit “Vas-y, c’est parti, on fait un test ! Chante et joue en même temps”. Je fais comme si tout allait bien, et là, en fait, tout ce que j’ai retenu explose d’un coup. Vraiment, je pleure, je tremble dans tous les sens. Et là, Calo’, il sait pas où se mettre. Il dit “Ah non, non, non, mais… Attends. Non, mais je m’en vais.” et je dis “Non, non, ne t’en vas pas. C’est encore pire.” [rires] Et là, je respire un bon coup et on est repartis. Et j’ai pu terminer la chanson. Mais c’est vrai qu’à ce moment-là, tout m’est tombé dessus. Je me suis dit “Ok, meuf, t’as beau faire la coriace, t’es quand même en face de Calogéro et ses musiciens de ouf, et toute une équipe de malade”.
Lire Aussi : Camille Yembe en Interview Dix-Moi : débuts dans l’industrie, écriture pour d’autres, projets solo…
Est-ce que c’était aussi impressionnant que d’assurer la première partie de sa tournée des Zéniths ? Qu’est-ce que ça fait de passer de sa chambre à… des foules de 8 000 personnes ? Comment tu te sentais ?
Littéralement, passer de ma chambre, moi qui avais encore chanté devant personne si ce n’était Calo et ses musiciens… C’est vrai que je suis passée de personne – ni ma mère, ni mes potes – à Calo et son équipe de malades, puis direct les Zéniths. C’est ouf. Genre, zéro transition. En fait, tu n’as même pas le temps de te rendre compte, tu vois. On n’est jamais vraiment prêts mais là, pour le coup, je l’étais vraiment pas. En fait, ça m’a appris qu’il faut pas se poser de limites, jamais. Même le fait de ne pas être prête, c’est du blabla, des trucs qu’on se raconte. Ce qui existe, c’est ce qu’on fait.
Ça m’a aussi appris que, genre, quand t’es pas prêt, vas-y quand même, parce qu’en fait tu deviens très vite prêt quand t’es mis dans une situation. Genre t’as pas le choix, en fait. Donc là, maintenant, you have to make it. Donc c’est ça qui est cool, aussi. Même si t’es pas prêt, vas-y, parce que tu vas être prêt direct, moi, je te le dis.
De toute façon, en tant qu’artiste, on est des work in progress, en fait, tout le temps. On ne cesse jamais d’apprendre, finalement. Exactement. Et on est aussi des warriors. Et ça m’a vraiment fait prendre conscience que tout peut changer du jour au lendemain, on peut passer de sa chambre à une scène. Ça m’a vraiment appris à croire en la magie. Je le savais au fond de moi, que la magie existait, qu’on pouvait quelque part la… la manifester, la provoquer. Mais là, j’en ai vraiment eu la preuve. Voilà. Il faut vraiment croire en ses rêves.
Comment il est né, cet EP ? Qu’est-ce que tu peux nous dire à son sujet ?
En fait, on a commencé à travailler dessus juste après avoir fait Le hall des départs. Je viens, il fait une mélodie et moi je ponds un texte direct : c’était La clope, qui est la chanson la plus punk de l’EP. D’ailleurs, c’est drôle parce que ça correspond super bien avec la spontanéité qu’on avait en studio. À chaque fois qu’on se voyait en studio il y avait des choses qui sortaient, donc c’est très vite devenu évident qu’on partait sur tout un projet collaboratif.
On commençait la journée sur un titre, on la terminait avec un autre titre en vue. Je commençais une mélodie et parfois je lui demandais de la terminer. Parfois, il faisait une mélodie tout seul, parfois moi toute seule, etc. Il y a eu un véritable échange, et j’aimais bien avoir ses conseils aussi. Comme c’est vraiment quelqu’un qui m’a donné confiance, qui m’a vraiment poussée, je lui demandais souvent son avis.
Quelle chanson a été la plus difficile à écrire ?
Je dirais… Étrange oiseau. Elle a été la plus dure, sentimentalement parlant. Je ressentais le besoin de me délivrer de certaines pensées en les mettant sur le papier. Et sinon… Il y en a d’autres qui ont été un peu plus dures à écrire, de petites casse-têtes… Mais est-ce qu’elles sont sorties sur cet EP ou vont-elles sortir sur l’album ? Bonne question ! Il faudrait que je réfléchisse. La Demande, j’ai eu un peu du mal à l’écrire en termes de formulation, de prosodie, de rimes.
Lors de ma première session studio avec Calo’, je faisais comme si tout allait bien mais je tremblais dans tous les sens jusqu’à éclater en sanglots »
Et quelle chanson était, au contraire, la plus simple à écrire ? Je suppose c’était La clope, n’est-ce pas ?
Le hall des départs, direct. La clope, aussi.
Pourquoi Le monde est un mystère était le single parfait pour introduire ce projet ?
Parce qu’il me donne l’impression que je pose, justement, mon univers, qui est emprunt de tout ce mystère… Puisque je me cherche encore. Donc voilà, c’est vraiment “Who is Marie Poulain ? Mystère…” C’est un peu le départ, c’est le démarrage pour moi. Tout commence par là. J’imagine que tout finira par là aussi, par du mystère.
C’est quoi la suite pour toi en 2025 ? Tu viens de mentionner un album juste avant…?
Et oui, on continue sur la lancée !
Qu’est-ce qu’on peut attendre de cet album ? Est-ce que ce sera la prolongation de cet EP ? Est-ce que ce sera différent ?
Ça sera la recherche de qui est Marie Poulain. Toujours.
Est-ce qu’on peut s’attendre à de la scène aussi ?
Oui, oui, oui ! Alors, pour cette année je ne sais pas… Qui sait ? On aura peut-être des surprises. Le monde est un mystère. La magie, encore une fois, mais… En tout cas, il y en aura.
Découvrez le premier EP de Marie Poulain – Étrange Oiseau :






